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La demande contenue des ménages et des entreprises devrait entraîner une accélération de l’inflation

Eco week 20-43// 20 novembre 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
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ÉDITORIAL  
ZONE EURO : LA DEMANDE CONTENUE DES MÉNAGES ET DES ENTREPRISES DEVRAIT ENTRAÎNER UNE ACCÉLÉRATION DE  
L’INFLATION  
La pandémie de Covid-19 a provoqué une baisse de l’inflation et, dans la plupart des pays de la zone euro, a accru les  
différences d’inflation entre les secteurs. Il faudra beaucoup de temps avant que l’activité retrouve une dynamique  
suffisante pour créer des tensions sur le marché du travail, condition nécessaire — en l’absence de chocs exogènes —  
à une hausse générale et durable de l’inflation. Il faut donc s’attendre, pour les années à venir, à ce que l’inflation oscille  
autour d’une tendance légèrement à la hausse. En 2021, la libération de la demande contenue — dans l’hypothèse  
d’un déploiement suffisamment large d’un vaccin — pourrait provoquer un rebond temporaire de l’inflation. À cet  
égard, la diminution de l’élasticité-prix de la demande constituera un élément-clé.  
L’inflation est principalement analysée d’un point de vue macroécono- On constate, en général, que pour la plupart des couples pays-secteur,  
mique : son lien avec l’orientation de la politique monétaire, l’existence l’inflation est plus faible cette année que sur la période 2018-2019  
de goulets d’étranglement sur le marché du travail, etc. Cependant, (graphique 2). La seconde vague épidémique qui traverse actuellement  
elle est en grande partie le résultat de millions de décisions prises par les États membres, avec une intensité il est vrai différente, devrait  
les ménages et les entreprises en termes de dépenses, de production maintenir une pression baissière sur l’inflation en zone euro. Celle-  
ou de stratégie commerciale. En général, les décisions des particuliers ci risque donc de s’éloigner davantage de l’objectif de la BCE et c’est  
auront tendance à être très corrélées — les variations de la confiance une des raisons pour lesquelles le Conseil des gouverneurs devrait  
des ménages en sont une bonne illustration — et cela vaut également assouplir à nouveau sa politique monétaire lors de sa réunion du  
pour les entreprises. Cela justifie une approche macroéconomique de 10 décembre. L’orientation très accommodante devra être maintenue  
l’inflation. Cependant, l’hétérogénéité est parfois un facteur important, pendant plusieurs années. En effet, il faudra beaucoup de temps  
se traduisant par des variations de prix très différentes d’un secteur à avant que l’activité retrouve une dynamique suffisante pour créer des  
l’autre. C’est aussi ce que montre l’expérience récente.  
tensions sur le marché du travail, condition nécessaire — en l’absence  
de chocs exogènes — à une remontée générale et durable de l’inflation.  
Il convient également de garder à l’esprit l’expérience de 2017 et  
La pandémie de Covid-19 entraîne un fort ralentissement des prix dans  
la zone euro. Le taux d’inflation (mesuré par la variation annuelle de  
l’indice des prix à la consommation harmonisé) s’est inscrit en octobre  
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018 : à l’approche du pic du cycle économique, la transmission de  
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020 en territoire négatif depuis le troisième mois consécutif (-0,3 %  
en glissement annuel, g.a.). Certes, des événements exogènes, comme  
l’abaissement temporaire du taux de TVA en Allemagne, jouent un rôle,  
mais l’inflation sous-jacente renvoie également une image de très faible  
progression des prix. Elle s’est établie à un niveau historiquement bas  
de +0,2 % en octobre comme en septembre. Cette faible dynamique est  
commune aux quatre plus grands pays de la zone euro.  
