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Marché du travail français : bilan 2020

ECO FLASH  
N°21-06  
30 mars 2021  
MARCHÉ DU TRAVAIL FRANÇAIS (PARTIE 1) : BILAN 2020  
Hélène Baudchon  
En 2020, l’impact de la pandémie de Covid-19 sur le marché  
VARIATION DU PIB ET DE L’EMPLOI SALARIÉ PRIVÉ  
du travail français a été bien moins marqué que sur le PIB :  
celui-ci a chuté de 8,2% en moyenne annuelle tandis que  
l’emploi salarié privé n’a baissé que de 1,7%, le taux de  
chômage s’inscrivant même en légère baisse par rapport à  
g.a., %  
5
0
5
5
2
019 (-0,4 point en moyenne annuelle).  
0
Il faut voir derrière cet impact négatif contenu l’effet des  
mesures d’urgence, notamment le renforcement important  
du dispositif de chômage partiel.  
-
-5  
Emploi salarié privé  
PIB  
-
-
-
10  
15  
20  
-10  
-15  
-20  
L’impact sectoriel est toutefois disproportionné : au T4  
2
020, les quatre secteurs les plus durement touchés par la  
crise (hébergement-restauration, services aux ménages,  
services de transports et fabrication de matériels de  
transports) concentrent 75% des pertes d’emplois salariés  
par rapport au T4 2019, alors que leur part dans l’emploi  
salarié total est environ 5 fois moindre (16%).  
2
006  
2008  
2010  
2012  
2014  
2016  
2018  
2020  
GRAPHIQUE 1  
SOURCES : INSEE, BNP PARIBAS  
1
Après une année 2019 déjà remarquable , les résultats du marché du travail en 2020  
le sont plus encore compte tenu du contexte et du choc récessif massif qui a frappé  
l’économie française. Les quelques chiffres qui suivent illustrent bien le caractère  
contenu et amorti du choc subi par le marché du travail. En glissement annuel, au  
T4 2020, le PIB accuse une baisse de 5% par rapport à son niveau d’avant-crise du  
Les évolutions, contre-intuitives, du taux de chômage  
relèvent du trompe-l’œil méthodologique. Les périodes de  
confinement amènent, en effet, nombre de personnes sans  
emploi à sortir de la population active, faute de pouvoir en  
chercher activement un et/ou signaler leur disponibilité  
pour travailler. Elles ne satisfont alors plus la définition du  
BIT d’un chômeur. Elles sont comptabilisées dans le halo  
entourant le chômage qui a, lui, fortement augmenté, de  
même que le sous-emploi (qui inclut le chômage partiel).  
2
T4 2019 mais celle de l’emploi salarié privé se limite à 1,6%, le taux de chômage  
affichant même une légère baisse (-0,1 point, à 8% de la population active). En  
moyenne annuelle, le PIB a reculé de 8,2% en 2020 mais l’emploi de seulement 1,7%  
et le taux de chômage réussit l’exploit de s’inscrire en recul de 0,4 point par rapport  
à 2019, à 8%.  
La disponibilité des principaux indicateurs du marché du travail sur l’ensemble de  
020 nous permet de dresser, dans cet article, un premier bilan d’une année très  
particulière. Dans un second article à suivre, nous brosserons les perspectives pour  
021.  
2
2
Emploi : des évolutions amorties  
Les déclarations d’embauche et le nombre des  
demandeurs d’emploi portent aussi la trace de la crise de  
manière plus attendue.  
En 2020, 332 000 emplois salariés privés ont été perdus en moyenne sur l’année.  
Cette perte relève de la prouesse. Elle est, en effet, de grande ampleur mais pas  
aussi importante que celle enregistrée en 2009 (-420k emplois), alors même que la  
contraction du PIB est sans commune mesure, sans précédent même (-8,2% en 2020,  
-
2,8% en 2009).  
1
2
Champ considéré par défaut dans cet article (sauf mention contraire).  
