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Le conflit au Moyen-Orient : un choc de croissance massif pour le Golfe

15/07/2026
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Pour la première fois depuis 2009 (hors COVID), le PIB du Conseil de coopération du Golfe (CCG) devrait se contracter cette année (-0,8%), alors que les prévisions antérieures au conflit tablaient sur une croissance de 4,7%. Loin de profiter de la forte hausse des prix de l’énergie que le conflit a entraînée, l’ampleur de la correction reflète la sévérité d’un choc qui ébranle de nombreux piliers des économies du Golfe. Néanmoins, les conséquences diffèrent d’un pays à l’autre selon le niveau de diversification, et surtout selon le degré de vulnérabilité aux perturbations dans le détroit d’Ormuz.

Pays du Golfe : le choc sur la croissance est sévère, mais diffère d'un pays à l'autre

Arabie Saoudite et Oman relativement épargnés ; EAU, Koweït et Qatar lourdement touchés

Seuls deux pays ne devraient pas connaître de contraction de leur PIB en 2026 : l’Arabie Saoudite et Oman. Peu ciblé par les attaques et disposant d’infrastructures en dehors du détroit d’Ormuz, Oman est un cas à part. Son économie devrait croître autour de 3%, soit un rythme proche de celui prévu en début d’année. Pour l’Arabie Saoudite, la correction est plus significative. Attendue initialement à 4,6%, la croissance est maintenant prévue à 0,8% en 2026 en raison de la chute du PIB des hydrocarbures. Néanmoins, elle est moins sévère que pour les autres pays de la région grâce à l’utilisation à pleine capacité du port de Yanbu sur la mer Rouge.

Les chutes de production d’hydrocarbures expliquent l’essentiel des révisions de croissance

Hors hydrocarbures, la solidité de la demande intérieure permet également à l’économie saoudienne de mieux résister, contrairement aux EAU, dont le modèle économique tourné vers l’extérieur est vulnérable à la détérioration du contexte sécuritaire. Malgré le port de Foujeyra, qui permet de contourner le détroit, une contraction du PIB réel des EAU proche de 2% est désormais anticipée, soit un écart de presque 7 points par rapport aux prévisions pré-conflit.

Pour le Koweït et le Qatar, les économies les moins diversifiées du Golfe et ne disposant pas d’alternative au détroit d’Ormuz, le choc de croissance est encore plus violent : leurs PIB réels devraient se contracter de 7 à 8%.

La situation macrofinancière reste solide

De nouvelles révisions sont possibles au regard de la fragilité des négociations entre les États-Unis et l’Iran. Néanmoins, la situation macrofinancière des pays du Golfe ne soulève pas d’inquiétudes majeures. Au-delà des actifs extérieurs considérables gérés par les fonds souverains de la région (plus de USD 4000 mds, soit 175% du PIB du CCG), et d’un endettement des gouvernements à peine supérieur à 30% du PIB en moyenne, le maintien de cours mondiaux de l’énergie relativement élevés pourrait permettre d’absorber une partie des pertes subies durant la fermeture complète du détroit. Au niveau agrégé, le CCG devrait ainsi enregistrer des excédents courants en 2026 (+2% du PIB contre +4,7% du PIB en 2025). En outre, le déficit budgétaire resterait contenu à moins de 2% du PIB. La réorganisation des flux logistiques dans la région et le contrôle des prix sur les carburants ont également permis de contenir le risque inflationniste induit par la crise. Bien qu’en hausse, l’inflation moyenne des pays du Golfe ne devrait pas excéder 2,5% cette année contre 1,7% en 2025.

LES ÉCONOMISTES AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE