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ActuEco du 26 octobre 2026

26/10/2026
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ÉCONOMIES AVANCÉES

En bref. La semaine a été marquée par un repli des valeurs technologiques qui a entraîné une réorientation des flux vers les valeurs refuges, notamment les bons du Trésor américain et les obligations d’État japonaises et allemandes. Cela a entraîné une baisse des taux longs dans ces pays malgré la hausse des prix de l’énergie, lesquels ont atteint, voire dépassé, les pics du printemps dernier. Les données économiques ont, de manière générale, montré une résilience persistante. Les obligations françaises ont subi une pression croissante, mais le maintien (inattendu) par Moody's du rating souverain français pourrait, dans une certaine mesure, aider à stabiliser le spread. La Fed, la BCE et la Banque du Japon devraient maintenir leurs taux directeurs cette semaine, mais elles devraient laisser entendre que de nouvelles hausses sont probables.

UNION EUROPÉENNE

Victoire de la titrisation. Le Conseil et le Parlement européen sont parvenus à un accord provisoire sur des mesures visant à relancer et à simplifier le marché de la titrisation de l’UE. Le cadre actualisé réduira les exigences de fonds propres des banques pour les opérations les plus sûres et les mieux structurées, notamment pour une nouvelle catégorie de titrisation dite « résiliente ». Cette mesure clé de l’initiative « une Europe, un marché » et du projet d’union de l’épargne et de l’investissement vise à orienter davantage de crédits vers les ménages et les entreprises. Reste à finaliser les textes de loi correspondants.

ZONE EURO

L’expansion se poursuit. Les PMI flash se sont affaiblis en octobre, principalement en France. L’indice composite de la zone euro a reculé à 51,9 (-1,2 m/m), pénalisé par les services (51,7, -1,3 m/m) et le secteur manufacturier (52,4, -0,5 m/m). Ces deux secteurs restent en expansion et les nouvelles commandes à l’exportation dans l’industrie ont atteint leur plus haut niveau depuis début 2022. Les signaux en matière de prix ont été plutôt rassurants avec un repli de l’indice des prix de vente dans les services à 54,9 (-1,7 m/m). La confiance des ménages a reculé pour atteindre son plus bas niveau depuis cinq mois (-17,9). Les anticipations d’inflation des ménages ont légèrement augmenté à court terme (+0,1 pp à 3,6% à un an et 3,1% à trois ans), mais les anticipations à long terme (à 5 ans) sont restées ancrées à 2,5%.

Allemagne

Les prix continuent d’augmenter mais le climat des affaires reste orienté à la hausse. Les prix à la production ont progressé de 6,7% m/m en septembre (+2,1 pp m/m, leur plus haut niveau depuis 3 ans et demi), tirés à la hausse par ceux de l’énergie et des métaux. L’indice ZEW s’est amélioré au-delà des prévisions du consensus en octobre et a retrouvé son plus haut niveau depuis mai 2023 (-35,9 ; +11,2 m/m), même si l’indice des anticipations économiques a chuté à son plus bas niveau depuis juillet (28,1 ; -6,6 m/m). La reprise de l’activité économique se poursuit même si le ralentissement est visible : le PMI composite flash a fléchi (52,8 ; -1 m/m, son plus bas niveau depuis deux mois), pénalisé par les services (51,7 ; -1,1 m/m) et la production manufacturière (55,1 ; -0,9 m/m). Néanmoins, dans ces deux secteurs, les embauches progressent légèrement grâce à la croissance des ventes à l’exportation et aux retombées des plans d’investissement. Malgré des prix des intrants toujours élevés, l’indice sur les prix de vente atteint son plus bas niveau depuis février dans le secteur manufacturier.

