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Une reprise économique inégale

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Eco Emerging // 4 trimestre 2021  
economic-research.bnpparibas.com  
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ÉMIRATS ARABES UNIS  
UNE REPRISE ÉCONOMIQUE INÉGALE  
L’économie des Émirats Arabes Unis (EAU) a été doublement affectée par la chute des prix du pétrole en 2020 et les  
conséquences de la pandémie sur le secteur des services. La récession a été significative en 2020, et la reprise devrait  
rester timide cette année. Malgré les perspectives positives liées à l’Exposition universelle, l’activité à Dubaï reste-  
ra contrainte par les difficultés structurelles du marché immobilier et les incertitudes pesant sur le tourisme et la  
logistique pour lesquels un retour à la normale n’est attendu qu’en 2023. Dans ce contexte, la situation des finances  
publiques et externes demeure très favorable grâce aux excédents accumulés depuis de nombreuses années, mais  
le risque de crédit s’accroît. Certains conglomérats quasi-publics actifs dans le secteur immobilier connaissent des  
difficultés, et le soutien de l’État restera sélectif.  
REPRISE ÉCONOMIQUE GRADUELLE  
PRÉVISIONS  
Les Émirats Arabes Unis (EAU) ont été l’économie la plus affectée parmi  
les pays du Golfe par le double choc de la chute des prix et de la  
productionpétrolière, etparlesconséquencesdel’épidémiedeCovid-19  
sur le secteur des services. En 2020, l’économie s’est contractée de  
2019  
2020  
2021e  
2022e  
PIB réel, variation annuelle (%)  
Inflation moyenne (IPC, %)  
Solde budgétaire / PIB (%)  
Dette publique / PIB (%)  
3.4  
-1.9  
0.6  
27  
-6.1  
-2.0  
-5.5  
36  
2.0  
-0.1  
1.8  
32  
4.4  
0.9  
2.5  
29  
6
3
,1%, conséquence du recul de 6% environ du PIB pétrolier (environ  
0% du PIB total) et du PIB hors pétrole. La politique restrictive des  
producteurs de l’OPEP+ (les EAU sont le troisième producteur de l’OPEP  
avec 10% de la production totale du cartel) a entraîné une réduction  
de la production pétrolière de 7,5%. Les conséquences de la pandémie  
ont particulièrement affecté les secteurs de la logistique (-16% pour 6%  
du PIB) et du commerce (-13% pour 13% du PIB). Par ailleurs, l’activité  
des secteurs de la construction et de l’immobilier (14% du PIB pour  
l’ensemble) s’est repliée de 9%. À Dubai (environ 30% du PIB de la  
fédération), qui concentre l’essentiel de l’activité hors hydrocarbures,  
le PIB a reculé de 11% avec l’effondrement du commerce (-12%), de la  
restauration (-33%) et de la logistique (-36%).  
Solde courant / PIB (%)  
8.9  
80  
5.8  
6.8  
88  
7.6  
85  
Dette extérieure / PIB (%)  
101  
103  
4.6  
Réserves de change, mds USD  
Réserves de change, en mois d'imports  
107  
4.0  
109  
4.6  
123  
5.0  
E: ESTIMATIONS ET PRÉVISIONS  
TABLEAU 1  
SOURCE : BNP PARIBAS RECHERCHE ECONOMIQUE GROUPE  
CROISSANCE DU PIB RÉEL (%)  
En 2021, la croissance économique de la fédération devrait atteindre  
2
,0%. Cette faiblesse de la reprise est en partie due au recul du PIB  
6
4
2
0
2
4
6
pétrolier (-2,8%) pour la deuxième année consécutive. La hausse  
de la production depuis juin reste très graduelle et le niveau de  
production actuel (2,8 mb/j en septembre 2021) reste loin de celui  
atteint en avril 2020 (3,7 mb/j). Du côté de l’activité non pétrolière, les  
indicateurs avancés du premier semestre restent mitigés et l’ouverture  
de l’Exposition universelle à Dubaï en octobre ne modifiera pas  
fondamentalement la situation. Malgré une campagne de vaccination  
parmi les plus fortes au niveau mondial, les indicateurs de mobilité  
restent à peine supérieurs à ceux précédant la pandémie. Au T1 2021,  
le PIB était en contraction de 3,7% à Dubaï, avec le recul continu de  
la logistique (-32% en g.a) et malgré la reprise timide du commerce  
-
-
-
PIB hydrocarbures  
PIB hors hydrocarbures  
PIB total  
(
+2,8% en g.a.). À fin juin 2021, les arrivées à l’aéroport de Dubaï sur  
les quatre derniers trimestres étaient en baisse de 70% en g.a. Sur la  
même période, le nombre de bâtiments achevés était en baisse de 41%.  
