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Accord commercial entre Washington et Pékin : peu de raisons de se réjouir

Eco week 20-02// 17 janvier 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
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EDITORIAL  
ACCORD COMMERCIAL ENTRE WASHINGTON ET PÉKIN : PEU DE RAISONS DE SE RÉJOUIR  
L’accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine a apporté un certain répit. Il évite de nouveaux relèvements des droits  
de douane, par les Etats-Unis, et le risque d’une nouvelle escalade. L’accord devrait être le bienvenu en Chine compte tenu  
du ralentissement actuel de la croissance, mais aussi aux Etats-Unis, où les entreprises ont été de plus en plus nombreuses  
à faire part de leur inquiétude face à la guerre commerciale. Le reste du monde surveillera de près l’ampleur de la réorien-  
tation des échanges qui pourrait en découler. L’attention va à présent se porter sur les négociations de la phase « 2 », qui  
pourraient très bien signifier une nouvelle aggravation de l’incertitude commerciale à un moment donné.  
Dans une perspective contrefactuelle, un accord commercial, quel qu’il teurs de cet accord « commercial aménagé » au niveau bilatéral, s’in-  
soit, est préférable à l’absence d’accord. Il en va de même en politique téresseront, pour leur part, à ses conséquences en termes de réorien-  
monétaire : des taux bas peuvent ne pas réussir à faire remonter l’in- tation des échanges commerciaux. Cette préoccupation a été exprimée  
flation mais la situation serait pire si les taux directeurs n’avaient été par Phil Hogan, commissaire européen au commerce, dans un discours  
abaissés. Compte tenu des chiffres sur le PIB chinois publiés cette se- prononcé à Washington DC, qui a, par ailleurs, salué les dispositions  
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maine (croissance de 6,1% en 2019, le taux le plus faible depuis 1990), adoptées sur la protection des droits de propriété intellectuelle .  
Pékin ne peut que se féliciter d’avoir à présent moins d’obstacles ma-  
Comme il s’agit d’un accord de phase « 1 », l’attention des entreprises  
jeurs à surmonter. Parmi ces derniers figurent notamment des défis  
et des gouvernements ne tardera pas à se porter inévitablement sur  
structurels (le rééquilibrage d’une économie tirée par les exportations  
la prochaine phase des négociations. Le Président Trump a déclaré que  
et l’investissement à une économie tournée vers la consommation)  
la conclusion d’un accord de phase « 2 » avec la Chine pourrait être  
mais la guerre commerciale joue aussi un rôle important. Les exporta-  
reportée après les élections de 2020, dans l’idée que cela lui permet-  
tions vers les Etats-Unis ont reculé, expliquant en partie la très grande  
trait de négocier un meilleur accord pour les Etats-Unis. Comme les  
faiblesse du rythme des investissements dans l’industrie manufactu-  
négociations s’apparentent fort au jeu de la carotte et du bâton, cela  
rière en 2019, en hausse d’à peine 3,1%.  
pourrait très bien signifier qu’après le soulagement, l’incertitude liée  
En cas de conflit commercial, l’on peut supposer que le pays excé- aux échanges commerciaux risque d’augmenter de nouveau.  
dentaire en pâtira, mais le pays déficitaire n’en tirera pas pour autant  
William De Vijlder  
avantage. Une étude récente, réalisée par le conseil des gouverneurs  
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de la Réserve fédérale des Etats-Unis , conclut à l’impact négatif de  
1Flaaen, Aaron, and Justin Pierce (2019), Disentangling the effects of the 2018-2019 tariffs on a globally connected U.S. ma-  
nufacturing sector, Finance and Economics Discussion Series 2019-086, Board of governors of the Federal Reserve System,  
https://doi.org/10.17016/FEDS.2019.086.  
cet affrontement sur les Etats-Unis également : « Les industries ma-  
nufacturières américaines, les plus exposées à la hausse des droits de  
douane, enregistrent une diminution relative de l’emploi, l’effet positif  
lié à la protection contre les importations étant compensé par des ef-  
fets négatifs plus importants, dus à la hausse des coûts des intrants  
et à la mise en place de tarifs en représailles. Les hausses de droits de  
douane s’accompagnent également de l’augmentation relative des prix  
à la production via le renchérissement du coût des intrants ».  
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What’s in (and Not in) the U.S.-China Trade Deal, New York Times, 15 January 2020  
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EU trade commissioner criticses US-China trade deal, Financial Times, 16 January 2020  
EXPORTATIONS DE BIENS EN USD (G.A., %), MOYENNE MOBILE SUR 6 MOIS  
Total  
aux E.U.  
en Asie  
en Europe  
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En l’absence d’accord commercial, les facteurs ci-dessus auraient  
continué à jouer un rôle dans la mesure où il y aurait eu une nouvelle  
escalade des droits de douane et un prolongement de l’incertitude  
concernant les conséquences de la bataille commerciale. L’analyse  
contrefactuelle, qui compare une situation avec un scénario alternatif,  
montre que nous devons nous réjouir de cet accord. Cependant, abs-  
traction faite de l’alternative, force est de conclure qu’il y a moins de  
raisons de se féliciter. L’engagement de la Chine à accroître ses achats  
de produits américains ne porte que sur les deux prochaines années,  
les choses devenant moins claires ensuite. De plus, le vice-Premier  
ministre chinois aurait indiqué que ces achats seraient basés sur la  
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demande du marché chinois . Les pays tiers, réduits au rôle d’observa-  
SOURCES : DOUANES CHINOISES, BNP PARIBAS  
L’accord commercial entre les États-Unis et la Chine apporte  
un répit bienvenu, mais une fois l’attention portée sur les  
négociations de la phase 2, l‘incertitude devrait s’intensifier.  
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