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Angola : Quelques pas en avant 07/03/2019

Le bilan de la première année du mandat de Joao Lourenço marque une inflexion plutôt positive de la politique gouvernementale. Cependant, malgré l’impulsion positive du nouveau gouvernement et la remontée des prix du pétrole, le pays fait face à plusieurs difficultés.

TRANSCRIPT // Angola : Quelques pas en avant : mars 2019

3 QUESTIONS

François Doux : Trois questions sur l'Angola. Un an après l’accession au pouvoir du président João Lourenço.

Sara Confalonieri, bonjour.

Sara Confalonieri : Bonjour François.

François Doux : On s'était parlés il y a un an au moment de l'arrivée au pouvoir du nouveau président qui devait faire face à des défis en matière de réformes. Dans un contexte de baisse des prix du pétrole, je rappelle que l’Angola est le deuxième pays producteur de pétrole en Afrique. Première question, un an après quel est le bilan ?

Sara Confalonieri : Le bilan est plutôt positif au regard des réformes qui ont été entreprises pour améliorer la perception du climat des affaires auprès des investisseurs étrangers. Il faut se souvenir qu'en plus de la nouvelle politique du taux de change et des améliorations dans l’approvisionnement en électricité, le nouveau gouvernement a approuvé une loi sur l'investissement étranger, pour lutter contre les monopoles et en faveur de la concurrence. Il a aussi un ambitieux plan de privatisation. Le secteur des hydrocarbures, qui est extrêmement critique pour l'Angola, a été réorganisé avec la création de la nouvelle Agence nationale du pétrole et du gaz qui sera en charge de l’attribution des concessions pétrolières et de la gestion des accords de partage de la production, précédemment gérées par Sonangol, aujourd'hui en restructuration.

François Doux : Deuxième question, le FMI a attribué à l'Angola en décembre dernier une facilité de crédit de 3,7 milliards de dollars. Est-ce que la liquidité en devise va s’améliorer ?

Sara Confalonieri : En théorie oui. Il s’agit d’un accord étalé sur trois ans qui vise à diversifier l’économie en développant le secteur privé. Cela devrait servir à améliorer les tensions sur la liquidité en devise qui aujourd'hui reste très forte. Malgré la forte dévaluation du kwanza suite à la flexibilisation du taux de change, l’écart entre taux de change officiel et parallèle reste toujours important.

Les réserves de change ont continué de se réduire malgré une reprise graduelle du prix du pétrole en 2018.

De plus, cet accord permettra une diversification des sources de financement, autres que la Chine et le recours aux marchés de capitaux internationaux qui se fait aujourd’hui à des conditions extrêmement onéreuses pour l'Angola.

François Doux : Troisième et dernière question. Compte tenu de ces progrès, quelles sont les perspectives pour 2019 pour l'Angola ?

Sara Confalonieri : Le pays vit depuis trois ans une récession très sévère.

Néanmoins, une embellie est prévue cette année suite à une reprise partielle de la production de pétrole. En même temps, l'atténuation des tensions sur la liquidité en devises et le ralentissement de l’inflation devraient soutenir le secteur hors pétrole. Mais la situation toujours dégradée du système bancaire continue de peser sur le développement du secteur privé. De plus, la récente chute du cours du brut fait craindre une baisse des recettes budgétaires en 2019, ce qui est un peu inquiétant dans un contexte d’augmentation rapide du ratio de la dette publique sur PIB.

Pour résumer, un retour à la croissance est prévu mais il se fera de manière graduelle.

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