L’anticipation que la poussée de l’inflation, sous l’effet de ce nouveau choc énergétique, serait plus modérée qu’en 2022 (la demande étant moins dynamique et l’offre moins contrainte) se confirme. À la suite du protocole d’accord signé mi-juin entre les États-Unis et l’Iran, le risque inflationniste s’est atténué mais il n’a pas disparu. Ce protocole semblait avoir écarté le risque d’une escalade sévère du conflit mais celui-ci connaît, depuis la mi-juillet et la reprise des hostilités, une nouvelle phase de tensions, ayant de nouveau poussé à la hausse le prix des hydrocarbures
Le bilan des données disponibles pour le mois de juillet est positif et conforte les signaux encourageants des mois de mai et juin. D’après les enquêtes PMI sur le climat des affaires, les pressions inflationnistes ont continué de se modérer, de même que les tensions sur l’offre au travers de délais de livraison un peu moins longs. Le climat des affaires dans le secteur manufacturier repart à la hausse, effaçant presque les deux mois de baisse précédents. Le climat des affaires dans les services et la confiance des consommateurs poursuivent leur redressement. Les enquêtes de juillet ne portent pas la trace de la recrudescence des tensions au Moyen-Orient et de la hausse des prix de l’énergie qui s’est ensuivie, pour partie parce que les réponses ont été, pour l’essentiel, collectées avant
La signature, mi-juin, du mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran a permis, avant la reprise des hostilités mi-juillet, une amélioration des données américaines. L’inflation CPI a enregistré au mois de juin son premier recul mensuel (-0,4% m/m) depuis 2020, entraîné par la composante essence (-9,7% m/m), et s’établit à +3,5% a/a. Elle est en net recul par rapport à mai (+4,2% a/a) mais reste 1,1pp au-dessus du niveau pré-conflit. L’inflation hors-énergie recule (-0,2pp à +2,7% a/a) et se rapproche de son rythme de février.
La remontée de l’inflation des prix à la consommation depuis février 2026 est beaucoup moins marquée qu’en 2022, et s’est interrompue en mai et juin 2026. Le taux moyen de l’inflation IPC dans les quinze principales économies émergentes est estimé à 4,6% en glissement annuel en juin, contre 4,8% en avril. L’impact inflationniste est plus limité qu’en 2022 en raison, notamment, de moindres effets de contagion sur les prix agricoles et alimentaires.
Les marchés du pétrole et du gaz peinent à trouver une direction étant donné l’instabilité persistante affectant la circulation dans le détroit d’Ormuz. Si les cours du pétrole ont pour le moment réagi de manière équivalente aux deux chocs énergétiques (2022 et 2026), la hausse de ceux du gaz reste inférieure à celle qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Dans les économies avancées, l'inflation a temporairement baissé en juin, mais a repris en juillet, influencée par les prix de l'énergie. Les indicateurs avancés de pressions sur les prix ont encore baissé en juillet. Hormis au Royaume-Uni, les anticipations d'inflation à court terme des ménages reculent, celles de long terme restent stables. Il n'y a, à ce stade, pas de signes de boucle prix-salaires. Dans les économies émergentes, l’inflation IPC moyenne est un peu retombée en juin après trois mois de progression. Pour les matières premières, on constate un rebond généralisé des prix dans le sillage de la résurgence des tensions géopolitiques.
Si l’on compare l’impact sur l’activité économique du choc énergétique actuel de celui de 2022 (consécutif au conflit en Ukraine), le point favorable en 2026, pour la zone euro, est le climat des affaires dans le secteur manufacturier qui résiste mieux qu'en 2022. La confiance des consommateurs a nettement baissé mais dans une ampleur moindre en 2026 qu'en 2022. Quant à la détérioration du climat des affaires dans le secteur des services, elle a été immédiate en 2026 alors qu’elle s’est produite avec quelques mois de décalage en 2022. Le bilan des données disponibles pour le mois de juin est positif et conforte les signaux encourageants du mois de mai.
