Après trois baisses de taux consécutives fin 2025, le FOMC a décidé, à l’issue de sa réunion des 27-28 janvier, de maintenir sa cible de taux directeur à 3,5% - 3,75%. Une croissance économique solide et une dissipation des inquiétudes relatives à l’emploi ont motivé ce choix, et nous estimons désormais que le taux des Fed Funds demeurera stable tout au long de l’année 2026, sans que la question du successeur du président J. Powell interfère. En ce sens, la Fed rejoindrait la BCE dans le statu quo. La Banque du Japon et la Banque d’Angleterre continueraient de faire exception : la première en augmentant ses taux et la seconde en poursuivant son assouplissement progressif.
Le sujet de la souveraineté européenne est dans tous les esprits ces derniers temps. Parmi ses nombreuses dimensions, la souveraineté en matière de paiements numériques de détail est souvent évoquée comme une lacune urgente à combler. De fait, les deux-tiers des paiements numériques effectués en zone euro reposent sur des prestataires non-européens, principalement américains. Mais cette situation n’est pas une fatalité, et 2026 pourrait bien être l’année où une alternative européenne prendra son essor et atteindra une taille critique.
Les banques de l’Union européenne doivent tenir compte, depuis le 1er janvier 2025, du ratio loan-to-value (LTV) des crédits à l’habitat aux ménages pour calculer leurs fonds propres règlementaires. Cette nouvelle exigence prudentielle est peu adaptée au marché français. Les critères d’octroi des crédits à l’habitat y reposent principalement sur le taux d’effort (ratio debt service-to-income) et les taux de défaut y sont historiquement faibles. Or, depuis mi-2025, le superviseur porte une attention croissante à la LTV des crédits à l’habitat en France, ce qui alimente les inquiétudes d’un renchérissement du crédit et d’une augmentation des taux d’apport.
La plupart des années s'effacent des esprits dès qu'une autre commence. Pas 2025, année de ruptures historiques au terme de laquelle l’économie fait figure de miraculée. À quoi faut-il s'attendre en 2026 ? Les chocs de 2025 ne seront pas effacés, mais ils ne se reproduiront pas non plus. On verra plutôt leurs effets se diffuser à travers l’économie mondiale, probablement ni en ligne droite, ni en douceur. Dans le scénario de base, la macroéconomie restera une zone météorologique relativement favorable. Mais plusieurs facteurs sont susceptibles de changer la donne. Il est donc très probable que 2026 ne sera pas plus calme au jour le jour que l'année précédente. Cela ne signifie pas pour autant que ceux qui garderont la tête froide ne pourront pas obtenir de bons résultats.
Alors que la Fed a assoupli sa politique monétaire le 10 décembre, pour le 3e FOMC consécutif, mais n’a pas donné de garantie sur un futur geste, la Banque d’Angleterre (BoE), la BCE et la Banque du Japon (BoJ) se réunissent cette semaine. La 1e devrait réduire son taux directeur, la 2e le maintenir et la 3e le relever. Ces décisions interviennent dans un contexte de bonne tenue des performances de croissance malgré les chocs, qui devrait conduire les banques centrales à la prudence. Ceci s’applique en termes d’assouplissement (une baisse résiduelle à attendre pour la BoE, aucune pour la BCE) et de remontée du taux directeur (qui devrait rester graduelle au Japon)
Le chiffre américain des créations d’emplois de septembre est au plus haut depuis le mois d’avril (+119k). Cependant, ce résultat relativement positif pourrait être éphémère du fait des conséquences du shutdown. Pour la Fed, ces développements renforcent le brouillard entourant sa réunion de décembre. Nous tablons toujours sur une baisse de taux de -25 pb, qui est désormais un « close call ».
On ne peut que remarquer le manque d’intérêt que l'Europe a suscité lors des récentes réunions économiques et financières internationales comme si, aux yeux de beaucoup, « le moment européen », comme l'avait qualifié la présidente de la BCE, Christine Lagarde, au printemps dernier, était passé. Pendant ce temps, les médias européens se délectent de titres alarmistes sur les risques politiques, le marasme industriel sans fin et l'incapacité de l’Europe à mettre en œuvre des réformes susceptibles de préserver sa place dans un monde de plus en plus dominé par les États-Unis et la Chine. Pourtant, loin des feux de la rampe, les bonnes nouvelles se multiplient.
Les déficits d’aujourd’hui sont les impôts de demain. En bonne logique, les ménages devraient donc épargner plutôt que consommer les transferts publics qu’ils reçoivent, dès lors qu’ils se font à crédit et dans l’optique de les rembourser tôt ou tard.
