Conjoncture

Fragilisée par la pandémie mais suffisamment solide pour faire face aux nouveaux chocs

ECO CONJONCTURE  
N°3  
20 juin 2022  
INDONÉSIE : FRAGILISÉE PAR LA PANDÉMIE MAIS SUFFISAMMENT SOLIDE  
POUR FAIRE FACE AUX NOUVEAUX CHOCS  
Johanna Melka  
Le pays sort fragilisé de l’épidémie de Covid-19. Deux ans après la crise, le PIB indonésien a retrouvé son niveau de 2019. Néanmoins, le  
marché du travail demeure fragile, les ménages se sont appauvris et les investissements restent modestes. Selon la Banque mondiale,  
l’épidémie va coûter 0,1 point de croissance potentielle au pays en raison de ses conséquences durables sur l’éducation et le marché de  
l’emploi. Aujourd’hui, le pays doit faire face à un nouvel environnement économique extérieur complexe avec la hausse des prix des ma-  
tières premières induite par le conflit en Ukraine et les sanctions prises à l’encontre de la Russie. Même si le conflit en Ukraine ne sera pas  
sans conséquence sur la croissance, les comptes extérieurs devraient rester solides et la hausse des prix contenue. En effet, exportateur  
net de matières premières, le pays devrait bénéficier de la hausse des prix des produits exportés. Par ailleurs, pour limiter l’impact de la  
hausse des prix internationaux sur les prix domestiques, le gouvernement a d’ores et déjà augmenté les subventions sur les prix de l’éner-  
gie et maintient le contrôle sur les prix de l’essence.  
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L’ÉCONOMIE INDONÉSIENNE  
AU SORTIR DE LA CRISE DE  
LA COVID-19  
CONSÉQUENCES LIMITÉES  
DU CONFLIT EN UKRAINE  
La banque  
d’un monde  
qui change  
Eco Conjoncture n°3 // 20 juin 2022  
economic-research.bnpparibas.com  
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INDONÉSIE: FRAGILISÉE PAR LA PANDÉMIE MAIS SUFFISAMMENT SOLIDE POUR FAIRE FACE AUX NOUVEAUX CHOCS  
Le pays sort fragilisé de l’épidémie de Covid-19. Deux ans après la crise, le PIB indonésien a retrouvé son niveau de  
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019. Néanmoins, le marché du travail demeure fragile, les ménages se sont appauvris et les investissements restent  
modestes. Selon la Banque mondiale, l’épidémie va coûter 0,1 point de croissance potentielle au pays en raison de ses  
conséquences durables sur l’éducation et le marché de l’emploi. Aujourd’hui, le pays doit faire face à un nouvel envi-  
ronnement économique extérieur complexe avec la hausse des prix des matières premières induite par le conflit en  
Ukraine et les sanctions prises à l’encontre de la Russie. Même si le conflit en Ukraine ne sera pas sans conséquence  
sur la croissance, les comptes extérieurs devraient rester solides et la hausse des prix contenue. En effet, exportateur  
net de matières premières, le pays devrait bénéficier de la hausse des prix des produits exportés. Par ailleurs, pour  
limiter l’impact de la hausse des prix internationaux sur les prix domestiques, le gouvernement a d’ores et déjà aug-  
menté les subventions sur les prix de l’énergie et maintient le contrôle sur les prix de l’essence.  
L’économie indonésienne au sortir de la crise de la  
Covid-19  
PIB ET PIB PAR TÊTE  
PIB en volume  
PIB par tête en volume  
indice, 2019 = 100  
10  
1
1
Perte durable de croissance induite par l’épidémie  
L’économie indonésienne n’a pas été épargnée par la crise de la  
Covid-19. Pour la première fois depuis 1998, elle a enregistré une  
récession en 2020 (-2,1%). L’ampleur du recul économique a toutefois  
été sans commune mesure avec celui enregistré au moment de la crise  
asiatique (-13,1%). Par ailleurs, la contraction économique a été moins  
forte que dans les autres pays d’Asie du Sud-Est comme les Philippines  
00  
90  
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70  
(
-9,6%), la Thaïlande (-6,2%) et la Malaisie (-5,6%).  
En 2021, le rebond de l’économie, bien que modeste (+3,7%), a toutefois  
permis au PIB (à prix constants) de retrouver, et même de dépasser, son  
niveau d’avant la crise de la Covid-19 (+1,5%). Néanmoins, fin 2021,  
le PIB par tête était encore inférieur de 0,4% au niveau de 2019. De  
plus, on estime que sans le choc induit par l’épidémie, le PIB aurait  
été supérieur de 11% à ce qu’il a été fin 2019. Par ailleurs, bien que  
le gouvernement ait adopté d’importantes mesures de soutien à la  
population, la crise de la Covid-19 a fait augmenter le taux de pauvreté1  
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010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021  
GRAPHIQUE 1  
SOURCES : CEIC, BNP PARIBAS  
MARCHÉ DU TRAVAIL ET PAUVRETÉ  
Part des jeunes en inactivité totale  
Taux de pauvreté (é.d.)  
