Conjoncture

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La crise financière de 2008 a marqué de son empreinte l’environnement macroéconomique, réglementaire et légal du  
Royaume-Uni. S’en est suivie une longue période de consolidation du secteur bancaire. Si les grandes banques  
britanniques sont parvenues à améliorer leurs performances au cours de la période récente, elles sont désormais  
exposées à de nouveaux défis, à commencer par l’incertitude entourant le Brexit. Cette incertitude ne devrait pas se  
dissiper immédiatement après le dénouement du Brexit, car il leur faudra encore s’adapter à la perte du passeport  
européen et éventuellement faire face à une contraction de la demande sur leur marché.  
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Des produits nets  
bancaires en hausse  
depuis 2016  
Amélioration du coefficient  
dexploitation malgré la  
réforme Vickers  
Mieux capitalisées, les  
banques réduisent leurs  
coûts mais plus leurs actifs  
Récente amélioration du  
résultat et incertitudes à  
court terme  
2
Conjoncture // Octobre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
La crise financière de 2008 a marqué de son empreinte l’environnement macroéconomique, réglementaire et légal du Royaume-Uni. S’en  
est suivie une longue période de consolidation du secteur bancaire. Si les grandes banques britanniques sont parvenues à améliorer  
leurs performances au cours de la période récente, elles sont désormais exposées à de nouveaux défis, à commencer par l’incertitude  
entourant le Brexit. Cette incertitude ne devrait pas se dissiper immédiatement après le dénouement du Brexit, car il leur faudra encore  
s’adapter à la perte du passeport européen et éventuellement faire face à une contraction de la demande sur leur marché.  
Plus de dix ans après la crise financière et à l’approche du Brexit, nous financiers afin de « favoriser l’innovation au service des  
nous intéressons à la santé du secteur bancaire britannique, ou plus consommateurs ».  
particulièrement à celle de ses cinq principaux acteurs - Barclays,  
Ces deux éléments s’inscrivent en cohérence avec la volonté des  
HSBC, Lloyds, RBS et Standard Chartered - qui totalisaient encore 76%  
pouvoirs publics britanniques d’accroître la concurrence dans le secteur  
bancaire national, ce qui s’est matérialisé par l’apparition de nouvelles  
banques, souvent digitales, appelées « challengers » ou « néo-  
banques ». Enfin, les banques traditionnelles comme les banques  
1
du montant total des actifs du secteur en 2018 . Hétérogènes du point  
de vue de la répartition de leurs activités par zone géographique et par  
pôle de métier, ces banques sont toutes implantées de longue date  
e e  
depuis le XVIII ou le XIX siècle) au Royaume-Uni.  
(
challenger évoluent dans un environnement caractérisé par une  
Le secteur bancaire britannique a été durement frappé par la crise de politique monétaire accommodante et une source d’incertitude majeure  
008. Les pertes bancaires enregistrées au Royaume-Uni pour la seule entourant le Brexit, même si les institutions publiques de l’Union  
2
période 2008-2012 se sont élevées à près de 10% du PIB, et l’Etat européenne (UE) et du Royaume-Uni se sont évertuées à minimiser les  
3
britannique a dû intervenir en recapitalisant la troisième et la quatrième risques . La Banque centrale d’Angleterre (Bank of England, BoE)  
banque en termes d’actifs. Les cinq grandes banques britanniques ont estime que les banques challenger pourraient être plus affectées par un  
en outre continué d’enregistrer des pertes par la suite, de sorte que la Brexit désordonné que les banques dites historiques. Les enjeux sont  
phase de consolidation suivant la crise s’est prolongée jusqu’en 2015- toutefois de taille pour les cinq banques de notre échantillon et se  
2016. Depuis, le secteur bancaire britannique, appréhendé à travers posent en des termes différents pour les grandes banques de détail,  
ces cinq groupes bancaires, a vu ses résultats se redresser. Plus d’une part, dont les activités sont concentrées sur le Royaume-Uni, et  
rentables au prix d’efforts de restructuration et de maîtrise des coûts, pour les banques présentant des portefeuilles plus diversifiés, d’autre  
elles sont également plus solides.  
part, qui doivent repenser l’organisation de leurs activités dans l’UE.  
