eco TV
Eco TV : Octobre 2019 07/10/2019

TRANSCRIPT // Eco TV : Octobre 2019 : octobre 2019

Bonjour à tous et bienvenue dans cette édition d’octobre 2019 d'EcoTV, le magazine des économistes de BNP Paribas.

Au sommaire de cette édition, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Quel est l'impact économique ? Nous aurons la réponse de Jean-Luc Proutat.

Pour le Graphique du mois, William De Vijlder se penchera sur les risques de récession aux États-Unis. Quels sont les signes avant-coureurs ? Est-ce que l'inversion de la courbe des taux est suffisante ?

Pour terminer, trois questions sur l'Argentine avec François Faure. Les élections générales sont prévues le 27 octobre prochain et la situation économique est plus que tendue.

Bonne émission.

FOCUS

François Doux :

On a cru longtemps pouvoir l'éviter, mais l'affrontement entre la Chine et les États-Unis, au niveau commercial, a bel et bien eu lieu.

Jean-Luc Proutat, bonjour.

Jean-Luc Proutat :

Bonjour François.

François Doux :

Étape par étape, les droits de douane augmentent. Où en est-on en cet automne 2019 ?

Jean-Luc Proutat :

Cela fait à peu près deux ans que les États-Unis ont commencé leur offensive sur les droits de douane, en ciblant d’abord tout le monde avec l'aluminium et l'acier.

Et puis, c'est vrai, en se focalisant de plus en plus sur la Chine, qui est leur premier partenaire commercial. A départ, une gamme plutôt restreinte de produits était concernée, puis elle s’est élargie, alors que, étape par étape, les droits de douane étaient augmentés. Aujourd'hui, ce sont à peu près 250 milliards de dollars d'importations américaines en provenance de Chine qui sont taxés à un taux moyen de 25 %, peut-être 30 % dès le mois d'octobre, et le président Trump annonce vouloir taxer ce qui ne l'est pas encore. Cela représenterait à nouveau de 250 à 300 milliards de produits chinois supplémentaires ; si bien qu'au final, tout le commerce Chine-États-Unis serait concerné.

François Doux :

Les Chinois de leur côté que font-ils ?

Jean-Luc Proutat :

La même chose. Ils augmentent leurs droits, appliquent des taxes de plus en plus lourdes, en ciblant surtout les produits agricoles américains comme le soja. Ils freinent, restreignent leurs achats ; réorientent leurs filières d'approvisionnement, par exemple au bénéfice de l'Australie. Et puis, prudemment, ils laissent se déprécier leur monnaie.

François Doux :

L'affrontement commercial entre la Chine et les États-Unis, on l'a bien compris se durcit. Quelles sont maintenant les conséquences au niveau économique pour ces deux pays ?

Jean-Luc Proutat :

L'économie chinoise ralentit, mais cela fait déjà un moment. Toutefois, on peut dire que ce ralentissement est accentué par le tassement des exportations de la Chine qui, en retour, achète moins. Au final, c'est tout le commerce international qui est grippé. Pour des pays très exportateurs, très tournés vers les marchés asiatiques, comme l'Allemagne, cela a des conséquences. On sait que l'Allemagne est proche de la récession. Même aux États-Unis, on a vu pendant l'été les indicateurs d'enquête se détériorer. La production manufacturière est en recul, si bien que la Réserve fédérale a annoncé vouloir soutenir l'économie par des baisses de taux. On a également une accentuation du soutien monétaire en zone euro.

Au final, on peut dire que les premières conséquences négatives de cette guerre commerciale se font sentir et elles épargnent peu de monde.

François Doux :

Peu de monde, mais concernant le budget américain, le président Trump se félicite de ces rentrées fiscales, de ces rentrées douanières.

Jean-Luc Proutat :

Oui mais qui les paye, sinon le consommateur et les entreprises américaines ? En réalité, le président Trump est en passe de reprendre d'une main, par les hausses de tarifs douaniers, ce qu'il a pu donner de l'autre, par les baisses d'impôts. Et s'il va jusqu'au bout de sa logique, ce sont les hausses de tarifs aux frontières qui l'emporteront, sans conséquence particulièrement heureuse pour le budget fédéral.

François Doux :

Alors si cet affrontement commercial ne fait que des perdants, est-ce qu'on ne peut pas imaginer que le président Trump, à un moment donné, calme le jeu voire revienne un peu en arrière ?