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2
Le caractère très amorti des évolutions de l’emploi par rapport à celles  
du PIB, à la baisse comme à la hausse, est remarquable et constitue  
l’une des principales caractéristiques de cette crise (cf. graphique 1).  
Il faut y voir notamment l’effet du recours massif au chômage partiel  
permis par l’important renforcement du dispositif, décidé par le  
gouvernement, dans le cadre des mesures d’urgence pour faire face au  
choc du confinement (cf. l’encadré en fin d’article pour un récapitulatif  
des changements apportés à ce dispositif et une synthèse des autres  
VARIATION DE LA VALEUR AJOUTÉE ET DE L’EMPLOI SALARIÉ PAR BRANCHES  
ÉCART AU NIVEAU D’AVANT-CRISE (T4 2020 PAR RAPPORT À T4 2019, %)  
Perte de VA  
Perte d'emploi  
Total  
Commerce 10  
Agriculture  
Industrie agro-  
alimentaires  
0
Transports  
-
-
-
10  
20  
30  
Hébergement-  
restauration  
3
Biens d'équipement  
mesures en faveur du marché du travail ; cf. Unédic (2020) pour un  
premier bilan descriptif de l’usage du dispositif).  
Information-  
communication  
-40  
50  
Matériels de transport  
Dans les quatre secteurs les plus touchés par la crise (hébergement-  
restauration, services aux ménages, services de transports et fabrication  
de matériels de transports), le caractère amorti des évolutions de  
l’emploi, par rapport à celles de l’activité, est plus frappant encore  
-
Autres branches  
industrielles  
Services financiers  
(
cf. graphique 2). L’impact sectoriel n’en est pas moins disproportionné.  
Services immobiliers  
Energie, eau, déchets  
En effet, au T2 2020, sur les près de 700 000 destructions d’emplois  
salariés que l’économie française déplorait par rapport au T4 2019, 35%  
était le fait des secteurs les plus impactés, soit près de 240 000 emplois,  
alors même que leur part dans l’emploi salarié est environ deux fois  
moindre (16 %). Au T4 2020, l’impact est plus disproportionné encore :  
alors que le total des pertes par rapport au T4 2019 a diminué (environ  
Services aux entreprises  
Construction  
Services non marchands  
Services aux ménages  
GRAPHIQUE 2  
SOURCES : INSEE, BNP PARIBAS  
-
280k), dans les secteurs les plus affectés, l’écart ne s’est que peu  
réduit (environ -215k). Ces secteurs concentrent en conséquence les  
trois-quarts des pertes.  
DÉTAILS SECTORIELS DES À-COUPS TRIMESTRIELS DE L’EMPLOI  
L’emploi intérimaire a aussi joué son rôle habituel de variable  
d’ajustement et payé un lourd tribut : sur les 332 000 destructions  
d’emplois en moyenne annuelle sur 2020, la moitié vient de ce seul  
secteur (-166k). Les services marchands hors intérim ont supporté  
près de l’autre moitié des pertes (-156k). Celles-ci ont été plus limitées  
dans l’agriculture (-5k) et l’industrie (-36k). La construction et les  
services non marchands se démarquent plus clairement encore en  
affichant des créations d’emplois (+28k et +2k, respectivement). Ces  
chiffres en moyenne annuelle donnent une première idée de l’ampleur  
du choc mais ils masquent les importants à-coups trimestriels subis  
par l’emploi (cf. graphique 3). On voit notamment que la baisse de  
l’emploi a été la plus importante au T1, et non au T2 comme pour le  
PIB, et que la chute de l’intérim s’est faite en totalité ce trimestre-là,  
ceci expliquant cela.  