Dans les économies avancées, l’augmentation de l’inflation se poursuit sous l'effet du choc énergétique, mais on ne voit toujours pas de signes d'une boucle prix-salaires. D’après les données d’enquêtes, les indicateurs de pression sur les prix poursuivent leur hausse à l’exception du Japon. Dans les économies émergentes, l’inflation continue d’augmenter modérément sous l’effet du choc énergétique. Quant aux prix des matières premières, ils baissent depuis l'annonce du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran.
Le choc énergétique provoqué par la guerre en Iran relance l’inflation, mais de façon nettement plus contenue qu’en 2022. Les données de mai confirment cette tendance. Mais il faut continuer de suivre la situation de près. Le protocole d’accord États Unis Iran constitue un soulagement mais de nombreuses incertitudes subsistent. Le retour à la normale prendra du temps et la détente actuelle des cours du pétrole doit s’inscrire dans la durée. L’inflation, alimentée par les effets retardés des tensions sur le pétrole, les matières premières et les chaînes de valeur, devrait rester élevée pendant encore plusieurs mois. Cela imposera aux banques centrales une posture plus restrictive.
Le bilan des données disponibles pour le mois de mai penche du côté positif. L’inflation continue de monter mais la contribution de la composante « énergie » domine toujours. La confiance s’offre un répit : le climat des affaires dans les services a interrompu sa détérioration et la confiance des consommateurs s’est légèrement redressée.
Le climat des affaires résiste mais fait apparaître une hausse du prix des intrants plus importante et un allongement des délais de livraison. En outre, les ménages voient leurs perspectives se dégrader. Les conditions macroéconomiques sont toutefois nettement moins inflationnistes qu’en 2022. Mais les petites entreprises projettent davantage d’augmenter leurs prix de vente.
L’impact négatif du choc sur l’activité manufacturière depuis le début de l’intervention militaire en Iran reste moins marqué qu’en 2022, mais la situation demeure fragile. Selon l’IIF, les flux d’investissements de portefeuille ont connu un nouveau revirement brutal en mai après le rebond observé en avril. Les fluctuations depuis mars traduisent la nervosité des investisseurs au vu du risque géopolitique très élevé.
Jusqu’à l’accord prolongeant le cessez-le-feu (2e quinzaine de juin), les cours du pétrole et du gaz européen avaient réagi davantage au choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient que lors du choc qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Ce n’est plus le cas depuis que les perspectives d’une reprise du trafic dans le détroit deviennent plus tangibles.
La hausse de l’inflation se poursuit globalement dans les pays avancés comme émergents, et reste majoritairement tirée par les prix de l’énergie.
Les mêmes causes produiront-elles les mêmes effets ? Autrement dit, est-ce que le déclenchement de la guerre en Iran et la flambée associée des prix du pétrole et du gaz entraîneront un choc inflationniste comparable à celui de 2022 ? Leurs effets négatifs sur la croissance seront-ils du même ordre que ceux de la guerre en Ukraine et du choc énergétique qui s’est ensuivi ? Des similitudes existent mais les incertitudes sont nombreuses.
Le bilan des données disponibles pour le mois d’avril penche davantage du côté négatif qu’en mars. L’inflation a gagné 1,1 point de pourcentage en deux mois, une hausse qui reste toutefois tirée uniquement par la composante «énergie». Hors énergie ainsi que «hors énergie et alimentation», l’inflation enregistre une nouvelle baisse légère en avril. Mais les pressions inflationnistes se renforcent.
L’inflation CPI a enregistré au mois de mars sa hausse mensuelle la plus importante depuis 2022 avant d’atteindre +3,8% a/a en avril (+1,4pp en deux mois et un plus haut depuis 2023) – presque exclusivement du fait du prix de l’essence, l’indice hors énergie enregistrant une hausse plus modérée (+0,2pp).