Elles paraissent ainsi mieux à même désormais de faire face aux  
évolutions actuelles et futures à court et moyen terme. Sur le plan légal  
et réglementaire, il s’agit par exemple de la réforme Vickers, en vigueur  
er  
depuis le 1 janvier 2019, ou encore de l’application de la Fundamental  
2
Review of the Trading Book (FRTB) à partir de 2022 . A plus court  
terme, il s’agit encore de se conformer à la directive européenne PSD2,  
plus ou moins complémentaire de l’open banking en place au  
Royaume-Uni depuis le 1 janvier 2018 (par décision de la Competition  
and Markets Authority d’août 2016), en vertu duquel les banques sont  
tenues de partager leurs données clients avec d’autres acteurs  
À l’issue de plusieurs années consécutives de baisse, le produit net  
bancaire (PNB) agrégé des cinq banques de notre échantillon est  
tombé à GBP 97,5 mds en 2016, son plus bas niveau depuis la crise  
er  
4
financière . Il est depuis lors reparti à la hausse pour atteindre  
3
BNP Paribas, Brexit : déclinaison financière, les grandes lignes, Conjoncture mars  
2019  
4
Les comparaisons avec la période précédant la crise (i.e. jusqu’à l’année 2008  
1
Données SNL à fin 2018 : calculs sur la base des comptes consolidés des banques,  
caisses d’épargne, mutuelles, etc.  
La FRTB est un nouveau volet de réglementation bancaire initialement publié en  
janvier 2016, et actualisé en janvier 2019 de sorte que son entrée en vigueur a été  
différée à 2022 avec une période de transition allant jusqu’à 2027. Elle revoit en  
profondeur la manière dont les banques évaluent les risques induits par leurs  
activités de marché. Elle sera assortie d’une adaptation des exigences en capital.  
incluse) sont rendues délicates par l’évolution sensible du périmètre des banques de  
notre échantillon de banques britanniques avec notamment le rachat d’une partie de  
ABN AMRO par RBS en 2007, celui d’une partie de Lehman Brothers par Barclays  
en 2008 et de HBOS par Lloyds en 2008. Même après retraitement, nous ne  
considérons le périmètre suffisamment homogène qu’à partir de 2009, année à partir  
de laquelle nous faisons débuter la période d’observation.  
2
3
Conjoncture // Octobre 2019  
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GBP 106,4 mds en 2018 (cf. tableau A en annexe). Cette embellie a en Ventilation du PNB des grandes banques britanniques en 2010 et 2018  
outre été confirmée par les revenus enregistrés au titre du premier  
semestre 2019 (+3,1% en g.a.).  
GBP Mds  
5
4
4
3
3
2
2
1
1
0
5
0
5
0
5
0
5
0
5
Autres produits nets d'exploitation Commissions nettes Produits nets d'intérêt  
Le déclin du PNB depuis le début de la décennie jusqu’en 2016 a  
touché toutes ses composantes. Si depuis la dynamique s’est inversée  
pour les produits nets d’intérêt et les autres produits nets d’exploitation,  
ce n’est pas le cas pour les commissions nettes. Ainsi, au fur et à  
mesure des années, la structure du PNB s’est déformée en faveur des  
produits nets d’intérêt et au détriment des commissions nettes. Reflet  
des différences entre les modèles d’activité des cinq banques étudiées,  
ainsi que de l’environnement macroéconomique, cette évolution est  
presque exclusivement portée par Lloyds et RBS, tandis que Barclays  
et Standard Chartered enregistrent des mouvements opposés. Or ces  
-
HSBC Barclays  
RBS  
Lloyds Standard HSBC Barclays  
Chartered  
RBS  
Lloyds Standard  
Chartered  
2010  
2018  
Graphique 1  
Source : SNL  
Les commissions continuent de peser sur la dynamique du PNB  
dernières, ainsi que HSBC, présentent un business model plus agrégé, reflétant un tassement des activités de marché  
diversifié, relevant de la banque universelle.  
Après un repli annuel moyen de 5,7% entre 2010 et 2016, les  
commissions nettes peinent à se redresser et affichent encore une  
croissance négative au cours de la période récente (-0,3% entre 2016  
et 2018 en TCAM). Ce faisant, leur poids dans le PNB a décru  
continûment, passant de 23% en 2010 à 21% en 2018. Cette tendance  
intervient dans un contexte de recul des grandes banques britanniques  
Les ventilations géographiques et par métier de leur PNB révèle en  
effet des profils similaires pour Lloyds et RBS, qui concentrent la quasi-  
totalité de leurs activités au Royaume-Uni et essentiellement dans la  
banque de détail (respectivement 60% et 63% de leur PNB en 2018,  
contre respectivement 25% et 37% pour les activités de marché). À  
l’inverse, HSBC et Standard Chartered sont davantage orientées vers  
l’Asie, avec respectivement 55% et 68% de leur PNB en 2018, et les  
métiers de la banque de financement et d’investissement (BFI), avec  
respectivement 54% et 56% du PNB en 2018. Enfin, Barclays présente  
un profil plus équilibré avec 55% de son PNB dédié à la banque de  
détail, d’une part, et 52% au marché britannique, d’autre part (contre  
(
similaire à celui des banques européennes) dans les classements de  
parts de marché des principaux métiers de la BFI, même si Barclays  
résiste (tableau 1).  
