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L’IA booste les créations d’entreprises des deux côtés de l’Atlantique

04/11/2026
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La nette accélération des créations d’entreprises depuis mi-2025 aux États-Unis, en France, en Allemagne, et de façon moins marquée au Royaume-Uni, se poursuit. Partout, cette dynamique est portée par le secteur de l’information et de la communication, et en particulier par l’IA. Elle se diffuse aux autres services aux entreprises, tandis que l’évolution des services aux consommateurs, de l’industrie et de la construction est plus contrastée. Toutefois, aux États-Unis comme en France, la dynamique s’étend, suggérant que l’IA facilite la création d’entreprises dans tous les secteurs.

Créations d'entreprises par secteur : un boom qui se renforce et s’étend

Nous calculons l’évolution d’une année sur l’autre du nombre des créations d’entreprises. Le tableau répartit ces résultats de positifs (rouge), neutres (blanc) à négatifs (bleu). Plus les couleurs sont foncées, plus l’évolution est marquée. Les séries sont définies comme suit : Allemagne = nouvelles inscriptions au registre du commerce (start-ups) depuis 2008 ; France = créations d’entreprises, y compris les micro-entrepreneurs, depuis 2000 ; Royaume-Uni = entreprises inscrites au registre de la TVA/PAYE depuis 2017 ; États-Unis = demandes d’enregistrement d’entreprises (numéro d’identification fiscale) depuis 2004. Les secteurs sont regroupés afin que la nomenclature soit harmonisée pour tous les pays. Pour le 3e trimestre, les données allemandes n’incorporent que les mois de juillet et août.

Un boom perceptible aux États-Unis, en France et en Allemagne, mais un peu moins marqué au Royaume-Uni

Les quatre économies pour lesquelles nous disposons de données comparables (États-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni) ont vu, à des degrés divers, le nombre de créations d’entreprises augmenter. Si le timing varie d’un pays à l’autre, la dynamique est forte dans la plupart de ces pays. Aux États-Unis, l’accélération est perceptible depuis le 2e trimestre 2025 et elle n’a cessé de se renforcer. L’Allemagne a suivi une trajectoire similaire, passant de légères baisses au début de l'année 2024 à de fortes hausses. La France connaît la même dynamique mais avec des spécificités : le momentum a nettement repris après des mois de ralentissement (dû à l’incertitude qui a suivi la dissolution de l’Assemblée nationale) et il accélère dans la plupart des secteurs en 2026. Au Royaume-Uni, la dynamique est moins franche et l’accélération pourrait ne pas durer.

Les services aux entreprises, et en particulier l’IA, portent la dynamique

Dans la plupart de ces quatre pays, les créations d’entreprises augmentent nettement dans le secteur de l’information et de la communication, qui est directement lié à l’IA. Aux États-Unis, en Allemagne et en France, la dynamique est marquée et elle se renforce. Au Royaume-Uni, le secteur de l’IA enregistre également une hausse mais elle est nettement moins forte. La dynamique ne se limite toutefois pas à ce secteur. Elle se diffuse à de nombreux services, dont la finance, l’immobilier et les services aux entreprises. Les hausses sont soutenues aux États-Unis et en Allemagne depuis mi-2025, mais aussi en France depuis le 3e trimestre 2025.

Le tableau est plus contrasté concernant les services aux consommateurs. Aux États-Unis, le commerce ainsi que l’hébergement et la restauration affichent des hausses d’activité importantes depuis mi-2025. En France, ces secteurs restent en territoire positif, en particulier le commerce où la hausse des créations d’entreprises a récemment accéléré. En Allemagne, ces mêmes secteurs sont passés en territoire négatif en 2026 après une année 2025 plutôt mitigée.

La situation est encore plus contrastée pour l’industrie et la construction. Aux États-Unis, ces secteurs n’échappent pas à la bonne dynamique d’ensemble au 3e trimestre 2026. Cela montre que l’IA ne bénéficie pas seulement aux secteurs qui lui sont proches (le numérique, notamment) mais qu’elle facilite la création d’entreprises dans l’ensemble de l’économie (grâce à une simplification des démarches administratives, notamment). En France, le rebond des créations d’entreprises dans la construction suggère que cette même dynamique est à l’œuvre, alors que l’activité du secteur reste en contraction.

Ainsi, la dynamique est plus généralisée aux États-Unis et elle se diffuse de plus en plus en France. Elle est tirée par une partie des services en Allemagne, et elle est nettement plus modérée au Royaume-Uni.

Article préparé avec la collaboration de Ece Usta (stagiaire).

LES ÉCONOMISTES AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE