EcoWeek du 22 novembre 2019
    Consulter la publication complète
    Les stabilisateurs fiscaux automatiques contribuent à amortir l’impact des chocs économiques sur le PIB par le biais de la variation des recettes publiques (dues à la progressivité de l’impôt) et des dépenses sociales (assurance chômage). L’efficacité de ces stabilisateurs présente d’autant plus d’intérêt que la marge de manœuvre de la politique monétaire est limitée. Une étude de la Commission européenne confirme que, dans une certaine mesure, les stabilisateurs automatiques atténuent l’impact des chocs négatifs sur le PIB. Cet effet est-il suffisant ? Cela reste à vérifier. Ces questions justifient un débat sur le rôle des politiques budgétaires discrétionnaires en cas de récession.
    Le positionnement des indicateurs de notre baromètre laisse une impression négative trompeuse. En s’établissant à 0,3% t/t au T3 2019 (première estimation), la croissance française continue, en effet, de faire preuve d’une résistance et d’une stabilité remarquables. Et les perspectives pour le T4 sont à l’avenant au regard du résultat des enquêtes INSEE et Markit sur le climat des affaires pour octobre et novembre. Les indices composites sont certes restés quasi stables en novembre mais ils se situent à un niveau relativement élevé (respectivement, 105 et 53) et le résultat général masque des détails plus positifs, comme, par exemple, l’amélioration du climat dans l’industrie (dont on soulignera, au passage, qu’il se situe en zone d’expansion et non de récession comme en Allemagne) et la hausse des composantes emplois et nouvelles commandes à l’exportation.
    EcoWeek du 15 novembre 2019
    Consulter la publication complète
    Ces dernières semaines, les marchés actions ont affiché de solides performances. Aux États-Unis en particulier, il est difficile d’y voir une amélioration des anticipations de bénéfices ou la perspective de baisses du taux officiel supérieures aux anticipations. L’évolution des marchés actions serait, alors, principalement due au repli de la prime de risque demandée. Les rendements des Treasuries ont aussi bondi, ce qui serait largement imputable à l’augmentation de la prime de terme. La diminution de la prime de risque actions et la hausse de la prime de terme obligataire ont la même origine : la réduction du risque de perte économique extrême (tail risk), suite aux progrès des négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine et à la stabilisation de certaines données d’enquête. La moindre probabilité d’évolutions économiques très négatives a dopé les marchés actions et réduit l’attrait des obligations comme couverture face au risque inhérent aux actions. Résultat : les rendements obligataires ont évolué à la hausse en synchronie avec les marchés actions.
    L’impulsion du crédit a reculé en septembre, modérément pour les ménages, beaucoup plus sensiblement pour les sociétés non financières (SNF). Pour ces dernières, l’impulsion du crédit n’a jamais été aussi basse depuis le début des mesures d’achats d’actifs par la BCE au début de 2015.
    EcoWeek du 08 novembre 2019
    Consulter la publication complète
    Les récentes enquêtes de conjoncture, comme celles réalisées auprès des directeurs d’achats (PMI), suggèrent une stabilisation générale du climat des affaires en octobre. Après une tendance prolongée à la baisse, cette évolution est la bienvenue. Cependant, au vu des données historiques, les derniers chiffres sont bas, voire très bas pour ce qui est du secteur manufacturier, reflétant un environnement de croissance toujours atone. À terme, la stabilisation de l’évolution de ces enquêtes devrait renforcer la probabilité d’une accélération de la croissance : avec la diminution de la fréquence des mauvaises nouvelles, la confiance devrait finalement rebondir, entraînant une hausse des dépenses, d’autant plus que les conditions financières et monétaires sont très accommodantes.
    La croissance économique est passée de 6,4% en g.a. au T4 2018 à 6,0% au T3 2019. Ce chiffre est bien inférieur à la moyenne annuelle de 8% enregistrée au cours de la dernière décennie : le ralentissement structurel se poursuit, aggravé depuis l’an dernier par les conséquences des mesures protectionnistes américaines sur les exportations. La croissance de la consommation privée a également ralenti, retardant le processus de rééquilibrage des sources de la croissance chinoise. Les mesures de relance fiscale et d’assouplissement monétaire ont été multipliées, et leurs effets sur la demande interne devraient être visibles au dernier trimestre 2019.

Sur le même thème

La structure des revenus des plus de 65 ans dans le monde 12/11/2019
Les faibles taux d'intérêt et le vieillissement de la population exercent des pressions sur les systèmes de retraite des pays de l'OCDE. Des réformes sont nécessaires car le rapport entre le nombre de personnes âgées de plus de 65 et la population en âge de travailler augmente. Comme au Japon, le niveau faible des prestations de retraite pourrait inciter les seniors à continuer à travailler après 65 ans. Toutefois, il existe un risque qu’ils soient plus nombreux à passer sous le seuil de pauvreté, à 50% du revenu médian.
