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Eco TV – Décembre 2019

12/12/2019

TRANSCRIPT // Eco TV – Décembre 2019 : décembre 2019

Au sommaire de cette édition, Focus sur l'Espagne. Quel est le prix économique de l'instabilité politique ? Nous écouterons les réponses de Frédérique Cerisier.

Dans le graphique du mois, William De Vijlder, le chef économiste, nous parlera du lien entre le niveau des Fed Funds aux États-Unis et le risque de récession.

Pour terminer, trois questions sur le Liban avec Pascal Devaux. La rue gronde, les agences de notation ont dégradé la note du pays. Le Liban est au bord de l'impasse économique.

Bonne émission

 

 

FOCUS

François Doux : On parle à présent de l'Espagne où des élections législatives ont été organisées le mois dernier. Nous sommes avec Frédérique Cerisier.

Bonjour.

 

Frédérique Cerisier : Bonjour François.

 

François Doux :  Avant de parler de l'évolution politique de l'Espagne, parlons de son évolution économique. On a bien sûr en tête la crise de 2008, une crise à la fois bancaire et immobilière, et depuis un rebond de l’ économie espagnole.

Est-ce que cela continue ?

 

Frédérique Cerisier : Oui, bien sûr. On a toujours cette idée d'un pays en plein rebond. Globalement, au cours des cinq dernières années, la croissance moyenne a été de 3% en Espagne. En 2019, elle va s'établir encore un peu au-dessus de 2%, donc à un niveau élevé et enviable pour beaucoup de ses voisins européens.

Malgré tout le ralentissement qui s'installe en Europe l’atteint aussi, d'autant plus que les transformations du modèle économique qui sont nées de la crise l'ont rendue un peu plus dépendante que par le passé des exportations.

 

François Doux :  À propos des exportations, est-ce que cela veut dire que l'économie espagnole va se détériorer dans les mois à venir ?

 

Frédérique Cerisier : Oui, un petit peu. Encore une fois, on voit que la croissance ralentit jusqu'à aujourd’hui vraiment très lentement. Notamment parce qu'elle était soutenue par la demande intérieure, la consommation des ménages, l'investissement des entreprises. Mais les données d’enquêtes se détériorent, en particulier dans le secteur manufacturier. Par exemple les indices des directeurs d'achat se sont maintenant installés clairement en zone de contraction depuis l'été.

Le dernier élément important à avoir en tête, c'est que le marché du travail commence à ralentir. Il y a eu beaucoup de créations d'emplois ces dernières années, mais elles ont  ralenti en deçà de 2% au troisième trimestre 2019, un plus bas depuis cinq ans. Dans le même temps, reflet de la vitalité passée du marché de l'emploi, l'offre de travail de la population active rebondit.

 

François Doux : Est-ce que cela veut dire que le chômage va à nouveau augmenter en Espagne ?

 

Frédérique Cerisier : Peut-être pas de façon très forte. Mais ce qui est certain, c'est qu’il s'est stabilisé tout au long de l'année 2019, à un niveau encore élevé, au-delà de 14%. Donc même si on n'attend pas un rebond très marqué du chômage au cours des prochains trimestres, il est certain que l'essoufflement des créations d'emplois va peser sur la demande intérieure et renforcer un petit peu le ralentissement de la croissance.

 

François Doux :  Revenons maintenant à la situation politique. Quatre scrutins en quatre ans en Espagne. Les Espagnols ont voté au mois d'avril dernier, et de nouveau le 10 novembre dernier. Quel en a été le résultat ?

 

Frédérique Cerisier : Pas de changement fondamental en fait, même s’il y a eu des mouvements assez importants à droite, avec un effondrement de la représentation des centristes de Ciudadanos et un nouveau bond du parti d'extrême droite qui est devenu la troisième force politique du pays. Mais à gauche, aucun changement dans les rapports de force. Le premier parti en tête reste le parti socialiste de Pedro Sanchez, mais il ne progresse pas et il ne rassemble qu'un peu moins de 30% des voix. Donc la représentation au Congrès des députés qui reste très fragmentée.

 

François Doux : Alors Pedro Sanchez, le précédent chef du gouvernement et le chef de file des socialistes, va-t-il enfin pouvoir constituer un nouveau gouvernement ?

 

Frédérique Cerisier : C’est malgré tout  possible parce que ces résultats l'ont poussé dès le lendemain du scrutin à conclure un accord de principe avec le parti radical de gauche Podémos pour former un gouvernement minoritaire. Mais cela ne suffira pas forcément, justement parce que cette coalition est minoritaire. Pour installer le gouvernement, cette coalition devra bénéficier d'une abstention « bienveillante » d'autres membres du Congrès des députés.
Ce soutien peut venir soit des centristes de Ciudadanos, mais qui ne semblent pas jusqu'à présent disposés à le faire, soit d'une partie de la galaxie des partis régionaux et nationalistes qui complètent le Congrès des députés. En particulier des élus nationalistes catalans qui endosseront donc probablement à nouveau le rôle d'arbitre dans cette assemblée.

