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Changement de modèles de consommation et Covid-19

Eco week 21-15 // 19 avril 2021  
economic-research.bnpparibas.com  
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ÉDITORIAL  
CHANGEMENT DE MODÈLES DE CONSOMMATION ET COVID-19  
La pandémie de Covid-19 a fortement impacté les dépenses de consommation des ménages, dont les volumes ont  
baissé et la composition a été profondément modifiée. Avec la levée progressive des restrictions, certains services,  
comme les loisirs, la restauration et l’hôtellerie, qui ont connu une chute de la demande due aux mesures de restric-  
tion, pourraient tirer leur épingle du jeu au détriment – en termes relatifs tout au moins – des dépenses en biens. La  
demande contenue constitue un facteur déterminant de la vigueur du début de la reprise. Elle joue, cependant, un  
rôle moins décisif dans le secteur des services. Ainsi, les pays avec un important secteur des services, après avoir pâti  
des mesures de restriction, pourraient connaître un redressement plus difficile que les autres.  
La pandémie de Covid-19 impacte en profondeur les dépenses des ménages,  
hausse particulièrement forte de leur activité, la première depuis le début de  
dont les volumes ont baissé et la composition a été significativement modi- la pandémie, et les secteurs du commerce de détail et de gros ont également  
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fiée. La chute du volume des dépenses a entraîné un bond du taux d’épargne, enregistré une robuste progression » . Une étude récente émet néanmoins  
l’effet de la pandémie sur le revenu des ménages ayant été atténué par les une mise en garde : aux États-Unis, de nombreuses données empiriques ap-  
mesures d’aide (dispositifs de chômage partiel, transferts) alors qu’il leur puient l’argument théorique selon lequel « les reprises après les récessions  
était impossible de sortir – du moins pas autant qu’auparavant – et de dé-  
induites par la demande, avec des baisses de dépenses concentrées dans  
penser. La modification de la composition des dépenses découle des mesures les services, ont tendance à être plus faibles que celles faisant suite à des  
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de restriction mises en place pour enrayer la circulation du virus. Elle traduit  
récessions dues à une baisse de la demande en biens durables ». Cette dif-  
également l’adaptation au nouvel environnement : forte augmentation des férence s’explique par le fait que la demande accumulée joue un rôle moins  
achats en ligne, hausse de la demande de résidences secondaires, progres- important dans le secteur des services. Cette analyse est particulièrement  
sion de l’activité de rénovation des logements, etc. Avec la réouverture, dans  
pertinente pour la récession induite par la Covid-19 qui, comme le montrent  
les prochains mois, d’un nombre croissant de commerces et de sites, on peut les tableaux, a donné lieu à de plus fortes baisses de la demande dans les  
se demander si les modèles de consommation ne vont pas de nouveau évo- services, entraînant des changements significatifs de la pondération relative  
luer. Ainsi, certains services – i.e. les loisirs, la restauration et l’hôtellerie des postes de dépenses. Cela pourrait également signifier que les pays avec  
, qui ont connu une chute de la demande due aux mesures de restriction,  
un secteur des services plus important ont non seulement pâti des mesures  
de restriction mais qu’ils pourraient aussi avoir plus de mal à se redresser.  
pourraient se redresser au détriment – en termes relatifs tout au moins – des  
dépenses en biens. À l’évidence, la réponse à cette question est importante  
au niveau sectoriel mais aussi en termes de vigueur de la reprise en général.  
