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Turquie : l’histoire se répète

09/04/2021
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L’inflation s’est accélérée à 15,6% a/a en février, suite à la dépréciation de la livre fin 2020. Alors que la livre vient à nouveau de se déprécier, l’inflation devrait rester élevée.

TRANSCRIPT // Turquie : l’histoire se répète : avril 2021

LE GRAPHIQUE DU MOIS

FRANÇOIS DOUX

On parle à présent de la Turquie dans le Graphique du mois. La croissance, bonne nouvelle, en Turquie a retrouvé son niveau d'avant-crise en 2020 : 1,8%. Pour en parler, nous sommes avec Stéphane Colliac.

FRANÇOIS DOUX

Bonjour Stéphane.

STÉPHANE COLLIAC

Bonjour.

FRANÇOIS DOUX

On va parler de l'inflation. C'est ce qui préoccupe l'économie turque aujourd'hui, en dépit de cette bonne tenue à 1,8% de croissance en 2020. Si on parle de l'inflation, on va le voir sur le graphique, et bien elle accélère :  15,6% en rythme annuel, c'est la performance au mois de février dernier. On était encore à 11,9% en octobre. Première question : quelles raisons sous-tendent cette forte inflation en Turquie ?

STÉPHANE COLLIAC

La raison principale derrière cette accélération de l'inflation, c'est la dépréciation de la livre turque à l'automne dernier. On a calculé, dans le numéro de Conjoncture du mois de janvier sur la Turquie, qu'une dépréciation de 10% de la livre avait un impact de 2 points sur l'inflation au bout de trois mois. Et on est en plein dedans. C'est exactement ce qui s'est passé.

FRANÇOIS DOUX

On a aussi parlé du rôle de la politique économique, Stéphane.

STÉPHANE COLLIAC

Oui. Et elle a un rôle à jouer manifestement dans le décalage entre l'évolution de l'inflation, l'évolution du taux de change et la combinaison de l'un et de l'autre. Effectivement, on a observé des déséquilibres qui ne se limitent pas à l'inflation. Le déficit courant a aussi atteint 5,1% du PIB en 2020. Et la politique monétaire a été plutôt accommodante. Pas forcément tout du long de l'année, puisque à partir du mois de novembre, un nouveau gouverneur a été nommé. Il a augmenté le taux d'intérêt directeur de 875 points de base. Et effectivement, à partir de là, la livre turque s'est stabilisée.

FRANÇOIS DOUX

Dernière question. Quelles sont les perspectives pour les mois à venir avec le nouveau gouverneur, sur le marché des changes, et donc les répercussions sur l'inflation ?

STÉPHANE COLLIAC

Les tensions sont réapparues sur la devise à partir du 22 mars, au lendemain d'un nouveau changement de gouverneur de la banque centrale. Cela fait craindre le retour à un régime de « stop and go », en termes de croissance et d'évolution du taux de change. Avec des phases où on resserre la politique monétaire parce qu'on y est un peu contraint, et des phases où cette politique monétaire devient beaucoup plus accommodante, ce qui implique une dépréciation tendancielle de la devise, et donc une sorte de yoyo en termes de cycle économique, de cycle de change et de cycle d'inflation.

FRANÇOIS DOUX

Stéphane Colliac, merci pour ce point sur l'économie et l'inflation turque. Dans un instant, nous allons parler de la zombification de l'économie. Trois questions avec Hélène Baudchon.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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