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Le bilan économique de 2020 : l’agilité pour faire face au choc Covid-19

11/12/2020

La pandémie de Covid-19 constitue un choc exogène pour l’économie mondiale aux proportions inédites depuis plusieurs décennies. La réaction a été vive et agile. Les banques centrales ont assoupli leur politique monétaire et injecté des liquidités, tandis que les gouvernements ont mis de côté la prudence budgétaire et utilisé leurs finances publiques pour apporter un soutien indispensable à l’économie. Ces mesures ont contribué à atténuer le choc de la pandémie. Les entreprises ont également joué un rôle important par l’agilité avec laquelle elles ont su adapter leurs modèles de production et/ou de distribution pour faire face à la rupture des chaînes d’approvisionnement ainsi qu’à l’impact des restrictions sur les ventes, mais aussi autoriser le télétravail pour une bonne partie de leur personnel. Plus important encore, la mise au point d’un vaccin est porteuse d’espoir au terme de cette année si difficile et éprouvante. La vaccination devrait conduire à une reprise économique durable même si des questions demeurent quant à l’impact potentiel de la pandémie à plus long terme sur le chômage et l’endettement du secteur des entreprises comme du secteur public.

TRANSCRIPT // Le bilan économique de 2020 : l’agilité pour faire face au choc Covid-19 : décembre 2020

FOCUS

FRANÇOIS DOUX

Il est l'heure de faire le bilan économique de cette année 2020. Une année marquée par un fort choc exogène : la pandémie de Covid-19.

William De Vijlder, bonjour.

WILLIAM DE VIJLDER

Bonjour François.

FRANÇOIS DOUX

On va donc parler des bonnes surprises car, il y en a en cette année 2020. Quelles sont-elles de votre point de vue ?

WILLIAM DE VIJLDER

Vous avez bien raison d'indiquer que c'est un choc exogène : exogène à l'économie. Et la bonne surprise de l'année, c'est la réponse qui vient du monde scientifique, en l'occurrence, un vaccin. Qui aurait pu croire, lorsqu'on commençait à analyser les conséquences de la pandémie début mars, qu’avant la fin de l'année, on parlerait de l'introduction d’un vaccin.

FRANÇOIS DOUX

Et ça, c'est structurant pour l'économie, c'est bon pour la confiance ?

WILLIAM DE VIJLDER

C'est structurant parce qu'en l'absence d'un vaccin, effectivement, on aurait continué dans une lecture de rebond de l'activité, arrêt de l'activité, rebond, etc, avec des conséquences néfastes dans la durée qui s'accumuleraient : on peut penser au chômage, à la faillite des entreprises et à l'endettement du secteur public.

FRANÇOIS DOUX

L'autre bonne surprise de 2020 a été quand même la réaction très, très vive et très rapide des banques centrales.

WILLIAM DE VIJLDER

Effectivement, la réaction a été impressionnante. Il était nécessaire de réagir d'une manière extrêmement agile. Mais, elle restait impressionnante à plusieurs titres et c'est surtout la créativité qui a dominé. La créativité dans le sens de la capacité à s'adapter à la nécessité des circonstances. En Europe, on peut penser au programme d'assouplissement quantitatif spécifique de la BCE : le Pandemic Emergency Purchase Programme (PEPP) où la BCE, en fait, s'est affranchie des clefs de répartition classiques. Ça a été un facteur clef pour vraiment provoquer un écrasement très important des différentiels d'intérêts et donc, par ce biais, aider les économies comme l'Italie, l'Espagne qui étaient très largement touchées. Et du côté de la Réserve fédérale, le fait que la banque centrale américaine a pu acheter du papier émis par les entreprises a été un facteur très important pour vraiment donner de l'oxygène à ces entreprises.

FRANÇOIS DOUX

Et au-delà de la politique monétaire, la politique budgétaire, les gouvernements eux aussi " ont fait marcher la planche à billets ". Beaucoup d'endettement pour soutenir l'économie, pour soutenir tous les acteurs économiques ?

WILLIAM DE VIJLDER

Tout à fait. Là aussi, la prudence budgétaire classique a été mise de côté. C'était encore nécessaire. Mais LA SURPRISE, en fait, c'est le fameux accord européen sur un plan de relance qui en partie consiste dans des subventions. Un plan de relance de EUR 750 milliards, c'était inimaginable fin 2019. Là, on y est, donc c'est fantastique.

FRANÇOIS DOUX

Et au-delà des banques centrales et des États, on a aussi les entreprises et les ménages, dans une autre mesure, qui ont dû faire preuve d'agilité et de flexibilité.

WILLIAM DE VIJLDER

Tout à fait. En fait, il y a deux choses qui viennent à l'esprit pour l'illustrer. La première, c'est bien évidemment le fait que beaucoup d'entreprises sont arrivées à autoriser le travail à domicile, le télétravail. Ça a été un facteur extrêmement important pour continuer à produire, à offrir des services, à travailler, etc. Donc, cela a limité le choc économique, la contraction de l'activité. Le deuxième point qui a joué, c'est que, en termes d'entreprise et de commerce, l'adaptation a été manifeste entre le premier confinement et le deuxième confinement. C'est un des facteurs qui explique pourquoi le deuxième confinement a eu un impact économique largement inférieur au premier. Certes, les mesures étaient différentes, moins sévères. La Chine nous aide aussi pour nos exportations. Mais la capacité des entreprises et des commerces à s'adapter a également joué un rôle extrêmement important.

FRANÇOIS DOUX

On ne peut pas non plus oublier les mauvaises surprises. En tout cas, les victimes, humaines et les entreprises qui n'ont pas pu tenir le choc.

WILLIAM DE VIJLDER

Le chômage également.

FRANÇOIS DOUX

Effectivement, et le taux de chômage. Est-ce que ces mauvais facteurs, ces problèmes vont s'inscrire dans la durée ou pas ? C'est une grande question qu'on se pose.

WILLIAM DE VIJLDER

Disons qu'on a envie de regarder 2021 avec un certain niveau de confiance. Beaucoup de confiance, mais en même temps il y a cette interrogation : est-ce qu'on ne risque pas d'être confronté à une reprise qui finirait par être plus poussive, plus lente, et donc d’être confronté aux facteurs, aux dégâts de long terme que vous avez mentionnés ? Effectivement, c'est la grande inconnue pour 2021 selon moi.

FRANÇOIS DOUX

Mais je crois que vous regardez aussi les données haute fréquence. Ce sont des nouveaux indicateurs économiques. C'est assez récent. Qu'est-ce qu'ils vous indiquent ceux-là ?

WILLIAM DE VIJLDER

Les économistes dans les analyses ont dû s'adapter aussi. Donc, ils ont été face à la nécessité de trouver les indicateurs qui permettent de lire presque en instantané ce qui se passe. Donc un indicateur de prédilection maintenant, c'est Google Mobility, qui montre qu’au cours du deuxième confinement qu'on a vu dans plusieurs pays européens (dont la France),le pire est déjà derrière nous au niveau économique. Parce qu'on voit que la mobilité, le trafic en quelque sorte s'améliore déjà. Si bien que le mois de décembre devrait être meilleur que novembre. Et puis, bien évidemment, le rebond continuera au mois de janvier.

FRANÇOIS DOUX

Au mois de janvier. Justement Wiliam, on se retrouvera en 2021 pour faire le point sur la suite de cette nouvelle année. Merci beaucoup. Dans un instant, on fait le point avec le Graphique du mois sur la conjoncture au Royaume-Uni avec Hubert de Barochez.

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