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Marché du travail français : enjeux économiques et dynamiques 27/11/2019

Le marché du travail français est plus connu pour ses dysfonctionnements que pour son bon fonctionnement. Dans ce premier épisode, Hélène Baudchon rappelle en quoi l’image globale du marché du travail français n’est pas très bonne. Elle souligne aussi la longue liste de réformes engagées, hier et aujourd’hui, pour améliorer la situation, qui ont notamment pour fil conducteur d’enrichir le contenu en emplois de la croissance. Elle fait valoir, pour finir, le dynamisme actuel de l’emploi et les signes d’une amélioration en profondeur du marché du travail.

TRANSCRIPT // Marché du travail français : enjeux économiques et dynamiques : novembre 2019

François Doux : Dans ce podcast, nous nous intéressons, avec Hélène Baudchon, au marché du travail français. Nous nous focalisons sur les évolutions de l’emploi et laissons de côté, pour une autre occasion, le volet « chômage ». On va parler des actifs qui ont un travail, on abordera dans une autre série de podcast les actifs qui n’ont pas de travail.

Le premier épisode de ce podcast est consacré au cadre de ce marché du travail, aux règles qui le régissent en France et à la dynamique actuelle. Dans un deuxième épisode on va faire une radioscopie de ce marché du travail, nombre des emplois qualifiés, nombre des emplois non-qualifiés. On va parler de polarisation. Dans un troisième épisode on évoquera les causes de cette distribution du marché de l’emploi, les causes de cette polarisation.

Pour commencer, Hélène, pouvez-vous nous décrire les caractéristiques générales du marché de l’emploi français ?

Hélène Baudchon : L’image globale n’est pas très bonne. Le marché du travail français est, en effet, plus connu pour ses dysfonctionnements que pour son bon fonctionnement, plus connu sous l’angle du problème du chômage de masse que du dynamisme de ses créations d’emplois (mais on reviendra justement sur ce point plus tard pour corriger un peu le tir).

François Doux : Un marché du travail qui fonctionne bien qu’est-ce que c’est pour une économiste ? des créations d’emplois qui répondent à une demande et de fait un chômage minimum ?

Hélène Baudchon : Dans les grandes lignes, oui. Or, le marché du travail français ne fonctionne pas aussi bien. Il est notamment qualifié de rigide, avec une segmentation forte des contrats de travail entre CDI et CDD (on parle aussi de dualité / de marché du travail dual), entre emplois stables et emplois précaires.

L’opposition entre ces deux grands types d’emplois est d’autant plus forte qu’il est difficile de passer d’un emploi précaire à un emploi stable.

François Doux : Donc pour vous le dysfonctionnement vient que quand on est en CDD ou en emploi précaire, on enchaîne ces emplois précaires sans trouver nécessairement de CDI… mais ces emplois précaires fournissent en fait une certaine flexibilité aux employeurs n’est-ce pas ?

Hélène Baudchon : En effet, les emplois précaires servent de variable d’ajustement face aux fluctuations de l’activité. La flexibilité des contrats courts est très recherchée par les entreprises. Et elle a été favorisée par les politiques de l’emploi.

Cette flexibilité des contrats courts vient compenser la « fixité » des CDI. Le marché de l’emploi français est, en fait, à la fois rigide (via les CDI) et flexible (via les contrats courts).

François Doux : Y-a-t-il d’autres dysfonctionnements ?

Hélène Baudchon : On peut citer la mauvaise qualité du dialogue social, la lourdeur et la complexité du code du travail, des seuils sociaux, une adéquation perfectible entre offre et demande de travail

François Doux : face à ce tableau noir, les gouvernements successifs n’ont eu de cesse d’essayer d’améliorer la situation, non ? Contrats aidés, réduction du temps de travail, allègement de charges, flexisécurité, réforme du Code du travail, de l’assurance-chômage : de nombreux leviers ont été actionnés et le sont encore aujourd’hui.

Hélène Baudchon : Oui, tout à fait. Sur tous les points évoqués (et d’autres encore), des réformes ont été engagées, avec un succès plus ou moins grand / plus ou moins durable comme en atteste la situation qui, si elle est actuellement dans une phase d’amélioration, reste largement perfectible.

La liste des mesures mises en œuvre est longue. Il ne s’agit pas ici de les passer toute en revue. Mais il y a au moins un fil conducteur important que je souhaite souligner : la volonté d’enrichir le contenu en emplois de la croissance.

François Doux : Qu’est-ce à dire ?

Hélène Baudchon : Il s’agit d’avoir une croissance plus créatrice d’emplois, c’est-à-dire avoir, pour une croissance du PIB donnée, une croissance de l’emploi plus élevée. Par exemple, 3% de croissance et +2% de hausse de l’emploi selon la formule « enrichie » au lieu de 3% de croissance et « seulement » +1% de hausse de l’emploi selon la formule « moins riche ».