Variation trimestrielle de l'emploi salarié privé (milliers)  
4
00  
00  
200  
00  
3
1
0
-100  
Industrie  
-
-
-
200  
300  
400  
Construction  
Services hors intérim  
Intérim  
Total  
-500  
2016  
2017  
2018  
2019  
2020  
Le choc de la crise sur les déclarations d’embauche recensées  
par l’Acoss n’a, en revanche, rien du caractère amorti mis en avant  
jusqu’ici. Toutes durées de contrat confondues, elles se sont en effet  
écroulées de près de 30% en 2020 en moyenne annuelle. En écho à la  
GRAPHIQUE 3  
SOURCES : INSEE, BNP PARIBAS  
chute de l’emploi intérimaire, ce plongeon est dû à hauteur de 80% à avant de fortement remonter au T3 (quand le PIB faisait de même),  
celui des déclarations d’embauche en CDD de moins d’un mois, quand puis de baisser à nouveau au T4 (simultanément à la rechute du PIB).  
les déclarations d’embauche en CDD de plus d’un mois et en CDI ont L’explication principale tient à la définition d’un chômeur au sens du  
nettement moins baissé (expliquant, respectivement, 9 et 12% de la Bureau International du Travail, à savoir être sans emploi, en recherche  
chute totale), les CDI bénéficiant de l’effet amortisseur de l’activité active d’un emploi et disponible rapidement pour travailler. Or, en  
partielle. Nous constatons, sans l’expliquer, la relativement moins période de confinement, notamment celui du printemps, chercher  
mauvaise tenue des déclarations d’embauche en CDD de plus d’un activement un emploi et/ou signaler sa disponibilité est compliqué  
mois. Celles-ci ont notamment dépassé de nouveau, ponctuellement, voire impossible. Cela s’est traduit par une forte baisse de la population  
au T3 2020, leur niveau d’avant-crise, alors que les deux autres types active au S1 suivie d’une importante correction à la hausse au T3,  
d’embauches en sont restés éloignés.  
puis d’une nouvelle baisse au T4. Ces évolutions ont entraîné avec  
elles le taux de chômage. Sa baisse au T4 (-1,1 point) est toutefois  
moins en trompe-l’œil que celles du T1 et du T2 (-0,3 et -0,7 point,  
respectivement) dans la mesure où elle s’explique surtout par la  
hausse du taux d’emploi.  
Chômage : des évolutions contre-intuitives, en trompe-l’œil  
Concernant le taux de chômage, ses évolutions tout au long de 2020  
ont eu ceci de remarquable qu’elles ont été contre-intuitives. Il a, en  
effet, d’abord nettement reculé au S1 (quand l’activité s’écroulait)  
3
Unédic, Activité partielle : premier bilan depuis le début de la crise Covid-19, Eclairages, septembre 2020.  
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3
Malgré le choc récessif massif qui a frappé l’économie française en  
2
2
020, le taux de chômage réussit donc l’exploit de terminer l’année  
020 au même niveau qu’un an auparavant (0,1 point en-dessous  
TAUX DE CHÔMAGE ET DEMANDEURS D’EMPLOI  
même pour être précis) et de se situer 0,4 point plus bas en moyenne  
8% après 8,4%, un plus bas depuis 2007). Mais la médaille a deux  
revers :  
Inscriptions à Pôle emploi en catégorie A (milliers, é.g.)  
Taux de chômage INSEE/BIT (% de la pop. active, é.d.)  
(
1
1.0  
0.5  
10.0  
.5  
4
500  
000  
500  
000  
2500  
000  
la forte hausse du halo autour du chômage (qui regroupe les  
personnes sans emploi qui souhaitent travailler mais qui ne  
satisfont pas les critères du BIT en matière de recherche d’emploi  
ou de disponibilité, et ne sont donc pas comptées comme  
chômeurs) : +0,8 point sur l’année, 4,6% des personnes âgées de  
1
4
9
3
9.0  
8.5  
1
5 à 64 ans, soit la proportion la plus élevée depuis le début de la  
série en 2003 et dépassant d’un peu plus d’un point la moyenne  
003-2019.  
3
8.0  
2
7.5  
la forte hausse du sous-emploi (qui regroupe les personnes en  
temps partiel souhaitant travailler plus et les personnes en  
chômage technique ou partiel) : +3,7 points sur l’année, 7,3%  
des personnes âgées de 15 à 64 ans, un plus haut également  
depuis le début de la série en 2003 et nettement, la moyenne  
2
7.0  
9
7 98 99 00 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21  
GRAPHIQUE 4  
SOURCES : INSEE, PÔLE EMPLOI, BNP PARIBAS  
2
003-2019 étant de 3,9%. Les personnes en chômage technique ou  
partiel, habituellement une part infime de l’emploi (0,4%), en ont  
représenté 15% au plus haut du recours au dispositif au T2 2020.  