Taux de chômage (é.d.)  
(
de 9,2% en 2019 à 10,2% en septembre 2020, ramené à 9,7% en  
septembre 2021 selon l’institut national de la statistique). La Banque  
mondiale estime par ailleurs que la crise a généré une baisse de la  
croissance potentielle de 0,1 point de pourcentage. Les conséquences  
de l’épidémie en termes d’éducation, d’accès au marché de l’emploi  
et, dans une moindre mesure, d’accumulation du capital, ne sont pas  
négligeables et vont perdurer.  
%
5
%
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23  
Le marché du travail, structurellement fragile, reste moins dyna-  
mique qu’avant la crise  
22  
21  
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Le marché du travail en Indonésie est structurellement fragile. Le faible  
taux de participation des femmes, le niveau d’éducation relativement  
bas et la part élevée du travail informel sont des contraintes  
importantes pour l’économie, et notamment pour le développement  
de secteurs à forte valeur ajoutée qui nécessitent une main d’œuvre  
qualifiée. En outre, ces fragilités se sont accentuées pendant l’épidémie  
de la Covid-19 et le marché du travail n’est pas encore revenu à son  
niveau d’avant-crise.  
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2015  
2016  
2017  
2018  
2019  
2020  
2021  
2022  
GRAPHIQUE 2  
SOURCES : BPS, BNP PARIBAS  
La part de l’emploi informel, en hausse pendant l’épidémie, reste  
supérieure à son niveau précédant la pandémie. Elle s’élevait à 59,5%  
en 2021, selon la dernière enquête sur le marché du travail publié par  
l’institut national de la statistique (BPS), soit +3,6 points par rapport à  
019). Par ailleurs, les disparités par sexe, niveau d’éducation et zone  
géographique restent extrêmement élevées. Près de 94% des actifs  
sans aucune formation scolaire travaillent dans le secteur informel.  
Le taux de chômage a diminué de 7,1% mi-2020 à 5,8% en février 2022  
mais il reste supérieur de 0,9 point au niveau d’avant-crise et atteint  
plus de 17% chez les jeunes (vs. 13,4% en 2019).  
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1
Le BPS définit le seuil de pauvreté à un revenu inférieur à 486 168 Rupiah par mois soit l’équivalent de 33 USD.  
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2
L’emploi des femmes reste modeste (leur taux d’emploi n’était que  
de 51,6% en 2021 alors que celui des hommes était de 77,8% selon  
l’Organisation internationale du Travail) et elles occupent à près de  
Un secteur bancaire solide mais des entreprises do-  
mestiques fragilisées  
Fin 2021, la situation économique et financière des entreprises était  
globalement satisfaisante et le secteur bancaire était suffisamment  
solide pour soutenir l’économie indonésienne.  
6
4% un emploi dans le secteur informel selon le BPS.  
La fermeture des écoles (estimée en moyenne à 18 mois, voire 2 ans,  
selon les provinces) aurait selon l’OIT entraîné une perte de 0,9 à  
1
,2 année d’éducation effective (« learning adjusted years of schools »). Des entreprises globalement plus solides fin 2021 qu’à la veille de  
Structurellement, le niveau d’éducation des jeunes Indonésiens est la pandémie  
faible, légèrement inférieur à celui de la fin du secondaire. La baisse du  
niveau d’éducation induite par l’épidémie va peser sur la productivité  
des nouveaux entrants sur le marché du travail mais aussi sur leurs  
revenus. Selon la Banque mondiale, la baisse du niveau réel de  
qualifications pourrait entraîner un manque à gagner compris entre  
La situation financière des entreprises s’est globalement améliorée en  
021. À la fin de l’année, elle était même plus confortable qu’à la veille  
de la pandémie, hormis dans certains secteurs fortement fragilisés par  
les confinements successifs comme la construction ou les activités de  
services. Ces secteurs seront, en outre, les plus affectés par la hausse  
des prix des matières premières.  
2
7
à 10% sur la durée de vie professionnelle des étudiants confrontés  
à la crise.  
Par ailleurs, la part des jeunes (15-24 ans) qui ne sont ni en activité  
professionnelle, ni en formation, était encore structurellement élevée  
DETTE DES ENTREPRISES  
(
22,4% selon le BPS) et supérieure de 0,7 point au niveau d’avant-crise  
en 2021. De plus, les jeunes qui trouvent aujourd’hui un travail gagnent  
en moyenne 19% de moins qu’auparavant.  
