Le modèle de croissance économique de la Chine repose sur des déséquilibres (demande intérieure atone et surcapacités industrielles, exportations vigoureuses et recherche d’autosuffisance) qui se répercutent sur ses partenaires commerciaux. Alors que le FMI a récemment rappelé l’urgence de dynamiser la consommation privée, Pékin persiste à donner la priorité à sa politique industrielle et maintient des politiques budgétaire et monétaire modérément accommodantes pour soutenir la demande. Les secteurs de pointe, l’innovation, l’IA et l’autonomie technologique sont au cœur de sa stratégie de développement. Celle-ci vise à soutenir les gains de productivité et la croissance, ainsi qu’à consolider la domination de la Chine dans l’industrie mondiale et sa « sécurité nationale ».
La croissance indienne est attendue à +7,6% sur l’année budgétaire 2025/2026. L’assouplissement monétaire et la baisse des taux de TVA ont soutenu la demande intérieure. Les perspectives de croissance sont favorables. La baisse des droits de douane américains et la mise en œuvre des accords de libre-échange signés en 2025-26 devraient soutenir les exportations. Après des décennies de politique protectionniste, l’Inde ouvre son économie pour attirer les IDE , développer son industrie et créer des emplois de qualité. Le gouvernement est en effet conscient des risques engendrés par l’utilisation de l’IA, en particulier pour les emplois dans les services informatiques.
La croissance économique de la Malaisie est solide et devrait rester robuste au cours des deux prochaines années, soutenue par la vigueur de la demande intérieure et la forte consommation mondiale de produits électroniques. Cependant, la Malaisie a peu bénéficié du recul des biens exportés par la Chine sur le marché américain, contrairement aux autres pays de l’ASEAN. En outre, ses importations de produits chinois ont accéléré très sensiblement, ce qui pèse sur son secteur manufacturier. À l’image des autres pays d’Asie, la Malaisie cherche à développer ses partenariats commerciaux et financiers pour diversifier ses exportations et attirer les investissements, indispensables pour permettre une montée en gamme dans le secteur des composants liés à l’intelligence artificielle.
En 2025, les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ont conduit à une forte baisse des importations américaines en provenance de celle-ci. À l’inverse, les exportations de produits chinois vers d'autres régions du monde ont augmenté, signe avant-coureur d’une réorganisation des échanges. Dans le cas de l'Italie, si elle reste limitée, la réorientation des exportations chinoises n’en est pas moins notable, tout en ne concernant que des secteurs spécifiques. En parallèle, le pays pourrait tirer profit de la baisse du coût des biens intermédiaires et des biens d'équipement chinois. Ses entreprises font état d'une pression concurrentielle accrue et d’une plus grande incertitude, en particulier parmi les exportateurs
Au regard de l’évolution de leur part de marché dans les échanges mondiaux, les pays d’Asie (hors Chine) ont, dans leur ensemble, été peu affectés par la hausse des droits de douane américains. Ils exportent en effet principalement des produits électroniques aux États-Unis, lesquels ont été épargnés par la hausse des tarifs et soutenus par l’essor de l’IA. La stratégie de réorientation des exportations chinoises des États-Unis vers l’Asie et le reste du monde s’est accentuée, mais elle n’a pas suffi à compenser entièrement les pertes de parts de marché aux États-Unis.
Le président Trump a annoncé le 2 février dernier la validation d’un accord commercial avec l’Inde pour réduire de 25% à 18% les tarifs « réciproques » sur les produits indiens importés et supprimer la « pénalité » de 25% induite par l’achat de pétrole à la Russie. Les tarifs douaniers sur les produits indiens seraient donc inférieurs à ceux des pays d’Asie du Sud-Est (hors Singapour) et en particulier du Vietnam et de la Thaïlande.La signature par l’Inde de nombreux accords commerciaux depuis l’année dernière (dont l’accord avec l’UE en janvier dernier) lui permettra de ne plus être pénalisée par rapport à ses voisins asiatiques, tant sur le marché américain que sur le marché européen, mais l’impact direct sur sa croissance à court et moyen terme restera modeste
Le climat des affaires et le sentiment des ménages progressent au Japon. Le taux de chômage reste bas mais les salaires réels se sont détériorés sous le poids de l’inflation. Par ailleurs, le taux directeur est au plus haut depuis 30 ans.