Depuis cet été, on assiste à une reprise de la fréquentation touristique.  
Cette dynamique devrait bénéficier de l’Exposition universelle qui se  
déroulera durant les six prochains mois.  
C’est en 2022 que devrait se consolider la reprise de l’activité. Le PIB  
pétrolier devrait progresser de 7% environ, grâce à la poursuite de la  
hausse de la production pétrolière, mais aussi au relèvement du quota  
de production des EAU au sein de l’OPEP. La capacité de production  
des EAU est importante (4,2 mb/j), mais il convient de rester prudent  
sur l’évolution du marché pétrolier étant donné les incertitudes pesant  
sur la demande, et la reprise possible de la production pétrolière  
hors OPEP+. La hausse attendue des prix du pétrole devrait profiter à  
l’économie hors hydrocarbure, notamment au secteur immobilier.  
-8  
2015  
2016  
2017  
2018  
2019  
2020  
SOURCES : CENTRE FÉDÉRAL DE LA COMPÉTITIVITÉ  
ET DES STATISTIQUES, BNPPARIBAS  
GRAPHIQUE 1  
La diminution progressive des conséquences de la pandémie sur les  
mouvements de population devrait permettre au PIB hors pétrole de  
croître de 3,2%. Au total la croissance de l’économie des EAU devrait  
atteindre 4,4%. Cependant, d’importants risques baissiers subsistent.  
La persistence de la pandémie pourrait affecter la demande mondiale  
de pétrole et la fréquentation touristique. Le secteur de la logistique  
devrait pâtir encore plusieurs semestres des perturbations du  
commerce mondial. Un retour à un trafic normal n’est pas attendu  
avant 2023.  
La banque  
d’un monde  
qui change  
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À moyen terme, le secteur des hydrocarbures devrait bénéficier du  
plan d’investissement annoncé par la compagnie pétrolière nationale  
ADNOC qui prévoit d’investir massivement au cours des cinq prochaines  
années (USD 122 mds au total soit l’équivalent de 40% du PIB pétrolier  
chaque année) afin d’augmenter les capacités de production pétrolière  
et gazière, et d’accroître la production pétrochimique.  
Concernant, les activités hors hydrocarbures, les perspectives sont  
moins claires. Dubaï connaît une crise rampante du secteur immobilier  
depuis plusieurs années. Les prix de vente et les loyers sont en baisse  
continue depuis 2015, l’offre étant structurellement excédentaire. Par  
ailleurs, la croissance de la fréquentation de l’aéroport de Dubaï perd  
constamment en dynamisme depuis 2015 (+4,3% en moyenne durant  
BILAN SIMPLIFIÉ DES BANQUES COMMERCIALES (G,A, %)  
3
2
2
1
0
5
0
5
60  
Dépôts  
Créances sur le secteur privé  
Créances sur le secteur public  
Actifs extérieurs nets (USD mds), é.d.  
50  
40  
30  
20  
10  
0
10  
5
2
015-19, contre +11,2% durant 2009-14). L’évolution est négative  
0
-
-
10  
20  
depuis juin 2019. Au-delà de l’influence de la conjoncture pétrolière,  
cette tendance pourrait signaler une perte relative d’attractivité  
de cette destination. L’évolution du trafic de l’aéroport de Dubaï est  
inférieure à la croissance du trafic passager mondial depuis 2019. D’une  
manière générale, les autorités ont engagé depuis 2020 un programme  
visant à renforcer l’attractivité de la fédération pour les entreprises et  
les résidents, dans un contexte de concurrence régionale croissante.  