LES DEUX NOUVELLES JAUGES POUR ÉVALUER LA SANTÉ  
DU MARCHÉ DU TRAVAIL FRANÇAIS  
Le nombre des demandeurs d’emploi en catégorie A porte de manière  
plus attendue la trace de la crise au gré des phases de confinement et  
de déconfinement (cf. graphique 4) : hausse historique en mars et avril  
0.6 Les deux écarts se lisent dans le même sens :  
0.6  
un écart positif (négatif) est bon (mauvais) signe  
(
+33% en cumulé), décrue importante ensuite de mai à octobre (-18%),  
0
.4  
0.4  
remontée en novembre (+1% m/m, une hausse d’ampleur normale,  
habituelle en situation de crise), stabilité en décembre, reflux en janvier  
0.2  
0.2  
2
021 (-0,9% m/m). À noter que, sur l’ensemble du T4 2020, la baisse  
0.0  
0.2  
0.4  
0.0  
l’emporte (-3% t/t) : moins importante qu’au T3 (-11% t/t), elle retient  
l’attention au regard de la baisse simultanée du PIB. En moyenne sur  
-
-
-0.2  
-0.4  
-0.6  
-0.8  
-1.0  
-1.2  
2
020, la hausse du nombre des demandeurs d’emploi en catégorie A  
atteint 8,8%, un autre résultat remarquable : cette hausse est en effet  
bien moins importante que celle enregistrée en 2009 (+22%) pour une  
contraction du PIB bien moindre (-2,8%) que celle de 2020. À retenir,  
pour finir, qu’en janvier 2021 (dernier point disponible), le nombre de  
demandeurs d’emploi en catégorie A demeure toutefois 8% au-dessus  
de son niveau d’avant-crise du T4 2019.  
-0.6  
0.8  
-1.0  
1.2  
Ecart entre les déclarations d'embauche de plus d'1 mois  
(
cumul sur 4 mois, millions) et la jauge de 2,7 millions  
-
Ecart entre la variation sur 6 mois du nombre de  
demandeurs d'emploi en catégorie A et la jauge de -130k  
(signe inversé, millions)  
-
06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21  
GRAPHIQUE 5  
SOURCES : ACOSS, PÔLE EMPLOI, BNP PARIBAS  
*
**  
Dans un prochain article, nous étudierons les perspectives du marché  
du travail en 2021. Une hausse de l’emploi et du taux de chômage sont  
attendues mais l’incertitude sur son ampleur est grande : possiblement  
faible pour l’emploi et importante pour le taux de chômage. L’incertitude  
entourant l’ampleur du redressement de l’emploi est pour partie liée à  
celle sur la vigueur de la reprise. La croissance de l’emploi sera certes  
soutenue par le plan France Relance. Elle restera aussi, et surtout,  
contrainte par l’effet retardé de la chute massive de l’activité en 2020,  
l’incidence négative de l’augmentation des défaillances d’entreprises,  
l’hétérogénéité sectorielle persistante, le retour en activité des  
personnes en chômage partiel et les efforts de reconstitution des gains  
de productivité et des marges des entreprises. S’agissant du taux de  
chômage, à l’incertitude portant sur la dynamique de l’emploi s’ajoute  
celle sur la population active.  
