eco TV
Que dit la croissance monétaire des perspectives de croissance de la zone euro ? 07/03/2019

La croissance monétaire corrigée de l’inflation (M1) serait un indicateur avancé de premier ordre de la croissance du PIB dans la zone euro d’après les chercheurs. Le délai requis serait de neuf mois environ.

TRANSCRIPT // Que dit la croissance monétaire des perspectives de croissance de la zone euro ? : mars 2019

LE GRAPHIQUE DU MOIS

François Doux : L'un des enjeux des économistes est de prévoir l'avenir, notamment celui de la croissance.

Beaucoup d'indicateurs avancés nous sont proposés, mais lequel choisir ?

William De Vijlder, bonjour.

William De Vijlder : Bonjour François.

François Doux : Dans le Graphique du mois, vous nous en proposez un. On est dans la zone euro. Quel est-il ?

William De Vijlder : C'est « la star », parce des chercheurs ont analysé la panoplie d'indicateurs disponibles. Et dans différentes recherches, celui qui se distingue vraiment, qui "sort du lot", c'est M1.

François Doux : Qu’est-ce que « M1 » ?

William De Vijlder : C'est la monnaie en circulation plus les dépôts à vue auprès du système bancaire.

François Doux : C'est un agrégat monétaire assez petit.

William De Vijlder : Étroit, étroit comme on dit.

François Doux : Je me souviens avoir appris M2, M3, M4, mais là c'est plus restreint. Alors sur ce graphique qu'est-ce que cela nous dit ? M1 + 9 mois, il y a une corrélation ?

William De Vijlder : Comme vous le voyez, il y a une corrélation. En rouge vous avez la croissance du PIB en zone euro. En bleu, il y a donc M1 mais décalé de 9 mois. Comme c'est un indicateur avancé, il faut trouver le point de retournement qui coïncide. Et pour y arriver il faut décaler la ligne bleue de M1. Ce qui explique aussi qu'il y ait un décalage ici. Ce que l'on constate bien sûr, c'est que lorsqu'il y a un retournement de croissance, concrètement M1 baisse et la croissance économique ralentit aussi, puis c'est pareil avec le rebond.

Dans un passé récent, qu'est-ce que l'on constate ? Depuis plusieurs mois, plusieurs trimestres, on a vu un ralentissement très net de la croissance de M1 qui a été accompagné d'un ralentissement de la croissance.

François Doux : Dernière question. Qu'est-ce que M1 nous dit pour les mois à venir ?

William De Vijlder : Bien sûr, c'est toute l'utilité de l'indicateur. Parce que qu'est-ce qu'il nous dit ?

Comme c'est un indicateur fiable et avec une belle avance, neuf mois sur la croissance de l'activité. Il y a donc lieu de nourrir un certain espoir, parce qu'on constate une stabilisation. Maintenant il faut faire attention. Peu de données vont dans ce sens, mais lorsque dans les prochains mois cette stabilisation pourrait se confirmer, cela servirait de base pour dire : on a vu le ralentissement mais maintenant il devrait se stabiliser et donc le taux de croissance en zone euro aussi.

François Doux : On vous retrouvera dans EcoTV prochainement pour voir si M1 avait raison.

Merci William De Vijlder. Dans un instant Trois questions sur l'Angola.