Ce dernier point est lié au rôle joué par la demande contenue. Les récessions  
ou – dans le cas d’une pandémie – les restrictions de mobilité, impliquent  
que certaines dépenses ne seront pas, ou ne pourront pas, être réalisées. De  
plus, confrontés à un climat d’insécurité économique, certains achats impor-  
tants seront reportés. Une fois la situation revenue à la normale, on assiste  
à un déblocage de la demande accumulée. Il est alors possible de retrouver  
ses amis autour d’une bière ou, dès que l’on se sent plus en sécurité sur le  
plan financier, d’acheter une nouvelle voiture. Cependant, il existe une dif-  
férence fondamentale entre les biens et les services. La demande de biens  
est, de manière générale, reportée au cours d’une récession, mais elle ne  
disparaît pas. Pour reprendre l’exemple de l’achat d’une voiture, les ventes  
d’un concessionnaire automobile seront anormalement faibles en période  
de basse conjoncture mais supérieures à la normale en phase de reprise.  
S’agissant des services, comme les loisirs ou l’hôtellerie, l’activité perdue  
au cours d’une récession ou d’un confinement est, dans une large mesure,  
perdue à jamais. Les dépenses de voyages ou les repas au restaurant non  
réalisés ne pourront pas être rattrapés. Par ailleurs, la reprise pourrait être  
compliquée par la disparition d’entreprises surendettées une fois les mesures  
de soutien arrêtées dans le cadre du processus de normalisation. Néanmoins,  
le secteur des services devrait être très dynamique dans la phase initiale de  
la reprise : c’est ce qu’on observe actuellement aux États-Unis, comme le  
montre l’édition récente du Livre beige. De plus, l’enquête de la Réserve fé-  
dérale de New York, réalisée en avril auprès des chefs d’entreprises, a révélé  
que « les entreprises des secteurs des loisirs et de l’hôtellerie ont connu une  
La Chine offre une illustration intéressante de l’évolution des ventes au détail  
dans l’après-confinement. Les ventes en ligne ont maintenu leur progression  
en parts de marché. « Sous l’effet de l’envolée des ventes en ligne et de la  
contraction des ventes en magasins, la part des ventes en ligne dans le total  
des ventes au détail a grimpé de 20,7 % à la fin de 2019 à 24,9 % à la fin  
de 2020. Le tourisme à l’étranger étant limité, les mesures d’endiguement  
efficace de la pandémie en Chine continentale ont réorienté les dépenses  
de voyages à l’étranger prévues par les ménages à haut revenu vers des  
dépenses au niveau national, en particulier en biens de luxe et achats im-  
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portants. » Les dépenses des ménages chinois montrent également l’impor-  
tance des inquiétudes persistantes à l’égard de la situation sanitaire. Avec  
la levée des restrictions, les ventes de billets de cinéma et de théâtre se  
sont fortement redressées, à 136 % du niveau atteint l’année précédente,  
4
mais pour s’établir ensuite à 56 % . La demande accumulée a été mani-  
festement de courte durée.  
William De Vijlder  
1 Source : April Regional Service-Sector Survey Points to A Long-Awaited Rebound, Federal  
Reserve of New York, Liberty Street Economics, 16 avril 2021.  
2 Source : Demand Composition and the Strength of Recoveries, Martin Beraja and Christian  
K. Wolf, 20 février 2021.  
3
Source : China’s consumer market recovery under the Covid-19 pandemic, IHS Markit, 2  
février 2021.  
Source : IHS Markit (2021).  
4
La demande accumulée joue un rôle moins important dans le  
secteur des services. Ainsi, les pays ayant un secteur des services  
plus important ont non seulement pâti des mesures de restriction  
mais ils pourraient aussi avoir plus de mal à se redresser.  