En Chine, les indices PMI ont terminé 2025 en légère amélioration. La confiance des ménages remonte lentement mais la demande reste faible. Le marché du travail manque de dynamisme.
L’économie japonaise est prise entre plusieurs feux. La croissance a amorcé une phase de ralentissement vers son niveau potentiel. Le Japon peut se targuer d’une situation de plein-emploi, de la bonne santé de ses entreprises et d’une réduction de son ratio de dette publique. Dans le même temps, l’inflation s’éloigne de plus en plus de la cible de 2% et les salaires réels se contractent, ce qui pèse sur la consommation. La politique commerciale américaine reste un facteur de risque et les problèmes structurels, liés à la faiblesse de la demande domestique et à l’offre contrainte sur le marché du travail, demeurent. Enfin, les taux d’intérêt longs remontent nettement, notamment en raison de l’expansionnisme de la politique budgétaire, et l’affaiblissement de la devise se poursuit
Aujourd’hui, nous plongeons dans les finances publiques des économies émergentes en 2025, à travers une analyse exclusive de notre numéro EcoPerspectives consacré aux économies émergentes. Entre croissance solide mais ralentie, endettement public croissant et marges de manœuvre budgétaires réduites, quels sont les défis et les leviers pour ces pays ?
Entre 2013 et 2018, la croissance de la productivité en Inde a été forte (multiplication par 1,3, une hausse similaire à celle observée au Vietnam, légèrement inférieure à la Chine, mais supérieure à l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines et la Thaïlande). Mais à partir de 2019, la productivité a stagné en Inde, alors qu’elle a continué d’augmenter dans les autres pays (hormis les Philippines). Cette évolution est d’autant plus inquiétante que le niveau de revenu par tête est encore faible (le PIB par tête en PPA était 2,4 fois inférieur à celui de la Chine en 2024) et le taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes (15,6% en 2024 selon les données officielles). Sans une augmentation rapide de la productivité, l’Inde pourrait rester un pays à « revenu intermédiaire ».
La baisse du ratio de dette publique sur PIB devrait ralentir. La dette publique se stabiliserait à la fin de la décennie.
Après un début d’année solide, la croissance économique chinoise a ralenti progressivement. Grâce à une réorientation rapide, les exportations ont bien résisté au choc tarifaire américain. Elles constituent le principal moteur de l’activité, alors que la demande intérieure reste obstinément fragile. Les autorités ont lancé une campagne « anti-involution », mais il est également urgent d’ajuster la politique de la demande pour relancer la consommation et l’investissement intérieur, à un moment où les exportations pourraient commencer à s’essouffler. Malgré la dégradation des finances publiques des dernières années, le gouvernement central et les collectivités locales conservent une certaine marge de manœuvre pour agir.
La croissance économique indienne a surpris à la hausse entre avril et juin 2025 (+7,8% en g.a.). Mais l’activité est moins dynamique qu’il n’y paraît et les risques baissiers sur la croissance sont élevés. La consommation des ménages reste molle. Pour soutenir la demande intérieure et compenser l’impact de la hausse des tarifs douaniers américains sur l’activité, le gouvernement a annoncé une baisse des taux de TVA, alors même que ses marges de manœuvre budgétaires sont limitées. La Banque centrale devrait continuer à être prudente dans son assouplissement monétaire car les pressions à la baisse sur la roupie restent fortes
L’Indonésie est moins exposée aux conséquences de la hausse des tarifs douaniers américains que les autres pays de l’ASEAN, mais les risques baissiers sont importants. Pour soutenir la croissance, les autorités ont multiplié les mesures de soutien à l’économie. La Banque centrale a réduit ses taux directeurs, davantage que dans les autres pays asiatiques, et le nouveau ministre des Finances a annoncé un relèvement des dépenses sociales. La dette publique reste contenue mais elle est financée principalement sur les marchés obligataires, en particulier par les investisseurs étrangers qui s’inquiètent d’un dérapage budgétaire sous l’administration Prabowo
L’enquête Tankan rapporte une amélioration du sentiment des grandes entreprises manufacturières japonaises au T3, y compris dans l’automobile. En septembre, le PMI des services est stable à un haut niveau (53), tandis que le PMI manufacturier enregistre un plus bas en 5 mois du fait de la première contraction des embauches depuis novembre 2024 et du recul de la production.