DISPERSION SECTORIELLE DE L’INFLATION ANNUELLE*  
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Estonie  
Belgique  
Lithuanie  
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Irlande  
Slovénie  
Le choc désinflationniste que constitue la crise est particulièrement  
visible dans certains secteurs les plus touchés par les restrictions  
sanitaires. Comme le montre le graphique 1, dans la majorité des pays  
de la zone euro, les différences d’inflation entre les secteurs ont plutôt  
augmenté cette année comparé aux deux années précédentes. Ainsi,  
les prix des «services de transports» ont sensiblement chuté depuis  
l’été, en particulier en Italie (-7,9 % en g.a. en octobre) et en France  
Luxembourg Chypre  
Grèce  
Slovaquie  
Italie  
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Malte  
Lettonie  
Espagne  
France  
Zone euro  
Autriche  
Portugal  
Allemagne  
Pays-Bas  
Finlande  
(
-6 %). Parallèlement et compte tenu des restrictions de mouvement  
drastiques, les prix des «services relatifs aux forfaits touristiques et  
hébergement» ont également marqué une baisse brutale et en premier  
lieu en Espagne (environ -8,0 % sur les quatre derniers mois), dont  
l’économie est très dépendante du tourisme.  
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Janvier 2018 - février 2020  
*
Ce graphique montre l'écart-type entre les secteurs des observations mensuelles de  
l'inflation annuelle.  
SOURCES : EUROSTAT, BNP PARIBAS  
En 2021, la libération de la demande contenue — dans l’hypothèse d’un  
déploiement suffisamment large d’un vaccin — pourrait provoquer  
un rebond temporaire de l’inflation. À cet égard, la diminution de  
l’élasticité-prix de la demande constituera un élément-clé.  
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qui change  
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l’accélération de la croissance salariale à l’inflation était assez limitée.  
Il faut donc s’attendre, dans les années à venir, à ce que l’inflation  
oscille autour d’une tendance légèrement à la hausse.  
INFLATION MOYENNE ANNUELLE PAR PAYS ET SECTEUR  
DONNÉES MENSUELLES)*  
(
Dans le courant de l’année 2021, la remontée de l’inflation pourrait  
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temporairement — connaître une légère accélération. Le rebond  
mécanique de l’économie, consécutif au confinement actuel dans  
plusieurs pays européens, se fera sur fond de perspectives de plus en  
plus concrètes de déploiement de vaccins. La diminution de l’incertitude  
devrait ainsi ramener la confiance. Les entreprises qui ont pu conserver  
une bonne rentabilité pourraient être plus disposées à accroître leurs  
investissements, ce qui, à son tour viendrait renforcer la confiance  
des ménages dans les perspectives du marché du travail. Dans  
certains secteurs, le redémarrage de la demande pourrait se heurter  
à des problèmes d’approvisionnement, faisant suite aux mesures  
de confinement. La distribution de vaccins permettra de libérer la  
demande contenue des ménages, qui, ayant accumulé une épargne  
forcée pendant le confinement, seront impatients, en fonction de leur  
situation financière, de se remettre à voyager, à aller au restaurant, à  
faire du shopping, etc.  
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Moyenne de janvier 2018 à février 2020, %  
* Autriche, Allemagne, Belgique, Chypre, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce,  
Irlande, Italie, Lettonie, Lithuanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal, Slovaquie,  
Slovénie.  
C’est en cela que l’approche microéconomique de l’inflation revêt une  
pertinence particulière. Dans un tel environnement, l’élasticité-prix de  
la demande pourrait très bien diminuer. Les ménages pourraient avoir  
envie de dépenser, même si cela leur coûte un peu plus cher : associé à  
un retour à la normale, l’acte de consommation a un effet réparateur.  
Les entreprises pourraient en profiter pour augmenter légèrement leurs  
marges et restaurer ainsi leur situation financière. En conséquence, on  
pourrait assister, pendant un certain temps, à une inflation supérieure  
à la tendance. À l’évidence, l’ampleur de cette hausse dépendra du  
poids des secteurs qui seraient concernés par ces réactions. Ce devrait  
être aussi un phénomène temporaire : par définition, la libération de la  
demande contenue ne dure qu’un temps.  
Secteurs: total, total hors énergie, alimentation, alcool et tabac, habillement, logement,  
équipements ménagers, santé, transport, communications, loisirs et culture, enseigne-  
ment, restaurants et hôtels, divers.  
SOURCES : EUROSTAT, BNP PARIBAS  
William De Vijlder et Louis Boisset  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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