Dette extérieure  
Dette domestique  
% du PIB  
5
3
3
2
2
Le taux d’investissement toujours en recul  
0
5
0
L’épidémie de la Covid-19 a aussi pesé sur l’investissement déjà  
structurellement faible. En 2021, le taux d’investissement n’était  
que de 31,5% du PIB alors qu’il s’établissait à 33,8% du PIB avant la  
crise. Selon le FMI, ce taux ne devrait pas augmenter avant 2023 et  
ne retrouverait pas les niveaux enregistrés sur la période 2015-2019  
15  
1
0
5
0
(
34% du PIB). Les taux d’utilisation des capacités de production restent  
bas (au T1 2022, il était de seulement 73,1% alors qu’il s’établissait  
en moyenne à 76% sur la période 2015-2019). De plus, les conditions  
monétaires et financières (hausse des coûts de production, des  
pressions inflationnistes et des taux d’intérêt) sont plutôt de nature à  
freiner les investissements des entreprises indonésiennes.  
2015  
2016  
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2019  
2020  
2021  
2022  
GRAPHIQUE 4  
SOURCES : BI, BNP PARIBAS  
En outre, plus de 74,5% des investissements sont concentrés dans les  
logements et les infrastructures. Les investissements en machines et  
biens d’équipement restent modestes (10,7% du total).  
COUVERTURE DES INTÉRÊTS PAR LES BÉNÉFICES AVANT IMPÔTS  
%
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2
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0
.5  
.0  
.5  
.0  
.5  
.0  
INVESTISSEMENTS  
Part des investissements en infrastructures  
Part des investissements en machines et équipements  
Taux d'investissement (% du PIB)(é.d.)  
%
00  
%
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0
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2019  
2020  
2021  
GRAPHIQUE 5  
SOURCES : BPS, BNP PARIBAS  
2
011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021  
Les ratios de levier des entreprises (dette rapportée aux capitaux  
propres) restent dégradés par rapport à leurs niveaux de fin 2019 (ils  
étaient en moyenne de 69,9% fin 2021 contre 65% fin 2019). Toutefois,  
les entreprises sont aujourd’hui plus en capacité de faire face à leurs  
GRAPHIQUE 3  
SOURCES : CEIC, BPS, BNP PARIBAS  
2
Le taux d’emploi est défini par la part des femmes en âge de travailler qui exercent une activité ou sont à la recherche d’un emploi rapportée à la population totale des femmes  
en âge de travailler.  
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engagements à court terme qu’elles ne l’étaient fin 2019. Les ratios de  
liquidité (actifs liquides rapportés aux besoins de financement à court  
terme de l’entreprises) se sont consolidés (ils s’élevaient en moyenne  
à 1,4 fin 2021) et les bénéfices avant impôts couvraient en moyenne  
INDICATEURS DU SECTEUR BANCAIRE  
Ratio solvabilité (é.g.)  
Ratio créances douteuses  
ROA  
%
27  
%
2
,3 fois les paiements des intérêts fin 2021 (contre 2,2 en 2019).  
3.5  
En revanche, il existe une grande disparité entre entreprises  
exportatrices et celles dont l’activité est essentiellement tournée vers  
le marché domestique. Selon le dernier rapport de la banque centrale,  
le ratio de dette rapportée aux capitaux propres et le ratio de liquidité  
s’élèvent respectivement à 84,3% et 1,3 pour les entreprises non  
exportatrices, contre 62,8% et 1,4 pour les entreprises exportatrices.  
Ainsi, dans le secteurs des services et le commerce, les bénéfices avant  
impôts suffisent à couvrir le paiement des intérêts (les ratios étaient  
fin 2021 de seulement 0,89 et 0,95 dans ces deux secteurs d’activité).  
En outre, les entreprises des services seront plus affectées par la  
hausse des prix des cours des matières premières que les entreprises  
exportatrices qui vont, à l’inverse, en bénéficier.  
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6
3
.0  
.5  
25  
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2
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2.0  
1.5  
21  
20  
2015  
2016  
2017  
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2019  
2020  
2021  
2022  
GRAPHIQUE 6  
SOURCES : BI, BNP PARIBAS  
Rapportée au PIB, la dette extérieure des entreprises non bancaires est Le secteur bancaire indonésien est donc suffisamment solide pour  
modérée même si elle a légèrement baissé depuis fin 2019. Elle s’élevait financer les besoins de l’économie et faire face au choc induit par le  
à seulement 14,2% du PIB au T1 2022 (soit 0,6 point de moins que fin conflit en Ukraine.  