Après avoir accéléré au S1, grâce aux programmes de subventions publiques visant le remplacement des biens de consommation, la demande des ménages chinois a ralenti. Les ventes au détail ont augmenté de 3,7% en volume en g.a. en juillet-août contre plus de 5% au S1 2025. Sur le marché immobilier, la contraction des volumes de transactions s’est aggravée (-11% en g.a. en août). La confiance des ménages reste par ailleurs en berne.
L’économie japonaise montre un certain dynamisme depuis un peu plus d’un an. Mais, cette performance devrait s’étioler au second semestre du fait, notamment, du durcissement de la politique commerciale américaine. Le marché du travail reste tendu et l’inflation continue d’excéder la cible des 2%. Prise entre plusieurs feux — une conjoncture qui pourrait marquer des signes d’affaiblissement et une nette remontée des taux longs sur fond d’inquiétudes budgétaires — la Banque du Japon (BoJ) fait preuve d’une extrême prudence en remontant son taux directeur très progressivement.
Au premier semestre de 2025 (S1 2025) et d’après les estimations du site Carbon Monitor, la Chine aurait réduit ses émissions de dioxyde de carbone (CO2) de l’ordre de 3% par rapport à la même période de l’année précédente. Pour bienvenue qu’elle soit concernant le premier pourvoyeur de CO2 (30% des émissions annuelles mondiales), la nouvelle n’est pas surprenante, eu égard à la baisse de régime constatée dans le secteur de l’énergie. Sur ce même premier semestre de 2025, la hausse de la production d’électricité est tombée à 2,3% sur un an, ce qui est peu selon les standards chinois. Historiquement bien corrélée aux émissions, elle explique largement le chiffre précité.
Depuis le début de l’année, la croissance économique chinoise se révèle plus solide que prévu. Les exportations ont résisté aux attaques tarifaires de Washington et la consommation des ménages s’est redressée grâce aux programmes de relance du gouvernement. Cependant, d’importantes ombres viennent ternir le tableau et devraient freiner la croissance au second semestre. D’une part, les tensions commerciales avec les États-Unis restent fortes et la guerre technologique se poursuit, même si Pékin et Washington se sont entendus pour prolonger leur trêve jusqu’en novembre. D’autre part, les problèmes structurels internes demeurent (crise du secteur immobilier, fragilités du marché du travail, confiance en berne dans le secteur privé, déflation)
En dépit d’une croissance robuste entre avril et juin 2025 (probablement surestimée), le gouvernement multiplie les mesures de soutien à l’économie indienne. Le « conseil de la taxe sur les biens et services », qui se réunira les 3 et 4 septembre, devrait valider la baisse des taux de TVA. Cette mesure permettrait de contrecarrer les effets de la hausse des tarifs douaniers américains sans pour autant fragiliser les finances du gouvernement central.
Contrairement à ce que l’on craignait fin 2024-début 2025, les exportations de marchandises des pays émergents ont bien résisté sur la première partie l’année. Les pays d’Asie affichent les meilleures performances et les pays latino-américains tirent leur épingle du jeu. En revanche, les pays d’Europe centrale apparaissent sinon comme les perdants du moins comme les plus vulnérables aux transformations du commerce mondial depuis la crise du Covid. Pour une large majorité de pays, l’opinion en juin des industriels sur leurs carnets de commande à venir laissent anticiper une baisse ou un ralentissement des exportations dans les prochains mois.
Au T2, l’enquête Tankan sur le climat des affaires est stable au niveau agrégé (15) pour le secteur manufacturier (7) et non manufacturier (21), malgré la problématique des tarifs douaniers américains.
L’indice PMI officiel du secteur manufacturier reste en zone de contraction depuis avril. L’indice est toutefois remonté de 49 à 49,5 en mai et 49,7 en juin, à la suite de l’accord de trêve conclu entre Washington et Pékin. La croissance des ventes au détail a de nouveau augmenté en mai, encouragée par les subventions publiques. En revanche, la contraction des ventes de logements s’est poursuivie et la confiance des ménages reste fragile.
Alors que, depuis 2021, les flux d’IDE vers l’Asie du Sud-Est dépassent, en moyenne, ceux enregistrés sur la période 2016-2019, ils ont baissé en Inde. Rapportés au PIB, les flux nets d’IDE entrants n’ont atteint, en 2024, que 0,7% du PIB indien. Cette baisse est d’autant plus surprenante que, selon l’UNCTAD, les annonces de nouveaux projets d’investissements greenfield dans le pays sont en forte hausse depuis 2022.
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