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La hausse de l'inflation rend négative la croissance des salaires rééls

26/04/2022

Face aux multiples tensions sur les prix, le Royaume-Uni connait une forte poussée inflationniste (+6,2% du CPIH[1] en mars). Du côté des ménages, cette accélération des prix détériore considérablement leur pouvoir d’achat. En effet, en termes réels, c’est-à-dire corrigée de l’inflation, l’évolution des salaires est nettement négative (-1%) en glissement annuel en février 2022. Toutefois, le versement de bonus permet de compenser cette diminution, faisant apparaitre une légère hausse des salaires réels avec primes (+0,4%).

Royaume-Uni : salaires moyens réels et inflation

Le ralentissement brutal des salaires réels depuis un peu plus d’un an (au printemps 2021, ils étaient en hausse de 6%) a fini par faire chuter la confiance des ménages, tombée, en avril, à un niveau quasiment historique (-38 points selon l’indice GfK), proche du point bas atteint lors de la crise économique et financière de 2008. Les ventes au détail s’en ressentent aussi (-2,2% en glissement trimestriel en février), une baisse qui va en s’accentuant depuis trois mois.

Par ailleurs, les tensions sur le marché du travail, au regard notamment du très bas taux de chômage (3,8% en février), sont à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Compte tenu de la flexibilité du marché du travail britannique, elles sont de nature à soutenir les augmentations de salaires, ce qui permet au passage d’atténuer en partie le choc de l’inflation sur le pouvoir d’achat. Mais elles peuvent aussi contribuer à alimenter la dynamique inflationniste par l’enclenchement d’une boucle prix-salaires.

D’abord perçue comme transitoire par les autorités monétaires, l’inflation se trouve être plus persistante et robuste que prévue. Le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque d’Angleterre a déjà relevé successivement et par trois fois son taux directeur pour atteindre 0,75% le 23 mars dernier. Dans cette perspective, la très attendue réunion du MPC du 5 mai devrait être l’occasion de poursuivre le resserrement de la politique monétaire.

[1] Indice des prix à la consommation incluant les coûts de logement des propriétaires occupants.

LES ÉCONOMISTES EXPERTS AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE
Félix  BERTE
Equipe : Economies OCDE