Conjoncture

Une problématique économique, financière ou bancaire tous les mois dans Conjoncture

    Conjoncture - 02 mars 2021
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    Au-delà du choc économique à court terme, la pandémie de Covid-19 et les mesures sanitaires exceptionnelles mises en place pour la contenir posent de nombreuses questions sur les conséquences durables de cette crise. Le débat autour des entreprises zombies, qui n’est pas nouveau, a pris de l’ampleur puisque leur part dans les économies développées a tendanciellement augmenté depuis les années 1980. Les interventions publiques massives de lutte contre les effets de la pandémie, du côté des gouvernements - moratoire sur la dette, annulation de cotisations sociales pour les employeurs, large recours aux dispositifs d’activité partielle, etc. - comme de celui des banques centrales - augmentation et prolongement des programmes de rachats d’actifs-, pourraient maintenir en vie des entreprises non viables, ce qui ravive les inquiétudes relatives à la zombification des économies.
    Avant même que ne survienne la pandémie de Covid-19, le Royaume-Uni avait déjà amorcé sa sortie de « l’âge de l’austérité », d’après l’expression de l’ancien Premier ministre David Cameron. L’intervention massive des autorités britanniques pour soutenir l’économie suite à la crise sanitaire a sensiblement renforcé cette tendance. Le déficit du gouvernement s’est approché de 20% du PIB en 2020, et le ratio de dette publique sur PIB a augmenté de vingt points de pourcentage jusqu’à atteindre près de 100%. Une fois la crise passée, nul doute que des ajustements seront nécessaires. Cependant, l’empressement que montre le Trésor à ramener les finances publiques sous contrôle pourrait être contre-productif s’il provoquait un étouffement de la reprise économique. De surcroît, les perspectives de long terme, particulièrement du point de vue démographique, laissent penser que cet objectif sera difficile à atteindre.
    Conjoncture - 18 février 2021
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    Le défaut récent de la Zambie sur sa dette souveraine fait planer l’ombre d’une vague imminente de restructurations en Afrique subsaharienne. Le choc de la Covid-19 a sensiblement accru le risque de surendettement dans plusieurs pays africains en exacerbant les vulnérabilités accumulées au cours de la dernière décennie. Le soutien à la liquidité, dans le cadre de l’initiative de suspension du service de la dette (ISSD) et les lignes de financement d’urgence ont apporté une aide temporaire à de nombreux pays de la région. Les problèmes de solvabilité persistent néanmoins et la perspective de restructurations se renforce. Dans ce contexte, la méthodologie du FMI et de la Banque mondiale reste l’outil le mieux adapté pour évaluer la soutenabilité des dettes pour les pays à faible revenu. Par ailleurs, le cadre commun pour le traitement de la dette a été récemment étendu à l’ensemble des créanciers. Compte tenu de l’ampleur de ses engagements financiers dans les pays africains, la participation de la Chine est essentielle. Jusqu’à présent, le pays a fait preuve d’un manque de transparence et d’une coopération limitée. Son engagement affiché dans le cadre commun de traitement de la dette reste à confirmer.
    Conjoncture - 12 janvier 2021
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    Au troisième trimestre 2020, la Turquie avait déjà retrouvé son niveau de PIB d’avant-Covid. Cette « prouesse » s’explique par un soutien conséquent de la politique économique, tant budgétaire que monétaire, qui n’a pas été sans risques. L’inflation n’a pas diminué et le compte courant a de nouveau basculé en déficit, au contraire d’autres pays émergents, ce qui a contribué à la forte dépréciation de la livre turque. Le renforcement de ces tensions a conduit le président Erdogan à changer le cap de sa politique économique. Un policy mix plus rigoureux, avec une politique monétaire plus réactive par rapport à l’inflation, et l’attractivité vis-à-vis des investisseurs étrangers en sont les deux piliers. Autant d’éléments qui devront se traduire durablement dans les faits, afin de réduire la volatilité et lever les freins qui altèrent la croissance turque depuis 5 ans.

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Commerces et loisirs : une dynamique de mobilité qui se poursuit en Europe 11/12/2020
La fréquentation des commerces et des établissements de loisirs en Europe poursuit sa dynamique enregistrée depuis la fin du mois de novembre, comme le montre le rapport de Google sur la mobilité (Google Mobility Report) publié le 6 décembre dernier...
