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EcoPerspectives // 1er trimestre 2019  
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economic-research.bnpparibas.com  
France  
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019, nouvelle année test  
L’année 2019 démarre sur des bases moins allantes, l’activité ayant notamment pâti du mouvement des « gilets jaunes ». La chute de  
la confiance des ménages est abrupte, l’environnement économique mondial plus incertain. Dans ce contexte, la politique budgétaire  
s’assouplit : le nouveau plan de soutien au pouvoir d’achat des ménages modestes, annoncé en réponse aux manifestations de  
décembre, devrait permettre un rattrapage, au moins partiel, de la consommation. Il s’ajoute aux mesures en faveur des ménages et  
des entreprises déjà prises dans le budget 2018. La croissance française devrait, ainsi, pouvoir faire preuve de résistance.  
Un regard dans le rétroviseur sur ce qui s’est passé en 2018 permet  
de situer dans quel contexte particulier s’ouvre 2019. Bien des  
choses ont changé en un an. L’optimisme qui régnait début 2018 a  
fait long feu. La croissance vigoureuse alors attendue, dans le  
sillage de celle de 2017, n’a pas été au rendez-vous. Et, un temps  
exceptionnellement dégagées, les perspectives n’ont cessé de  
s’assombrir au fil des trimestres.  
1- Croissance et inflation  
Croissance du PIB (%)  
 Inflation (%)  
Prévision  
Prévision  
2,3  
2
,1  
1,6  
1,6  
20  
1,5  
1,5  
19  
1
,3  
Carton jaune  
1,2  
1,1  
Les raisons sont multiples. Des freins extérieurs (hausse de l’euro  
et du pétrole, tensions commerciales et ralentissement de la  
croissance mondiale) comme intérieurs (contraintes d’offre et  
difficultés de recrutement) ont pesé sur la dynamique de fond de  
manière plus prononcée qu’anticipé. La croissance a aussi essuyé  
une série de chocs, cinq précisément. Deux étaient prévisibles mais  
ont été très perturbateurs (les hausses d’impôts au T1, l’introduction  
de la nouvelle norme anti-pollution WLTP Worldwide harmonized  
Light vehicles Test Procedures  au T3) ; les trois autres étaient  
imprévisibles (douceur hivernale et grèves dans les transports au  
T2, mouvement des « gilets jaunes » au T4).  
0,3  
16  
17  
18  
19  
20  
16  
17  
18  
Sources : Comptes nationaux, BNP Paribas  
2- Enquêtes de confiance  
Confiance des ménages (é.g.) Climat des affaires INSEE (é.g.)  
Climat des affaires Banque de France (é.g.)  
▪▪▪ Indice composite PMI (é.d.)  
1
20  
65  
60  
55  
50  
Il s’ensuit que, malgré la dissipation des facteurs ayant pesé sur la  
1
10  
croissance au T2, la croissance au T3 a à peine rebondi (à 0,3% t/t  
1
d’après la troisième estimation après 0,2%) et qu’elle devrait subir  
100  
un nouveau coup de frein au T4, le mouvement des « gilets  
jaunes » contrecarrant le rebond attendu avant son émergence.  