Après PwC en juin, la BCE a présenté sa propre évaluation des coûts de l’euro numérique pour les banques de la zone euro. Grâce à une vaste mutualisation, leur investissement initial au cours des quatre premières années, estimé à EUR 18 mds d’euros par PwC, serait compris, d’après elle, dans une fourchette plus contenue entre EUR 4 et 5,77 mds. Ce montant, qui concentre légitimement l’attention, ne constitue pas l’unique enjeu : le coût récurrent lié à la reconstitution des réserves des banques auprès de l’Eurosystème pourrait, à terme, peser davantage sur les conditions de financement.
En réponse aux tensions perceptibles sur les marchés monétaires, la Fed a annoncé l’arrêt de son QT au 1er décembre prochain. Conformément à son cadre opérationnel, la Fed stabilisera pendant quelque temps la taille de son bilan. Par la suite, afin de maintenir son offre de réserves à un niveau suffisamment « ample », elle le réélargira. Mais la Fed pourrait se montrer encore plus prudente.
La Fed a assoupli sa politique monétaire avec deux annonces attendues : la fin du processus de réduction de son bilan à partir du 1er décembre et une deuxième baisse consécutive (-25 pb) de la cible des Fed Funds, sans unanimité, qui passe à +3,75% - +4,0%, en raison des risques baissiers sur le marché du travail. Nous anticipons une nouvelle baisse de 25 pb en décembre motivée par le biais de la Fed en faveur de l’emploi et les révisions à la baisse de nos prévisions d’inflation pour les trimestres à venir. Toutefois, cet assouplissement ne peut être considéré comme certain, Jerome Powell ayant insisté pour maintenir les options ouvertes en amont de la réunion à venir.
La surprise réside dans l’absence (très probable) de surprise. Le suspense autour de l’issue du FOMC des 28-29 octobre et de la réunion de la BCE du 30 octobre est, en effet, assez limité : une nouvelle baisse de 25 pb pour la Fed et un nouveau statu quo pour la BCE devraient être annoncés. Ce faisant, en réduisant la différence entre les taux directeurs et le degré de restriction de sa politique monétaire, la position de la Fed se rapproche plus qu’elle ne s’écarte de celle de la BCE. Un tel manque de suspense pour les deux banques centrales en même temps est chose peu commune, d’autant plus au regard de l’environnement économique général, qui reste imprégné d’une forte incertitude.
Un « soulagement anxieux », tel était l'état d’esprit des officiels et des acteurs du secteur privé venus assister aux réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI) à Washington DC la semaine dernière. Le soulagement que, malgré le choc tarifaire américain, l'économie se porte beaucoup mieux que ce qui avait été prévu au printemps dernier – tant au niveau mondial que régional. L’anxiété de réaliser que sous les développements récents favorables de l’économie et des marchés, une nouvelle tectonique des plaques se met en place, qui n’en est qu’à ses débuts et reste mal comprise.
Pauvre en graisses, riche en fibres, réservant une large place aux fruits et aux légumes : en matière de santé, les vertus du régime méditerranéen ne sont plus à démontrer ; mais qu’en est-il en économie ? Depuis une dizaine d’années, les pays de l’Union économique et monétaire (UEM) formant l’arc méditerranéen (France, Italie, Espagne, Grèce) s’astreignent à un régime similaire, consistant à redresser leur compétitivité. Passage sur la balance dans notre graphique de la semaine.
Le marché des Treasuries constitue l’un des piliers de l’architecture financière globale. Ceci tient à sa taille, à sa liquidité, à son rôle de référence pour la fixation des conditions d’emprunt et à la sécurité que les titres fournissent. Néanmoins, les turbulences provoquées par l’annonce des droits de douane dits « réciproques », en avril dernier, nous ont rappelé que le marché des Treasuries était devenu plus sensible aux épisodes de stress…
La modernité dissimule parfois, sous des habits neufs, un retour à d’anciens préceptes : une monnaie adossée à 100 % aux actifs les plus sûrs, des dépôts bancaires garantis par des réserves tangibles, la recherche d’une stabilité sans faille. Les stablecoins (jetons numériques adossés à des actifs sûrs et liquides) s’inscrivent dans cette logique. Or, dans nos économies modernes, les banques ne conservent, au contraire, qu’une petite fraction des dépôts en réserve auprès de la Banque centrale : c’est le principe des « réserves fractionnaires » qui leur confère leur faculté de création monétaire (le reste des dépôts pouvant être alloué au crédit)
Quel est l’impact des nouveaux tarifs américains sur les droits de douane subis par chaque pays sur l’ensemble de ses exportations ? L’estimation du « tarif effectif extérieur moyen » démontre que le choc reste très relatif pour l’Union européenne et le Royaume-Uni. L’accord-cadre signé le 27 juillet entre l’UE et les États-Unis impose un tarif uniforme de 15%, incorporant les tarifs préexistants, et est assorti d’une clause de la nation la plus favorisée (MFN) pour certains secteurs stratégiques (aéronautique, certains produits pharmaceutiques et chimiques).
