EcoWeek

Des politiques de l’offre pour l’après Covid-19

Eco week 20-38 // 16 octobre 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
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ÉDITORIAL  
DES POLITIQUES DE L’OFFRE POUR L’APRÈS COVID-19  
La pandémie de Covid-19 aura de profondes conséquences à long terme. Certaines industries en tireront des bénéfices,  
directement ou indirectement, tandis que d’autres souffriront. L’idée de secteurs florissants, surfant sur de nouvelles  
opportunités, et d’autres luttant pour leur survie rappelle le concept de "destruction créatrice" de Schumpeter.  
Or, un tel processus peut générer à court terme des coûts considérables. La recherche économique montre que les  
programmes visant à dynamiser le marché du travail jouent un rôle-clé. Plus généralement, la politique économique  
ne doit pas seulement se concentrer sur la demande mais de plus en plus sur l’offre, afin d’éviter que la pandémie  
n’entrave durablement la croissance.  
Jusqu’à présent, et on peut le comprendre, les conséquences février 2021, en cas de trajectoire similaire à celle enregistrée au cours  
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économiques de la pandémie de Covid-19 ont été principalement des cycles précédents . Pour les gouvernements, la problématique  
envisagées à court terme. Tout d’abord, il y a eu en mars et avril le qui se pose est ainsi celle de l’allocation de ressources budgétaires  
déclin considérable de l’activité lié au confinement. Puis, avec la levée limitées. C’est ce qu’a souligné récemment Rishi Sunak, chancelier de  
progressive des restrictions en mai et juin, l’activité a rebondi. À partir l’Échiquier britannique, lors de la présentation de son Winter Economy  
de juillet, la reprise s’est essoufflée, les règles de distanciation étant Plan au Parlement : « Nous devons créer de nouvelles opportunités  
maintenues, le virus circulant toujours et, plus récemment, en raison et permettre à l’économie d’aller de l’avant ou, en d’autres termes,  
du renforcement des restrictions dans de nombreux pays pour stopper soutenir les emplois durables offrant une réelle sécurité. Comme je l’ai  
la hausse exponentielle des nouvelles infections.  
souvent dit, depuis le début de cette crise, je ne peux pas sauver toutes  
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les entreprises, ni tous les emplois » .  
Néanmoins, la pandémie de coronavirus aura aussi des conséquences  
profondes à long terme, comme l’aggravation de la charge de la dette  
pour les États et pour de nombreuses entreprises, ainsi que le risque  
que de nombreux travailleurs ayant perdu leur travail, ou au chômage  
partiel, restent durablement sans emploi. L’économie va connaître des  
changements du côté de l’offre, avec la modification des chaînes de  
valeur pour renforcer la résilience aux chocs. Mais d’autres évolutions  
sont attendues du côté de la demande. Certaines nouvelles habitudes  
de consommation apparues pendant le confinement – comme le large  
recours au e-commerce – pourraient perdurer, de même la demande  
d’espaces de bureau va évoluer avec l’accroissement du télétravail, y  
compris après la pandémie, etc. Les perspectives de croissance à long  
terme de certaines industries pourraient être sensiblement différentes  
qu’il y a un an. De plus, afin de remplir les objectifs climatiques de  
l’Accord de Paris, de nombreux pays visent la neutralité carbone d’ici  
ÉTATS-UNIS : FAILLITES D'ENTREPRISES  
Récession  
Nombre de faillites d'entreprises  
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700 000  
600 000  
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050.  
300 000  
De nombreuses entreprises devraient rester soumises à de fortes  
pressions. « Historiquement, il existe un décalage entre, d’une part,  
le déclin de la croissance du PIB et, d’autre part, l’augmentation  
du nombre de faillites et du chômage, qui ont tendance à atteindre  
un pic un an après le choc initial et à rester élevés pendant encore  
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deux ans » . Selon les calculs de Moody’s, le taux de défaillance  
(
en glissement sur 12 mois) des entreprises classées en catégorie  
SOURCES : CIEC, BNP PARIBAS  
spéculative pourrait s’inscrire dans une fourchette de 9,7 % à 13,3 %, en  
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« La grande redistribution », tribune de M. Agustín Carstens, directeur général de la Banque  
2 www.moodys.com. Ce taux s’établissait, respectivement, à 3,6 % et à 6,1 %, en mars et en  
juillet derniers.  