L’enrichissement du contenu en emplois de la croissance se justifie aussi par la baisse tendancielle du rythme de croissance alors que celle-ci reste le facteur déterminant des créations d’emplois.

Mais cet enrichissement est à double tranchant car il signifie un écrasement, au passage, des gains de productivité apparente du travail.

L’avantage est bien d’avoir des créations d’emplois correctes même avec une croissance peu élevée.

L’inconvénient est que cette faiblesse des gains de productivité du travail est un élément modérateur des hausses de salaires et, à terme, de la croissance potentielle.

François Doux : c’est cette mécanique d’enrichissement du contenu en emplois de la croissance qui est aussi actuellement à l’œuvre, n’est-ce pas ? Puisque l’on a une croissance française, dont on parle beaucoup de la résistance actuelle, mais qui n’est tout de même pas très élevée alors que les créations d’emplois frappent plutôt par leur dynamisme.

Hélène Baudchon : C’est clair. Le dynamisme actuel des créations d’emplois en France est assez remarquable. Histoire de donner quelques chiffres, on n’est pas, il est vrai, sur les rythmes importants de créations d’emplois de la fin des années 1990 (environ 120 000 créations nettes d’emplois salariés privés en moyenne par trimestre à l’époque contre un rythme actuel de 55 000 depuis la mi-2015 ; soit, en taux de croissance, un peu moins de 3% par an en moyenne hier contre 1% aujourd’hui).

Mais la croissance n’est pas la même non plus : un peu plus de 3% en moyenne par an à l’époque contre 1,5% aujourd’hui. Les rapports sont comparables mais les gains de productivité apparaissent quand même aujourd’hui un peu plus comprimés.

Si on zoome sur les toutes dernières données, c’est plus frappant encore : l’emploi salarié privé progresse, en effet, au même rythme que la croissance (à savoir 1,3-1,4% sur un an).

L’amélioration de la situation sur le front de l’emploi est tangible et, en plus, il y a un certain nombre de signaux indiquant que c’est une amélioration en profondeur au regard, par exemple, de la hausse des emplois en CDI, du moindre dynamisme des contrats courts, de la baisse du temps partiel et du chômage de longue durée.

François Doux : bilan plutôt positif donc. Pour conclure cet épisode et annoncer le sujet du suivant : quand on parle emploi, on parle souvent (comme on l’a fait dans cet épisode) « quantité », nombre d’emplois créés (ou détruits). Mais le type, la qualité de l’emploi importe tout autant. A cet égard, le phénomène de polarisation de l’emploi fait l’objet d’une attention croissante depuis une quinzaine d’années : nous vous donnons rendez-vous dans le deuxième épisode de ce podcast pour comprendre de quoi il s’agit.

François Doux : Dans ce podcast, nous nous intéressons, avec Hélène Baudchon, au marché du travail français. Nous nous focalisons sur les évolutions de l’emploi et laissons de côté, pour une autre occasion, le volet « chômage ». On va parler des actifs qui ont un travail, on abordera dans une autre série de podcast les actifs qui n’ont pas de travail.

Le premier épisode de ce podcast est consacré au cadre de ce marché du travail, aux règles qui le régissent en France et à la dynamique actuelle. Dans un deuxième épisode on va faire une radioscopie de ce marché du travail, nombre des emplois qualifiés, nombre des emplois non-qualifiés. On va parler de polarisation. Dans un troisième épisode on évoquera les causes de cette distribution du marché de l’emploi, les causes de cette polarisation.

Pour commencer, Hélène, pouvez-vous nous décrire les caractéristiques générales du marché de l’emploi français ?

Hélène Baudchon : L’image globale n’est pas très bonne. Le marché du travail français est, en effet, plus connu pour ses dysfonctionnements que pour son bon fonctionnement, plus connu sous l’angle du problème du chômage de masse que du dynamisme de ses créations d’emplois (mais on reviendra justement sur ce point plus tard pour corriger un peu le tir).

François Doux : Un marché du travail qui fonctionne bien qu’est-ce que c’est pour une économiste ? des créations d’emplois qui répondent à une demande et de fait un chômage minimum ?

Hélène Baudchon : Dans les grandes lignes, oui. Or, le marché du travail français ne fonctionne pas aussi bien. Il est notamment qualifié de rigide, avec une segmentation forte des contrats de travail entre CDI et CDD (on parle aussi de dualité / de marché du travail dual), entre emplois stables et emplois précaires.

L’opposition entre ces deux grands types d’emplois est d’autant plus forte qu’il est difficile de passer d’un emploi précaire à un emploi stable.

François Doux : Donc pour vous le dysfonctionnement vient que quand on est en CDD ou en emploi précaire, on enchaîne ces emplois précaires sans trouver nécessairement de CDI… mais ces emplois précaires fournissent en fait une certaine flexibilité aux employeurs n’est-ce pas ?