La banque  
d’un monde  
qui change  
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ÉTATS-UNIS : DÉPENSES DE CONSOMMATION DES MÉNAGES PAR GROUPE DE PRODUITS ( % DU TOTAL)  
T4 2019  
100,0%  
36,0%  
13,6%  
4,0%  
T1 2020  
100,0%  
36,7%  
13,4%  
3,8%  
T2 2020  
100,0%  
39,4%  
14,7%  
4,2%  
T3 2020  
100,0%  
39,9%  
15,7%  
4,4%  
T4 2020  
100,0%  
39,5%  
15,6%  
4,4%  
Dépenses de consommation des ménages  
Biens  
-
Biens durables  
-
-
-
-
Automobiles et pièces détachées  
Ameublement et électroménager  
Biens et véhicules de loisirs  
Autres biens durables  
3,1%  
3,1%  
3,4%  
3,6%  
3,5%  
4,6%  
4,7%  
5,7%  
5,8%  
5,7%  
2,0%  
1,9%  
1,7%  
2,2%  
2,2%  
Biens non durables  
22,6%  
7,4%  
23,4%  
8,0%  
24,9%  
8,8%  
24,4%  
8,2%  
24,2%  
8,1%  
-
Ventes d'aliments et boissons à emporter  
Habillement et chaussures  
-
3,1%  
2,9%  
2,7%  
3,2%  
3,2%  
-
-
Essence et autres produits énergétiques  
Autres biens non durables  
3,3%  
3,2%  
2,9%  
3,1%  
3,0%  
8,6%  
9,0%  
10,0%  
61,6%  
57,6%  
18,7%  
15,0%  
2,3%  
9,7%  
9,6%  
Services  
Dépenses de consommation des ménages  
64,3%  
61,7%  
16,5%  
16,9%  
3,4%  
63,8%  
60,6%  
16,8%  
16,5%  
3,2%  
61,3%  
58,2%  
17,2%  
16,2%  
2,6%  
61,6%  
58,6%  
17,1%  
16,7%  
2,6%  
-
-
-
-
Logement et services publics  
Santé  
Transport  
-
Loisirs  
3,8%  
3,5%  
2,1%  
2,6%  
2,6%  
-
-
-
Restauration-hôtellerie  
Services financiers et assurance  
Autres services  
6,3%  
5,9%  
4,3%  
5,3%  
5,1%  
6,5%  
6,6%  
7,2%  
6,7%  
6,8%  
0,0%  
0,0%  
0,0%  
0,0%  
0,0%  
ÉTATS-UNIS : DÉPENSES DE CONSOMMATION DES MÉNAGES PAR GROUPE DE PRODUITS (T4 2019 = 100)  
T4 2019  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
100,0  
T1 2020  
98,2  
T2 2020  
88,8  
97,2  
96,3  
92,2  
97,0  
110,0  
77,9  
97,7  
105,5  
76,1  
77,4  
103,0  
85,1  
82,9  
101,0  
78,9  
59,7  
48,6  
60,7  
99,2  
79,4  
T3 2020  
96,8  
T4 2020  
97,3  
Dépenses de consommation des ménages  
Biens  
100,0  
96,7  
107,1  
112,0  
106,5  
110,4  
122,1  
107,7  
104,5  
106,9  
98,7  
106,7  
111,6  
106,3  
108,9  
121,6  
109,3  
104,1  
106,2  
99,1  
-
Biens durables  
-
-
-
-
Automobiles et pièces détachées  
Ameublement et électroménager  
Biens et véhicules de loisirs  
Autres biens durables  
92,0  
99,0  
101,2  
95,2  
-
Biens non durables  
101,7  
107,0  
89,9  
-
-
-
-
Ventes d'aliments et boissons à emporter  
Habillement et chaussures  
Essence et autres produits énergétiques  
Autres biens non durables  
95,4  
90,7  
88,8  
102,9  
97,4  
108,4  
92,3  
108,3  
93,2  
Services  
Dépenses de consommation des ménages  
-
96,5  
91,4  
92,5  
-
-
-
-
-
-
-
Logement et services publics  
Santé  
99,9  
101,2  
92,7  
101,3  
95,9  
95,6  
Transport  
92,6  
75,9  
75,2  
Loisirs  
90,3  
65,2  
66,8  
Restauration-hôtellerie  
Services financiers et assurance  
Autres services  
91,0  
80,3  
78,8  
99,5  
100,7  
85,6  
102,1  
87,4  
96,8  
SOURCE : BEA, BNP PARIBAS  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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