En avril 2026, l’impact inflationniste de l’envolée des prix du pétrole et du gaz se diffuse, le taux d’inflation moyen pour les principaux pays émergents ayant atteint 4,8% sur un an contre 3,9% en février. Le choc reste contenu par rapport à 2022 en raison d’une faible contagion aux prix agricoles et alimentaires. En revanche, l’opinion des industriels sur l’évolution des prix des intrants s’est fortement dégradée.
La perte croissante de barils disponibles sur le marché due à la fermeture du détroit d'Ormuz, les atteintes répétées aux capacités de production dans le Golfe et les contraintes sur la circulation dans le détroit augmentent le risque de pénurie physique de pétrole à court terme. Cela s’est traduit par une forte réaction des cours du baril physique (dated Brent). Au cours des dernières semaines, la meilleure prise en compte de ce risque a fait converger le cours à terme du baril (Brent) vers celui du baril physique (dated Brent). Par ailleurs, la forte hausse des exportations de pétrole provenant des États-Unis et, dans une moindre mesure, la baisse des importations chinoises ont réduit les tensions sur le marché physique et orienté son cours à la baisse.
Au sommaire de ce nouveau numéro : Dynamiques générales de l’inflation : une reprise nette, tirée par la composante énergie, généralisée à tous les pays.Inflation et données d’enquêtes : les indicateurs de pressions sur les prix bondissent, signal avancé d’une plus forte remontée à venir. Anticipations d’inflation (ménages, prévisionnistes, marchés) : pour le moment, les anticipations d’inflation à court terme — des ménages (en particulier aux États-Unis), des prévisionnistes ou des marchés — remontent assez nettement. Celles à plus long terme restent stables. Évolution inflation-salaires : l’enclenchement d’une boucle prix-salaires est peu probable à ce stade et le risque est contenu
Nos nowcasts pour la France, la zone euro et les États-Unis.
Selon notre nowcast, la croissance se renforcerait en zone euro (+0,4% t/t, après +0,2% au T4) et en France (+0,3% t/t, après +0,2% au T4), portée par des dynamiques favorables malgré le choc énergétique enclenché en mars. Aux États-Unis, le rebond suggéré par le GDP Now (+0,3% t/t, après +0,1% au T4) est sous-estimé. En effet, cet indicateur ne prend pas en compte l’effet favorable post-shutdown (ce que fait notre prévision à 0,9% t/t non annualisé).
Les indices d’activité résistent, la confiance des ménages s’érode. Les indicateurs de climat des affaires n’ont pas décroché en mars et les perspectives de hausses des prix sont cantonnées à quelques secteurs (pétrole, chimie). Le retournement est, à ce stade, moins marqué dans les services et la construction. La confiance des ménages se dégrade plus nettement sur fond de hausse notable des anticipations d’inflation et de perspectives économiques et du chômage plus moroses.
Le choc énergétique s’est traduit principalement par un comportement de précaution de la part des entreprises qui ont augmenté leurs stocks en mars. Ces dernières font état de la forte hausse des coûts des intrants (qui restent néanmoins inférieurs à leurs niveaux de 2022). À court terme, l’augmentation de leurs stocks (avant l’accélération de l’inflation) a soutenu la production. La hausse des prix de l’énergie ne semble pas avoir affecté, à ce stade, le comportement de dépense des ménages.
Diffusion limitée pour le moment du choc sur les prix de l’énergie. Les indices des prix prévus ont peu rebondi en mars, quel que soit le secteur (situation très différente de 2022). Ce choc n’implique pas, pour l’heure, de contrainte d’offre majeure. La production devrait être davantage pénalisée par la diminution de la demande avec la réapparition de la problématique du pouvoir d’achat. Cette dernière inquiète les ménages, mais ils n’ont pour le moment pas révisé à la baisse leurs intentions de dépenser.
Un ensemble de graphiques montrant l'évolution économique dans les principaux pays
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