En préparation
Panoramas au 13 juillet 2026 : un choc sévère aux effets variables dans la zone Afrique du Nord/Moyen-Orient ; des fragilités exacerbées en Afrique subsaharienne ; une Amérique latine moins exposée au choc énergétique ; une Asie qui dispose d'atouts face à la crise énergétique.
Les indicateurs clés des principaux pays émergents par région à juillet : PIB réel, inflation, crédit bancaire, solde courant, solde budgétaire et endettement public.
La croissance économique chinoise reste marquée par une très forte divergence entre la solide performance du secteur exportateur et la fragilité des secteurs dépendants de la demande intérieure. Cet écart s’est accru cette année, ce qui nourrit les inquiétudes sur le modèle de croissance de la Chine et ses déséquilibres avec ses partenaires commerciaux. Ces derniers mois, la Chine a démontré, une nouvelle fois, sa bonne résistance aux chocs externes. Les effets de la crise énergétique causée par la guerre en Iran sur l’activité et l’inflation ont été très limités. En outre, les exportations ont bénéficié du boom de la demande mondiale de biens liés à l’IA et aux technologies vertes. Cette dynamique devrait durer à court terme.
La Corée du Sud est l’un des pays les plus exposés au choc énergétique mondial, mais aussi l’un de ceux qui bénéficient le plus de la demande exponentielle de produits liés à l’intelligence artificielle. Malgré la dépendance du pays aux importations d’hydrocarbures, dont une très grande majorité transite par le détroit d’Ormuz, les prévisions de croissance sont très favorables à court terme, tirées par la vigueur du secteur exportateur. Les pressions inflationnistes, la dépréciation du won et l’endettement des ménages justifient un resserrement monétaire. À plus longue échéance, le gouvernement mise sur un écosystème IA intégré (centres de données, robotique, matériaux avancés) pour renforcer sa position clé dans les chaînes de valeur mondiales.
L’Inde est plus solide aujourd’hui qu’elle ne l’était en 2022 pour faire face au nouveau choc énergétique. Les marges de manœuvre budgétaires pour soutenir l’économie sont plus importantes et l’inflation est plus contenue. Bien qu’attendue en recul (de 7,7% pour l’année budgétaire 2025/2026 à 6,7% pour l’année en cours), la croissance économique devrait rester forte. Toutefois, la politique de subventions du gouvernement devrait retarder la consolidation des finances publiques. Alors que les subventions énergétiques devraient diminuer avec la baisse des prix du pétrole, les subventions alimentaires pourraient augmenter en raison d’une mauvaise mousson.
L’Indonésie fait face à deux chocs extérieurs : la hausse des prix de l’énergie et les sorties de capitaux. La dégradation de la qualité de la gouvernance a, en effet, pesé sur la confiance des investisseurs étrangers. En supposant que le conflit dans le Golfe persique s’apaise, les tensions sur les comptes extérieurs et le coût des subventions énergétiques vont baisser. Toutefois, les prix du pétrole vont rester durablement au-dessus de leur niveau de début d’année, entretenant un risque de dérapage budgétaire. Les investisseurs restent méfiants et la volatilité de la roupie élevée.
Malgré le choc énergétique, la croissance économique polonaise devrait rester solide et pourrait même accélérer légèrement en 2026. Elle est portée par la reprise de l’investissement tandis que la consommation, bien que ralentissant, demeurera l’un de ses principaux piliers. L’inflation reste modérée malgré la hausse des prix à la pompe et devrait se maintenir dans la fourchette cible de la Banque centrale. Les comptes externes sont, quant à eux, très solides et permettent d’absorber sans difficulté le renchérissement de la facture énergétique. Toutefois, la trajectoire de la dette publique constitue un point d’attention. C’est d’autant plus vrai que l’absence de majorité qualifiée du gouvernement freine la consolidation budgétaire.