Europe du Sud : pourquoi une croissance potentielle si faible ? 30/11/2020
L’Espagne, la Grèce, l’Italie et le Portugal ont été durement frappés sur le plan économique par l’épidémie de Covid-19. Ces pays pâtissent, en outre, depuis de longues années d’une croissance potentielle en berne, parmi les plus basses d’Europe. Les principaux facteurs de ralentissement à l’œuvre sont les mêmes : un faible niveau d’investissement et de productivité, et une démographie qui ralentit - voire décline - et qui pèse sur la force de travail. Comment évoluent ces différents facteurs ? Quel peut être l’impact de la crise économique actuelle sur la croissance structurelle ? Quels leviers actionner ?
Vers une reprise de la consolidation bancaire en Europe du Sud ? 16/09/2020
CaixaBank et Bankia, respectivement troisième et quatrième plus grands groupes bancaires espagnols par les fonds propres CET1, ont officialisé, le 3 septembre 2020, l’ouverture de négociations en vue d’une potentielle fusion. Si elle se concrétisait, cette opération consoliderait le système bancaire espagnol. Le niveau de concentration de ce dernier est comparable à celui observé en moyenne dans la zone euro, à la suite de deux vagues successives de consolidation (2008-2009 puis 2012-2013) dont sont elles-mêmes issues CaixaBank et Bankia. Il reste à savoir si cette opération sera le prélude à un mouvement de concentration plus vaste auquel la Banque centrale européenne est favorable depuis plusieurs années. Le superviseur bancaire voit, en effet, dans la consolidation un moyen d’améliorer la rentabilité financière et la solidité des banques1. C’est dans cette perspective qu’il a publié en juillet 2020 un document consultatif visant à encourager les fusions bancaires2. [1] Cf. notamment l’entretien donné par Edouard Fernandez-Bollo, représentant de la BCE au Conseil de surveillance prudentielle, « Consolidation can secure safe and sound banks » dans la Supervision Newsletter de la BCE, août 2020. [2] ECB, Guide on the supervisory approach to consolidation in the banking sector – Draft, juillet 2020.
Pays nordiques : pas d’optimisme particulier malgré une plus grande résilience 09/09/2020
Si le continent européen a été frappé de plein fouet par la pandémie de Covid-19, les pays nordiques ont été relativement peu affectés ­– à l’exception de la Suède, où les mesures de restriction ont été particulièrement souples. En conséquence, leurs économies ont été parmi les plus résilientes d’Europe. Au deuxième trimestre, le PIB a chuté de « seulement » 8,3% en Suède, 6,9% au Danemark, 5,1% en Norvège, et 4,5% en Finlande. Cela tranche avec des baisses de 9,8% en Allemagne, 13,8% en France, et près de 12% pour la zone euro dans son ensemble. Néanmoins, les entreprises et consommateurs des pays nordiques ne sont pas plus optimistes qu’ailleurs, ce qui est certainement dû à la dépendance de la région au commerce extérieur. Depuis le début de la crise, les indicateurs de sentiment économique (ESI) de la Suède et de la Finlande se sont comportés de manière similaire à celui de la zone euro. De son côté, l’indicateur du Danemark a sensiblement sous-performé. Alors que ces pays semblent plutôt bien positionnés pour faire face à la crise – notamment du fait de leur modèle économique – le manque de confiance des agents économiques pourrait être un frein à la relance.
Plan de relance : l’Union européenne fera-t-elle d’une pierre deux coups ? 29/07/2020
À travers la facilité pour la relance et la résilience, un volet essentiel de son plan « Next Generation EU », l’Union européenne (UE) accordera des subventions et des prêts aux États membres en fonction de critères bien précis. Les allocations pour 2021 et 2022 seront fonction de la population, du PIB par habitant et du taux de chômage de chaque pays. Les mêmes critères seront utilisés pour les allocations de 2023, à l’exception toutefois du taux de chômage qui sera remplacé par la perte de PIB réel enregistrée cette année ainsi que la perte cumulée pour la période 2020-2021. Le think tank Bruegel a estimé le montant de ces allocations par pays[1]. Si l’on exclut les pays les plus développés (en rouge), il apparaît que les subventions bénéficieront particulièrement aux membres qui tirent le moins profit de leur appartenance au marché commun de l'UE. Il s’agit d'abord d’une coïncidence, la pandémie de Covid-19 ayant fortement touché des pays bénéficiant relativement peu du marché commun, comme l’Italie ou l’Espagne. Néanmoins, cela traduit aussi la double stratégie de l’UE : améliorer la résilience des pays les plus fragiles et favoriser la relance dans toute la région. Le but est ainsi d’éviter une divergence économique entre États membres. Au final, tous devraient y trouver leur compte. En effet, les pays recevant le moins de subventions comptent, pour soutenir leurs exportations, sur la demande des autres pays membres pour qui un décrochage économique a été rendu moins probable par le plan de relance. [1] Bruegel, Having the cake, but slicing it differently: how is the grand EU recovery fund allocated?, 23 juillet 2020
Classification des banques européennes selon leur modèle d’activité : une approche objective 28/07/2020
L’analyse du modèle d’activité des banques répond à des besoins stratégiques, réglementaires ou encore d’étude des effets de la politique monétaire. Pourtant, aucune définition harmonisée n’existe. Les auteurs ont ainsi régulièrement recours aux méthodes de classification hiérarchiques afin classifier objectivement les banques selon leur modèle d’activité. Ces approches empiriques, fondées sur des algorithmes, reposent dans une large mesure sur des variables bilancielles. Or, la répartition des différentes sources de revenus des banques ou encore l’importance des actifs sous gestion constituent des variables tout aussi pertinentes. Nous réalisons donc notre propre classification des banques européennes selon leur modèle d’activité en utilisant l’ensemble de ces variables. En outre, nous appliquons une méthode de classification hiérarchique descendante qui apparaît sensiblement plus performante que sa version ascendante, pourtant plus courante dans la littérature. Enfin, la rétention d’une composante principale supplémentaire, en plus des deux qui le sont traditionnellement, permet d’améliorer la qualité de notre classification.