 

François Doux : Donc les difficultés à former un gouvernement, une majorité parlementaire stable, pourraient perdurer à chaque vote, en Espagne ?

 

Frédérique Cerisier : Oui, à partir du moment où la coalition va être minoritaire, la question se reposera à chaque fois. On peut s'attendre non seulement à des difficultés pour former le gouvernement mais aussi pour mettre en œuvre une politique. Et, de façon générale, à des difficultés pour durer. Et, mesurée à cette aune , c'est sûr que la durée d'une législature entière paraît longue.

 

François Doux :  Pour finir, question cruciale. Quel a été ou quel est l'impact économique de cette instabilité politique ?

 

Frédérique Cerisier : On assiste depuis plusieurs années à une succession assez rapide de gouvernements, fragiles, en Espagne, avec parfois des périodes de transition assez longues entre deux gouvernements. À court terme, cela n’a pas d'impact très fort sur la dynamique conjoncturelle du pays. On a bien vu qu'ils ont parfaitement su bénéficier de la reprise économique ces dernières années, sans frein majeur.

En revanche, au fur et à mesure des années, l'impact a été la difficulté à mener des politiques de réforme, qui demandent du temps et du capital politique, choses que les différents gouvernements n'ont pas eu ces dernières années, alors même que le pays garde des handicaps structurels, notamment sur le marché du travail.

Un autre bon exemple est à trouver du côté des politiques budgétaires. Le dernier budget voté en Espagne est celui de 2018, qui n'a été voté qu'en milieu d'année 2018. Il n'y a pas eu de budget voté en 2019 et on peut d'ores et déjà se dire qu’il sera difficile de faire adopter un budget pour 2020, avec probablement beaucoup de discussions et de tractations.

Donc encore une fois, à court terme cela n'empêche pas l'économie et l'Etat de fonctionner. Mais une des conséquences a été que le pays n'a que peu tiré profit d'un environnement très favorable ces dernières années, par exemple pour accélérer la consolidation de ses finances publiques.

 

François Doux :  Merci Frédérique Cerisier pour ce point sur l'économie et la politique espagnole ; bien des épisodes à suivre, tant à Madrid qu'à Barcelone.

Dans un instant le graphique du mois avec William De Vijlder.

 

 

LE GRAPHIQUE DU MOIS

 

François Doux : Croissance américaine et restrictions monétaires, c'est le sujet du Graphique du mois.

William De Vijlder bonjour.

 

William De Vijlder :  Bonjour François.

 

François Doux : Sur ce graphique, les taux d'intérêt réels aux États-Unis nous montrent le degré de restriction de la politique monétaire et le niveau de la récession. Quelle est la corrélation entre les deux ?

 

William De Vijlder : Vous avez donc toutes ces récessions, lorsque l’on remonte dans le temps. Typiquement, on voit des remontées très fortes des taux d'intérêt réels de la Réserve fédérale, qui effectivement freinent la croissance et l'économie. On aurait presque envie de dire que cela contribue à provoquer une récession.

 

François Doux : Aujourd'hui le problème, quel est-il ?

 

William De Vijlder :  Il est très différent. L'environnement est tout à fait différent de ce que l'on a vu dans le passé. Tout d'abord, vous remarquerez qu’il n’y a pas de barre grise, donc que l’on reste serein, il n’y a pas de récession.

On voit bien évidemment que les taux d'intérêt réels sont remontés parce qu'ils étaient très négatifs. Les taux étaient très bas en nominal, on enlève l'inflation donc le résultat est très négatif. Donc, il y a une remontée, on repasse à zéro mais après cela rechute.

Pourquoi ? Parce que la période de resserrement monétaire a été de très courte durée et la Réserve fédérale a décidé d'assouplir à nouveau ses taux, sachant que l'inflation reste tout à fait sous contrôle et qu'elle s’inquiétait de la dynamique de croissance.

 

François Doux :  Donc concernant les taux réels pour anticiper une récession, la corrélation pour l'instant ne marche pas vraiment, en tout cas dans la situation actuelle. D'autant plus que les niveaux sont bas, donc si on doit encore plus baisser on aura moins de marge de manœuvre que par le passé.