Hélène Baudchon : En effet, les emplois précaires servent de variable d’ajustement face aux fluctuations de l’activité. La flexibilité des contrats courts est très recherchée par les entreprises. Et elle a été favorisée par les politiques de l’emploi.

Cette flexibilité des contrats courts vient compenser la « fixité » des CDI. Le marché de l’emploi français est, en fait, à la fois rigide (via les CDI) et flexible (via les contrats courts).

François Doux : Y-a-t-il d’autres dysfonctionnements ?

Hélène Baudchon : On peut citer la mauvaise qualité du dialogue social, la lourdeur et la complexité du code du travail, des seuils sociaux, une adéquation perfectible entre offre et demande de travail

François Doux : face à ce tableau noir, les gouvernements successifs n’ont eu de cesse d’essayer d’améliorer la situation, non ? Contrats aidés, réduction du temps de travail, allègement de charges, flexisécurité, réforme du Code du travail, de l’assurance-chômage : de nombreux leviers ont été actionnés et le sont encore aujourd’hui.

Hélène Baudchon : Oui, tout à fait. Sur tous les points évoqués (et d’autres encore), des réformes ont été engagées, avec un succès plus ou moins grand / plus ou moins durable comme en atteste la situation qui, si elle est actuellement dans une phase d’amélioration, reste largement perfectible.

La liste des mesures mises en œuvre est longue. Il ne s’agit pas ici de les passer toute en revue. Mais il y a au moins un fil conducteur important que je souhaite souligner : la volonté d’enrichir le contenu en emplois de la croissance.

François Doux : Qu’est-ce à dire ?

Hélène Baudchon : Il s’agit d’avoir une croissance plus créatrice d’emplois, c’est-à-dire avoir, pour une croissance du PIB donnée, une croissance de l’emploi plus élevée. Par exemple, 3% de croissance et +2% de hausse de l’emploi selon la formule « enrichie » au lieu de 3% de croissance et « seulement » +1% de hausse de l’emploi selon la formule « moins riche ».

L’enrichissement du contenu en emplois de la croissance se justifie aussi par la baisse tendancielle du rythme de croissance alors que celle-ci reste le facteur déterminant des créations d’emplois.

Mais cet enrichissement est à double tranchant car il signifie un écrasement, au passage, des gains de productivité apparente du travail.

L’avantage est bien d’avoir des créations d’emplois correctes même avec une croissance peu élevée.

L’inconvénient est que cette faiblesse des gains de productivité du travail est un élément modérateur des hausses de salaires et, à terme, de la croissance potentielle.

François Doux : c’est cette mécanique d’enrichissement du contenu en emplois de la croissance qui est aussi actuellement à l’œuvre, n’est-ce pas ? Puisque l’on a une croissance française, dont on parle beaucoup de la résistance actuelle, mais qui n’est tout de même pas très élevée alors que les créations d’emplois frappent plutôt par leur dynamisme.

Hélène Baudchon : C’est clair. Le dynamisme actuel des créations d’emplois en France est assez remarquable. Histoire de donner quelques chiffres, on n’est pas, il est vrai, sur les rythmes importants de créations d’emplois de la fin des années 1990 (environ 120 000 créations nettes d’emplois salariés privés en moyenne par trimestre à l’époque contre un rythme actuel de 55 000 depuis la mi-2015 ; soit, en taux de croissance, un peu moins de 3% par an en moyenne hier contre 1% aujourd’hui).

Mais la croissance n’est pas la même non plus : un peu plus de 3% en moyenne par an à l’époque contre 1,5% aujourd’hui. Les rapports sont comparables mais les gains de productivité apparaissent quand même aujourd’hui un peu plus comprimés.

Si on zoome sur les toutes dernières données, c’est plus frappant encore : l’emploi salarié privé progresse, en effet, au même rythme que la croissance (à savoir 1,3-1,4% sur un an).

L’amélioration de la situation sur le front de l’emploi est tangible et, en plus, il y a un certain nombre de signaux indiquant que c’est une amélioration en profondeur au regard, par exemple, de la hausse des emplois en CDI, du moindre dynamisme des contrats courts, de la baisse du temps partiel et du chômage de longue durée.

François Doux : bilan plutôt positif donc. Pour conclure cet épisode et annoncer le sujet du suivant : quand on parle emploi, on parle souvent (comme on l’a fait dans cet épisode) « quantité », nombre d’emplois créés (ou détruits). Mais le type, la qualité de l’emploi importe tout autant. A cet égard, le phénomène de polarisation de l’emploi fait l’objet d’une attention croissante depuis une quinzaine d’années : nous vous donnons rendez-vous dans le deuxième épisode de ce podcast pour comprendre de quoi il s’agit.

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