Jean-Luc Proutat :

La première chose que l’on peut dire, c'est que ce réflexe protectionniste est loin de s'arrêter à Donald Trump et aux États-Unis. Le président Trump, dans cette affaire, est plus un symptôme qu'une cause.

En réalité quand on regarde bien, la montée du protectionnisme américain date d'avant-Trump. Elle s'était surtout manifestée par des hausses de barrières non tarifaires, des quotas, des mesures de protection sanitaires, phytosanitaires, des normes techniques depuis une dizaine d'années.

François Doux :

Et il est vrai qu'il y a aussi des affrontements commerciaux dans d'autres endroits de la planète

Jean-Luc Proutat :

Tout à fait. Le Japon et la Corée du Sud se livrent à un affrontement commercial moins médiatique mais tout aussi âpre que celui qui intéresse les États-Unis et la Chine.

Ce que l'on peut dire également, c'est que dans ces « guerres commerciales », il y a des enjeux autres que financiers. Il y a une bataille pour le leadership, technologique, politique, voire culturel, dans laquelle la Chine s'affirme de plus en plus.

Pour bien comprendre les tenants et aboutissants de l'affrontement commercial Chine-États-Unis, il suffit de regarder comment a évolué la nature du commerce entre les deux pays. Il n'est plus du tout le même aujourd'hui qu’en 2001, lorsque la Chine a adhéré à l'OMC. En réalité, les États-Unis aujourd'hui importent essentiellement de Chine des produits de l'industrie mécanique, des composants électriques et électroniques. Il faut savoir que les équipements de communication sont le premier poste d'importation des États-Unis en provenance de Chine. Ce n'est plus du tout le textile, la chaussure, l'électroménager. Tout cela a en fait beaucoup fondu. Ce qui fait que les enjeux ne sont plus du tout les mêmes. Les équipements chinois sont présents pratiquement à tous les stades de la chaîne de valeur des entreprises américaines et pour des usages aussi bien civils que militaires. Donc lorsque Pékin et Washington se parlent et négocient, les enjeux du déficit commercial sont pratiquement secondaires par rapport à ceux que représentent la cyber-sécurité ou la défense.

François Doux :

Est-ce à dire qu'une escalade des tensions est inévitable ?

Jean-Luc Proutat :

Pas nécessairement. Mais pour éviter que tout ceci n'aille trop loin, il faudrait se souvenir que le multilatéralisme a du bon, que des institutions supranationales, internationales ont précisément été créées de manière à ce que les conflits de voisinage ne dégénèrent pas, autrement dit que le chacun pour soi ne se termine pas en préjudice pour tout le monde.

François Doux :

Jean-Luc Proutat, merci.

Nous suivrons de près bien sûr cet affrontement commercial.

Dans un instant le Graphique du mois avec William De Vijlder.

LE GRAPHIQUE DU MOIS

François Doux :

Comment prédire l'arrivée d'une récession, aux États-Unis en particulier. C'est le Graphique du mois avec William De Vijlder.

Bonjour.

William De Vijlder :

Bonjour François

François Doux :

William, dans les manuels d'économie je me souviens qu'une inversion de la courbe des taux était un signe avant-coureur d'une récession.

Sur le graphique, on voit que cela s'est un peu vérifié, mais aujourd'hui on se pose la question.

William De Vijlder :

Effectivement. Dans l'histoire économique, c’est inversion-récession, inversion-récession, inversion-récession. Aujourd'hui, ou plutôt cet été, cela a été une inversion. Et alors ?

Le problème dans cette analyse, c'est que le signal de la courbe des taux est aujourd'hui biaisé. Il est biaisé par une politique monétaire très accommodante des banques centrales : la Fed et la Banque centrale européenne. Ceci a donc poussé vers le bas les taux longs, à travers le monde, et cela a provoqué un aplatissement prématuré de la courbe, donc quelque part le signal est un peu biaisé. 

François Doux :

Est-ce que d'autres indicateurs peuvent nous aider ?

William De Vijlder :

Justement, quand on redoute en quelque sorte que le signal soit biaisé, il faut chercher d'autres éléments. En haut de la liste figure l'indicateur du Conference Board. C'est un indicateur synthétique qui se décompose en dix séries individuelles.