L’Europe centrale devrait rester le poumon industriel de l’Europe 29/06/2020
L’intégration des pays d’Europe centrale dans des chaînes de production multi-pays les expose à l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les flux de commerce international. À court terme, elle implique une contagion de la contraction du PIB en l’Europe de l’Ouest vers l’Europe centrale, notamment en Slovaquie et en République tchèque au travers du secteur automobile. Toutefois, dans ce secteur, même si la production des pays d’Europe centrale est montée en gamme, la proportion d’un véhicule conçu localement n’a pas augmenté ces dernières années : l’activité d’assemblage reste dominante, même si elle s’est progressivement déplacée vers le haut de gamme. Les arguments en faveur d’un maintien de ces industries en Europe centrale sont solides : outre une compétitivité qui s’est maintenue, les effets d’agglomération (économies de coût générées par le regroupement de plusieurs constructeurs dans une région de taille limitée) permettent une mutualisation des coûts difficilement transposable ailleurs.
Europe : la politique budgétaire en action 25/06/2020
Le choc du Covid-19 a entraîné une réaction budgétaire significative des États membres de l’Union européenne. La récession en 2020, même si elle devrait être de courte durée, sera historique. La réponse budgétaire était donc indispensable pour éviter des conséquences économiques nettement plus profondes et durables. Les États membres ne sont pas touchés de la même façon par la crise actuelle, et l’ampleur de la réponse budgétaire apportée diffère. La réponse européenne est l’un des rares aspects positifs de cette crise. Néanmoins, rien n’est encore joué. Le niveau de risques et d’incertitudes sur les plans sanitaire et économique restera particulièrement élevé dans les prochains mois. Un accord sur le plan de relance européen est donc nécessaire et le relâchement des efforts au niveau national apparaît peu envisageable.
L’ombre portée du chômage 19/06/2020
Les données économiques récentes se sont améliorées à la faveur des mesures de déconfinement, ce qui pourrait induire un sentiment de confort illusoire. Les effets liés à la gravité de la crise se feront sentir sur le long terme. Parmi les facteurs clés : la hausse du chômage et les anticipations de chômage qui pèsent sur les dépenses des ménages, en raison d’une perte de revenu et de la constitution d’une épargne de précaution. Malgré la reprise économique, les grandes banques centrales de l’Eurosystème s’attendent à une augmentation du chômage en 2021. Face à une visibilité qui reste faible et à des pressions élevées sur leurs bénéfices, de nombreuses entreprises n’ont d’autre choix que de réduire leurs effectifs.
L’endettement élevé des entreprises : un frein pendant la reprise 12/06/2020
L'une des conséquences les plus durables de cette crise est l’augmentation forcée de l’endettement des entreprises. Si celui-ci reste durablement très élevé, il risque d’agir comme un frein à la reprise. D'après la recherche économique, les sociétés les plus endettées réduisent davantage leurs investissements que les autres, ce qui limite l'efficacité de l'assouplissement monétaire. Ces entreprises lourdement endettées vont subir une perte durable de compétitivité vis-à-vis de leurs concurrentes mieux capitalisées. Une politique économique visant leur recapitalisation devrait avoir des effets favorables durables sur la croissance économique.

QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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