2
019). Cependant, là encore, le risque est principalement concentré  
En revanche, pour contrecarrer la faiblesse structurelle des  
investissements, le gouvernement doit poursuivre les réformes. C’est  
notamment ce qu’il a tenté de faire pendant la pandémie. Pour autant,  
leur application reste difficile.  
sur les entreprises domestiques endettées en devises dont l’activité ne  
leur assure aucune couverture « naturelle » contre le risque de change.  
Le secteur bancaire reste solide  
Le secteur bancaire et financier indonésien a bien résisté à la crise D’importantes réformes ont été adoptées pendant la  
induite par l’épidémie de Covid-19. Même si officiellement, une légère  
pandémie mais leur application reste délicate  
dégradation a été enregistrée par rapport à la situation qui prévalait  
À l’automne 2020 le gouvernement a adopté d’importantes réformes  
fin 2019, la qualité des actifs est restée satisfaisante et les ratios de  
structurelles Cet ensemble de lois, appelé « Omnibus Law », visait  
solvabilité se sont maintenus à des niveaux confortables.  
à lever les contraintes structurelles qui pèsent sur l’économie  
Globalement, le ratio de créances douteuses s’est élevé à seulement  
,1% en février 2022, soit seulement 0,6 point de plus qu’avant la  
Covid-19.  
indonésienne, en particulier le marché du travail. L’objectif était  
d’assouplir les contraintes bureaucratiques, les rigidités sur le marché  
du travail et les réglementations multiples et contradictoires qui  
3
Néanmoins, les banques ne sont pas obligées de reporter les retards de entravaient les créations d’emplois et les investissements, notamment  
paiement de leurs clients avant 2023. Par ailleurs, il existe une grande dans le secteur formel et pesaient in fine sur la compétitivité.  
disparité selon les secteurs d’activité.  
Mais en novembre 2021, la Cour constitutionnelle indonésienne a  
Les créances douteuses sont supérieures à la moyenne du secteur déclaré que la loi Omnibus n’avait pas fait l’objet d’une délibération  
bancaire dans son ensemble dans quatre secteurs : l’industrie et n’avait pas été ratifiée conformément au processus législatif officiel.  
manufacturière (5,2%), le secteur minier (5,4% en février), le commerce Toutefois, sur le fond la loi n’est pas entachée d’inconstitutionnalité.  
de gros et de détail (4,1%) et l’hôtellerie-restauration (6,3%).  
La Cour constitutionnelle a fixé un délai de deux ans aux législateurs  
pour la présenter de nouveau dans le cadre d’un processus législatif  
conforme à la Constitution en vigueur. Si les changements requis par  
la Cour ne sont pas adoptés avant fin novembre 2023, la loi sera alors  
jugée inconstitutionnelle.  
Lesratiosdesolvabilitérestentélevésetsontsuffisammentconfortables  
pour absorber les pertes potentielles. Le Capital Adequacy Ratio était  
de 26% en février 2022. La profitabilité des banques a globalement  
sensiblement diminué (ROA et ROE étaient de respectivement 1,8% et 9%  
fin 2021) mais elle reste supérieure à celle des banques thaïlandaises  
et malaises, comme c’était déjà le cas fin 2019.  
CRÉANCES DOUTEUSES PAR SECTEUR D’ACTIVITÉ (%)  
Electricité,  
eau, gaz  
Services aux  
entreprises  
Services  
sociaux  
Total  
Agriculture  
Ind. minière  
Ind. manuf.  
Construction  
Commerce  
Transport  
2019  
2020  
2021  
2,53  
3,06  
3
1,66  
2,08  
1,74  
3,58  
7,26  
4,42  
3,88  
4,58  
5,18  
0,89  
1,24  
1,04  
3,55  
3,45  
3,62  
3,66  
4,54  
4,33  
1,64  
2,16  
2,07  
1,43  
1,92  
2,11  
1,5  
2,17  
1,54  
TABLEAU 1  
SOURCE : BANK OF INDONESIA  
La banque  
d’un monde  
qui change  
Eco Conjoncture n°3 // 20 juin 2022  
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5
La Cour constitutionnelle a ordonné au gouvernement de retarder la fiscale en octobre 2021 (« Tax regulation Harmonization Law »). Dans  
mise en œuvre de toute nouvelle politique relative à la loi sur la création ce cadre, le taux de TVA a été augmenté de 1 point le 1er avril 2022  
d’emplois qui aurait un impact important. Par ailleurs, le gouvernement (passant à 11%) et il sera porté à 12% en 2025. Les biens et services  
ne peut plus émettre de nouvelles réglementations pour faciliter la mise exemptés de TVA seront également fortement réduits. Le projet de loi  
en place de zones économiques spéciales, la réouverture de nouveaux de finances prévoit aussi d’introduire un nouveau taux d’imposition  
secteurs d’investissement et l’attractivité pour les investisseurs de 35% sur les très hauts revenus (supérieurs à IDR 5 mds par an),  
étrangers. Toutefois, les décisions de la Cour constitutionnelle n’ont d’inclure les avantages sociaux reçus dans l’assiette fiscale, d’annuler  
pas d’effet rétroactif. Cela signifie que les décisions prises par le la baisse de l’impôt sur les sociétés de 22% à 20%, d’élargir la taxe  
gouvernement ou, en l’occurrence, les entreprises, depuis l’adoption de d’accise sur les produits en plastique, d’introduire une taxe carbone  
la loi ou des règlements et avant novembre 2021, seront maintenues.  
