Pouvoir d’achat des ménages européens : face à un nouveau choc énergétique

27/10/2026

Les ménages européens font aujourd’hui face à un nouveau choc énergétique, après celui de 2022. Depuis le début de l’année, l’inflation en zone euro est passée de 1,9% en glissement annuel en février à 3,8% en septembre. L’énergie en est la cause principale, dans le sillage du conflit au Moyen-Orient. Ce choc se transmet directement aux prix à la consommation, essentiellement via les prix des carburants et du gaz.

Transcription

Les ménages européens font aujourd’hui face à un nouveau choc énergétique, après celui de 2022. Depuis le début de l’année, l’inflation en zone euro est passée de 1,9% en glissement annuel en février à 3,8% en septembre. L’énergie en est la cause principale, dans le sillage du conflit au Moyen-Orient. Ce choc se transmet directement aux prix à la consommation, essentiellement via les prix des carburants et du gaz.

Ce regain d’inflation intervient alors que les effets du précédent choc inflationniste n’ont pas encore été totalement effacés. Sur la période post-Covid, celui-ci avait en effet provoqué une nette dégradation du pouvoir d’achat. Depuis 2023, la situation s’était quelque peu améliorée, avec la décélération de l’inflation jusqu’en 2025.

Il y a deux façons d’appréhender le pouvoir d’achat des ménages.

La première, et la plus exhaustive, consiste à regarder leur revenu disponible brut et à le corriger des prix pour obtenir le revenu disponible brut réel. Celui-ci dépasse son niveau d’avant la pandémie dans tous les pays considérés, en partie grâce à l’action de la politique budgétaire. Celle-ci a permis de compenser le choc inflationniste dans l’ensemble de ces pays, que ce soit par la redistribution, via les prestations sociales, ou par les subventions à l’énergie dont ont bénéficié les ménages. La dynamique favorable de l’emploi a aussi soutenu le revenu disponible, ainsi que la bonne orientation des revenus financiers.

La deuxième approche consiste à déduire l’inflation de la croissance des salaires. De ce point de vue, le constat est moins positif. Les salaires réels ont diminué en 2022 et restent encore nettement inférieurs à leur niveau du quatrième trimestre 2020 dans la plupart des pays de la zone euro, particulièrement en Allemagne. L’Espagne constitue une exception notable, avec une croissance économique élevée qui a bénéficié aux salaires. Au-delà de cette exception ibérique, toutefois, la situation reste dégradée, ce qui continue de peser largement sur la confiance des ménages et leur consommation.

Qu’attendre pour les prochains trimestres ?

Nous prévoyons que l’inflation continuera de progresser pour dépasser légèrement 4% entre décembre et février. Elle refluerait ensuite, avec la stabilisation attendue des prix de l’énergie. Ce reflux resterait toutefois progressif, et l’inflation ne se rapprocherait des 2% qu’à la fin de 2027. En parallèle, la croissance des salaires nominaux ralentirait progressivement, de 4,1% sur un an au T3 2026 à 3,1% fin 2027 selon nos prévisions. En conséquence, la progression des salaires réels ralentirait jusqu’au début de l’année 2027, avant de se redresser à la faveur du ralentissement de l’inflation.

Le pouvoir d’achat, appréhendé au travers du revenu disponible brut réel des ménages, devrait nettement moins bénéficier du soutien budgétaire qu’en 2022. Si l’indexation des prestations sociales devrait rester de mise, les subventions sur le carburant sont et seront nettement plus modérées, dans un contexte de marges de manœuvre budgétaires beaucoup plus réduites. Dans ce contexte, après un léger gain en moyenne annuelle en 2026, le pouvoir d’achat des ménages de la zone euro stagnerait en 2027.

Quelles seront les conséquences sur la consommation des ménages ?

Nous anticipons que les ménages conserveront un comportement de précaution, face au risque que ce contexte inflationniste ait des répercussions sur la croissance et l’emploi.

LES ÉCONOMISTES AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE
Equipe : Économies avancées