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Le paradoxe de l’épargne : rationalité individuelle et casse-tête macroéconomique 28/10/2019

Dans ce troisième et dernier volet, nous verrons avec William De Vijlder comment les taux négatifs peuvent impacter défavorablement les revenus financiers et notamment le capital constitué en vue de la retraite. D’autres questions se posent : ces taux négatifs entraînent-ils une hausse du taux d’épargne des ménages et cette hausse sera-t-elle durable ? Dans quelle mesure cela peut-il affecter la politique monétaire ?

TRANSCRIPT // Le paradoxe de l’épargne : rationalité individuelle et casse-tête macroéconomique : octobre 2019

Qu’entendez-vous par rationalité individuelle??

Les rendements nominaux des obligations d’État sont négatifs dans de nombreux pays de la zone euro, même pour les échéances éloignées. Une fois l’inflation prise en compte, les taux d’intérêt réels sont encore plus négatifs. Il s’ensuit un impact défavorable sur le revenu financier. Certains ménages peuvent commencer à se demander comment ils pourront joindre les deux bouts après leur départ à la retraite.

En d’autres termes, des taux d’intérêt négatifs peuvent entraîner une inadéquation entre actifs et passifs, les premiers étant inférieurs aux seconds. Certains fonds de pension néerlandais sont exactement dans cette situation, ce qui pourrait se solder par une baisse des sommes versées au moment de la retraite. On peut estimer que c’est là un défi auquel sont confrontés les ménages partout où les taux d’intérêt sont négatifs.

Les taux négatifs conduiront-ils à une augmentation du taux d’épargne?? Cela dépendra, entre autres facteurs, de l’estimation, faite par les ménages, du maintien de taux négatifs pendant de nombreuses années à venir. La recherche empirique n’apporte pas de réponse claire. Cependant, force est de constater que le taux d’épargne a quelque peu augmenté dans la zone euro au cours des derniers trimestres?; cela a été le cas en France, mais aussi, en particulier, en Allemagne. Est-ce le début d’une tendance?? Cela reste à voir.

Pourquoi est-ce un casse-tête macroéconomique??

C’est potentiellement un problème, car, dans la mesure où le taux d’épargne augmente et où cela ne correspond pas à un accroissement de l’investissement des ménages, l’efficacité de la politique monétaire peut en pâtir.

Cela obligerait une banque centrale ayant opté pour le ciblage de l’inflation à abaisser encore les taux, à s’enfoncer davantage en territoire négatif, à procéder à plus de rachats d’actifs (QE), etc. Même si une telle politique peut entraîner une augmentation des prix de certains actifs, elle a pour effet de réduire le rendement attendu au titre de ces actifs et peut se solder par un accroissement de l’aversion au risque des ménages. Dans cette quête d’actifs sûrs, il serait encore plus difficile d’avoir suffisamment d’actifs pour couvrir les engagements futurs.

Que faut-il donc faire??

Travailler directement sur la demande, d’où l’accent mis par Mario Draghi sur le rôle de la politique budgétaire.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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