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Italie : nécessité de poursuivre les réformes 12/03/2018

La croissance italienne a fortement accéléré en 2017 et la confiance des marchés est restée intacte. L'assouplissement quantitatif de la BCE joue un rôle mais les réformes menées depuis 2012 (retraites, marché du travail, mesures pour encourager l’innovation et la R&D, etc.) ou encore la baisse des créances douteuses ont clairement soutenu la confiance. Pour le gouvernement qui sera formé après les élections législatives, stimuler la croissance potentielle est une priorité de par son impact sur les finances publiques et le marché du travail.

TRANSCRIPT // Italie : nécessité de poursuivre les réformes : mars 2018

- Focus à présent sur l’Italie au lendemain des élections générales. William De Vijlder, bonjour.

- Bonjour.

- Trois chiffres pour illustrer cette économie italienne : 1,5% c’est la croissance en 2017, -2,1% c’est la baisse des déficits publics et +0,8% ce sont les créations d’emplois. L’économie se porte plutôt bien ?

- Elle se porte bien. Ça a été la surprise en 2017. Elle se porte bien parce que les ménages ont le moral, les entreprises aussi. Il y a eu un petit coup de pouce de la part du secteur public donc tout le monde est content, y compris les marchés financiers.

- D’un point de vue structurel, qu’en est-il ?

- L’image est un peu plus nuancée. Certes, ce pays réalise un excédent primaire depuis plusieurs années. C’est un pays qui affiche maintenant des excédents de sa balance courante, ce qui est aussi un facteur très important. En revanche, la liste de points structurels qui posent problème est longue.

- Donnez-nous quelques exemples.

- L’endettement du secteur public, qui reste à 132% du PIB ; la croissance potentielle qui est trop lente, à 0,4% ; les gains de productivité limités ; la problématique des créances douteuses, etc.

- Et l’Italie fait face à des disparités très fortes entre le nord et le sud.

- Effectivement, c’est un problème supplémentaire pour la politique économique.

- William De Vijlder, il y a tout de même eu des réformes structurelles ?

 - Oui, et c’est un point extrêmement important. On ne peut pas dire que, face aux défis, rien n’a été fait. En fait, depuis 2012  un programme de réformes ambitieux a été mené. Beaucoup de choses ont été faites : réforme du système de retraite, du marché du travail, de tout ce qui influence la gestion des créances douteuses. Il y a eu une certaine concentration du système bancaire, etc. Donc beaucoup de choses ont été faites. Il faut mentionner un point très important : des incitations fiscales pour stimuler l’innovation au niveau des entreprises ont été mises en place.

- Et beaucoup de start-ups sont nées en Italie. Dernière question : quel est l’agenda de l’économiste que vous êtes pour le futur gouvernement italien ?

- Je pense qu’il devra gérer tous ces éléments et ces défis. Mais au final, on peut le résumer très simplement : il devra prendre les mesures qui permettront au pays d’afficher un taux de croissance potentiel plus élevé de manière durable.

- Plus facile à dire qu’à faire.

- Effectivement. Il faut donc continuer les réformes, surtout du côté de l’offre bien sûr. Et il faudra suivre en particulier de très près  tout ce qui se passe du côté de l’enseignement, de la formation au sein des entreprises. Ce sont des éléments-clés qui devraient dynamiser et accroître la compétitivité des entreprises italiennes.

- William De Vijlder, merci. Nous suivrons ensemble, dans les prochains mois, l’évolution de l’économie italienne.

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