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Valorisation des créances douteuses : une application au cas italien

11/01/2017

Les réformes structurelles déjà mises en œuvre en Italie pourraient permettre une meilleure valorisation des portefeuilles de créances douteuses. Les besoins en provisions supplémentaires des banques s’en trouveraient ainsi réduits.

TRANSCRIPT // Valorisation des créances douteuses : une application au cas italien : janvier 2017

Pour le Graphique du mois, nous allons parler des banques italiennes. Des réformes sont en cours concernant leurs créances douteuses. Thomas Humblot, bonjour.

- Bonjour.

- Quel est l’objectif de ces réformes instaurées par le précédent gouvernement italien ?

- Assez généralement, une partie de ces réformes cherchent à accélérer, rationnaliser et simplifier les procédures de faillite et l’exécution des décisions de justice. En outre, le recours aux procédures extra-judiciaires est privilégié.

- Quels seraient les effets de ces réformes ?

- Prenons le cas simplifié d’une banque qui détiendrait un portefeuille de prêts irrécouvrables dont l’encours brut est de 100 unités. Initialement, la banque anticipe un taux de recouvrement de 60% et provisionne en conséquence 40 unités. Si la qualité de ce portefeuille vient à se dégrader et que le taux de recouvrement diminue, l’écart qui en résulte doit être couvert par des provisions supplémentaires. Autre option, la banque a la possibilité de céder son portefeuille de créances douteuses de 100 unités au marché pour un prix de 20 unités par exemple.

- Pourquoi 20 ?

- Ce prix correspond à celui payé actuellement en moyenne en Italie. Il va dépendre des flux de remboursements futurs anticipés par l’investisseur, de la présence d’éventuelles garanties, mais surtout du taux de rendement interne qui est propre à l’investisseur. La perte comptable qui en résulte vient réduire les fonds propres de la banque qui doit les reconstituer par ailleurs afin de préserver ses ratios de solvabilité.

- Alors, il y a une nouveauté en Italie aujourd’hui, c’est un nouveau fonds d’investissement, Atlante ? 

- Oui, le fonds privé Atlante se propose de racheter les créances douteuses pour 30 unités.

- Pourquoi au-dessus du prix du marché, 30 contre 20 ?

- Simplement parce que le fonds Atlante anticipe le fait que les réformes structurelles que nous avons mentionnées précédemment auront un effet positif sur le recouvrement des créances douteuses.

- Est-ce que d’autres acteurs pourraient suivre l’exemple d’Atlante ?

- En poursuivant le raisonnement, le marché ou d’autres fonds spécialisés seraient également susceptibles de revoir leur valorisation des créances douteuses. Dès lors que les réformes visant à améliorer le recouvrement des créances douteuses devraient être crédibles aux yeux des investisseurs. Cela permettrait aux banques de céder leurs créances douteuses avec plus de facilité.

- Merci Thomas Humblot. On va suivre bien sûr cet exemple italien.

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