Après une longue baisse des taux longs réels dans les économies avancées, la tendance observée ces dernières années est à la hausse. La perspective d’une augmentation des besoins de financement des secteurs privé et public suscite l’inquiétude que ce mouvement ne soit pas terminé. Les recherches empiriques montrent que la dynamique à long terme des taux longs est principalement déterminée par la croissance économique, les facteurs démographiques (espérance de vie, croissance de la population en âge de travailler) et les besoins de financement (dette publique, pensions). Les deux premiers facteurs devraient continuer à exercer une tension baissière, tandis que la tension haussière devrait provenir des énormes besoins de financement
Dans son discours très attendu, prononcé lors du symposium annuel des banquiers centraux à Jackson Hole, son dernier en tant que président de la Réserve fédérale (Fed), Jerome Powell a créé la surprise en ouvrant grand la porte à une baisse de taux à la prochaine réunion du FOMC. Il a adopté un ton très éloigné de celui — hawkish — de sa conférence de presse consécutive à la réunion du FOMC du 30 juillet dernier et de son compte rendu publié quelques jours avant son discours. Les marchés — actions et obligations —ont bondi de joie
Le dernier resserrement monétaire réalisé aux États-Unis entre mars 2022 et juillet 2023 s’est traduit par des sorties d’investissements de portefeuille des non-résidents bien plus massives que lors du précédent (2016-2018) et du fameux taper tantrum de 2013. Pour autant, la vulnérabilité des économies émergentes aux durcissements monétaires outre-Atlantique est moindre qu’il y a une dizaine d’années. D’une part, l’impact des mouvements de capitaux flight to quality des investisseurs privés non-résidents, sur les primes de risque et les rendements obligataires en monnaie locale, est moins important. D’autre part, le niveau et la structure de la dette des entreprises se sont améliorés.
Les ratios des prêts non performants (NPL) aux sociétés non financières se sont repliés dans la plupart des systèmes bancaires de l’UE/EEE entre 2019 et 2024. En moyenne, le ratio a nettement baissé pour s’établir à 3,38% au T4 2024 (-2,4 points de pourcentage depuis le T1 2019). Seuls les systèmes bancaires allemand, autrichien et luxembourgeois ont enregistré une hausse mais ils partaient d’un niveau sensiblement inférieur au ratio de NPL moyen de l’UE/EEE.
Chaque année, l'été macroéconomique débute et s’achève par deux conférences incontournables de banques centrales macroéconomiques : fin juin, le forum de la BCE tenu dans la ville ventée de Sintra, sur la côte portugaise, et fin août le symposium dans la vallée pittoresque de Jackson Hole, dans le Wyoming aux États-Unis. Elles réunissent des banquiers centraux, des universitaires et quelques économistes du secteur financier pour débattre de nouveaux travaux de recherche pertinents pour la politique monétaire et comparer leurs perspectives. Cette année, les vents à Sintra étaient forts et incessants, mais les discussions toujours aussi calmes, concentrées et riches qu’habituellement, une métaphore appropriée de la situation des banquiers centraux ces jours-ci
Tandis que la Réserve fédérale (Fed) estime que l’incertitude a faibli, sa conviction s’est renforcée quant à une hausse imminente de l’inflation liée aux tarifs douaniers. Le Comité (FOMC) apparaît néanmoins grandement divisé concernant la balance des risques. Nous maintenons notre prévision d’une absence de baisse de taux en 2025 face à un regain inflationniste combiné à une croissance insuffisamment ralentie.
Les investissements requis pour répondre aux enjeux de la compétitivité, de la transition énergétique et technologique dans l’Union européenne sont gigantesques et leur besoin, imminent (2025-2030). S’y ajoutent désormais les dépenses visant à renforcer les capacités militaires de l'Union européenne. Pour en assurer le financement, l’UE doit bien sûr accélérer sa feuille de route vers l’Union de l’épargne et des investissements. Mais face à l’urgence, elle doit aussi tenir compte de son écosystème financier et s’appuyer sur ses banques. Le report de la FRTB (Fundamental Review of Trading Book) en 2027 et la proposition législative de la Commission européenne relative à la titrisation, attendue en juin, vont dans ce sens.
Ces dernières années, les économies d’Europe centrale ont déjoué les pronostics pessimistes sur leur capacité à résister aux chocs. Ainsi, en 2020, le PIB de la région s’est moins contracté que celui des pays avancés de l’Union européenne. En 2022, au début de la guerre en Ukraine, la région était considérée comme la plus exposée d’Europe, en raison de sa forte dépendance énergétique à l’égard de la Russie. Mais la récession attendue n’a pas eu lieu grâce à de généreuses mesures de relance budgétaire. L’Europe centrale est maintenant confrontée au choc que constitue la hausse des tarifs douaniers américains. La situation sera-t-elle différente cette fois-ci ?
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