Le climat des affaires reste pour le moment solide malgré le choc énergétique. Les entreprises signalent surtout une hausse des coûts des intrants, qui se traduirait par une augmentation, dans les prochains mois, des prix des produits vendus. La production reste bien orientée, tant dans l’industrie que dans les services. En revanche, la confiance des ménages se détériore nettement, sous l’effet d’anticipations d’inflation en forte hausse.
Les enquêtes suggèrent un bon niveau d’activité au T1 mais montrent déjà des signes de détérioration à partir du T2. Les indicateurs du climat des affaires ont été plutôt bons en début d’année 2026. Toutefois, ils signalent désormais un retournement, avec un rebond des contraintes d’offres et une détérioration prévisible de la demande (entreprises et ménages). L’indice de production manufacturière se contracte pour la première fois depuis six mois.?
Les enquêtes de climat des affaires témoignent de la vigueur de l’économie malgré le choc énergétique. En mars, le climat des affaires (ISM) est resté en zone d’expansion dans les secteurs manufacturier (qui atteint un record sur 4 ans) et non-manufacturier. Mais les délais de livraison de la part des fournisseurs s’allongent et, surtout, la hausse des prix payés accélère (à un plus haut depuis 2022). En revanche, le sentiment des ménages (Michigan) décroche nettement. Les anticipations se détériorent, notamment concernant l’inflation à 1 an.
Économie en bonne santé avant le choc énergétique. Le climat des affaires (PMI) atteint au T1 2026 un plus haut depuis 2013, mais les données de mars font apparaître un ralentissement. Les nouvelles inquiétudes des ménages sont visibles le même mois dans le décrochage de la confiance (après un plus haut post-Covid en février) généralisé à ses sous-composantes (niveau de vie en général, propension aux achats de biens durables). Cela met un terme à une trajectoire haussière de plusieurs mois.
La croissance accélère au T1, tirée par le secteur manufacturier exportateur. L’amélioration du climat des affaires dans l’industrie avait annoncé le renforcement de l’activité. La croissance de la production industrielle a atteint 6,1% en g.a. au T1, contre 5,0% au T4 2025. soutenue par la forte hausse des exportations – en particulier de biens électroniques. Ce dynamisme a contribué au léger redressement de l’investissement au T1. La croissance dans les services a quant à elle ralenti de 5,6% en g.a. au T4 2025 à 5,0% au T1 2026. Le rebond des ventes au détail observé en janvier-février n’a pas duré en raison, notamment, d’un moindre effet des programmes de subventions publiques. L’indice de confiance des consommateurs se redresse lentement depuis plusieurs mois, mais reste très bas
Nous avons sélectionné un ensemble d’indicateurs pour suivre les répercussions de ce nouveau choc énergétique, dû à la guerre au Moyen-Orient, sur l’activité et les prix dans la zone euro, aux États-Unis, sur les marchés du pétrole et du gaz et dans les pays émergents. Nous pourrons aussi voir dans quelle mesure la situation actuelle se rapproche de celle de 2022 lors du déclenchement du conflit en Ukraine. Ce tableau de bord graphique et commenté sera mis à jour sur une base mensuelle le temps nécessaire.
La réaction des enquêtes de confiance et de l’inflation est, pour l’heure, limitée et les évolutions sont globalement moins défavorables en mars 2026 qu’en mars 2022. Il faut toutefois s’attendre à ce que la détérioration observée se poursuive : la question qui se pose est celle de son ampleur.
La guerre en Iran a trouvé une traduction immédiate – négative mais contenue – dans les données américaines, qu’il s’agisse des indicateurs d’activité ou des enquêtes de confiance. Dès le mois de mars, l’inflation CPI a enregistré sa hausse mensuelle la plus importante depuis 2022 et grimpé à +3,3% a/a (+0,9pp) – presque exclusivement du fait du prix de l’essence, l’indice hors énergie étant quasiment stable.
En mars 2026, l’impact inflationniste de l’envolée des prix du pétrole et du gaz est resté modéré tant en termes absolus, avec un taux d’inflation moyen pour les principaux pays émergents de 4,3% contre 3,9% en février, que par rapport à 2022. L’absence de contagion aux prix agricoles et alimentaires en est la principale explication. L’opinion des industriels sur l’évolution des prix des intrants est d’ailleurs moins dégradée qu’en 2022. Toutefois, une diffusion de la hausse des prix des engrais et des intrants dérivés du pétrole à l’ensemble des prix est attendue.
Pour le moment, les cours du pétrole et du gaz européen semblent réagir davantage au choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient que lors du choc qui a suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie. On constate une forte réaction des cours du baril physique (dated Brent). La réaction du prix du gaz spot en Europe (TTF) est plus modérée que celle du pétrole. En fin, contrairement à 2022, les prix de gros de l’électricité en Europe sont, pour le moment, orientés à la baisse en raison de la décarbonation du mix électrique et de conditions météorologiques favorables.