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5
0
9
8
7
0
0
0
4
35  
S’agissant du rebond limité au T3, il est dû à celui, lui-même limité,  
de la consommation des ménages (0,4% t/t après -0,1% t/t au T2)  
et des exportations (en hausse de seulement 0,3% après avoir  
stagné au T2 et reculé de 0,4% t/t au T1). S’ajoutent à ce manque  
de dynamisme celui de l’investissement public (stable après un  
rebond de 0,6% t/t) et une baisse de l’investissement des ménages  
30  
25  
20  
60  
2007  
2009  
2011  
2013  
2015  
2017  
2019  
Sources : INSEE, Banque de France, Markit  
(
de seulement 0,1% mais la première depuis le T2 2015). De plus,  
S’agissant du coup de frein à la croissance attendu au T4 (nous  
tablons désormais sur tout juste 0,2% t/t contre 0,6% début octobre),  
il est pour l’essentiel la conséquence du mouvement des « gilets  
jaunes » 2 , principalement de par son impact négatif sur la  
consommation des ménages (dont on s’attend à ce qu’elle  
progresse à peine, malgré les baisses d’impôts, et non plus  
rebondisse grâce à elles) mais pas seulement. L’investissement des  
entreprises devrait aussi en pâtir (accentuant le contrecoup attendu  
la contribution du commerce extérieur n’est positive (0,3 point de  
pourcentage) que par son signe vu qu’elle résulte du recul des  
importations (-0,6% t/t) et s’accompagne d’une contribution très  
négative des variations de stocks (-0,4 point). Seul l’investissement  
des entreprises a fait preuve d’un dynamisme remarquable,  
progressant plus vigoureusement encore au T3 qu’au T2 (1,5% t/t  
après 1,3% t/t).  
1
2
La première estimation, confirmée lors de la deuxième, était un peu plus  
Cf. aussi France : coup de frein à la croissance, sérieux mais temporaire,  
élevée, à 0,4% t/t.  
EcoFlash n° 15, 17 décembre 2018  
EcoPerspectives // 1er trimestre 2019  
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sur l’investissement en produits manufacturés post-introduction de  
la norme WLTP), de même que les exportations (via les moindres  
dépenses de tourisme qui restreindront le fort rebond attendu porté  
par les livraisons d’Airbus et divers autres gros contrats). Une  
baisse du PIB au T4 ne peut être exclue mais ce n’est pas le  
scénario le plus probable. Sur l’ensemble de l’année 2018, nous  
prévoyons que la croissance atteigne 1,5%.  
3
- Gains de pouvoir d’achat et confiance des ménages  
Confiance des ménages (é.g.)  
▪▪▪ Variation sur 1 an du pouvoir d’achat des ménages (é.d.) ▪▪▪ prévision  
110  
3%  
1
05  
00  
2%  
1
Pour l’instant, la seule indication disponible au niveau  
macroéconomique de l’effet négatif du mouvement des « gilets  
jaunes » est la chute de certaines enquêtes de confiance (cf.  
graphique 2). Celle des ménages est spectaculaire (-3 points en  
novembre puis encore -4 points en décembre, pour tomber à 87,  
très en-deçà de sa moyenne 100 de longue période et son plus bas  
niveau depuis la fin 2014), de même que celle du climat des affaires  
dans le commerce de détail (-7 points en décembre selon l’enquête  
INSEE, tombée à 100, pile sa moyenne de longue période) et dans  
les services (-6 points en décembre pour l’indice PMI de Markit, qui  
plonge à 49 et repasse sous la barre des 50 pour la première fois  
depuis 2016).  
1
%
%
9
5
90  
0
8
5
0
-1%  
-2%  
8
75  
2
010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019  
Sources : INSEE, prévisions BNP Paribas  
également des craintes importantes mais qui ne sont pas nouvelles.  
Le passage à vide de l’économie allemande au second semestre  
3
2
018 est, en revanche, un tout nouveau sujet d’inquiétudes.  
Les autres enquêtes ont évolué moins négativement en décembre  
Sur le front intérieur, notre scénario de résistance de la croissance  
repose sur deux éléments centraux . Le premier concerne la  
(
-2 points pour l’enquête INSEE et -1 point pour le PMI dans le  
4
secteur manufacturier), voire positivement (+2 points pour l’enquête  
de la Banque de France dans l’industrie) ou sont restées stables  
tendance de fond, que nous estimons toujours solide, bien que plus  
lente, notamment grâce à un marché du travail qui resterait bien  
orienté. Nous tablons sur une hausse de l’emploi salarié privé  
proche de celle de 2018 (environ 1% en moyenne annuelle), sur  
une baisse du taux de chômage guère moindre (-0,2 point, à 8,9%)  
et sur des salaires gagnant en dynamisme (près de 2% de hausse  
pour l’indicateur du salaire mensuel de base, 2,5% pour le salaire  
moyen par tête).  
