Les mêmes causes produiront-elles les mêmes effets ? Autrement dit, est-ce que le déclenchement de la guerre en Iran et la flambée associée des prix du pétrole et du gaz entraîneront un choc inflationniste comparable à celui de 2022 ? Leurs effets négatifs sur la croissance seront-ils du même ordre que ceux de la guerre en Ukraine et du choc énergétique qui s’est ensuivi ? Des similitudes existent mais les incertitudes sont nombreuses.
La poussée de l’inflation, sous l’effet de ce nouveau choc énergétique, devrait être plus modérée qu’en 2022 : la demande est moins dynamique et l’offre moins contrainte. Les conditions ne semblent pas réunies pour une propagation importante de la hausse des prix de l’énergie.
Les données disponibles à ce jour nous donnent raison mais il faudra continuer de surveiller la situation de près. Le protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran constitue un motif de soulagement mais beaucoup d’incertitudes demeurent. La détente récente des prix du pétrole est une bonne nouvelle mais elle doit encore s’inscrire dans la durée. Néanmoins, c’est bien un vent contraire qui s’atténue, ce qui vient renforcer notre scénario de résilience de la croissance mondiale. L’inflation devrait, en revanche, rester soutenue, pendant quelques temps encore, par les effets retardés des tensions sur les prix du pétrole et d’autres matières premières et sur les chaînes de valeur. Le contexte demeure donc inflationniste, dans des proportions moindres qu’avant le protocole mais suffisamment pour justifier une posture plus restrictive des banques centrales.
Nous avons sélectionné un ensemble d’indicateurs pour suivre les répercussions de ce nouveau choc énergétique, dû à la guerre au Moyen-Orient, sur l’activité et les prix dans la zone euro, aux États-Unis, sur les marchés du pétrole et du gaz et dans les pays émergents. Nous pouvons ainsi voir dans quelle mesure la situation actuelle diffère de celle de 2022 au déclenchement du conflit en Ukraine.
Ce tableau de bord graphique et commenté sera mis à jour sur une base mensuelle le temps nécessaire