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Zone euro : Le T3 marquera-t-il le point bas de l‘activité ?

23/11/2023
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Sans décrocher, les indices de confiance pour la zone euro confirment la phase actuelle de stagnation qui devrait se prolonger au 4e trimestre 2023. Selon l’estimation flash, l’indice PMI composite progresse de 0,6 point en novembre, à 47,1, tandis que l’indicateur du sentiment économique de la Commission européenne a légèrement baissé en octobre, de 0,1 point à 93,3 (son plus bas niveau en trois ans). Malgré la décélération actuelle de l’inflation (de 4,3% a/a en septembre à 2,9% en octobre en mesure harmonisée) et un taux de chômage quasiment au plus bas (6,5% en septembre), la confiance des ménages ne se redresse pas, dans un contexte encore difficile en termes de pouvoir d’achat. Les ventes au détail ont atteint en septembre leur plus bas niveau en deux ans et demi : si un rebond se dessine du côté des dépenses alimentaires (+0,4% t/t au T3), les achats hors alimentation et carburant baissent plus fortement (-0,5% t/t).

Ce manque de demande est le facteur limitant la production le plus cité par l’enquête trimestrielle de la Commission européenne d’octobre 2023. Les contraintes financières progressent aussi, mais plus modérément, et à l’inverse, les obstacles sur l’offre (équipements, main d’œuvre) refluent.

Les chiffres préliminaires pour le PIB du T3 2023 indiquent une légère contraction de l’activité en zone euro de 0,1%, suivie, selon les résultats de notre Nowcast, d’une croissance nulle au T4. L’Irlande, dont l’évolution du PIB est très erratique du fait de l’activité des multinationales, a enregistré, sur la base de ces chiffres, une contraction de 1,8% t/t, ce qui explique une bonne partie du repli en zone euro. Il existe néanmoins des dynamiques contrastées entre les autres États membres. Les Pays-Bas (-0,2% t/t) et l’Autriche (-0,6% t/t) accusent, respectivement, un deuxième et troisième trimestre de recul, tandis que l’Allemagne (-0,1% t/t) et la Finlande (-0,9% t/t) repassent dans le rouge. À l’inverse, l’Espagne (+0,3% t/t), la Belgique (+0,5% t/t), et la France (+0,1% t/t) s’en sortent mieux. Les dernières prévisions de la Commission européenne, parues le 15 novembre, font état de révisions à la baisse des prévisions de croissance pour la zone euro pour 2023 (0,6% soit -0,2 pp par rapport aux estimations de juillet) et 2024 (1,2% soit -0,1 pp). Notre prévision pour 2024, de 0,8%, est plus basse, en raison notamment de prévisions moins positives sur la France et l’Allemagne.

Guillaume Derrien (achevé de rédiger le 23/11/2023)