Et si les cinq banques de notre échantillon ont contribué collectivement  
à la baisse des commissions nettes au début de la décennie, les profils  
diffèrent dans la période récente. Elles sont en effet en hausse pour  
Standard Chartered grâce à ses activités en Asie, tandis qu’elles  
stagnent pour HSBC, du fait des moindres volumes d’activités  
enregistrés dans la banque d’investissement en Europe et en Amérique  
du Nord. La baisse se poursuit en revanche pour RBS et Lloyds  les  
commissions nettes de cette dernière étant largement liées à des frais  
de tenue de compte et de possession de carte bancaire plutôt qu’à des  
4
2
6% à la banque de marché et 36% au marché nord-américain en  
018).  
Les revenus nets d’intérêt tirés par la banque de détail  
Les produits nets d’intérêt représentent désormais 57% du PNB de  
notre échantillon (vs 50% en 2010) et progressent de 3,6% depuis 2016,  
après avoir reculé de 3,5% entre 2010 et 2016 (en taux de croissance  
annuel moyen, TCAM). Cette hausse est essentiellement portée par  
Lloyds, dont les revenus nets d’intérêt représentent désormais près des  
trois quarts de son PNB, contre la moitié au début de la décennie  
5
activités de marché .  
Ce faisant, parmi les grands pays européens, le Royaume-Uni est celui  
où la part de commissions nettes en proportion du PNB est la plus  
faible (graphique 2 et graphiques A et B en annexe). Le poids des  
commissions nettes dans le PNB de l’échantillon britannique était déjà  
faible il y a dix ans, mais leur montant agrégé était alors largement  
(
graphique 1). Ceci coïncide avec le recentrage des activités de Lloyds  
sur la banque de détail. De façon générale, les grandes banques de  
détail de notre échantillon présentent une part de produits nets d’intérêt  
en proportion de leur PNB plus importante que leurs consœurs.  
6
supérieur à celui des mêmes échantillons dautres pays européens  
(
EUR 31,5 mds au Royaume-Uni contre EUR 25,4 mds pour la France  
et EUR 15,1 mds pour l’Allemagne en 2005). Ce n’était plus le cas en  
018, les grandes banques françaises l’ayant dépassé (EUR 34 mds  
Les autres produits nets d’exploitation ont progressé en moyenne  
annuelle de 12,3% entre 2016 et 2018 (après -11,0% entre 2010 et  
2
2016, en TCAM), de sorte que leur contribution à la croissance du PNB  
pour la France contre EUR 25,7 mds pour le Royaume-Uni en 2018).  
de notre échantillon avoisinait celle des produits nets d’intérêt, alors que  
leur poids dans celui-ci était bien inférieur avec 22% en 2018  
(
(
vs 26% en 2010). Cette dynamique fut principalement le fait d’HSBC  
+10,2% en moyenne).  
5
Lloyds 2019 Half-year results  
Pour chaque pays, les échantillons bancaires sont constitués des cinq ou six  
6
premières banques en termes de fonds propres Tier 1 sur base consolidée. Ainsi,  
l’échantillon des grandes banques françaises agrège les comptes consolidés des  
groupes BPCE, BNP Paribas, Crédit Agricole, Crédit Mutuel et Société Générale.  