Risque de pauvreté élevé et taux de participation des seniors au marché du travail 06/11/2019
Les revenus des personnes âgées sont principalement constitués des retraites publiques et professionnelles et des revenus de l'épargne et du travail. Dans les pays où les régimes de retraite sont comparativement plus généreux, le taux d'activité des seniors est relativement faible. En France, seulement 3% des personnes âgées de plus de 65 ans travaillent, contre près de 20% aux États-Unis et 25% au Japon. Par ailleurs, le taux de pauvreté des seniors en France, le pourcentage de personnes âgées de 66 ans et plus dont le revenu est inférieur à 50% du revenu médian des ménages, figure parmi les plus bas de la zone de l'OCDE. Le graphique montre qu’en général, concernant les seniors, la relation entre le pourcentage des revenus du travail et le taux de risque de pauvreté est positive. Ainsi, les seniors repousseraient leur départ à la retraite quand leurs revenus sont insuffisants, à l'exception notable des pays scandinaves. Ces derniers montrent qu'il est possible de combiner une participation relativement élevée des seniors au marché de l’emploi et un faible risque de pauvreté.
Taux d’intérêt nominaux négatifs : causes 28/10/2019
Dans le premier volet, il examinera les causes de ces taux négatifs et révélera en quoi ils peuvent engendrer un « paradoxe de l’épargne ». Quels sont les tenants de cette théorie économique et en quoi  un environnement de taux négatifs peut-il favoriser l’émergence de ce paradoxe ?
Taux d’intérêt négatifs, une aubaine pour les acheteurs, un casse-tête pour les épargnants 28/10/2019
Quel est l’impact des taux négatifs sur les ménages et sur leur épargne ?  Dans ce deuxième volet,  William De Vijlder nous montrera toute la complexité d’une réponse à cette question. Elle requiert, en effet, la prise en compte de différents facteurs, tels que l’hétérogénéité des ménages et  la composition de leur  patrimoine (actifs et passifs).
Le paradoxe de l’épargne : rationalité individuelle et casse-tête macroéconomique 28/10/2019
Dans ce troisième et dernier volet, nous verrons avec William De Vijlder comment les taux négatifs peuvent impacter défavorablement les revenus financiers et notamment le capital constitué en vue de la retraite. D’autres questions se posent : ces taux négatifs entraînent-ils une hausse du taux d’épargne des ménages et cette hausse sera-t-elle durable ? Dans quelle mesure cela peut-il affecter la politique monétaire ?
Le ralentissement de la croissance mondiale s’intensifie 10/10/2019
La croissance mondiale marque le pas, obligeant la Réserve fédérale à abaisser ses taux à deux reprises tandis que la BCE a annoncé un ensemble complet de mesures d’assouplissement. Le ralentissement devrait néanmoins se poursuivre. L’incertitude est omniprésente. Confrontées à l’essoufflement de la croissance, aux différends commerciaux, aux inquiétudes liées au Brexit et au risque géopolitique, les entreprises s’interrogent sur la situation réelle de la demande. Leur investissement est à la peine, ce qui pourrait freiner l’emploi et impacter les ménages. Autre facteur susceptible de peser sur la confiance : la marge de manœuvre désormais limitée de la politique monétaire et, dans de nombreux pays, de la politique budgétaire pour stimuler la croissance. Aux Etats-Unis, les enquêtes auprès des chefs d’entreprises font ressortir de fortes inquiétudes concernant le risque de récession et l’inversion de la courbe de taux ne fait qu’ajouter à l’inconfort. Cependant, un éventail d’indicateurs avancés brosse pour le moment un tableau moins sombre.
Affrontement commercial États-Unis – Chine, jusqu’où ? 07/10/2019
L’inflation redoutée des droits de douane entre les États-Unis et la Chine a finalement bien lieu. Dans l’immédiat, tabler sur une désescalade serait optimiste.
Fed et BCE : deux approches divergentes de la politique monétaire 20/09/2019
La Réserve fédérale américaine et la BCE adoptent des positions très différentes : la Fed dispose d’une plus grande marge de manœuvre pour assouplir sa politique monétaire et elle est plus proche de ses objectifs. L’institution de Francfort, en revanche, n’a qu’une marge limitée alors qu’elle doit faire face à une inflation inférieure à son objectif avec le risque que l’écart se creuse au lieu de se résorber. Ces différences ont conduit à des approches divergentes concernant la conduite de la politique monétaire et la communication en la matière. La Fed dépend dans chiffres économiques à court terme et, à l’exception des projections des membres du FOMC, elle ne donne pas de guidance. La BCE est indifférente aux données et centre sa communication autour d’une forward guidance liée à l’état de l’économie : le resserrement interviendra uniquement si la cible d’inflation est atteinte. L’orientation de la BCE réduit la sensibilité des marchés financiers aux surprises liées aux données tandis que celle de la Fed l’augmente. Il existe donc un risque de hausse de la volatilité aux Etats-Unis, mais également à l’étranger, du fait des effets de contagion internationaux.
La forte incertitude pèse sur la croissance, au mépris des baisses de taux 06/09/2019
Les enquêtes réalisées auprès des chefs d’entreprises aux Etats-Unis dépeignent un tableau contrasté avec, notamment, une nette détérioration de la situation dans l’industrie manufacturière et une belle reprise dans les services. Dans une perspective plus large, les signes d’un ralentissement économique se renforcent. Les moteurs de l’économie mondiale, tels la Chine et l’Inde, affichent une croissance moins dynamique, quoique pour des raisons différentes. En Europe, l’Allemagne est probablement déjà en récession technique alors que la France résiste. Les banques centrales font de nouveau le choix d’un assouplissement mais l’efficacité de cette politique va se heurter à une incertitude élevée, malgré l’annonce d’une nouvelle série de négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2261 articles et 573 vidéos