En janvier, l’inflation recule aux États-Unis, en zone euro, au Royaume-Uni et au Japon. Le Royaume-Uni conserve l’inflation la plus élevée, devant les États-Unis. La zone euro suit, et le Japon enregistre le plus faible taux d’inflation. Les dynamiques sous-jacentes et salariales s’orientent globalement à la modération, une tendance confortée par l’ancrage des anticipations d’inflation.
Climat des affaires, confiance des ménages, marché du travail, inflation : retrouvez notre baromètre trimestriel de la conjoncture économique pour le T4 2025.
Dans les principales économies avancées, les déficits publics demeurent importants en particulier aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France. La charge d’intérêt serait en hausse dans les pays où elle partirait d’un niveau bas (Allemagne, Japon, France) mais elle se stabiliserait à un niveau élevé là où elle est actuellement plus forte (Espagne, Italie). À l’horizon 2030, d’après nos prévisions, la dynamique du ratio de dette publique sur PIB refléterait les différences en termes de scénario de déficit public.
Le déficit primaire des États-Unis se serait réduit en 2025. Il devrait se stabiliser autour de 1,0 à 1,5% du PIB dans les prochaines années grâce à un surcroît de recettes douanières.
Le déficit primaire allemand devrait se creuser dans les deux prochaines années sous l’effet de la nouvelle stratégie budgétaire. Il se réduirait ensuite progressivement d’ici 2030.
Malgré une consolidation, qui se poursuivrait dès 2026 et jusqu’à la fin de la décennie, le déficit primaire de la France resterait plus dégradé que le solde stabilisant. Par conséquent, la dette publique augmenterait.
Jusqu’en 2027, la croissance nominale devrait rester supérieure au taux d’intérêt apparent en raison d’une accélération de la croissance réelle.
À partir de 2026, la part des recettes publiques dans le PIB espagnol dépassera celle des dépenses.
Le solde budgétaire primaire du Royaume-Uni s’est progressivement redressé post-Covid, soutenu principalement par l’amélioration de la croissance. Mais il reste élevé comparativement au reste de l’Europe.
La baisse du ratio de dette publique sur PIB devrait ralentir. La dette publique se stabiliserait à la fin de la décennie.
En septembre, l’inflation a légèrement rebondi aux États-Unis, en zone euro et au Japon, tandis qu’elle est restée stable au Royaume-Uni. Côté américain, l’effet inflationniste des droits de douane demeure jusqu’à présent contenu (cf. graphique du mois). Dans les autres pays, on notera des signaux favorables : la stabilité des anticipations d’inflation autour de 2% en zone euro, la modération de la croissance des salaires au Royaume-Uni et la baisse des prix à la production au Japon.
En mai, les États-Unis se distinguent par une augmentation, même très légère, de leur inflation (depuis un niveau plus élevé) alors qu’elle a nettement ralenti en zone euro et légèrement baissé au Royaume-Uni et au Japon. Parmi les évolutions défavorables à surveiller, les prix des matières premières énergétiques (pétrole et gaz) sont repartis à la hausse depuis avril, tout comme le point mort d’inflation, ce qui pourrait soutenir l’inflation au cours des prochains mois. À l’inverse, deux dynamiques positives se dégagent : la croissance des salaires se modère et les pressions sur les prix (côté offre) ralentissent, à l’exception notable des États-Unis.
Une légère remontée de l’inflation est observée cet automne des deux côtés de l’Atlantique. La viscosité des prix dans les services et les risques géopolitiques envisagés pour 2025 ne remettent cependant pas en cause, à ce stade, un scénario d’atterrissage de l’inflation. Celui-ci serait plus rapidement atteint, selon nous, en zone euro qu’aux États-Unis et au Royaume-Uni.
La semaine écoulée (16-22 septembre) a été dense en réunions monétaires et en rapports d’inflation. Si la première baisse des taux directeurs de 50 points de base par la Réserve Fédérale américaine a été plus franche que ce que nous anticipions, le statu quo du côté de la BoE et de la BoJ est en ligne avec nos attentes. Avec une inflation ancrée sous les 3%, les taux d’intérêt réels des deux côtés de l’Atlantique demeurent largement en territoire restrictif. La modération attendue de l’inflation dans les services devrait inciter les banquiers centraux en Europe et aux États-Unis à poursuivre le desserrement monétaire au cours des prochains trimestres. La progression des salaires dans le secteur privé s’est légèrement accentuée aux États-Unis, tandis qu’elle a ralenti en Europe (page 27)
Aux États-Unis, la hausse des prix à la consommation marque le pas, ce qui est en ligne avec le refroidissement du marché du travail. Après trois mois de progression plus contenue, l’indice IPC a baissé en juin, en variation mensuelle, pour la première fois en deux ans. L’indice sous-jacent a augmenté très modérément (+0,1% m/pm, plus faible depuis mai 2020). Autres signaux importants de désinflation : les mesures alternatives continuent de refluer, et notamment la moyenne ajustée du déflateur, publiée par la Réserve fédérale de Dallas, désormais bien ancrée sous les 3%. Le rebond des prix à la production, encore limité à ce stade, est toutefois à surveiller et pourrait contribuer à limiter le recul de l’inflation des prix à la consommation
Un ensemble de graphiques montrant l'évolution économique dans les principaux pays
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