4
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Classement des banques selon leurs parts de marché mondiales par type d'activité  
Rang  
2007 - 2008  
Obligations  
JP Morgan  
2017 - 2018  
2007 - 2008  
2017 - 2018  
2007 - 2008  
2017 - 2018  
2007 - 2008  
2017 - 2018  
Actions  
Métiers de financement  
Fusion - acquisition  
1er  
JP Morgan  
JP Morgan  
Morgan Stanley  
Goldman Sachs  
JP Morgan  
JP Morgan  
Goldman Sachs  
Bank of America Merrill  
Lynch  
Goldman Sachs  
2e  
3e  
4e  
5e  
6e  
7e  
Barclays  
Citi  
BoA - Merril Lynch Citi  
Citi  
Citi  
BoA - Merril Lynch  
Citi  
Morgan Stanley  
JP Morgan  
Citi  
Goldman Sachs JP Morgan  
RBS  
JP Morgan  
Morgan Stanley  
Citi  
Goldman Sachs Goldman Sachs  
Deutsche Bank Barclays  
UBS  
Citi  
Bank of America  
Wells Fargo  
Barclays  
Morgan Stanley BoA - Merril Lynch BNP Paribas  
Barclays  
Merrill Lynch  
Morgan Stanley  
Merrill Lynch  
Credit Suisse  
Credit Suisse  
UBS  
Deutsche Bank  
Barclays  
Goldman Sachs  
Deutsche Bank  
UBS  
BoA - Merill Lynch  
Morgan Stanley HSBC  
Credit Suisse  
Lazard Ltd  
Evercore Partners  
Inc  
8e  
9e  
Bank of America Wells Fargo  
Deutsche Bank Deutsche Bank  
Lehman  
Brothers  
Crédit Agricole  
RBC Capital Markets Deutsche Bank  
UBS  
Deutsche Bank  
TD Securities  
Lloyds (32)  
Barclays  
Goldman Sachs  
Credit Suisse  
HSBC (13)  
HSBC  
Lehman Brothers  
Lazard Ltd  
Credit Suisse  
Deutsche Bank  
HSBC (21)  
1
0e HSBC  
CICC  
CICC  
BNP Paribas  
Stan Chart (33)  
Lloyds (48)  
RBS (93)  
RBS (11)  
Barclays (14)  
HSBC (15)  
RBS (38)  
HSBC (23)  
RBS (12)  
Stan Chart (41)  
RBS (86)  
Stan Chart (27)  
Lloyds (47)  
Barclays (20)  
HSBC (21)  
Stan Chart (138)  
Autres  
Stan Chart (61)  
Stan Chart (71)  
Tableau 1  
Source : Bloomberg  
Cela s’était en outre accompagné d’un recours des sociétés non  
financières (SNF) aux financements de marché plutôt qu’au crédit  
bancaire (cf. graphique C en annexe).  
Commissions nettes en proportion du PNB des grandes banques  
internationales  
40%  
35%  
30%  
25%  
20%  
15%  
Allemagne  
Espagne  
France  
Italie  
Royaume-Uni  
Zone euro  
Comparaison internationale de la dette des agents privés non  
financiers en proportion du PIB  
France  
Allemagne  
Italie  
Espagne  
Etats-Unis  
Zone euro  
2
00%  
80%  
Royaume-Uni  
1
160%  
140%  
120%  
100%  
80%  
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018  
Graphique 2 Source : SNL, calculs BNP Paribas  
60%  
T1  
009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019  
Graphique 3 Source : Banque de France  
T1  
T1  
T1  
T1  
T1  
T1  
T1  
T1  
T1  
T1  
2
Les évolutions récentes décrites ci-dessus interviennent dans un  
contexte macroéconomique caractérisé par la reprise de l’endettement  
des agents privés non financiers.  
Le taux d’intermédiation est à nouveau en hausse depuis mi-2016, en  
lien avec la progression plus rapide des flux de dette bancaire que ceux  
e
de dette de marché (respectivement +34% et +7% entre le 2 trimestre  
e
Reprise de l’endettement des agents non financiers  
2016 et le 4 trimestre 2018).  
Ils s’étaient désendettés durant les années suivant la crise financière,  
L’encours du crédit aux agents non financiers augmente, lui, à un  
rythme mensuel compris entre 3,5% et 4,0% depuis début 2016 (en  
glissement annuel). Il a ainsi, retrouvé puis dépassé depuis novembre  
de sorte que le ratio de leur dette sur PIB avait retrouvé des niveaux  
e
er  
plus soutenables (185,8% au 3 trimestre 2009 vs 148,8% au 1  
trimestre 2016, cf. graphique 3).  
2
018 son niveau antérieur à la crise exprimé en valeur, à la faveur de la  
5
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croissance soutenue des prêts bancaires aux ménages depuis 2014 banques. Ils pourraient être aidés en cela par l’entrée en application de  
(
graphique 4).  
la directive européenne PSD2, même si sa pleine entrée en vigueur a  
été reportée par décision de la FCA .  
8
Encours du crédit bancaire des agents privés non financiers  
au Royaume-Uni  
GBP Mds  
SNF privées  
Ménages  
2
1
1
1
1
1
000  
800  
600  
400  
200  
000  
Les établissements de crédit britanniques n’ont que très modérément  
répercuté les relèvements du taux d’intérêt directeur de la BoE  
survenus depuis novembre 2017 (cf. infra). Cest particulièrement vrai  
9
s’agissant des nouveaux prêts à l’habitat pour les particuliers, dont le  
taux moyen s’est stabilisé en 2018 à 2,1%, après être passé de 4,8%  
en 2009 à 2,0% en 2017 (graphique D en annexe). Au 31 août 2019, la  
proportion des prêts à taux fixe était sensiblement plus élevée dans la  
production nouvelle de prêts à l’habitat (94%) que dans l’encours  
(72%), ce qui traduit un renforcement supplémentaire de la préférence  
des particuliers pour les taux fixes. À l’inverse, les SNF empruntaient  
davantage et de plus en plus à taux variable (78% du stock et 85% des  
nouveaux prêts). L’encours des prêts bancaires aux ménages  
constituant près de 80% de l’encours global des prêts au secteur privé  
non financier (graphique 4), ses caractéristiques sont prépondérantes  
800  
600  
400  
200  
-
Derniers points : août 2019  
009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019  
Graphique 4  
Source : Bank of England  
2
Concurrence accrue dans le secteur bancaire britannique et  
notamment sur le segment de la banque de détail  
Avec l’augmentation récente du nombre d’établissements de crédit quant à la sensibilité des marges d’intérêt aux taux de marché. Les taux  
établis sur son territoire national, le Royaume-Uni va à contre-courant correspondants sont fixes avec des horizons de deux à cinq ans. En  
7
de la tendance observée dans l’Union européenne (UE) . Cette hausse nette baisse jusqu’en 2017 pour les nouveaux prêts et jusqu’en 2018  
est cohérente avec la volonté des pouvoirs publics britanniques de pour le stock, ils se sont stabilisés malgré l’augmentation des taux  
favoriser l’émergence de nouveaux acteurs, notamment pour limiter le souverains à deux et cinq ans enregistrée en 2018. La marge  
phénomène de « too big to fail », si tant est qu’ils prennent des parts de apparente mesurant l’écart entre les taux fixes pratiqués par les  
marché aux très grandes banques plutôt qu’aux établissements de établissements de crédit au Royaume-Uni et les taux souverains de  
moindre envergure. Il s’agissait également de l’une des référence s’est ainsi réduite (s’agissant des nouveaux prêts comme du  
recommandations de la commission Vickers, qui a donné lieu à la stock, cf. graphique D en annexe).  
réforme du même nom (cf. infra). Peu de temps après, en 2013, la  
Financial Conduct Authority (FCA) et la Prudential Regulation Authority  
Progression du rendement moyen des actifs dans un contexte de  
taux faibles  
(
PRA) étaient créées avec le mandat explicite, entre autres choses, de  
promouvoir la concurrence. C’est à ce titre qu’elles ont simplifié le La politique monétaire actuelle et la concurrence accrue contribuent à  
processus d’obtention d’un agrément bancaire au Royaume-Uni. À titre limiter les marges des banques britanniques. De même que les autres  
d’illustration, une enquête menée par la Competition Market Authority systèmes bancaires des pays développés, les grandes banques  
(
CMA) sur la banque de détail entre 2013 et 2017 a fait état des britanniques ont d’abord vu leurs marges d’intérêt progresser en 2008  
facteurs limitant la concurrence dans le secteur et fut suivie de la et 2009 grâce à la baisse rapide du coût des ressources bancaires.  
délivrance de quinze nouveaux agréments bancaires.  
Puis, elles se sont lentement érodées, des actifs à moindre rendement  
se substituant progressivement à des actifs à rendement plus élevé.  