François Doux :

Dix séries individuelles dont l'inversion de la courbe des taux. C'est un indice plus large, mais a-t-il bien fonctionné par le passé ?

William De Vijlder :

Il a bien fonctionné. C'est lié au fait qu'il couvre un échantillon, un éventail assez vaste d'indicateurs. Des séries qui proviennent du marché financier comme la pente de la courbe des taux, ou encore la bourse. Mais également la confiance des ménages, pour la sphère réelle, les carnets de commande des entreprises, le marché du travail. Et c'est ce qui donne une grande robustesse à cet indicateur.

Comme on le voit, il n'a pas donné de mauvais signaux dans le passé. Un mauvais signal, c'est quoi ? C'est que la série plonge, il n'y a pas de récession alors il y a un problème.

François Doux :

Et aujourd'hui où en sommes-nous William ?

William De Vijlder :

Aujourd'hui on voit que la série ne baisse pas encore. Dans le passé, quand il y a eu un retournement cyclique, il a été suivi d’une récession. Là, nous n'y sommes pas du tout.

Aussi longtemps qu'on aura ces signaux opposés, entre cet indicateur qui continue à afficher un "beau temps" et l'inversion de la courbe, il y a lieu de rester assez serein tout en étant vigilant. Bien évidemment, le jour où cet indicateur se retournera et que la courbe sera toujours inversée, à ce moment-là on dira que cela ne s'annonce pas trop bien pour l'économie américaine. On n’y est pas encore.

François Doux :

A suivre donc, l'indice économique avancé du Conference Board.

Merci William De Vijlder, dans un instant Trois questions sur l'Argentine, qui ne va pas très bien, avec François Faure.
 

3 QUESTIONS

François Doux :

Trois questions sur l'Argentine alors que les élections générales sont prévues le 27 octobre.

François Faure, bonjour.

François Faure :

Bonjour.

François Doux :

Première question. Quelle est la situation macro-économique de l'Argentine, est-elle très tendue ?

François Faure :

Elle est même plus que tendue. La situation est très difficile. Il faut savoir qu'à l'issue des élections primaires de cet été, c'est le ticket Cristina Kirchner / Alberto Fernández qui est sorti vainqueur, donc les challengers.

François Doux :

C'était une surprise.

François Faure :

C'était une surprise qu'ils aient une telle avance par rapport à Mauricio Macri. Cela a généré beaucoup de bruit sur les marchés financiers. Le change a de nouveau perdu 20 % depuis la mi-août, ce qui fait une perte d'un tiers depuis le début de l'année. L'inflation a ré-accéléré et on s'attend à ce qu'elle atteigne 55 % d'ici la fin de l'année. Tout cela sur un fond macro-économique très difficile, avec une récession qui a atteint à peu près 7 % sur les 12 mois écoulés et des perspectives qui, du fait notamment du stress financier, sont revues encore à la baisse par les prévisionnistes.

François Doux :

Deuxième question, le gouvernement actuel n'a pas tardé à réagir à cette crise économique et sociale ?

François Faure :

Tout à fait. Il a pris surtout des mesures d'urgence par rapport aux secousses financières. Le premier point a été d'annoncer un plan pour alléger la charge de la dette qui est très importante. Plusieurs mesures, premièrement un étalement des remboursements sur la dette à très court terme dûe aux investisseurs locaux argentins sur la période 2019-2020. Ensuite, le gouvernement va présenter un projet de restructuration de la dette obligataire en loi argentine aux investisseurs, détenue principalement par les investisseurs locaux.

Le gouvernement a aussi pris contact avec les investisseurs, et notamment étrangers, sur la dette obligataire internationale pour également la restructurer.

Enfin, dernier point, le gouvernement va essayer d'approcher le FMI pour que les tombées de dettes que ce pays doit au FMI soient elles aussi rééchelonnées.

Ceci concerne la dette. Ensuite, comme la situation continuait de s'aggraver avec notamment une perte des réserves de change liée à la fuite des capitaux, mais surtout à la dollarisation des dépôts, le gouvernement a réintroduit et durcit le contrôle des changes.

François Doux :

Pour conclure, avant de connaître le résultat des élections, même si les chances de Monsieur Macri d'être réélu sont faibles, parlez-nous des défis du futur gouvernement ?

