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Entreprises en France : les pics de créations viennent nuancer ceux de défaillances

22/07/2026
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En juin 2026, les créations d’entreprises cumulées sur un an sont restées dynamiques jusqu’à atteindre un pic historique selon l’INSEE : 1 233 123 entreprises, soit +11,1% sur un an. Ce dynamisme n’est pas nouveau : les créations ont doublé en dix ans. Durant cette même période, la hausse des défaillances a été dix fois moindre, ce qui tend à nuancer leurs niveaux actuels (environ 70 000 en cumul annuel depuis mars 2026). Historiquement, les pics et les creux des défaillances d’entreprises succèdent à ceux des créations avec un décalage moyen de 24 à 36 mois. Le nombre absolu de défaillances reflète donc de manière incomplète la santé financière du tissu productif français, et d’autres indicateurs doivent venir le compléter.

Doublement des créations d’entreprises en dix ans mais pas des défaillances

En dix ans, le nombre d’entreprises créées chaque année a doublé : entre 2012 et 2015, les créations plafonnaient autour de 570 000 par an. En 2025, elles se sont établies à 1 166 000 (+104%). Entre ces deux mêmes périodes, les défaillances cumulées sur un an n’ont augmenté que de 11%. L’entrée en application du statut d’auto-entrepreneur le 1erjanvier 2009[1], puis le doublement du plafond de chiffre d’affaires (et l’explosion du nombre de plateformes de livraison) en 2018 ont largement alimenté la hausse des créations d’entreprises durant la période.

Historiquement, les défaillances succèdent aux créations après 24 à 36 mois

Ainsi, les pics observés depuis mars 2026 (autour de 70 000 défaillances en cumul annuel) traduisent l’augmentation du nombre d’entreprises jeunes, pas uniquement l’impact de la succession des chocs macroéconomiques. Le taux de survie moyen de l’ensemble des entreprises étant de 75% à 3 ans contre 65% à 5 ans (et 50% à 9 ans)[2], des cycles de hausses et de baisses de défaillances succédaient généralement aux cycles de hausses et de baisses de créations au terme de 24 à 36 mois[3].

La santé financière des entreprises doit être appréhendée au-delà des seules créations et défaillances

Aux pics de créations, notamment dues à l’auto-entreprenariat depuis 2009, succèdent des pics de défaillances au bout de 24 à 36 mois

Sources : Banque de France, INSEE, BNP Paribas

Tout d’abord, le nombre de défaillances sous-estime les difficultés rencontrées par les micro-entreprises. En effet, les statistiques de la Banque de France recensent uniquement les entreprises en redressement ou en liquidation judiciaire. Or, les micro-entreprises vont plus régulièrement cesser leur activité en cas de difficultés et ne pas rentrer dans les statistiques de défaillances. Ces dernières doivent donc être complétées par d’autres indicateurs comme les radiations[4], en hausse selon Infogreffe[5]. Ensuite, comme les micro-entreprises sont sur-représentées parmi les défaillances, elles constituaient 92% de l’ensemble en mai 2026. Le nombre absolu de défaillances doit donc être complété par d’autres indicateurs comme le poids économique des défaillances, qui permet de pondérer ces dernières par un proxy de la taille des entreprises, ou encore le ratio des créances douteuses des banques[6]. Ces données confirment l’absence de dynamique particulièrement alarmante dans les chiffres de défaillances récents.

Nous publierons prochainement un tableau de bord permettant de suivre de manière synoptique l’ensemble de ces éléments.

[1] dont le statut est fusionné depuis 2016 avec celui des micro-entreprises et qui est le seul à persister.

[2] Cf. notamment, Les entreprises économiquement actives en 2023 - Insee Première - 2097

[3] Cf. notamment, Défaillances d’entreprises : les dynamiques à l’œuvre au terme de six années atypiques | Banque de France

[4] Qui incluent une proportion non négligeable de rachats, fusions d’entreprises ou réorganisations juridiques de groupes d’entreprises sans destruction d’activité.

[5] [Panorama de l’entrepreneuriat – Mai 2026] - des créations stables, des radiations toujours élevées et des fragilités persistantes - Infogreffe

[6] Cf. notamment, France : Poids économique des défaillances d’entreprises, des niveaux élevés à relativiser

LES ÉCONOMISTES AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE