L'économie en vidéo : un sujet d'actualité économique et financière toutes les semaines

États-Unis : L’élargissement de la dette fédérale américaine nécessitera de mobiliser plus de capitaux étrangers   02/12/2022

Depuis une dizaine d’années, l’appétence des investisseurs non-résidents pour les titres du Trésor américain fléchit. À la lumière des projections officielles qui annoncent un quasi-doublement de la dette fédérale américaine au cours des dix prochaines années, le renforcement de leur appétit apparaît primordial.

 

 

L’Allemagne peut-elle échapper à une récession ?   25/11/2022
Depuis le début de l’année 2022, la croissance allemande n’a cessé de surprendre par sa résistance, bien aidée par la fin des effets de rattrapage post-Covid. Pour autant, la dégradation de la situation conjoncturelle est désormais telle que tous les moteurs de la croissance plient et s’éteignent un à un. De la consommation, l’investissement, en passant par le commerce extérieur, tous sont orientés à la baisse pour le 4ème trimestre. Il semble donc peu probable que l’Allemagne continue d’afficher une croissance positive de son PIB sur les trois derniers mois de l’année. Malgré tout, la récession qui attend l’Allemagne en 2023 devrait être d’ampleur modérée et limitée dans le temps du fait d’un soutien public massif.

Inflation élevée et érosion du patrimoine des ménages   18/11/2022
Le patrimoine des ménages – la différence entre leurs actifs (immobiliers, financiers) et leurs dettes financières – revêt une grande importance dans la mesure où, à plus long terme, ce patrimoine devrait leur permettre de financer leurs dépenses une fois à la retraite. Durant la pandémie, on a assisté à une montée en flèche du taux d'épargne dans la zone Euro ainsi qu'à une hausse des prix immobiliers supérieure à la tendance, tandis que les actifs financiers subissaient des effets de valorisation négatifs. La Commission européenne estime qu'entre le début de la pandémie et la fin 2021, le patrimoine des ménages s'est globalement accru de quelques 2 700 MdEUR au-delà de la tendance normale. Cet enrichissement était considéré comme un facteur de résilience pour la consommation des ménages : ces-derniers avaient, en effet, la possibilité d’épargner moins qu'en temps normal en cas de détérioration de la conjoncture économique car ils avaient épargné plus qu'à l'accoutumée pendant la pandémie. D'après la Commission européenne, toutefois, à la mi-2022, la hausse de l'inflation avait déjà érodé de près de 50 % la valeur réelle de ce surplus de patrimoine, réduisant considérablement le matelas permettant d'absorber les chocs.

Espagne : plan de relance national, une montée en puissance contrariée.   10/11/2022
Avec près de EUR 19 mds débloqués entre le début de l’année 2022 et la mi-septembre, un tiers de plus qu’à la même époque en 2021, le plan de relance et de résilience national en Espagne monte en puissance. Certains obstacles à sa mise en œuvre sur le terrain demeurent néanmoins.

France : l’inflation n’atteint pas encore son pic   03/11/2022
L’inflation s’est singulièrement accélérée depuis le début de l’année 2022. Après une pause au cœur de l’été, suite au reflux du prix du carburant, elle a même atteint un nouveau point haut dès le mois d’octobre. L’inflation sous-jacente gagne en intensité et les hausses attendues des prix alimentaires et de l’énergie suggèrent une inflation qui devrait croître au 1er trimestre 2023, avant de refluer graduellement. Dans ce contexte, la croissance des salaires devrait modérément s’accélérer, tant et si bien qu’une progression modérée du pouvoir d’achat des ménages devrait intervenir en 2023.

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La fiabilité des prévisions du PIB réel en période de récession interpelle 27/11/2022
La projection économique réalisée avant et pendant les récessions est un exercice délicat. Une analyse des résultats de l’enquête menée, auprès des prévisionnistes professionnels (SPF), par la Réserve fédérale de Philadelphie, montre que, depuis 1968, les erreurs de prévision au cours des récessions sont beaucoup plus élevées qu’en dehors. De plus, pendant les récessions les erreurs sont le plus souvent positives. Ainsi, les prévisions ont tendance à se révéler trop optimistes, même lorsqu’elles concernent le trimestre suivant. Actuellement, il existe un large consensus, voire une unanimité, sur le fait que les risques à la baisse, pesant sur la croissance du PIB, l’emportent du fait d’une multiplicité d’incertitudes et de vents contraires. L’historique des prévisions confirme que ces risques sont bien réels. 
La fin du pouvoir de négociation ? 22/11/2022
Le pic d’inflation semble avoir été atteint aux États-Unis en juin. La poursuite du mouvement et le rythme de la désinflation seront, en partie, dépendants de la diminution des tensions sur le marché du travail qui continuent de soutenir les salaires. En octobre, la légère augmentation du taux de chômage et le ralentissement des créations d’emplois salariés non agricoles pourraient bien indiquer le début d’une détente. Qu’en est-il de la dynamique des salaires ? D’après le Wage Growth Tracker de la Réserve fédérale d’Atlanta, un début de ralentissement s’esquisse.  Cet indicateur mesure, en moyenne mobile sur 3 mois, la variation médiane sur 12 mois du salaire horaire des personnes en emploi. Selon cet indicateur, un ralentissement des salaires semble se dessiner même s’il reste à confirmer. Après avoir atteint un pic en juillet et en août (6,7%), la progression des salaires s’est établie à 6,4% en octobre (contre 6,3% en septembre). Outre l’indication d’un début de ralentissement des salaires, cet indicateur donne une autre information intéressante sur la différence de dynamique des salaires selon que les personnes sont en poste (job stayers) ou ont changé d’emploi (job switchers) Après une vigoureuse progression, le ralentissement des salaires des job switchers semble bien engagé (7,6% en octobre, en baisse continue depuis son pic à 8,5% en juillet). En revanche, du côté des salaires des job stayers, leur progression a légèrement rebondi en octobre (5,4%), venant interrompre une décélération entamée en juin (6,1%). Si cette tendance au ralentissement des salaires se confirme, ce qui est le plus probable, les employés pourraient être moins enclins à changer d’emploi pour des raisons salariales, ce qui pourraient réduire les tensions sur le marché du travail.
La désinflation a commencé 13/11/2022
Les données sur les prix à la consommation aux États-Unis pour octobre ont renforcé l’opinion selon laquelle la désinflation  -le rétrécissement de l’écart entre l’inflation observée et la cible d’inflation de la banque centrale- a commencé. Si cette conclusion semble claire en en matière d’inflation globale -elle a atteint un sommet en juin-, il reste encore à confirmer que la baisse de l’inflation sous-jacente,  après avoir culminé en septembre, n’est pas qu’un phénomène ponctuel. L’inflation sous-jacente des biens – donc hors énergie et produits alimentaires – a amorcé une tendance à la baisse mais l’inflation sous-jacente des services  reste obstinément élevée en raison des coûts des services de transport et du logement.  L’important, à présent, pour l’économie et les marchés financiers est de savoir à quel rythme la désinflation se fera, compte tenu de son influence sur la politique monétaire de la Fed, sur le niveau du taux final, et sur quelle durée le taux des fonds fédéraux se maintiendra à ce niveau. Tous ces facteurs ont une incidence sur la perception des risques à la baisse pour la croissance.
Réserve fédérale américaine : quand s’arrêtera le resserrement monétaire ? 05/11/2022
Quand la Réserve fédérale américaine cessera-t-elle de relever les taux des Fed funds ? La question est cruciale pour l’activité et la demande de l’économie américaine, mais aussi pour les marchés financiers. Lors de sa récente conférence de presse le président de la Fed Jerome Powell est resté vague sur la fonction de réaction du FOMC. Il a néanmoins indiqué qu’il examinerait les taux réels. Cela soulève la question de savoir quel outil de mesure permettra de comparer les taux nominaux et les taux réels. Une solution réside dans la structure par échéances des anticipations d’inflation, calculée par la Banque de la Réserve fédérale de Cleveland. Malgré sa hausse récente, le rendement réel à un an des bons du Trésor américain reste en dessous du niveau atteint lors des précédents cycles de resserrement monétaire, à l’exception de celui de 2018. Dans un contexte de forte inflation, le cycle actuel n’est donc pas près de prendre fin.
L’emploi fait de la résistance  05/11/2022
Selon l’estimation préliminaire du Bureau of Economic Analysis (BEA), la croissance trimestrielle en rythme annualisé du PIB américain a très nettement rebondi au T3. Elle a atteint 2,6% après deux trimestres de croissance négative (respectivement -1,6% au T1 et -0,6% au T2). Le rebond de la croissance est principalement porté par la contribution du commerce extérieur (2,8 points de pourcentage), qui s’appuie sur la très forte augmentation des exportations de biens et services (+14,4%). Les importations, quant à elles, ont nettement baissé (-6,9%). La consommation des ménages - contribution d’1 point de pourcentage (pp) - résiste plutôt bien au regard de l’ampleur du choc d’inflation. 
Investisseurs non-résidents en titres du Trésor américain : les secteurs officiel et privé désormais au coude à coude 18/10/2022
La liquidité du marché des titres du Trésor américain (Treasuries) s’est fortement dégradée depuis le début de l’année. Sur fond de resserrement monétaire et de craintes de récession, l’appréciation du dollar et la grande volatilité des rendements freinent l’appétence des investisseurs, résidents ou non, alors même que la Fed a engagé la réduction de son portefeuille. Compte tenu de l’ampleur de la dette à financer (USD 23 000 mds de dette négociable à la fin juin 2022), les contraintes prudentielles qui limitent les capacités d’intermédiation des primary dealers sont un facteur aggravant. Depuis de nombreuses années déjà, l’attrait des non-résidents pour les Treasuries fléchit. Le poids de leurs avoirs (valorisés) dans la dette fédérale américaine négociable s’établissait à 32% à la fin juin 2022 contre 57% à la fin 2008. Ce recul est exclusivement le fait des investisseurs officiels : soucieux de diversifier leurs réserves de change (voire de soutenir leur monnaie), les banques centrales et les États étrangers se sont partiellement détournés des Treasuries, et plus généralement du dollar. Ainsi, alors que le secteur officiel constituait la première contrepartie étrangère du Trésor américain fin 2008 (74%), il n’abritait, en juin 2022, plus que 53% de la dette fédérale détenue à l’étranger (respectivement 42% et 17% du stock total de Treasuries). Reflet du rôle croissant des investisseurs privés (sociétés d’assurance, fonds de pension ou hedge funds), l’exposition globale des non-résidents à l’économie américaine (sous forme de titres, prêts et dépôts) s’est progressivement déformée en faveur d’actifs plus risqués (fin juin 2022, elle était constituée à 36% d’actions et parts de fonds contre 15% fin 2008). Les investisseurs privés ayant généralement un horizon d’investissement plus court que celui des investisseurs officiels, leur poids croissant pourrait conduire à une plus grande volatilité des taux d’intérêt.
Résister sans convaincre 02/10/2022
L’inflation toujours persistante et la remontée des taux d’intérêt à un rythme soutenu affectent durement l’économie américaine. Pourtant, les enquêtes sur le climat des affaires rebondissent, certes modestement, et la confiance des ménages s’améliore pour le deuxième mois consécutif. Les indices préliminaires du climat des affaires ont rebondi en septembre, sans pour autant revenir en territoire expansif. Le PMI composite s’est très nettement redressé (+4,7 points par rapport à août) pour s’établir à 49,3, principalement porté par la bonne progression du PMI services (+5,5 points, à 49,2) et, dans une moindre mesure, par une légère amélioration du PMI manufacturier (+0,2 point, à 51,8).
Emplois vacants, taux de rotation et désinflation 25/09/2022
Aux États-Unis, le marché du travail extrêmement tendu joue un rôle central dans les efforts mis en œuvre par la banque centrale pour ramener l’inflation vers son objectif. Une augmentation moindre du revenu du travail devrait freiner la demande finale, tandis que le tassement des hausses salariales contribuera à atténuer la pression sur les marges des entreprises, qui seront moins enclines à relever leurs prix de vente. Le marché du travail se caractérise par une interaction dynamique entre les offres d’emploi, les postes non pourvus, les départs volontaires et licenciements. Aux États-Unis, le nombre de postes non pourvus et le taux de démission ont commencé à baisser. On peut s’attendre à une accélération de cette dynamique et donc à un fléchissement de la hausse des salaires. Il reste de savoir dans quelle mesure. C’est pourquoi la politique de la Réserve fédérale est entièrement fondée sur l’évolution des données économiques.
Proches du pic d’inflation ? 22/09/2022
Après une deuxième contraction de son PIB au T2, les perspectives de l’économie américaine sont pour le moins incertaines. Les pressions inflationnistes donnent des signes de détente mais le rythme de désinflation pourrait être plus lent que prévu. Si la confiance des ménages a récemment interrompu sa baisse et s’est légèrement redressée en août, les enquêtes d’activité auprès des entreprises plongent, notamment dans le secteur industriel. La Réserve fédérale a poursuivi la remontée rapide de ses taux directeurs, qui entrent désormais en territoire restrictif.
États-Unis : L’Inflation Reduction Act porte-t-il bien son nom ? 05/09/2022
Le marché de l’emploi reste solide aux États-Unis. Le taux de chômage s’est établi à 3,7% en août, en légère augmentation par rapport au mois précédent (3,5%). Les créations d’emplois salariés non agricoles ralentissent mais restent importantes (+315k m/m), notamment dans les secteurs des services aux entreprises, de la santé et du commerce de détail. Cette résistance du marché du travail au ralentissement de la croissance attenue fortement l’impact de la hausse du coût de la vie sur les Américains.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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