3 « Winter Economy Plan », discours prononcé par Rishi Sunak, chancelier de l’Échiquier  
britannique, publié le 24 septembre 2020, www.gov.uk.  
des règlements internationaux, publiée dans Project Syndicate le 12 octobre 2020. Selon la  
BRI, « les faillites parmi les entreprises des économies développées pourraient augmenter  
de plus de 20 % (par rapport à la base de référence 2019) au cours de l’année prochaine ».  
Sur le plus long terme, la pandémie de Covid-19 va entraîner des  
changementsstructurelsauseindenombreusesindustries.Lapolitique  
économique devra de plus en plus se concentrer sur l’offre afin d’éviter  
que la crise sanitaire n’entrave durablement la croissance.  
La banque  
d’un monde  
qui change  
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Cette idée relative à l’existence, d’une part, d’industries florissantes  
et riches d’opportunités nouvelles, et de l’autre, de secteurs ayant du  
mal à survivre, nous rappelle la théorie de la destruction créatrice de  
J. Schumpeter : « La destruction créatrice fait référence au mécanisme  
incessant d’innovation de produits et de procédés selon lequel de  
nouvelles unités de production remplacent les anciennes, qui sont  
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dépassées » . Un tel processus peut avoir un coût considérable à  
court terme, avec des pertes d’emplois et une destruction de valeur  
pour les entreprises. Les pouvoirs publics pourraient alors adopter  
des politiques défensives, par exemple, en matière de protection de  
l’emploi. En particulier, les gouvernements qui devront affronter des  
élections pourraient être tentés de prolonger les programmes spéciaux  
mis en place pendant le confinement afin de préserver les emplois  
et les entreprises. Dans de nombreux pays, les faillites sont ainsi  
actuellement bien en deçà du niveau enregistré il y a un an.  
Cependant, la recherche montre que les mesures prises pour sécuriser  
l’emploi ont pour effet de ralentir le processus d’ajustement de  
l’économie, de réduire les gains de productivité et, par conséquent, la  
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croissance du PIB . Il faut donc des politiques qui, et c’est une condition  
a minima, n’empêchent pas l’ajustement structurel, mais qui trouvent  
aussi les moyens d’aider les travailleurs ayant perdu leur emploi en  
raison de la transformation de l’économie. Après avoir analysé un panel  
de travailleurs de treize pays européens sur la période 1986-2008,  
l’OCDE aboutit à cette conclusion : « la probabilité de réemploi, dans  
l’année qui suit, des travailleurs ayant perdu leur emploi en raison  
d’une fermeture d’entreprise est positivement corrélée aux dépenses  
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publiques affectées à des programmes actifs du marché du travail » .  
De tels programmes comprennent, entre autres, les fonds alloués à  
l’aide à la recherche d’emploi, à la formation, aux créations d’emplois  
dans le secteur public et à l’emploi subventionné dans le secteur  
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privé . Ces questions de politiques publiques sont particulièrement  
pertinentes dans la situation actuelle. À court terme, la pandémie de  
Covid-19 devrait, selon les prévisions, entraîner une nouvelle hausse  
du chômage en Europe. À long terme, elle provoquera un changement  
structurel dans de nombreuses industries avec les pressions qui en  
résulteront dans certains secteurs du marché du travail. Autrement  
dit, la politique économique devra non seulement se concentrer sur la  
demande, mais aussi, et de plus en plus, sur l’offre, de manière à éviter  
que la pandémie ne freine durablement la croissance.  
William De Vijlder  
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R. Caballero, economics.MIT.edu.  
Caballero : « En empêchant les mouvements de main-d’œuvre des unités moins  
productives vers les plus productives, une protection de l’emploi efficace a pour effet  
de diminuer la production globale et de ralentir la croissance économique. Selon nos  
estimations, le passage du 20e au 80e percentile en matière de sécurité de l’emploi entraîne  
une diminution de la croissance de la productivité pouvant aller jusqu’à 1,7 %. »  
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OCDE, Accompagner la destruction créatrice : réduire les coûts liés aux fermetures d’en-  
treprises, document de travail du Département des Affaires économiques, n° 1353, 2016.  
OCDE, Les politiques passives comprennent les dépenses au titre de l’indemnisation du  
chômage et des prestations d’aide sociale.  
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La banque  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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