François Faure :

Le principal défi pour le futur gouvernement va être un dilemme entre une situation économique et sociale qui peut devenir explosive, à la fois à cause de l'inflation comme le l'ai expliqué, mais parce que par exemple les prestations sociales ont baissé de 10% en termes réels, donc la population souffre. Puis, d'un autre côté, il y a toujours la nécessité de contrôler l'inflation, de stabiliser les changes pour pouvoir stabiliser la dette qui est à 80 % libellée en devises.

L'espoir c'est qu'il y ait une restructuration sans abandon de dettes. L'écueil à éviter pour ce gouvernement est de se fixer des objectifs de politique monétaire qui ne soient pas raisonnables, notamment en termes d'inflation. Tout cela doit rendre de la crédibilité à la politique monétaire et permettre la stabilisation du change.

Et, évidemment, le risque est que le FMI demande des efforts en matière budgétaire, ne serait-ce que pour stabiliser la dette. Et cela va être toute la difficulté pour ce gouvernement.

François Doux :

En tout cas voici bien des choses à suivre.

Merci François Faure pour ce point sur l'économie argentine.

On se retrouve dans un mois pour nouveau numéro d'ECOTV.

 

Voir plus de vidéos Eco TV

Sur le même thème

L'efficacité d’un prix carbone 16/10/2019
L'utilité d’un prix carbone réside dans les incitations à la réduction qu'il crée. On obtient un prix implicite du carbone en divisant les revenus provenant des systèmes de tarification du carbone et des taxes d'accise sur les carburants par les émissions totales de gaz à effet de serre. Selon cette méthode, les prix vont de près de 0 dans la plupart des pays en développement, mais également aux États-Unis et au Canada, à près de 100 euros pour 1 tonne de carbone émis en Suède et en Suisse. Le graphique confirme que les pays où les prix implicites du carbone sont relativement élevés se trouvent aussi en bonne position en termes de productivité du carbone, définie comme la quantité du PIB produite par unité d'émissions de carbone. Ainsi, pour augmenter la productivité carbone, c’est-à-dire réduire les émissions par unité de PIB, il conviendrait d’augmenter le prix carbone dans les pays où elle est faible. Cependant, l’adhésion de la population à un telle décision est une gageure car celle-ci affectera davantage les bas revenus.
Le ralentissement de la croissance mondiale s’intensifie 10/10/2019
La croissance mondiale marque le pas, obligeant la Réserve fédérale à abaisser ses taux à deux reprises tandis que la BCE a annoncé un ensemble complet de mesures d’assouplissement. Le ralentissement devrait néanmoins se poursuivre. L’incertitude est omniprésente. Confrontées à l’essoufflement de la croissance, aux différends commerciaux, aux inquiétudes liées au Brexit et au risque géopolitique, les entreprises s’interrogent sur la situation réelle de la demande. Leur investissement est à la peine, ce qui pourrait freiner l’emploi et impacter les ménages. Autre facteur susceptible de peser sur la confiance : la marge de manœuvre désormais limitée de la politique monétaire et, dans de nombreux pays, de la politique budgétaire pour stimuler la croissance. Aux Etats-Unis, les enquêtes auprès des chefs d’entreprises font ressortir de fortes inquiétudes concernant le risque de récession et l’inversion de la courbe de taux ne fait qu’ajouter à l’inconfort. Cependant, un éventail d’indicateurs avancés brosse pour le moment un tableau moins sombre.
Fed et BCE : deux approches divergentes de la politique monétaire 20/09/2019
La Réserve fédérale américaine et la BCE adoptent des positions très différentes : la Fed dispose d’une plus grande marge de manœuvre pour assouplir sa politique monétaire et elle est plus proche de ses objectifs. L’institution de Francfort, en revanche, n’a qu’une marge limitée alors qu’elle doit faire face à une inflation inférieure à son objectif avec le risque que l’écart se creuse au lieu de se résorber. Ces différences ont conduit à des approches divergentes concernant la conduite de la politique monétaire et la communication en la matière. La Fed dépend dans chiffres économiques à court terme et, à l’exception des projections des membres du FOMC, elle ne donne pas de guidance. La BCE est indifférente aux données et centre sa communication autour d’une forward guidance liée à l’état de l’économie : le resserrement interviendra uniquement si la cible d’inflation est atteinte. L’orientation de la BCE réduit la sensibilité des marchés financiers aux surprises liées aux données tandis que celle de la Fed l’augmente. Il existe donc un risque de hausse de la volatilité aux Etats-Unis, mais également à l’étranger, du fait des effets de contagion internationaux.