Par la suite, les autorités britanniques ont continué de promouvoir  
l’ouverture du secteur bancaire. En témoigne l’open banking, instauré Le rendement moyen du portefeuille d’actifs10 de notre échantillon a  
au 1 janvier 2018. Depuis lors, les neuf plus grandes banques légèrement progressé au cours de la période récente (2016-2018,  
er  
britanniques, dont les cinq de notre échantillon, sont tenues d’autoriser graphique 5) malgré la baisse puis la stabilisation à un niveau bas des  
les nouvelles entreprises bénéficiant d’un agrément à accéder  
directement à leurs données clients en matière de comptes bancaires  
dédiés aux transactions courantes. L’objectif est d’améliorer les  
conditions de choix des consommateurs, mais ce dispositif est pour  
l’heure peu connu. Les pouvoirs publics continuent néanmoins de  
8
La directive PSD2 a été adoptée en janvier 2018 pour une entrée en vigueur du  
texte national de transposition prévue le 14 septembre 2019. Elle énonce que les  
banques et prestataires de paiement doivent faciliter l’accès à leurs données clients  
via des Application Programming Interface (API). Elle vise en outre à renforcer la  
promouvoir l’ouverture du secteur bancaire et voient même au-delà  
puisqu’ils aspirent à ce que l’open banking fasse place à l’open finance  
pour étendre les évolutions technologiques et le partage des données  
clients à l’ensemble du secteur financier et non plus aux seules grandes  
sécurité de l’accès aux comptes des clients pour les paiements effectués sur internet.  
Les préparatifs n’étant pas achevés, la FCA s’est engagée le 13 août 2019 à ne pas  
prendre de mesure à l’encontre des entreprises qui ne seraient pas prêtes à  
condition qu’elles puissent prouver qu’elles se sont préparées.  
9
Bank of England, Inflation report, May 2019  
1
0
Le rendement moyen du portefeuille d’actifs rapporte les intérêts reçus aux actifs  
productifs.  
7
BCE, données sur base consolidée  
6
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taux fixes pratiqués par les banques britanniques. Cela dissimule des Notre échantillon est à cet égard dans la moyenne européenne  
divergences entre, d’une part, Lloyds et RBS dont le rendement moyen (graphique 6). Les marges des grandes banques britanniques  
des actifs a stagné, tandis que, d’autre part, il progressait pour Barclays, apparaissent proches de celles des grandes banques de la zone euro  
HSBC et Standard Chartered dont les portefeuilles sont plus diversifiés dans son ensemble, malgré des différences notables entre les  
(
cf. supra).  
politiques monétaires de la BOE et de la BCE. Cela témoigne de  
l’importance de facteurs autres que la politique monétaire pour  
expliquer le niveau des marges. Les marges de l’échantillon britannique  
dépasseraient toutefois celles de la zone euro si on considérait ces  
dernières en faisant abstraction de la marge des grandes banques  
Par ailleurs, l’écart entre le rendement moyen du portefeuille d’actifs et  
1
1
le coût moyen des ressources de notre échantillon s’est légèrement  
creusé depuis 2016 (graphique 5), expliquant la croissance des marges  
nettes d’intérêts. Ces évolutions ont concerné les cinq banques de  
notre échantillon, et tout particulièrement Lloyds, dont le coût moyen  
1
2
espagnoles .  
des ressources a sensiblement baissé (de 1,0% en 2016 à 0,4% en En dépit de sa plus grande exposition à la banque de détail britannique,  
018) à la faveur d’intérêts versés divisés par 2,5 sur cette période, parmi les établissements de notre échantillon Lloyds a affiché la  
contrastant avec la stabilité du rendement moyen de ses actifs (autour meilleure performance en termes de marge nette d’intérêt au cours de  
2
de 2,3%).  
la période récente (graphique 7).  
Coût moyen des ressources et rendement brut moyen des actifs des  
cinq grandes banques britanniques au regard des taux de marché  
Marge nette d'intérêt en proportion des actifs productifs des grandes  
banques britanniques  
0, 3%  
Rendement moyen des actifs*  
Gilt 2 ans  
Coût moyen des ressources*  
Gilt 5 ans  
3%  
HSBC  
Barclays  
RBS  
Lloyds  
Standard Chartered  
Echantillon des 5 grandes banques  
0, 2%  
2%  
1%  
0%  
0, 1%  
*
Données manquantes pour Barclays en 2012 et 2013  
009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018  
Graphique 5  
Source : SNL, Datastream  
0, 0%  
2
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018  
Graphique 7 Source : SNL  
Au cours de la période récente, les marges nettes d’intérêt des grandes La politique monétaire devrait quant à elle continuer de reposer sur des  
banques britanniques se sont légèrement redressées et s’établissent taux bas pour quelques temps encore. Elle pourrait être soumise à un  
désormais à un niveau convenable en comparaison internationale.  
durcissement ou à un assouplissement selon le dénouement du Brexit  
et ses conséquences sur le Royaume-Uni, notamment sur le taux de  
change de la livre sterling. Pour l’heure, l’inflation avoisine les 2% en  
rythme annuel (modulo la surprise à la baisse à 1,7%, g.a., enregistrée  
en août 2019), cible de la BoE.  