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4
LES MESURES DE PRÉSERVATION ET DE SOUTIEN DE L’EMPLOI  
Indemnité du salarié (en % du salaire brut)  
Allocation à l’employeur (en % de l’indemnité versée au salarié)  
Durée  
Activité partielle avant crise  
Avant le 1er juin 2020  
70% ; plancher au Smic net  
70% ; plancher au Smic net  
Forfaitaire  
6 mois renouvelables  
12 mois renouvelables  
100% ; limite de 4,5 Smic ; plancher à 8,03€  
Entreprises fermées  
administrativement ou avec  
une perte de 80% du CA et  
secteurs protégés  
Après le 1er juin  
020  
70%** ; plancher au Smic net  
70%** ; plancher au Smic net  
100% ; limite de 4,5 Smic, plancher à 8,03€  
12 mois renouvelables  
12 mois renouvelables  
12 mois renouvelables  
2
Secteurs non protégés  
85% ; limite de 4,5 Smic, plancher à 8,03€  
Entreprises fermées  
administrativement ou avec  
une perte de 80% du CA  
100% ; limite de 70% de 4,5 Smic, plancher à 8,11€  
7
0% ; limite de 70% de 4,5 Smic ; plancher au  
Après le 1er avril  
021  
Smic net  
2
Secteurs protégés  
85% ; limite de 60% de 4,5 Smic, plancher à 8,11€  
60% ; limite de 36% de 4,5 Smic, plancher à 7,30€  
6
0% ; limite de 60% de 4,5 Smic ; plancher au  
Smic net  
Secteurs non protégés  
Entreprises fermées  
administrativement ou avec  
une perte de 80% du CA  
7
0% ; limite de 70% de 4,5 Smic ; plancher au  
Smic net  
100% ; limite 70% de 4,5 Smic, plancher à 8,11€  
Après le 1er mai  
021  
2
Secteurs protégés et non  
protégés  
60% ; limite 60% de 4,5 Smic ; plancher  
au Smic net  
6
0% ; limite de 36% de 4,5 Smic, plancher 7,30€  
À partir du 1er juillet 2021  
60% ; limite 60% de 4,5 Smic ; plancher  
au Smic net  
3 mois renouvelables  
(6 mois max. sur 12 mois)  
60% ; limite de 36% de 4,5 Smic, plancher à 7,30€  
Secteurs protégés et  
connexes  
70 % ; limite de 70% de 4,5 Smic ; plancher  
au Smic net  
1
00% ; limite 70% de 4,5 Smic, plancher à 8,11€  
À partir du 1er  
juillet 2020  
6 mois renouvelables  
(2 ans max. sur 36 mois)  
70 % ; limite de 70% de 4,5 Smic ; plancher  
au Smic net  
Autres secteurs  
85% ; limite 60% de 4,5 Smic, plancher à 8,11€  
100% ; limite 70% de 4,5 Smic, plancher à 8,11€  
Entreprises fermées  
administrativement ou avec  
une perte de 80% du CA  
70 % ; limite de 70% de 4,5 Smic ; plancher  
au Smic net  
Après le 1er avril  
6 mois renouvelables  
2 ans max. sur 36 mois)  
(
Secteurs protégés  
85% ; limite 60% de 4,5 Smic, plancher à 8,11€  
85% ; limite 60% de 4,5 Smic, plancher à 7,30€  
Secteurs non protégés  
Entreprises fermées  
administrativement ou avec  
une perte de 80% du CA  
70 % ; limite de 70% de 4,5 Smic ; plancher  
au Smic net  
100% ; limite 70% de 4,5 Smic, plancher à 8,11€  
Après le 1er mai  
6 mois renouvelables  
(
2 ans max. sur 36 mois)  
Secteurs protégés et non  
protégés  
85% ; limite 60% de 4,5 Smic, plancher à 7,30€  
À partir du 1er juillet 2021  
70 % ; limite de 70% de 4,5 Smic ; plancher  
au Smic net  
6 mois renouvelables  
(2 ans max. sur 36 mois)  
85% ; limite 60% de 4,5 Smic, plancher à 7,30€  
De nombreuses mesures ont été adoptées pour limiter l’impact du choc de la Covid-19 sur l’économie en général et le marché du travail en particulier.  