Voir plus de vidéos Eco TV

Sur le même thème

La BCE annonce moins de croissance et un soutien monétaire prolongé 08/03/2019
La BCE a revu sensiblement à la baisse ses projections de croissance pour 2019. L’inflation serait plus modérée sur l’ensemble de l’horizon de prévision. Le président M. Draghi reconnait un niveau particulièrement élevé d’incertitudes, mais indique que la bonne tenue du marché du travail soutient l’activité. Les taux directeurs n’augmenteront pas en 2019. Une nouvelle vague de prêts à long terme (TLTRO), d’une maturité de deux ans, sera enclenchée à compter de septembre 2019 et jusqu’en mars 2021.
Les taux d’intérêt peuvent-ils augmenter ? 26/02/2019
En zone euro, les taux du marché monétaire évoluent en territoire négatif depuis plus de quatre ans ; ceux des emprunts d’Etat ou d’entreprises les mieux notés restent inférieurs à 1%. D’abord vue comme une adaptation exceptionnelle à la crise, cette distribution des taux d’intérêt au voisinage de zéro perdure. Pour certains, cette longue parenthèse finirait tout de même par se refermer avec l’arrêt des achats nets de titres de la Banque centrale européenne, puis la remontée possible des taux directeurs, après l’été 2019. Pour d’autres, le décor a définitivement changé ; un peu comme au Japon, l’affaissement des taux d’intérêt en zone euro acterait de l’épuisement du potentiel ainsi que d’une quasi disparition de l’inflation. Le point de vue défendu ici est médian : la zone euro n’est pas tout à fait le Japon, les taux d’intérêt qui y prévalent n’ont pas vocation à rester indéfiniment à zéro. Mais elle n’est pas non plus une zone monétaire optimale telle que des transferts puissent venir équilibrer les effets, variables selon les pays, d’une remontée des taux. Quel qu’en soit l’horizon, celle-ci ne pourra donc être que lente et limitée.
Accélérer l’assainissement du bilan des banques européennes 22/02/2019
En fixant une échéance à certaines banques pour qu’elles alignent le ratio de couverture de leur stock d’expositions non-performantes sur celui de leur flux, la BCE les pousse à accélérer l’assainissement de leur bilan.
Impulsion du crédit 15/02/2019
Au dernier trimestre de l’année 2018, la croissance annuelle de l’encours de crédits au secteur privé non financier s’est stabilisée aux alentours de 3,3% au sein de la zone euro. Les données d’enquête suggèrent toutefois une moindre appétence des ménages et des entreprises pour le crédit depuis le début de 2018. En outre, et contrairement à ce qui fut observé en 2018, les banques prévoient de ne plus assouplir leurs conditions d’octroi au premier trimestre 2019. Outre le ralentissement de l’activité, ces deux facteurs pourraient peser sur les évolutions des encours de crédit bancaire durant les prochains trimestres.
Ce que nous dit le fléchissement du sentiment économique sur la croissance 08/02/2019
La Commission européenne prévoit désormais 1,3 % de croissance dans la zone euro pour 2019, contre 1,9 % auparavant. Cette révision à la baisse n’est pas une surprise, compte tenu de la tendance au repli de plusieurs indicateurs d’enquête. Les résultats récents de ces indicateurs concernant les estimations de l’évolution du PIB ont néanmoins été contrastés, ce qui rend l’évaluation de la dynamique de croissance actuelle d’autant plus difficile.
Croissance résistante mais peu allante 08/02/2019
La plupart des dernières données économiques demeurent basses au regard de leurs moyennes passées. Bien qu’à un niveau faible, l’indice PMI dans le secteur des services a surpris à la hausse en janvier 2019, s’établissant au même niveau que le mois précédent (51,2) après trois mois consécutifs de baisse. La stabilité de la croissance économique de la zone euro au T4 2018 (+0,2% t/t) reflète des performances nationales disparates.
Politique monétaire de la BCE : une approche plus prudente 25/01/2019
Selon la BCE, les risques qui pèsent sur la croissance économique en zone euro progressent, mais aucune décision nouvelle n'a été actée.
Vingt ans, et un sérieux ralentissement 24/01/2019
Après 20 ans d’une existence déjà mouvementée, la zone euro entre dans une nouvelle période d’incertitude. Sa croissance fléchit nettement, sur fond de dégradation des indicateurs conjoncturels. Entre chocs temporaires et freins structurels à la croissance, 2019 est exposée à de nombreux risques. Dans ce contexte, et face à une inflation sous-jacente encore trop basse, la Banque centrale européenne (BCE) aborde prudemment cette nouvelle année.
Marché du travail en zone euro : un mieux qui reste inégal 10/01/2019
L’emploi en zone euro affiche une croissance vigoureuse depuis 2013 et le taux de chômage est au plus bas depuis dix ans. Des indicateurs plus larges reflètent cependant une sous-utilisation de la main-d’œuvre encore élevée par endroits, tous les pays n’ayant pas connu la même amélioration. Dans le contexte de ralentissement économique, la question de la poursuite du rebond des salaires se pose.
Essoufflement des perspectives de croissance en Zone euro 08/01/2019
Après l’embellie économique de 2017, la Zone euro ralentit. La montée générale des incertitudes en Europe et ailleurs pèse sur l’environnement économique, en particulier sur l’Allemagne, traditionnel moteur de la croissance de la Zone.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2054 articles et 566 vidéos