Marges nettes d'intérêt en proportion des actifs productifs des grandes  
banques internationales  
Allemagne  
Italie  
Espagne  
Etats-Unis  
Zone euro  
France  
3,0%  
2,5%  
2, 0%  
1 ,5%  
1,0%  
Royaume-Uni  
Le coefficient d’exploitation 13 agrégé des cinq grandes banques  
britanniques s’établissait à 64,5% fin 2018, ce qui les maintient dans la  
moyenne européenne (graphique 8). Le coefficient d’exploitation de  
notre échantillon s’est globalement détérioré de 2009 à 2016, les frais  
généraux ayant progressé davantage que le PNB. Depuis 2016, les  
banques ont accru leurs efforts pour maîtriser leurs coûts  
(-4,2% TCAM), tout en enregistrant un PNB en hausse (+4,4% en  
0 ,5%  
0
,0%  
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018  
Graphique 6 Source : SNL, calculs BNP Paribas  
1
2
BNP Paribas Espagne : un système bancaire convalescent, Conjoncture février 2018  
1
1
13  
Le coefficient d’exploitation rapporte les frais généraux au produit net bancaire.  
Le coût des ressources rapporte les intérêts versés aux actifs productifs.  
7
Conjoncture // Octobre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
TCAM, cf. supra) de sorte que le coefficient d’exploitation a reculé sur la  
période récente (graphique 9).  
Coefficient d'exploitation des grandes banques internationales  
Allemagne  
Italie  
Espagne  
Etats-Unis  
Zone euro  
France  
100%  
Royaume-Uni  
9
8
7
6
5
4
0%  
0%  
0%  
0%  
0%  
0%  
Le ratio de coût du risque (coût du risque rapporté au PNB) de notre  
échantillon de grandes banques britanniques figure parmi les plus  
faibles en Europe à la faveur d’une baisse quasi-ininterrompue depuis  
10 ans (graphique 10). Au cours de la période récente (2016 2018), le  
coût du risque a baissé alors que les banques devaient augmenter leurs  
provisionnements pour se conformer à la norme comptable IFRS 9,  
entrée en vigueur au 1er janvier 2018 14 . Au sein de l’échantillon  
britannique, les ratios de coût du risque sont désormais relativement  
proches (graphique 11) nonobstant la diversité de leurs sources de  
revenus en termes de métiers et de zones géographiques.  
2
009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018  
Graphique 8  
Source : SNL, calculs BNP Paribas  
Ratio de coût du risque des grandes banques internationales  
(
dotations aux provisions / PNB)  
Allemagne Espagne  
Italie  
L’effort constaté depuis 2016 a surtout porté sur la réduction des autres  
charges d’exploitation (amortissement et dépréciation des  
immobilisations corporelles et des actifs incorporels, dépenses en  
communication et marketing, contribution moyenne de -3,2%, etc.), par  
opposition aux frais de personnel qui diminuent dans une moindre  
mesure (contribution moyenne de -1,1%). Les efforts accomplis sur la  
période récente, et notamment sur les frais de personnel, sont d’autant  
plus notables que les banques britanniques devaient mettre en œuvre  
Etats-Unis  
Zone euro  
France  
Royaume-Uni  
80%  
7
0%  
0%  
0%  
6
5
40%  
3
2
1
0%  
0%  
0%  
0%  
les restructurations nécessaires à l’application de la réforme Vickers  
er  
(
encadré infra). Elles devaient être prêtes au 1 janvier 2019 et avoir  
d’ici là, entre autres obligations, dupliqué certaines fonctions support  
informatique, ressources humaines, etc.) impliquant des coûts  
(
supplémentaires.  
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018  
Graphique 10  
Source : SNL  
Coefficient d'exploitation des grandes banques britanniques et ses  
composantes  
Ratio de coût du risque des grandes banques britanniques  
(dotations aux provisions/PNB)  
Coefficient d'exploitation (%, é.d.)  
PNB (GBP Mds, é.g.)  
%
HSBC  
Barclays  
RBS  
Lloyds  
Standard Chartered  
8
0
0
Frais généraux (GBP Mds, é.g.)  