et enfin de réintroduire une amnistie fiscale, comme en 2016, pour  
inciter à déclarer des actifs non déclarés, avec des taux d’imposition  
de 6% à 18% de leur valeur. D’un autre côté, le gouvernement a relevé  
le plancher d’imposition des bas revenus de IDR 50 millions à IDR 60  
millions.  
La suspension de cette loi va peser sur les investissements, les  
créations d’emplois et la croissance à moyen terme.  
Finances publiques mises à mal  
Les marges de manœuvre du gouvernement indonésien pour soutenir la Au total, le gouvernement espère augmenter ses recettes de près de  
croissance et accroître ses dépenses de développement sont limitées. 1 point de PIB en 2022. Elles resteront toutefois bien inférieures au  
Même si la dette publique reste relativement modeste, la base fiscale niveau qui prévaut dans les autres pays de la zone (16,1% du PIB en  
est structurellement faible et le poids des dépenses « rigides » Malaisie sur les cinq dernières années).  
(
paiement des intérêts, subventions, masse salariale des agents de  
Une forte hausse de la charge d’intérêt  
l’Etat) a augmenté conjointement à la charge de la dette. Par ailleurs,  
le gouvernement reste structurellement dépendant des investisseurs En 2021, la part des dépenses rigides dans le total des dépenses du  
étrangers pour financer son déficit, ce qui contraint sa stratégie, en gouvernement est restée modeste (5,8%), grâce, notamment, à la  
particulier en période de forte volatilité sur les marchés financiers  
Les finances publiques indonésiennes ont été fragilisées par la crise. En  
stratégie adoptée en 2014 de réduction drastique des subventions.  
En revanche, la charge d’intérêts sur la dette a progressivement  
augmenté depuis 2013-2014. Alors qu’elle s’élevait à seulement 1,2%  
du PIB en 2013, elle a atteint 2% du PIB en 2021, soit l’équivalent de  
2
020, le déficit budgétaire du gouvernement central s’est élevé à 6,1%  
du PIB alors qu’il atteignait en moyenne seulement 2,3% du PIB sur la  
période 2015-2019. Dans le même temps, a dette a atteint 38,6% du  
PIB, soit près de 9 points de plus qu’en 2019.  
1
7,2% des recettes budgétaires (contre seulement 7,9% en 2013). La  
charge d’intérêts constitue donc une nouvelle source de rigidité qui  
réduit d’autant la marge de manœuvre du gouvernement pour faire  
face à un nouveau choc.  
En 2021, les finances publiques se sont consolidées. Elles sont  
toutefois plus fragiles qu’avant l’épidémie de la Covid-19. Par ailleurs,  
la politique de soutien à l’économie dans le contexte du conflit en  
Ukraine va ralentir la consolidation des finances.  
STRUCTURE DES DÉPENSES PUBLIQUES  
Une faible base fiscale  
Subventions  
Les marges de manœuvre budgétaires du gouvernement sont  
contraintes par sa faible base fiscale. En 2021, les recettes, bien qu’en  
hausse par rapport à 2020, sont restées contenues à seulement 11,8%  
du PIB (vs. 12,7% du PIB sur la période 2015-2019). Pour accroître les  
recettes budgétaires, le gouvernement a adopté une nouvelle réforme  
Charges d'intérêt  
Dépenses salariales  
Charges d'intérêt en % des recettes (é.d.)  
%
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du PIB  
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FINANCES PUBLIQUES  
Recettes  
Dépenses  
Solde budgétaire (é.d.)  
% du PIB  
0
%
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du PIB  
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1
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2019  
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2021  
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0
-
-
-
-
-
-
1
GRAPHIQUE 8  
SOURCE: MOF, CEIC, BNP PARIBAS  
2
3
4
5
6
En outre, alors même que la banque centrale indonésienne a maintenu  
une politique accommodante, le durcissement de la politique monétaire  
américaine et la hausse des pressions inflationnistes ont généré une  
augmentation des rendements sur les obligations du gouvernement  
indonésien. Au cours des douze derniers mois, les taux à 10 ans ont  
augmenté de 75 points de base pour s’élever à 7,3% au 31 mai 2022.  
