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Kenya : Priorité à la consolidation budgétaire

04/10/2022

Au lendemain des élections générales au Kenya, l’incertitude demeure forte. Dans un contexte socio-économique sensible, le nouveau président William Ruto devra d’abord poursuivre la consolidation budgétaire et la réduction de l’endettement public.

S’il exclut une restructuration préventive de la dette, le niveau élevé du risque souverain requiert de freiner la dégradation des finances publiques. Le déficit budgétaire s’est élevé à -7,7% du PIB en moyenne sur la période 2015/21 et la dette publique a atteint près de 70% du PIB en 2021 (vs. 49% en 2015).

En outre, la charge d’intérêt sur la dette publique représente désormais plus de 20% des revenus budgétaires et son service total absorbe 50% des revenus (vs. 38% en 2015). Les capacités de financement du Kenya sont aujourd’hui largement contraintes. Le soutien des créanciers multilatéraux, et notamment le FMI, lui permet de couvrir ses besoins de financement. Néanmoins, les efforts de consolidation budgétaire, condition préalable à l’octroi des prêts concessionnels, devront être poursuivis avec rigueur.

Le calendrier des remboursements de la dette limite le risque de défaut à court terme car les tombées de dette euro-obligataire sont limitées. Néanmoins, le Kenya n’est pas parvenu à refinancer son euro-obligation de USD 2 mds qui arrivera à échéance mi-2024. Le risque souverain kenyan pourrait donc augmenter si les conditions de financement devaient rester prohibitives. Ce constat vaut pour d’autres économies d’Afrique subsaharienne, dont le risque de surendettement s’est considérablement accru.

Kenya : Priorité à la consolidation budgétaire
LES ÉCONOMISTES EXPERTS AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE
Perrine Guérin
Equipe : Risque pays