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La récession Covid-19 : cette fois, c’est vraiment différent !

Eco week 20-20 // 22 mai 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
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ÉDITORIAL  
LA RÉCESSION COVID-19 : CETTE FOIS, C’EST VRAIMENT DIFFÉRENT!  
Quels que soient les pays et les époques, les crises financières et, plus généralement, les récessions et les reprises  
avaient, jusqu’à présent, de nombreux traits en commun. Ainsi, les récessions impactaient principalement la demande  
et, dans une moindre mesure, l’offre. Cette fois, la récession induite par la pandémie aura un effet plus durable sur  
l’allocation des dépenses des ménages, sinon sur leur niveau. Elle aura également des répercussions majeures sur l’offre,  
du fait de la modification des chaînes de valeur mondiales, du télétravail ou de la situation économique des entreprises,  
confrontées à une réduction forcée de leurs capacités pour respecter les impératifs de distanciation physique.  
En 2009, alors que le monde essayait d’échapper à la Grande récession, le temps passé dans les transports ou les embouteillages pouvant être  
Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff ont publié un ouvrage, devenu un utilisé à des fins plus productives. L’empreinte environnementale s’en  
best-seller : Cette fois, c’est différent : huit siècles de folie financière. Le trouve, en outre, allégée. Inutile de dire qu’à moyen terme cela pèsera  
titre est trompeur comme le concèdent les auteurs eux-mêmes dans leur sur la demande dans l’immobilier de bureau. Autre conséquence de la  
préface : « Notre message est simple : nous avons déjà connu ce type pandémie : la détérioration de la situation économique des entreprises,  
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de situation » .  
telles que les restaurants, temporairement confrontés à la réduction  
forcée des capacités d’accueil pour répondre aux exigences de la  
distanciation physique. Ces entreprises étant de grosses utilisatrices de  
main-d’œuvre, les répercussions vont bien au-delà des établissements  
directement concernés. Ce tour d’horizon n’est certes pas exhaustif, mais  
montre néanmoins que la récession induite par la pandémie aura des  
conséquences à plus long terme, en particulier, du fait des changements  
du côté de l’offre. Cette fois, c’est vraiment différent.  
De fait, quels que soient les pays et les époques, les crises financières  
et, plus largement, les récessions et les reprises ont de nombreux points  
communs. Le graphique 1 propose une représentation de la crise de  
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008-2009. Des années de hausse de l’endettement ont créé une bulle  
sur plusieurs marchés immobiliers, qui a fini par éclater entraînant un  
choc de la demande, mais aussi un choc des financements basés sur le  
marché comme du financement bancaire de gros. Une crise financière  
majeure et une récession sévère s’en sont ensuivies. Le graphique 2  
illustre la récession actuelle. Son origine est exogène et non économique,  
mais ses conséquences sur l’économie n’en sont pas moins profondes.  
Le confinement a provoqué un choc de la demande et un choc de l’offre,  
bouleversant les bilans des ménages, des entreprises, des banques  
centrales et du secteur public. Résultat : une récession qui ne ressemble  
à aucune autre.  
William De Vijlder  
RÉCESSION DE 2008-2009 VERSUS RÉCESSION DE 2020  
Habituellement, les relations comportementales — c’est-à-dire la  
manière dont la demande réagit à l’évolution des taux d’intérêt, du  
revenu, de la politique budgétaire — ont tendance à être plutôt stables.  
L’idée que l’histoire se répète facilite le travail de prévision. L’impact  
sur l’offre est assez limité, et tient essentiellement à la faiblesse des  
investissements des entreprises sur le stock de capital, la productivité  
et la croissance potentielle du PIB. Désormais, nous ne pouvons plus  
présumer que la vie économique redeviendra comme avant. Ce  
changement structurel complexifie le travail de prévision. Concernant la  
demande, le risque sanitaire est désormais un facteur-clé, et le restera  
jusqu’à ce qu’un vaccin soit trouvé et utilisé massivement. Il détermine  
la manière dont chacun fait ses courses et se déplace. L’avenir nous dira  
s’il entraînera un effet de substitution — destinations moins exotiques,  
sorties moins fréquentes au restaurant vs vélos plus sophistiqués pour  
éviter les transports en commun — ou une hausse du taux d’épargne,  
qui agirait comme un frein sur la croissance. Les changements du  
côté de l’offre sont encore plus importants et profonds. Les chaînes  
de valeur mondiales, longues et complexes, peuvent être repensées  
pour privilégier des circuits plus courts, plus simples et plus résilients.  
Cependant, cette délocalisation de proximité (nearshoring) pourrait être  
plus onéreuse, obligeant les entreprises à investir dans l’innovation  
des processus ou à réduire les coûts dans d’autres domaines, comme  
les locaux si, pour rester compétitives, elles ne peuvent pas relever les  
prix. L’expérience concluante du télétravail a, pour beaucoup, servi de  
révélateur : il permet de réaliser des économies. Tant pour l’employeur,  
qui a besoin de moins d’espace de bureau, que pour le salarié dont les  
frais de transport diminuent, sans parler des gains d’efficacité réalisés,  
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Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, Cette fois, c’est différent – Huit siècles de folie finan-  
SOURCE: BNP PARIBAS  
cière, Princeton University Press, 2009  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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