-7  
2015  
2016  
2017  
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2019  
2020  
2021  
GRAPHIQUE 7  
SOURCE: MOF, CEIC, BNP PARIBAS  
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6
seulement 0,5% et 0,6% de ses importations totales. De même, ses  
exportations à destination de ces deux pays étaient extrêmement  
modestes (0,2% et 0,6% des exportations étaient vers l’Ukraine et la  
Russie en 2021).  
DETTE DU GOUVERNEMENT  
Créanciers étrangers  
Créanciers domestiques  
%
du PIB  
4
4
3
3
2
2
1
1
5
En revanche, d’un côté, le pays importe des céréales et du pétrole  
(dont la moyenne des prix sur les cinq premiers mois de l’année est  
supérieure de 25,4 et 65,7 % par rapport à 2021), de l’autre il exporte  
de l’huile de palme et du charbon.  
0
5
0
5
0
5
0
5
0
La hausse des prix des céréales aura un impact modeste sur la balance  
commerciale car les importations de céréales sont faibles au regard du  
total des importations (2%). Toutefois, le pays importe la totalité de sa  
consommation de blé. En outre, 23% de ses importations proviennent  
d’Ukraine (l’Australie étant son premier fournisseur). Le pays va donc  
devoir trouver un autre fournisseur pour substituer ses importations  
d’Ukraine.  
2015  
2016  
2017  
2018  
2019  
2020  
2021  
Par ailleurs, l’envolée des prix du pétrole va détériorer sensiblement  
la balance commerciale car les importations nettes de pétrole et de  
produits pétroliers ont représenté en 2021 14,7% des importations  
GRAPHIQUE 9  
SOURCE: BI, BNP PARIBAS  
Vers un arrêt du financement par la banque centrale  
Depuis 2020, la banque centrale indonésienne (Bank of Indonesia, BI) totales. Une hausse des prix du pétrole de 10% pourrait avoir un impact  
a financé une grande partie des émissions de dette du gouvernement négatif de 0,1 point sur le solde courant. En supposant que le prix du  
dans le cadre d’importants programmes d’achats d’actifs sur le pétrole s’élève en moyenne à USD100 le baril sur l’année 2022 (+41%  
marché primaire, comme ce fut le cas en Inde. En 2020 et 2021, la  
banque centrale a ainsi acheté l’équivalent de 3,7% et 1,3% du PIB,  
respectivement. Pour autant, fin 2021, la dette détenue par les  
investisseurs étrangers représentait encore 30,1% de la dette totale  
contre 37,9% à la veille de la crise de la Covid-19. En 2022, la Bank of  
Indonesia devrait acheter un montant relativement similaire à celui  
de 2021 (IDR 224 trn, soit 1,2% du PIB). Ces achats permettent à l’État  
de contenir le coût de financement. Néanmoins, ces achats de dette  
par la banque centrale devraient s’arrêter en 2023. À cette date, le  
gouvernement devra non seulement réduire son déficit sous le seuil de  
PRIX DES MATIÈRES PREMIÈRES  
Global  
indice, 2016 = 100  
Pétrole  
Charbon  
Alimentaires  
5
5
4
4
350  
300  
50  
00  
50  
00  
3
% du PIB mais aussi le financer sans faire appel à la banque centrale.  
250  
200  
150  
100  
Il redeviendra dépendant des investisseurs étrangers, ce qui entraînera  
une hausse de ses coûts de financement et réduira d’autant ses marges  
de manœuvre pour soutenir son développement.  
5
0
0
D’ici là, le gouvernement doit faire face à un nouveau choc : celui du  
conflit en Ukraine et de la hausse des prix des matières premières.  
2016  
2017  
2018  
2019  
2020  
2021  
2022  
GRAPHIQUE 10  
SOURCE: IMF, BNP PARIBAS  
Conséquences limitées du conflit en Ukraine  
L’impact direct du conflit en Ukraine sur l’économie de l’Indonésie sera  
faible car les relations commerciales avec l’Ukraine et la Russie sont  
limitées. En revanche, la hausse des prix des matières premières se  
répercutera directement sur la balance commerciale et indirectement  
sur l’inflation, à moins que le gouvernement ne décide de subventionner  
les produits importés.  
BALANCE DES PAIEMENTS COURANTS  
Investissements nets de portefeuille  
IDE nets  
%
du PIB  
5
Compte courant  
Ces effets dépendent de deux facteurs : la durée de l’interdiction  
d’exporter de l’huile de palme (en vigueur depuis le 28 avril 2022) et  
l’adoption de mesures budgétaires pour contenir l’inflation importée.  
Jusqu’à présent, le gouvernement a choisi de soutenir son économie, au  
risque de ralentir la consolidation budgétaire en cours.  
