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États-Unis : une dette publique en hausse sans volonté d’inflexion

05/11/2026
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Un déficit primaire durablement élevé sans consolidation en vue

Sources : FMI, BNP Paribas

Le solde budgétaire primaire des États-Unis devrait rester nettement déficitaire à horizon 2032.

Les facteurs démographiques (vieillissement) impliquent une détérioration structurelle par les volets santé et retraites de la dépense obligatoire, tandis que la consolidation ne semble pas figurer à l’agenda politique. En 2026, le déficit primaire se serait creusé à -3,7% du PIB contre -3,2% en 2025. Le principal facteur tient à des recettes tarifaires moins importantes qu’anticipé. Cela est lié aux remboursements des droits de douane perçus au titre de l’IEEPA (tarifs réciproques) et du remplacement progressif de ces derniers après que la Cour suprême y a mis fin.

Cette volatilité devrait s’atténuer en 2027 et favoriser une légère amélioration à 3,5% du PIB.

Un différentiel taux d'intérêt apparent/ croissance de moins en moins favorable

Sources : FMI, BNP Paribas

Pour l’heure, les États-Unis continuent de bénéficier d’une croissance nominale supérieure au taux d’intérêt apparent. Néanmoins, cet écart se refermerait quasi-intégralement d’ici à 2032.

Deux effets entrent en jeu :

- une normalisation de la croissance et de l’inflation, qui permettent aujourd’hui une forte croissance nominale (près de 6% aujourd’hui, plus proche de 4% à terme), vers leur niveau respectif de long terme.

- l’accroissement du taux d’intérêt apparent au fur et à mesure du refinancement de la dette, alors que la part importante d’émissions à court terme accélère la transmission des taux vers le service de la dette.

Un écart recettes/dépenses qui ne devrait pas s’atténuer

Sources : FMI, BNP Paribas

La dépense publique est soumise à une pression haussière structurelle à moyen terme. Le vieillissement de la population implique une hausse de la dépense obligatoire en matière de santé et de retraites. Les marges de manœuvre à la baisse sont limitées du point de vue de la dépense discrétionnaire fédérale. Côté recettes, des hausses d’impôts paraissent improbables à ce stade.

Une hausse de la dette qui s’accélère à partir de 2028

Sources : FMI, BNP Paribas

La dette publique américaine poursuivrait sa trajectoire haussière sur l’ensemble de notre horizon de projection. Elle atteindrait plus de 140% du PIB en 2032, contre moins de 125% en 2025, sur fond d’accélération du rythme de détérioration. Contenue à 1pp/an en 2026 et 2027, la hausse annuelle du ratio excèderait 3 pp à partir de 2030. La persistance des déficits primaires en constituerait le premier moteur, alors que l’effet de compensation par la croissance s’estomperait. L’augmentation du taux d’intérêt réel, au fur et à mesure de la normalisation de l’inflation et du renchérissement du coût de la dette, jouerait également négativement sur le ratio.

Une dette en hausse dans tous les scénarios

Sources : FMI, BNP Paribas

Le ratio de dette/PIB des États-Unis est clairement soumis à des risques haussiers : il augmente quel que soit le scénario retenu. En effet, même l’hypothèse favorable en matière de croissance et d’inflation porterait l’endettement au-delà de 130% du PIB à horizon 2032. À l’inverse, la combinaison d’un choc de croissance et d’une hausse des taux le rapprocherait de 160% du PIB par réduction du PIB nominal et dégradation du solde primaire. Il ressort également une sensibilité marquée aux taux d’intérêt (plus de 145% en cas de choc de taux), la maturité relativement courte de la dette américaine accélérant la transmission.

Les taux longs poussés à la hausse par des facteurs multiples

Sources : FMI, BNP Paribas

La courbe des taux s’est nettement déplacée vers le haut et présente désormais une pente positive sur l’ensemble des maturités. Sur la partie courte, le conflit en Iran a provoqué des anticipations d’une politique monétaire plus restrictive, qui apparaît dans le niveau du taux à 2 ans. Plusieurs facteurs, pas nécessairement d’ordre budgétaire, convergent vers la hausse des taux longs. Le dynamisme de la croissance américaine en est un, l’intensification de la concurrence pour attirer les capitaux en est un autre, sur fond d’essor de l’intelligence artificielle – secteur au fort besoin d’investissement. Enfin, la déformation de la typologie des investisseurs, avec une présence moindre des institutionnels, au profit d’acheteurs avec une vision plus court-termiste, participe de l’amplification du mouvement.

LES ÉCONOMISTES AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE
Equipe : Économies avancées

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