EcoWeek

Au-delà des chiffres sur le PIB au deuxième trimestre

Eco week 20-30 //31 juillet 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
2
ÉDITORIAL  
AU-DELÀ DES CHIFFRES SUR LE PIB AU DEUXIÈME TRIMESTRE  
Sans surprise, les chiffres du PIB pour le T2, parus cette semaine, sont exceptionnellement mauvais. La croissance  
pour le T3 devrait être forte, ne serait-ce qu’en raison d’un puissant effet de base. Le risque de déceptions est  
toutefois bien réel si la dynamique devait s’essouffler pendant l’été, ce que l’on observe déjà aux États-Unis. Dans la  
zone euro, les enquêtes de conjoncture continuent de s’améliorer et l’indicateur des anticipations d’emploi affiche  
une hausse marquée. Néanmoins, les ménages demeurent très préoccupés et leurs anticipations de chômage sont  
restées globalement stables.  
Sans surprise, les chiffres du PIB au deuxième trimestre, publiés cette  
semaine, ont été exceptionnellement mauvais. Par rapport au trimestre  
précédent, l’économie américaine a subi une contraction de 32,9% en  
rythme annualisé, soit une baisse de 9,5% sur une base non annualisée.  
C’est la base retenue pour calculer les chiffres de croissance en Europe  
où le PIB a baissé de 10,1% en Allemagne, de 12,4% en Italie, de 13,8%  
en France et d’un vertigineux 18,5% en Espagne. Dans la zone euro  
globalement, le PIB a chuté de 12,1% par rapport au T1. Mais tout cela  
appartient, pour l’essentiel, au passé. Désormais, l’attention se porte  
principalement sur le troisième trimestre qui devrait enregistrer une  
forte croissance trimestrielle, ne serait-ce qu’en raison d’un puissant  
effet de base. Grâce à la levée progressive des mesures de confine-  
ment, le deuxième trimestre a mieux fini qu’il n’avait commencé, ce qui  
aura une influence non négligeable sur la comparaison entre le T3 et  
le T2. Cela laisse néanmoins une marge de déception dans l’hypothèse  
où la dynamique de croissance viendrait à s’essouffler pendant l’été.  
ZONE EURO : DONNÉES D’ENQUÊTE  
Indicateur de sentiment économique (ESI)  
Indice PMI Composite [é.d.]  
1
1
1
40  
20  
00  
70  
60  
50  
40  
30  
20  
10  
0
80  
60  
40  
20  
0
Aux Etats-Unis, cela semble être déjà le cas, comme l’a clairement  
indiqué Jerome Powell, président de la Fed, lors de sa dernière  
conférence : « ces dernières semaines, nous avons observé certains  
signes indiquant que l’augmentation des cas d’infection, ajoutée aux  
nouvelles mesures visant à enrayer l’épidémie, commence à peser sur  
l’activité économique. Par exemple, certaines mesures des dépenses de  
consommation, basées sur l’utilisation des cartes de débit et de crédit,  
sont en baisse depuis la fin du mois de juin, tandis que les indicateurs  
récents du marché du travail vont dans le sens d’un ralentissement de  
1
998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020  
SOURCES : COMMISSION EUROPÉENNE, IHS MARKIT, BNP PARIBAS  
cette enquête sont plus modérés que ceux de l’indice des directeurs  
d’achats. La hausse marquée de l’indicateur des anticipations d’emploi  
dans l’industrie, les services et le commerce de détail est une bonne  
nouvelle. Cependant, compte tenu du niveau toujours bas de l’indica-  
teur, cette amélioration est seulement le reflet d’une diminution de  
la tendance à supprimer des emplois plutôt que d’une augmentation  
1
la croissance de l’emploi, en particulier, dans les petites entreprises » .  
Dans la zone euro, les enquêtes de conjoncture continuent de s’amé-  
liorer. L’indicateur du sentiment économique de la Commission euro-  
péenne (ESI) a enregistré une forte hausse, en juillet, due à la pour-  
suite de l’amélioration dans l’industrie, les services et le commerce  
de détail. Le secteur du bâtiment a accusé un léger tassement tandis  
que la confiance des consommateurs est restée globalement stable.  
À 82,3, l’indicateur ESI reste bien inférieur à 100, sa moyenne de long  
terme. À cet égard, comme le montre le graphique 1, les résultats de  
2
des intentions de nouvelles embauches . Les ménages font état d’une  
dégradation de leurs finances et leurs anticipations du chômage de-  
meurent globalement stables après une petite amélioration en juin.  
Cette divergence d’évaluation des perspectives du marché du travail,  
entre les entreprises et les ménages, montre toute l’incertitude de la  
situation (graphique 2).  
1
Source : Réserve fédérale, compte-rendu de la conférence de presse du président J.  
2 Pour citer l’Ifo, à l’occasion de la publication de son baromètre de l’emploi pour le mois  
de juillet : « Les entreprises allemandes prévoient de licencier moins de personnel ».  
Powell, 29 juillet 2020  
Aux États-Unis, les données de haute fréquence montrent un  
ralentissement de la reprise tandis que les contaminations se  
multiplient. L’évolution de la pandémie dans plusieurs pays  
européens fait craindre une dynamique similaire en Europe.  
La banque  
d’un monde  
qui change  
Eco week 20-30 //31 juillet 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
3
Pour conclure, le message des principales nouvelles économiques  
récentes est très contrasté. Un optimisme prudent continue de  
progresser chez les entrepreneurs européens. Les ménages ne sont pas  
convaincus et leur confiance a cessé de s’améliorer dans la zone euro et  
aux Etats-Unis. Les données haute fréquence aux Etats-Unis indiquent  
un ralentissement du rythme de la reprise économique depuis que le  
nombre de cas d’infection a recommencé à augmenter. Compte tenu  
des évolutions récentes à cet égard dans plusieurs pays européens,  
cela soulève également des préoccupations concernant la dynamique  
conjoncturelle en Europe. Cette déclaration de J. Powell, président de la  
Fed, vaut aussi pour le Vieux Continent : « La trajectoire de l’économie  
va dépendre, dans une très large mesure, de l’évolution du virus ainsi  
PERSPECTIVES D’EMPLOI  
Enquêtes dans l'industrie: attentes sur l'emploi  
Enquêtes dans les services: attentes sur l'emploi prochain trimestre  
Enquêtes ménages : attentes sur l'emploi 12 prochains mois [é.d., échelle inversée]  
30  
-10  
0
1
2
0
0
10  
0
20  
3
0
-
10  
20  
30  
40  
50  
3
que des mesures adoptées pour maintenir le virus sous contrôle » .  
40  
-
5
6
7
0
0
0
William De Vijlder  
-
-
-
80  
998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020  
1
SOURCES : COMMISSION EUROPÉENNE, BNP PARIBAS  
3
Source : Réserve fédérale, compte-rendu de la conférence de presse du président J. Powell, 29 juillet 2020  
La banque  
d’un monde  
qui change  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2485 articles et 640 vidéos