4
3
2
1
0
1
2
3
4
-
-
-
-
Comptes extérieurs : impact globalement positif si  
l’interdiction d’exporter de l’huile de palme est levée  
rapidement  
La guerre en Ukraine et les sanctions à l’égard de la Russie n’affecteront  
pas directement les échanges commerciaux de l’Indonésie. En 2021, ses  
importations en provenance de ces pays constituaient respectivement  
2016  
2017  
2018  
2019  
2020  
2021  
2022  
GRAPHIQUE 11  
SOURCE: BI, BNP PARIBAS  
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Eco Conjoncture n°3 // 20 juin 2022  
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7
par rapport à la moyenne enregistrée en 2021), le solde courant se  
dégraderait donc de 0,4 point de PIB.  
INFLATION  
Dans le même temps, le pays devrait bénéficier de la hausse des prix  
des produits exportés, et en particulier ceux de l’huile de palme et  
du charbon, lesquels constituaient chacun 11,6% de ses exportations  
en 2021 (soit 2,2% du PIB pour chaque produit exporté). Selon les  
prévisions du FMI publiées dans le WEO en avril 2022, les prix du  
charbon et de l’huile de palme augmenteraient de 179% et 35% sur  
l’année 2022, ce qui générerait un effet comptable positif sur le compte  
courant de 2,2 points de PIB.  
Total  
Transport  
Hors alimentaire et énergie  
Alimentaire  
Energie  
g.a. %  
5
1
12  
9
6
Au total, en dépit de la hausse des prix du pétrole, la balance des  
paiements courants de l’Indonésie pourrait afficher un excédent pour  
l’année 2022 si les prix des produits qu’elle exporte se maintiennent,  
comme cela semble se profiler, à des niveaux élevés. Sur les quatre  
premiers mois de l’année 2022, le pays a déjà enregistré un surplus  
commercial record de près de USD17 mds (l’équivalent de 4% du PIB  
annualisé). Même si les importations ont sensiblement accéléré par  
rapport à la même période en 2019 (l’année 2020 étant biaisée par  
l’épidémie de la Covid-19), l’augmentation des exportations a été  
encore plus marquée, car favorisée par la très forte hausse des prix de  
l’huile de palme et du charbon.  
3
0
-
3
2
017  
2018  
2019  
2020  
2021  
2022  
GRAPHIQUE 12  
SOURCE: CEIC, BNP PARIBAS  
3
le GPL, sont globalement restés stables (seuls les prix du Pertamax  
et du Pertamina Dex, peu consommés, ont augmenté de 39% et 23%  
respectivement). Le gouvernement a également maintenu inchangés  
les prix de l’électricité. Ainsi, l’inflation hors énergie et alimentaire est  
Encore faut-il que le gouvernement lève l’interdiction d’exporter restée contenue à 2,6% en g.a.  
de l’huile de palme, effective depuis le 28 avril 2022. Cette mesure,  
adoptée afin de limiter la hausse des prix des huiles de cuisson sur le  
marché domestique, devrait être levée dès lors que le prix domestique  
de l’huile de cuisson sera ramené à 14 000 IDR (vs. 19700 IDR fin avril).  
Le manque à gagner induit par la suspension des exportations d’huile  
de palme est estimé à 0,2% du PIB chaque mois.  
Cette politique de contrôle des prix de l’essence devrait perdurer. En  
effet, en mai dernier, le ministère des Finances a soumis un nouveau  
budget au Parlement pour l’année 2022. Celui-ci intègre la hausse des  
subventions sur l’énergie aux ménages ainsi que les compensations  
financières auprès de Pertamina (qui distribue plus de 90% de  
l’essence dans le pays), afin de ne pas répercuter la hausse des prix  
L’association indonésienne GAPKI estime que les stocks d’huile de palme internationaux sur les prix domestiques de l’essence.  
seront entièrement reconstitués fin mai (la consommation domestique  
ne représente que 40% de la production totale). L’interdiction d’exporter  
de l’huile de palme pourrait ainsi être limitée à un seul mois.  
Même si les prix domestiques du fioul devraient rester contenus,  
la hausse des prix alimentaires devrait se poursuivre au cours des  
prochains mois, obligeant la banque centrale à relever ses taux  
directeurs pour contenir les pressions inflationnistes, d’autant plus que  
les pressions à la baisse sur la roupie devraient être fortes compte tenu  
du durcissement monétaire américain.  