 

William De Vijlder :  Effectivement deux lectures sont possibles. Tout d'abord, on peut se dire : « on est serein, ce n'est pas la politique monétaire qui va provoquer une récession ». C'est un élément très important, notamment pour les marchés financiers qui, dans le passé comme dans cette phase ou dans celle-ci, ont été confrontés à une période monétaire un peu plus turbulente qui pèse sur la volonté à prendre des risques. Aujourd'hui, comme il n’y a pas de turbulence monétaire, l'appétit pour le risque devrait rester soutenu.

Viendra quand même un moment où la croissance fera défaut, où il n'y en aura pas assez, ce qui finira par provoquer une chute de l'appétit pour le risque. Le problème qui se pose en ce moment est que, comme les taux sont très bas, la possibilité de les baisser est effectivement extrêmement limitée ; ce qui bien évidemment ouvrira la voie à nouveau, à des politiques dites « non conventionnelles ».

 

François Doux :  En conclusion William De Vijlder, attention au « sudden stop » ?

 

William De Vijlder :  Oui. C'est un concept qui convient dans ce cadre. Il a été importé d’une certaine  façon de la théorie des mouvements de capitaux où on observe parfois un arrêt soudain des flux de capitaux vers un pays donné.

Ici, je dirais que le risque d’un « sudden stop » est que soudainement les investisseurs qui, sans contrainte monétaire, ont continué à prendre des risques se disent : « la croissance laissera beaucoup à désirer dans le prochain trimestre et donc il est temps de prendre ses bénéfices ». Ce pourrait être un mouvement soudain, même si cela ne se vérifie pas encore. C'est un élément auquel il faut rester vigilants.

 

François Doux :  Restons vigilants avec la Fed.

Merci William De Vijlder. Dans un instant, Trois questions sur le Liban avec Pascal Devaux.

 

TROIS QUESTIONS

François Doux : Trois questions sur le Liban où la colère de la rue gronde.

Pascal Devaux bonjour.

 

Pascal Devaux : Bonjour François.

 

François Doux :  On va parler ensemble d'économie. Les agences de notation ont dégradé la note du Liban ; l'économie libanaise est au bord du défaut. Racontez-nous ?

 

Pascal Devaux : L'économie libanaise est une économie structurellement déficitaire, à plusieurs niveaux. On a à la fois une base productive faible, donc un recours nécessaire aux importations d'une manière très importante, et des recettes budgétaires qui sont aussi limitées et donc les déficits budgétaires s'accumulent.

On a, à cause de cela, deux déficits. Un déficit courant, donc les comptes extérieurs, et un déficit budgétaire qui doivent être financés et qui créent de la dette. Actuellement la dette équivaut à environ 150% du PIB. C’est un des plus hauts niveaux parmi les pays émergents.

Les dépôts bancaires qui proviennent des non-résidents, essentiellement de la diaspora, constituent le principal moyen de financement de cette dette. Donc, tant que ces dépôts croissent un peu plus vite que les déficits, le Liban arrive à se financer et le circuit tourne.

 

François Doux :  Mais ce n’est pas vraiment le cas.

Qu'est ce qui a provoqué la dégradation de l'économie libanaise depuis 2011, depuis le Printemps arabe ?

 

Pascal Devaux : Au-delà de ces facteurs structurels, deux éléments externes ont provoqué cette détérioration. D’abord, en 2011 les Printemps arabes et l'afflux de réfugiés syriens au Liban qui a provoqué une hausse des dépenses publiques, un ralentissement de la croissance.

Ensuite, en 2015-2016 avec la baisse des prix du pétrole, les pays du GCC (Conseil de coopération du Golfe) ont moins consommé, sont moins venus faire du tourisme et ont moins acheté de biens immobiliers au Liban, or c'était une ressource importante pour l'activité et les comptes externes libanais.

Donc, les déficits se sont accrus, la confiance envers l'avenir économique du Liban a diminué et donc les dépôts ont commencé à ralentir. Les ressources nécessaires à l'économie libanaise ont donc commencé à se tarir à partir de 2017-2018.

 

François Doux :  Troisième et dernière question Pascal Devaux. En 2019, qu'est-ce qui a provoqué cette impasse économique au Liban ?

 

Pascal Devaux : En 2019, on a vu une accélération de la perte de confiance et, surtout, une crise politique à partir de l'automne qui a complètement bloqué l'économie. Cela a eu pour conséquence notable une baisse des dépôts bancaires, notamment de la part des non-résidents, et donc un manque de ressources de l'économie libanaise pour se financer. À partir de là, on a deux solutions : soit réduire les sorties, par exemple en imposant des contrôles de capitaux, en réduisant les importations mais ce n'est pas tenable très longtemps puisque cela asphyxie l'économie ; soit trouver d'autres ressources. Ces autres ressources peuvent notamment venir des pays du Golfe qui, par un soutien financier qui devra être important, pourront éviter au Liban une crise économique totale et une faillite.

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