Les marchés du pétrole et du gaz restent volatils et ont suivi des trajectoires différentes durant le mois d’août. Le marché du gaz ne bénéficie pas des amortisseurs présents sur celui du pétrole brut. Les cours du pétrole se sont stabilisés à un niveau élevé, accentuant l’écart par rapport à la crise de 2022. La hausse des cours du gaz reste inférieure à celle qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie, mais le rythme de hausse des cours est élevé.
Pétrole : les cours du baril de Brent se sont stabilisés à un niveau élevé durant le mois d’août en l’absence de nouvelle escalade militaire et grâce à la hausse des flux passant par le détroit (oléoduc de contournement et trade shuttle [convois de tankers sous protection de la marine US]). Néanmoins, l’écart entre le cours à terme du baril (Brent) et celui du baril physique (dated Brent) reste réduit depuis début juin grâce à l’utilisation de moyens de contournement, à la réduction accélérée des stocks OCDE (notamment les SPR US) et à la baisse des importations chinoises de pétrole.
Gaz : les cours spot du gaz en Europe (TTF) sont, en revanche, significativement repartis en hausse au cours du dernier mois pour deux raisons principales : 1/ l’absence de reprise des flux de LNG sortant du Golfe (contrairement au pétrole), 2/ la concurrence accrue sur le marché du GNL entre l’Europe, qui reconstitue ses stocks pré-hivernaux, et l’Asie, dont la demande est élevée durant les mois d’été.
Électricité : la hausse des prix européens de gros de l’électricité a accéléré durant l’été avec la succession des vagues de chaleur. Ces dernières ont accru la demande d’électricité et, par ailleurs, la production d’électricité nucléaire a été contrainte par la hausse des températures et la sécheresse dans certains pays d’Europe centrale et en France dans une moindre mesure. Dans ce contexte, le recours à des ressources plus coûteuses (gaz) oriente les prix de l’électricité à la hausse.