La forte incertitude pèse sur la croissance, au mépris des baisses de taux 06/09/2019
Les enquêtes réalisées auprès des chefs d’entreprises aux Etats-Unis dépeignent un tableau contrasté avec, notamment, une nette détérioration de la situation dans l’industrie manufacturière et une belle reprise dans les services. Dans une perspective plus large, les signes d’un ralentissement économique se renforcent. Les moteurs de l’économie mondiale, tels la Chine et l’Inde, affichent une croissance moins dynamique, quoique pour des raisons différentes. En Europe, l’Allemagne est probablement déjà en récession technique alors que la France résiste. Les banques centrales font de nouveau le choix d’un assouplissement mais l’efficacité de cette politique va se heurter à une incertitude élevée, malgré l’annonce d’une nouvelle série de négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.
Assouplissement monétaire dans une économie de plein emploi : quelle efficacité? 12/07/2019
Jerome Powell, président de la Fed, a indiqué, dans une allocution prononcée cette semaine devant le Congrès, que la politique monétaire américaine serait assouplie en raison des préoccupations que suscite la croissance mondiale, ce qui pourrait amener l’inflation à un niveau trop bas. Les propos de Mario Draghi, président de la BCE, à la fin du mois dernier, allaient dans le même sens. Malgré la montée des risques, le taux de chômage reste proche de son niveau naturel. Or, on peut supposer que, dans une économie de plein emploi, la détente monétaire sera moins efficace qu’en situation de récession. De plus, cela pourrait nourrir des inquiétudes concernant la stabilité financière et finir par réduire les chances de succès des mesures de politique monétaire visant à doper l’inflation.
Montée des inquiétudes concernant la croissance 10/07/2019
Après le soulagement suscité par les données du premier trimestre, les préoccupations relatives à la croissance remontent, en raison des statistiques économiques et, plus important encore, d’une incertitude toujours très élevée. Cette dernière est liée à l’ampleur du ralentissement et à ses conséquences en termes de risques économiques ainsi qu’à la confrontation entre les Etats-Unis et la Chine sur le dossier du commerce. C’est ce qui ressort des données chinoises tandis qu’aux Etats-Unis, les données empiriques se multiplient concernant l’impact négatif de cet affrontement sur l’activité et le secteur agricole. Prenant acte de ces évolutions, la Réserve fédérale américaine a indiqué que les taux allaient être abaissés, une information saluée par le marché actions. La BCE a également modifié son message : comme le risque est orienté à la baisse et que l’inflation stagne, un assouplissement plus prononcé lui semble désormais nécessaire.
Politique monétaire et incertitude exogène versus endogène 05/07/2019
Un niveau élevé d’incertitude peut freiner la croissance. L’assouplissement monétaire réussira-t-il à doper cette dernière?? Cela dépend de la nature de l’incertitude. Si celle-ci est endogène, et découle donc de l’évolution normale du cycle conjoncturel, les baisses de taux devraient permettre de réduire cette incertitude en stimulant la confiance des agents économiques. L’incertitude exogène est liée à d’autres facteurs que le cycle économique, tels que les tensions commerciales actuelles. Dans ce cas, l’efficacité de la politique monétaire est mise à mal et, malgré les baisses de taux, le ralentissement de la croissance devrait persister aussi longtemps que sa cause principale (l’incertitude exogène) n’aura pas été traitée.
Incertitude toujours élevée 05/07/2019
Une forte incertitude peut considérablement affecter l’activité économique et les marchés financiers. Notre baromètre montre différents indicateurs.
Changement climatique et bilan comptable 28/06/2019
Dans cette série de podcasts, William de Vijlder analyse les impacts du réchauffement climatique sur les différents acteurs économiques en s’appuyant sur la notion de bilan comptable.  Il inscrit ce premier épisode dans un cadre général en rappelant les grandes notions du bilan (Actif/Passif). En appréhendant le coût du réchauffement climatique via cette approche bilancielle, il montrera comment économies et  entreprises devront nécessairement et durablement intégrer le risque climatique dans leur bilan.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
Ce site présente leurs analyses.
Le site contient 2230 articles et 563 vidéos