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BCE : un objectif à atteindre  
Louis Boisset  
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Un assouplissement des conditions assorties aux  
prêts à long terme accordés aux banques de la zone  
euro (TLTRO), en termes de taux et de durée ;  
La BCE envoie un signal fort. Les autorités monétaires de  
la zone euro ont annoncé la mise en place d’un nouvel  
ensemble de mesures d’assouplissement monétaire,  
allant au-delà des anticipations.  
Une réduction du taux de dépôt, appliqué  
notamment aux réserves excédentaires des  
banques, à -0,5% (après -0,4%), qui s’accompagne  
de la mise en place d’un système de « tiering ». Ce  
système permet d’exempter de taux négatifs une  
partie des réserves des banques afin de limiter les  
effets négatifs sur les marges d’intérêt ;  
Renforcement net de la forward guidance, baisse du taux  
de dépôt, assouplissement des conditions des prêts à  
long terme aux banques, réactivation des achats nets  
d’actifs : l’institution de Francfort a largement mobilisé  
ses outils.  
Si l’efficacité de telles mesures reste incertaine, la grande  
proactivité de la BCE doit être saluée.  
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La réactivation des achats nets d’actifs dans le cadre  
du Quantitative easing (QE)  
à
hauteur de  
Les banquiers centraux, conscients de certains effets  
pervers de leur politique, passent désormais, et pour un  
long moment, le relais aux gouvernements.  
EUR 20 mds par mois à partir de novembre 2019,  
pour une durée pour le moment indéterminée. Ces  
opérations permettraient d’augmenter de nouveau le  
bilan de la BCE, aujourd’hui à environ 40% du PIB  
de la zone, et ainsi de maintenir une pression  
baissière sur les taux longs en zone euro.  
Un package de mesures très volontaristes…  
Au centre de nombreuses discussions et débats durant l’été,  
la politique monétaire de la Banque centrale européenne  
Sous l’angle strict du respect de son objectif de progression  
des prix, Mario Draghi a indiqué que la BCE devait agir  
maintenant. Des critiques s’élèvent toutefois pour pointer les  
effets potentiellement négatifs de taux durablement bas voire  
en territoire négatif sur, notamment, la rentabilité du secteur  
bancaire ou l’allocation du capital.  
(BCE) a pris un nouveau virage expansionniste jeudi 12  
septembre 2019. La BCE s’est montrée assez agressive.  
Depuis le déjà célèbre discours de Sintra mi-juin et la réunion  
de politique monétaire de juillet, la BCE par la voix de son  
Président met tout en œuvre pour respecter son engagement  
dans le cadre de son mandat.  
et des projections revues à la baisse  
Toujours loin de son objectif d’une inflation « inférieure à,  
mais proche de 2% à moyen terme » et malgré les réticences  
affichées de certains membres du Conseil des gouverneurs,  
plusieurs mesures fortes ont été annoncées par la BCE :  
Les mesures non conventionnelles de politique monétaire ont  
eu un effet macroéconomique positif. En l’absence de telles  
mesures, la croissance du PIB et l’inflation auraient été  
1
inférieures . Les incertitudes actuelles qui pèsent sur la zone  
euro sont en grande partie d’origine externe. Dans ce  
contexte, l’efficacité des mesures annoncées pourrait être  
-
Un renforcement de la « forward guidance » qui  
exclut toute hausse de taux avant que l’inflation ne  
converge de manière robuste vers 2%. La  
communication fait par ailleurs explicitement  
plus  
limitée  
que  
lors  
des  
phases  
précédentes  
d’assouplissement monétaire.  
référence  
l’inflation.  
à
la composante sous-jacente de  
1
Discours de Philip R. Lane, « Monetary policy and below-target  
inflation », Bank of Finland, juillet 2019  
EcoFlash// 12 septembre 2019  
economic-research.bnpparibas.com  
2
Les projections macroéconomiques des équipes de la BCE  
sont d’ailleurs globalement revues à la baisse (voir tableau ci-  
dessous). La croissance du PIB est revue de -0,2 point en  
2
020, à +1,2%, mais reste inchangée en 2021 (à +1,4%).  
L’inflation est, en 2020, nettement inférieure au scénario de  
juin (+1,0% après +1,4%) et augmente sensiblement en 2021,  
à +1,5%. La composante sous-jacente accélère et atteint  
1
,5% en 2021, en légère baisse par rapport à juin.  
Point-clé de la conférence de presse, M. Draghi a de nouveau  
clairement appelé les gouvernements qui disposent de  
marges de manœuvre budgétaires  
à les utiliser plus  
activement. Cette nouvelle phase d’assouplissement  
monétaire continue, à ce titre, d’assurer à la politique  
budgétaire un environnement de taux particulièrement  
confortable.  
BCE_Projections Macroéconomiques septembre 2019)  
Croissance du PIB réel  
Inflation  
sept-19  
Inflation sous-jacente*  
sept-19  
1,1  
juin-19  
1,2  
juin-19  
1,3  
sept-19  
1,1  
juin-19  
1,1  
2
2
2
019  
020  
021  
1,2  
1,0  
1,5  
1,2  
1,4  
1,4  
1,4  
1,4  
1,6  
1,2  
1,5  
1,4  
1,6  
*
hors alimentation et énergie  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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