Le renforcement du dispositif d’activité partielle est la plus importante d’entre elles. Le tableau présente les différents changements apportés et rend bien  
compte de l’augmentation de la prise en charge par l’État et de l’extension des conditions d’indemnisation. Afin de répondre à la baisse d’activité prolongée de  
certains secteurs, un dispositif d’activité partielle de longue durée (APLD) a également été instauré, conditionné à la conclusion d’un accord collectif.  
En plus de ces outils de rétention de la main d’œuvre à des fins de sauvegarde de l’emploi et de préservation du capital humain, des mesures directes de soutien  
er  
à l’insertion professionnelle des jeunes ont été prises (plan « 1 jeune, 1 solution »). Depuis le 1 août 2020, toute entreprise recrutant un jeune de moins de  
2
6 ans sur un contrat de plus de 3 mois bénéficie d’une compensation de charge de 4 000 euros. Cette aide, qui devait initialement expirer le 31 mars de cette  
année, a été prolongée de deux mois (dans la limite de 1,6 et non plus 2 SMIC). Le soutien aux contrats d’apprentissage et de professionnalisation passe par des  
primes importantes (5 000 euros pour un jeune de moins de 18 ans, 8 000 euros pour les alternants plus âgés). Entrées en vigueur en juillet 2020, ces primes  
courent jusqu’au 31 décembre 2021. De nouvelles formations sont ouvertes afin d’orienter et former 200 000 jeunes vers les secteurs et métiers d’avenir. Pour  
les jeunes les plus éloignés de l’emploi, 300 000 parcours d’insertion sur mesure sont prévus.  
Le soutien à l’emploi est au cœur du plan France Relance : en plus des mesures directes du plan « 1 jeune, 1 solution » (volet « cohésion »), des retombées  
positives sont à attendre du soutien à la compétitivité des entreprises et à la transition énergétique et, plus globalement, du surcroît de croissance générée  
par ce plan.  
Le soutien aux travailleurs précaires a pris la forme d’une aide financière mensuelle exceptionnelle de 900 euros. Cette aide, en vigueur depuis novembre 2020  
et jusqu’à mai 2021, est soumise à une condition de revenu (moins de 900 euros brut par mois) et d’activité (avoir travaillé au moins 138 jours en 2019 dont  
plus de 70% dans le cadre de contrats courts).  
Concernant l’assurance-chômage, le soutien est passé par une prolongation des droits des chômeurs arrivant à échéance durant les périodes de confinement  
et ce jusqu’au 30 juin 2021. L’entrée en vigueur des durcissements des conditions d’indemnisation prévus par la réforme de 2019 a été modifiée. Alors qu’il était  
initialement prévu d’augmenter la durée d’affiliation de 4 à 6 mois sur une période de 24 mois, les conditions ont été assouplies en instaurant un intervalle  
de référence allongé de la durée de confinement. La mesure de dégressivité de l’allocation de 30% au bout de 6 mois pour les chômeurs de moins de 57 ans  
er  
et gagnant plus de 4 500 euros brut a été revue pour intervenir au bout de 8 mois à compter du 1 avril 2021. Ces deux mesures seront durcies selon les  
modalités prévues en 2019 lorsque deux conditions seront concomitamment réunies : 1/ le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A devra avoir diminué  
de 130 000 sur 6 mois, 2/ les déclarations d’embauche de plus d’1 mois (hors intérim) devront avoir dépassé les 2,7 millions sur 4 mois glissants. Au regard  
du graphique 5, cette clause de retour à meilleure fortune du marché du travail ne sera pas facile à satisfaire. Le nouveau calcul de l’indemnisation (qui vise à  
er  
ce que celle-ci soit la même pour un même nombre d’heures de travail) s’appliquera à compter du 1 juillet, dans une version assouplie pour éviter une trop  
forte diminution pour les plus précaires. L’entrée en vigueur du système de bonus-malus sur les cotisations chômage employeurs, pour lutter contre le recours  
abusif aux contrats courts, a été reportée à 2022.  
*
Les informations de cet encadré sont celles disponibles au 25 mars 2021. Sources : presse quotidienne, Gouvernement, BNP Paribas. Encadré rédigé par Julie Bouvry  
(
stagiaire).  
La banque  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
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