La Banque d'Angleterre et le gouvernement britannique ont répondu à la crise liée à l’épidémie de Covid-19 par une large palette de mesures. Elles ont été annoncées rapidement mais la traduction opérationnelle de certaines d’entre elles a pris plus de temps, notamment celles concernant le soutien au financement des entreprises privées. Ces mesures ont en commun de s’appuyer largement sur le secteur bancaire du pays, solide, en dépit de difficultés communes à la plupart des secteurs bancaires européens. Enfin, cela s’inscrit sur fond de Brexit et de refus de l’exécutif britannique de prolonger la période de transition, au motif que cela accentuerait l’incertitude pesant sur les entreprises et pourrait réduire la souplesse dont il a besoin pour répondre à cette crise.
Après une chute de plus de 25% entre mars et avril, le PIB du Royaume-Uni a augmenté de 1,8% en mai. Si les mesures de restrictions n’ont commencé à être assouplies qu’en juin, ce timide rebond a tout de même déçu. Aucun des prévisionnistes sondés par Reuters n’anticipait un chiffre aussi bas, et le consensus s’attendait à un rebond de 5,5%. Ceci s’explique par la pauvre performance du secteur des services. Alors que les indices de production industrielle et des services avaient tous deux baissé d’environ 25% entre mars et avril, le premier a augmenté de 6,0% en mai tandis que le second ne progressait que de 0,9%
Notre baromètre des indicateurs de la Turquie montre une bonne résistance de l’économie jusqu’en février/mars. Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas imposé de confinement généralisé de sorte que le choc d’offre est moins fort que dans les autres économies européennes. Par ailleurs, la banque centrale a baissé son taux directeur de 200 points de base depuis la mi-mars et le gouvernement a annoncé qu’un tiers du programme de relance, d’un montant de TRY 100 mds (2,3% du PIB), avait déjà été dépensé à la mi-avril. Nous anticipons une récession limitée à -2% pour 2020.
L’économie turque fait face à une difficulté qu’elle a déjà su surmonter par le passé : une crise mondiale, qui devrait provoquer une forte baisse de ses exportations, mais également une contraction des financements extérieurs. Toutefois, à la différence de 2018, la Turquie n’apparaît pas en surchauffe conjoncturelle, tandis que la baisse du prix du pétrole et l’apparition d’un excédent courant sont deux facteurs d’atténuation des risques. Il n’en reste pas moins que la faiblesse relative du niveau de réserves de change, le niveau élevé de la dette extérieure des entreprises et la hausse récente des créances douteuses sont des facteurs de risque conséquents. D’où une réponse de politique économique visant à assurer la liquidité notamment en devises.
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