Les récentes tensions politiques attirent l’attention une nouvelle fois sur la Roumanie. La priorité du prochain gouvernement consistera à assainir davantage les finances publiques, faute de quoi le ratio de dette publique rapporté au PIB continuera de se détériorer. Par ailleurs, la Roumanie apparaît comme le pays d’Europe centrale le plus fragilisé par le choc énergétique mais la situation reste gérable. La croissance économique demeure atone depuis 2024 et ne devrait pas s’améliorer en 2026. L’inflation dépasse désormais les 10%, toutefois elle devrait refluer à partir de septembre, à mesure que les effets de la hausse du taux de TVA s’estomperont. Les autorités monétaires vont probablement privilégier la prudence à court terme
La croissance turque s’est nettement infléchie depuis le T4 2025. Le choc pétrolier a entraîné une érosion importante des réserves de change, une dépréciation de la livre et des tensions sur les rendements obligataires domestiques. Le risque de rupture d’approvisionnement en hydrocarbures et en engrais est limité. Mais la révision en hausse des prévisions officielles d’inflation, le resserrement monétaire consécutif et l'avertissement du ministre des Finances sur un possible dérapage budgétaire ont refroidi les investisseurs. Ces derniers sont, par ailleurs, inquiets de la stratégie de l’AKP qui consiste à évincer tout concurrent potentiel aux élections présidentielles. Les tensions financières en Turquie sont récurrentes
L’économie brésilienne continue de résister à une politique monétaire ultra-restrictive. En cette année électorale, le gouvernement met en œuvre une politique budgétaire plus active pour amortir la contrainte de taux d’intérêt élevés et atténuer les effets du choc pétrolier sur le pouvoir d’achat. La résilience de l’activité est obtenue au prix d’une désinflation plus lente et d’un transfert du coût budgétaire vers les banques publiques. Le policy mix (politique budgétaire protectrice vs politique monétaire restrictive) complique l’ajustement des prix, des comptes publics et des anticipations face à des chocs d’offre plus fréquents. À court terme, le choc pétrolier devrait avoir un impact positif sur les comptes extérieurs et le real
L’élection présidentielle du 21 juin 2026 a été remportée par Abelardo de la Espriella, un outsider qui se distancie des figures traditionnelles de la droite colombienne. Son programme, en rupture totale avec celui du gouvernement sortant, s’inspire explicitement de la libéralisation économique prônée par le président argentin, Javier Milei, et des mesures sécuritaires du président salvadorien, Nayib Bukele. Son arrivée au pouvoir, en août prochain, annonce donc de grands revirements en matière économique et budgétaire, mais aussi dans la lutte contre le narcotrafic. La croissance économique colombienne, pourtant peu impactée par la fermeture du détroit d’Ormuz, devrait ralentir en 2026, freinée par des politiques monétaire et budgétaire plus restrictives
Les perspectives économiques mexicaines restent modestes. Elles sont marquées par un ralentissement de la consommation privée et un investissement toujours freiné par l’incertitude et l’absence de nouveaux projets d’infrastructure. Les exportations, principal soutien de l’activité, ont profité de la stratégie américaine de régionalisation mais la révision de l’USMCA introduit de nouvelles contraintes. Les États-Unis durcissent les conditions d’accès à leur marché, menaçant la compétitivité du secteur manufacturier, encore dépendant des intrants asiatiques. Parallèlement, la hausse de la dette publique, le soutien persistant à Pemex et le déclin des recettes pétrolières réduisent drastiquement les marges budgétaires, aggravant les défis économiques du pays.
L’Arabie saoudite n’est pas l’économie du Golfe la plus vulnérable au conflit en Iran, mais elle n’est pas épargnée pour autant. La croissance attendue cette année a été fortement révisée à la baisse en raison de la chute de la production pétrolière. Hors hydrocarbures, cependant, l’activité résiste. Surtout, le pays a pu capter une partie des flux bloqués dans le détroit d’Ormuz grâce à ses infrastructures situées en mer Rouge. À court terme, la hausse des exportations pétrolières va améliorer ses comptes extérieurs. En revanche, le redressement des finances publiques sera moins significatif en raison de l’envolée des dépenses budgétaires. Les marges de manœuvre budgétaires restent toutefois confortables
Les conséquences de la guerre en Iran et de la crise énergétique sur l’économie égyptienne restent pour le moment limitées. Celle-ci a bénéficié à la fois de fondamentaux macroéconomiques renforcés par le soutien international et d’une crédibilité accrue de sa politique économique. Les dynamiques de rebond de l’activité et de désinflation, débutées en 2025, ne sont pas remises en cause. Principale source de vulnérabilité, la liquidité en devises ne s’est dégradée que modérément, aidée par une plus grande flexibilité du taux de change. Néanmoins, si la vulnérabilité de l’économie égyptienne aux chocs externes se réduit, elle reste élevée, notamment en raison du déséquilibre croissant de la balance énergétique et de la dépendance aux flux de capitaux volatils
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