7
160  
140  
120  
100  
80%  
70%  
60%  
50%  
40%  
30%  
20%  
10%  
0%  
60  
50  
40  
30  
20  
10  
0
Echantillon des 5 grandes banques  
80  
60  
40  
20  
-
-10  
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018  
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018  
Graphique 9  
Source : SNL  
Graphique 11 Source : SNL  
1
4
BNP Paribas, Les effets de la première adoption d’IFRS 9 sur les banques  
d’Europe du Sud, Conjoncture nov. 2018  
8
Conjoncture // Octobre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
L’hétérogénéité des portefeuilles de prêts se retrouve moins dans les Les importantes disparités entre les taux de couverture de prêts non  
proportions de prêts non performants, assez semblables, que dans les performants pratiqués par les cinq banques de notre échantillon  
taux de couverture, très différents d’une banque à l’autre.  
peuvent être éclairées par les structures très différentes de leurs  
portefeuilles de prêts. Ainsi, les provisions sur expositions non  
performantes de Standard Chartered portent essentiellement sur les  
Bonne qualité du portefeuille des prêts  
L’échantillon présente une faible proportion de prêts non performants, prêts aux sociétés non financières (SNF) à hauteur de 89%. C’est  
et ce depuis plusieurs années déjà. Il se distingue de ceux des autres également le cas d’HSBC (à hauteur de 76%), mais la banque sino-  
pays européens, présentant un taux similaire de prêts non performants, britannique présente un taux d’exposition aux activités non  
par un taux de couverture de ces prêts relativement important performantes sur ce segment inférieur à celui de Standard Chartered  
15  
graphique 12) , laissant présumer un taux élevé de pertes anticipées, (1,83% vs 5,65%). À l’opposé, RBS et Lloyds présentent des taux de  
(
sans que cela n’affecte toutefois les prêts jugés performants. L’examen prêts non performants plus élevés (respectivement 2,4% et 2,1% tous  
de ces indicateurs par banque permet de constater que Standard portefeuilles confondus), mais cela semble davantage lié à leurs  
Chartered se détache de ses consœurs en présentant un taux de activités de prêts aux ménages, qui représentent respectivement 61%  
couverture des prêts non performants élevé et croissant (57,2% en juin et 46% de leurs provisions au titre des expositions aux activités non  
2
018 contre 54,0% en décembre 2017), alors que son taux de prêts non performantes. Or, l’activité de prêt immobilier, prépondérante dans les  
performants est proche de la moyenne de l’échantillon et orienté à la prêts aux ménages, est caractérisée par un taux de récupération  
baisse (1,9% pour Standard Chartered contre 1,5% pour l’échantillon en généralement plus élevé que pour les autres catégories de prêt, ce qui  
juin 2018, cf. graphique 13), de même que son stock d’actifs financiers contribue à expliquer le décalage existant entre les taux de couverture  
classés en phases 2 et 3 d’IFRS 91  
9,16  
.
pratiqués par les banques de notre échantillon.  
Ratios de prêts non performants et taux de couverture correspondants  
en Europe en juin 2018  
La proportion d’emprunts risqués progresse à l’échelle nationale  
Les statistiques afférentes aux prêts immobiliers accordés à des  
particuliers britanniques par l’ensemble des institutions monétaires et  
financières présentes sur le marché et non plus par notre seul  
échantillon de cinq banques témoignent de quelques évolutions  
notables ces dernières années. Ainsi ces prêts sont-ils de plus en plus  
souvent accordés à des couples plutôt qu’à des personnes seules.  
Dans un environnement de taux durablement bas favorisant le  
gonflement des prix immobiliers, cela permet aux emprunteurs  
d’acquérir des biens à des prix plus élevés. Mais cela s’accompagne  
surtout d’une augmentation de la proportion d’emprunteurs dits  
70%  
60%  
50%  
40%  
30%  
20%  
10%  
Taux de couverture des prêts non performants  
Ratio de prêts non performants  
0%  
«
risqués » (dont le ratio rapportant le montant de l’emprunt au revenu  
est supérieur à 3 pour un couple et 4 pour un emprunteur seul,  
cf. graphique 14). La répercussion de l’augmentation du risque sur les  
taux s’est toutefois heurtée au fort degré de concurrence (cf. supra).  
In fine, cela pourrait induire une hausse du coût du risque durant les  
prochaines années.  
Graphique 12  
Source : EBA  
Ratios des prêts non performants et leur taux de couverture au  
Royaume-Uni en juin 2018  
Soucieux de préserver à la fois les volumes et les marges, les  
établissements de crédit ont élargi la distribution de leurs prêts vers des  
profils plus risqués. Cette évolution peut être appréhendée à travers le  
ratio prêt-valeur (