(
enquêtes de l’INSEE et de la Banque de France dans les services  
et le bâtiment).  
Le tableau conjoncturel n’est donc pas uniformément noir. Ces  
résultats des enquêtes de la Banque de France lui permettent de  
maintenir à 0,2% t/t son estimation de la croissance au T4. La  
bonne nouvelle, à nos yeux, réside plus exactement dans l’absence  
de nouvelle révision en baisse de cette estimation après celle de 0,2  
point effectuée en novembre. Entre son Point de conjoncture  
d’octobre et sa Note de décembre, l’INSEE a aussi abaissé de 0,2  
point, de 0,4% à 0,2 % t/t, sa prévision de croissance au T4. Notre  
propre modèle nowcast basé sur les données d’enquêtes se montre  
un peu plus positif, avec une croissance estimée entre 0,3 et 0,4%  
t/t. L’estimation basée sur les données d’activité est toutefois plus  
basse, à 0,2%, et assortie d’un risque baissier : en effet, faute des  
données pour décembre, l’hypothèse retenue d’un maintien au  
niveau de novembre est la plus simple mais elle est sans doute  
optimiste.  
Le second facteur de résistance est l’impulsion positive de la  
politique économique et budgétaire. Cette impulsion transite en  
partie par le soutien apporté aux entreprises via la transformation du  
CICE en baisse de charges. Elle transite aussi, et pour une plus  
large part, par l’effet positif attendu sur la consommation des  
ménages des baisses d’impôts votées dans le budget 2018,  
auxquelles sont venues s’ajouter les mesures du plan de soutien au  
pouvoir d’achat des ménages modestes annoncées le 10 décembre  
par le président de la République en réponse au mouvement des  
5
«
gilets jaunes » . Cela suppose que le lien entre pouvoir d’achat et  
confiance des ménages, visiblement rompu en fin d’année dernière,  
soit renoué (cf. graphique 3). Nous estimons à 0,2 point l’effet positif  
sur la croissance de ce plan de soutien. Et ce surcroît de croissance  
vient compenser lacquis moindre hérité de 2018, ce qui non  
seulement laisse inchangée à 1,6%, en moyenne annuelle, notre  
prévision de croissance pour 2019, mais laisse aussi la croissance  
relativement (et remarquablement) stable par rapport à 2018.  
2019 : l’année change, la croissance reste ?  
Après une année 2017 de croissance forte et régulière, surprenant  
à la hausse, et une année 2018 de croissance malmenée et affaiblie,  
surprenant à la baisse, de quel bois sera fait 2019 ?  
Ce qui est sûr, c’est que l’année s’ouvre sur des perspectives  
mitigées, que les inquiétudes sont nombreuses et l’incertitude  
grande. Les risques baissiers sont multiples, tant sur le front  
extérieur, financier qu’intérieur. Sur le front extérieur, le rejet par le  
Parlement britannique de l’accord négocié avec l’UE sur les  
modalités du Brexit (ré)ouvre une période d’incertitude sur l’issue du  
processus. Autre risque prééminent, celui d’un atterrissage de  
l’économie américaine, ravivé par le plongeon des marchés actions  
en fin d’année dernière. L’ampleur du ralentissement chinois suscite  
3
Cf. respectivement les textes pages 23, 3, 15 et 7  
Nous n’oublions pas le passage au prélèvement à la source en janvier en tant  
4
que choc ponctuel prévisible sur la croissance du T1. Mais, pour nous, si choc il  
y a, il pourrait tout aussi bien s’avérer positif que négatif.  
5
Cf. EcoFlash déjà cité pour le détail de ce plan de soutien.  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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