-5  
10  
-
-30  
2021  
2015  
2016  
2017  
2018  
2019  
2020  
GRAPHIQUE 2  
SOURCES : FMI, BANQUE CENTRALE  
DES FONDAMENTAUX MACROÉCONOMIQUES SOLIDES  
Malgré un recul prononcé de l’activité économique, les comptes  
budgétaires et extérieurs ne se sont pas très dégradés. En 2020, selon  
nos estimations, le déficit budgétaire s’est élevé à environ 5,5% du L’exposition des banques aux secteurs les plus affectés par le  
PIB. Les revenus pétroliers (environ 45% des revenus totaux) ont chuté ralentissement économique a eu des conséquences négatives sur la  
environ d’un tiers avec la baisse de la production et des prix du pétrole. qualité de leurs portefeuilles de crédit. Au niveau de la fédération, le  
Les dépenses totales se sont contractées d’environ 15% malgré des taux de créances douteuses a atteint 8,2% en juin 2021 selon le FMI (le  
mesures spécifiques de soutien à l’économie équivalentes à environ plus élevé parmi les pays du Golfe), contre 6,5% fin 2019. À Dubaï, un  
PERSISTENCE DU RISQUE DE CRÉDIT  
2
% du PIB. Un léger excédent devrait être enregistré en 2021 (1,8% du certain nombre de promoteurs immobiliers connaissent des difficultés  
PIB) grâce à la hausse significative des recettes pétrolières et à la faible financières et ont engagé une renégociation de leurs créances pouvant  
augmentation des dépenses. Celles-ci devraient rester inférieures à se traduire par un défaut partiel. Les secteurs de la construction et de  
leur niveau de 2019.  
l’immobilier représentaient 20% du crédit intérieur total en juin 2021.  
La solvabilité publique est soutenue par le niveau modéré de la dette L’augmentation du risque de crédit ne présente pas un risque  
gouvernementale consolidée (36% du PIB en 2020) et d’importants systémique. La liquidité bancaire reste confortable, étant donné la  
actifs publics (supérieurs à deux fois le PIB), détenus en majeure partie faible croissance du crédit intérieur et la progression des dépôts (+1,1%  
par l’émirat d’Abu Dhabi. Chaque émirat est autonome budgétairement en juin 2021). Le crédit au secteur privé (70% du crédit intérieur) était  
(
hormis les budgets de la défense et de la sécurité qui sont fédéraux) en repli de 2,1% en g.a en juin 2021 (-1,6% pour le crédit intérieur). Avec  
et peut émettre de la dette sur les marchés internationaux. Depuis le ralentissement du crédit et la hausse des dépôts du gouvernement à  
020, environ USD 25 mds ont été émis par les émirats d’Abu Dhabi la faveur d’une meilleure conjoncture pétrolière, la position extérieure  
USD 20 mds, soit environ 10% du PIB d’Abu Dhabi), de Sharjah (USD 2,3 nette du secteur bancaire est largement excédentaire. Elle a atteint  
2
(
mds, soit environ 7,4% du PIB de Sharjah) et de Dubaï (USD 2,9 mds, USD 36 bn en mars 2021 (USD 16 mds en mars 2020). La banque  
soit environ 2,8% du PIB de Dubaï). Les émissions obligataires d’Abu centrale a mis en place des mesures de soutien au secteur bancaire :  
Dhabi vont au-delà du financement d’un éventuel déficit budgétaire ou apport de liquidité, relâchement de certaines normes prudentielles  
du remboursement de dettes arrivées à échéance, et permettent – par et baisse du taux d’intérêt directeur (-125 points de base en 2020).  
des émissions régulières – d’établir des taux de référence pour d’autres Plus généralement, si le soutien fédéral aux banques systémiques est  
émetteurs. Concernant Dubaï, une partie du financement obtenu est assuré en cas de nécessité, le soutien aux entreprises quasi-publiques  
destinée à soutenir certaines entreprises publiques en difficulté (notamment dans l’immobilier) étant du ressort des gouvernements  
(
notamment dans le domaine des transports). Par ailleurs, en octobre fédérés aux moyens plus limités, il sera plus sélectif.  
021, la fédération a procédé pour la première fois à une émission  
obligataire sur les marchés internationaux pour un montant de USD  
2
Achevé de rédiger le 6 octobre 2021  
4
mds. Cet appel au marché n’est autorisé que depuis 2019, et devrait  
notamment financer des projets d’infrastructures.  
Pascal DEVAUX  
La situation des comptes extérieurs reste très confortable et les  
excédents courants sont récurrents et élevés, même en période  
de conjoncture pétrolière défavorable. Ils ont atteint 7% du PIB en  
moyenne depuis 2016 et nous prévoyons un surplus de 6,8% du PIB  
cette année. Les réserves de change sont actuellement équivalentes à  
environ 4,5 mois d’importations de biens et services.  
pascal.devaux@bnpparibas.com  
La banque  
d’un monde  
qui change  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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