La hausse des prix domestiques devrait rester conte-  
nue grâce au contrôle des prix du fioul domestique  
Sans politique de contrôle des prix, la hausse attendue des prix des  
matières premières alimentaires et celle de l’énergie sur l’ensemble  
de l’année 2022 (respectivement +14% et +88% selon les prévisions  
Sur l’ensemble de l’année 2022, on estime qu’en moyenne, la hausse  
des prix devrait rester modeste (entre 3,5% et 4%, contre 1,6% en 2021).  
du FMI d’avril 2022) pourrait générer une augmentation de l’indice Un coût budgétaire maîtrisé  
des prix à la consommation de 1 point. En effet, les prix énergétiques  
Sur les quatre premiers mois de l’année 2022, le solde budgétaire  
et les prix alimentaires constituent respectivement 12,2% et 22,4% de  
l’indice des prix à la consommation. Par ailleurs, leur élasticité aux prix  
internationaux est estimée à respectivement 0,15 et 0,2 (i.e. des hausses  
des prix internationaux de 1% de l’énergie et de l’alimentaire entraînent  
une hausse des prix domestiques de 0,15 et 0,2 respectivement).  
Cependant, le gouvernement contrôle les prix domestiques du fioul, et  
même s’il n’existe pas de contrôle des prix alimentaires, l’interdiction  
d’exporter de l’huile de palme devrait permettre de contenir la hausse  
des prix de l’huile de cuisson domestique.  
a enregistré un surplus équivalant à 1,6% du PIB. Les recettes ont  
sensiblement augmenté (+45,9% par rapport à la même période en  
2
021) alors que les dépenses sont restées contenues (+3,7%), en dépit  
de la forte augmentation des coûts de subventions (+39%), celles sur  
l’énergie ayant augmenté de près de 26%.  
En mai dernier, le gouvernement a révisé son budget 2022 en supposant  
que le prix moyen du baril de pétrole pourrait atteindre USD100  
en moyenne sur l’année 2022 contre USD63 prévu initialement. Le  
ministère des Finances estime que le coût généré par la hausse des  
subventions (directes et indirectes) pour limiter la hausse des prix  
domestiques de l’énergie sera de IDR 392 trillion, soit l’équivalent de  
plus de 2,2% du PIB. Cependant, cette hausse des dépenses par rapport  
au budget initial devrait être compensée par l’augmentation des  
recettes sur les taxes douanières et les hausses de dividendes générées  
par la hausse des prix des produits exportés. Le gouvernement prévoit  
en effet un surplus de revenus de IDR 420 trillions.  
Jusqu’en avril la hausse des prix est restée globalement contenue  
(
+3,5% en glissement annuel). Elle se situe toujours dans la cible et  
la fourchette fixées par les autorités monétaires (3% +/-1%). Les prix  
alimentaires et ceux des transports ont néanmoins enregistré une  
hausse de 5,3% et 4,8% respectivement en glissement annuel. La hausse  
des prix des transports reflète essentiellement l’augmentation des prix  
du GPL 12kg et 50kg (+27% en moyenne sur les quatre premiers mois  
de l’année 2022). Les prix des carburants les plus utilisés, autres que  
3
Le prix du Pertalite, qui représente près de 90% de la consommation totale d’essence, est resté stable.  
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Selon les estimations du ministère des Finances, le déficit budgétaire  
pourrait ainsi être contenu à 4,5% du PIB sur l’ensemble de l’année  
2
022 (en supposant que le prix du pétrole n’excède pas USD100 le baril  
en moyenne sur l’année et que la croissance du PIB s’établisse entre  
,8% et 5,5%).  
4
À plus long terme, le gouvernement a réitéré son engagement de  
réduire le déficit sous le seuil légal de 3% du PIB en 2023 (le plafond  
légal avait été levé en raison de la pandémie).  
Conclusion  
En dépit d’un environnement économique international complexe dû au  
conflit en Ukraine, la croissance économique devrait rester robuste en  
2
022-2023, soutenue par le dynamisme de la demande intérieure. Le  
gouvernement a adopté une politique de contrôle des prix pour contenir  
l’impact de la hausse des prix internationaux sur les prix domestiques,  
limitant ainsi les conséquences pour les ménages déjà fragilisés par  
l’épidémie de Covid-19. La hausse des recettes budgétaires, générées  
par l’augmentation des prix des produits exportés, devrait permettre  
de contenir le déficit budgétaire malgré la hausse des subventions et  
l’alourdissement structurel de la charge d’intérêts.  
À court terme, le principal risque pour l’économie indonésienne réside  
dans le financement du déficit budgétaire du gouvernement en 2023  
lorsque les achats de sa dette par la banque centrale cesseront.  
À moyen terme, le gouvernement doit parvenir à lever les contraintes  
structurelles qui pèsent sur la compétitivité du pays et notamment  
sur le marché du travail. L’adoption de l’« omnibus law » pendant  
la pandémie va dans le bon sens. Mais la récente décision de la Cour  
constitutionnelle de suspendre son application (son adoption ayant  
été jugée non conforme au processus législatif) illustre la difficulté de  
réformer le pays.  
Achevé de rédiger le 30 mai 2022  
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