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Comment appréhender le risque de récession aux États-Unis ?

07/10/2019

L’inversion de la courbe des taux est, historiquement, un indicateur majeur et fiable des récessions aux Etats-Unis. Le sujet a largement été débattu dans les médias ces derniers mois quand les rendements obligataires ont chuté sous le niveau des taux à court terme. Toutefois, des années de conduite politique monétaire non conventionnelle ont pu fausser ce signal ;  il convient donc d’analyser d’autres indicateurs. L'indice économique avancé du Conference Board s’impose comme le candidat idéal.  A noter, toutefois, qu’il ne signale pas encore un risque de récession à court terme.

TRANSCRIPT // Comment appréhender le risque de récession aux États-Unis ? : octobre 2019

François Doux :

Comment prédire l'arrivée d'une récession, aux États-Unis en particulier. C'est le Graphique du mois avec William De Vijlder.

Bonjour.

William De Vijlder :

Bonjour François

François Doux :

William, dans les manuels d'économie je me souviens qu'une inversion de la courbe des taux était un signe avant-coureur d'une récession.

Sur le graphique, on voit que cela s'est un peu vérifié, mais aujourd'hui on se pose la question.

William De Vijlder :

Effectivement. Dans l'histoire économique, c’est inversion-récession, inversion-récession, inversion-récession. Aujourd'hui, ou plutôt cet été, cela a été une inversion. Et alors ?

Le problème dans cette analyse, c'est que le signal de la courbe des taux est aujourd'hui biaisé. Il est biaisé par une politique monétaire très accommodante des banques centrales : la Fed et la Banque centrale européenne. Ceci a donc poussé vers le bas les taux longs, à travers le monde, et cela a provoqué un aplatissement prématuré de la courbe, donc quelque part le signal est un peu biaisé. 

François Doux :

Est-ce que d'autres indicateurs peuvent nous aider ?

William De Vijlder :

Justement, quand on redoute en quelque sorte que le signal soit biaisé, il faut chercher d'autres éléments. En haut de la liste figure l'indicateur du Conference Board. C'est un indicateur synthétique qui se décompose en dix séries individuelles.

François Doux :

Dix séries individuelles dont l'inversion de la courbe des taux. C'est un indice plus large, mais a-t-il bien fonctionné par le passé ?

William De Vijlder :

Il a bien fonctionné. C'est lié au fait qu'il couvre un échantillon, un éventail assez vaste d'indicateurs. Des séries qui proviennent du marché financier comme la pente de la courbe des taux, ou encore la bourse. Mais également la confiance des ménages, pour la sphère réelle, les carnets de commande des entreprises, le marché du travail. Et c'est ce qui donne une grande robustesse à cet indicateur.

Comme on le voit, il n'a pas donné de mauvais signaux dans le passé. Un mauvais signal, c'est quoi ? C'est que la série plonge, il n'y a pas de récession alors il y a un problème.

François Doux :

Et aujourd'hui où en sommes-nous William ?

William De Vijlder :

Aujourd'hui on voit que la série ne baisse pas encore. Dans le passé, quand il y a eu un retournement cyclique, il a été suivi d’une récession. Là, nous n'y sommes pas du tout.

Aussi longtemps qu'on aura ces signaux opposés, entre cet indicateur qui continue à afficher un "beau temps" et l'inversion de la courbe, il y a lieu de rester assez serein tout en étant vigilant. Bien évidemment, le jour où cet indicateur se retournera et que la courbe sera toujours inversée, à ce moment-là on dira que cela ne s'annonce pas trop bien pour l'économie américaine. On n’y est pas encore.

François Doux :

A suivre donc, l'indice économique avancé du Conference Board.

Merci William De Vijlder, dans un instant Trois questions sur l'Argentine, qui ne va pas très bien, avec François Faure.

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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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