France

Tensions croissantes sur les marchés malgré des nouvelles économiques encourageantes et sursis accordé par Moody’s. Vendredi 23, le spread sur les obligations françaises à 10 ans par rapport à celles de l’Allemagne a atteint un pic de 174 pb, son plus haut niveau depuis 2011 (et à seulement 16 pb de son record historique), les marchés intégrant les scénarios les plus pessimistes concernant la capacité du pays à assainir ses finances publiques. Le taux à 10 ans a brièvement dépassé 5,1% (et son équivalent américain) avant de revenir à 5%. Néanmoins, la production de services est restée stable en août, après +0,6% m/m en juillet, un rythme nettement plus soutenu qu’au 2e trimestre. Ce rebond est porté par les secteurs de la restauration, du numérique, des services aux entreprises et de l’immobilier. Le climat des affaires de l’Insee s’est amélioré, passant de 96 à 97 (moyenne à long terme = 100) en octobre, mais l’enquête a été réalisée avant les évènements du 17 octobre. La principale amélioration provient de l’industrie manufacturière (105, +4 m/m), portée par les nouvelles commandes dans l’aéronautique et, dans une moindre mesure, des services (99, +1 m/m). L’enquête PMI (réalisée en partie après le 17 octobre) s’est révélée moins positive : l’indice composite a reculé à 48,4 (-2,7 m/m), pénalisé par les services (48,4 ; -2,8 m/m) et un peu moins par l’industrie manufacturière (49,3 ; -1,3 m/m). Moody’s a maintenu le rating souverain de la France à Aa3 en raison de la structure économique diversifiée du pays et de la solidité de ses institutions publiques, tout en conservant une perspective négative. Cette note est équivalente à celle du Royaume-Uni et supérieure d’un cran à celles attribuées par S&P et Fitch. Moody’s a subordonné le maintien de cette note à l’adoption d’un budget réduisant le déficit budgétaire, ainsi qu’à un apaisement des tensions sociales et sur les marchés. Les manifestations du samedi 24 ont rassemblé un grand nombre de participants mais les violences ont été limitées.

ROYAUME-UNI

L’inflation, la croissance des salaires et l’activité accélèrent. L’inflation selon l’IPC a atteint 0,4% m/m et 3,5% a/a en septembre (consensus : 3,4%, précédent : 3,1%), son plus haut niveau depuis 11 mois. L’IPC sous-jacent s’est établi à 2,8% a/a (+0,2 pp). Les pressions inflationnistes sur les prix à la production ont persisté (8,3% a/a, +1,6pp m/m). Les données relatives au marché du travail et à l’activité ont également surpris à la hausse. La croissance de l’emploi a atteint 102 000 en août (sur trois mois), ramenant ainsi le taux de chômage à 4,7% (-0,2 pp), son plus bas niveau depuis juillet 2025. Le PMI manufacturier a dépassé les attentes en octobre (52,8, +0,9 m/m, consensus : 51,8), tout comme dans les services (53,1, +1 m/m, consensus : 51,8). La seule mauvaise nouvelle vient des ventes au détail (-0,4% m/m en septembre) dont l’indice hors carburants a reculé de 0,7% m/m.

ÉTATS-UNIS

Secteur de la construction en berne, entrée en application du GENIUS Act. Les mises en chantier ont chuté de 5,2% m/m en septembre (-7,4% a/a) et leur moyenne au 3e trimestre est la plus faible depuis le 2e trimestre 2020. Les permis de construire ont reculé de 0,2% m/m (-3% a/a), tandis que l’indice NAHB de confiance des constructeurs immobiliers a plongé à son plus bas niveau depuis 2012. Le taux moyen des prêts hypothécaires à taux fixe sur 30 ans a été ramené à 7,32% (toujours 134 pb au-dessus du niveau d’avant le conflit au Moyen-Orient) après le repli des rendements des bons du Trésor américain. L’entrée en application du Genius Act, publiée par l’Office of the Comptroller of the Currency’s (OCC), laisse la possibilité aux détenteurs de stablecoins de toucher des rendements ou des bonus. Les émetteurs ont toujours l’interdiction de leur verser, sous quelle que forme que ce soit, des intérêts ou des rendements liés exclusivement à la détention, à l’utilisation ou à la conservation de stablecoins de paiement. Ce revirement par rapport à la proposition de l’OCC de février dernier ravive les craintes du secteur bancaire d’une fuite des dépôts. Cette règle entrera en vigueur le 18 janvier 2027.

JAPON

L’activité et l’inflation continuent de progresser. Le PMI composite est inchangé en septembre à 52,3 et reste en territoire d’expansion. L’amélioration du PMI services a compensé le ralentissement de la croissance de la production manufacturière. Le PMI manufacturier a déçu à 53,3 (-0,8 m/m, son plus bas niveau depuis 8 mois). Les pressions sous-jacentes sur les prix se sont accrues. L’IPC global est resté stable m/m, portant le taux d'inflation annuel à 2,1% (+0,4 pp). L'IPC sous-jacent (hors produits alimentaires frais) a suivi la même tendance à 2,1% a/a (+0,4 pp), conformément aux prévisions du consensus. Plus important encore, le nouvel indice sous-jacent, qui exclut les produits alimentaires frais et l'énergie, a fortement augmenté pour atteindre 2,4% a/a (+0,5 pp), son rythme le plus rapide depuis janvier.

ÉCONOMIES ÉMERGENTES

ASIE

Chine

Un nouveau taux directeur et de nouveaux contrôles à l’exportation de technologies. Politique monétaire : le gouverneur de la Banque centrale, Pan Gongsheng, a dévoilé un plan visant à remplacer (« le moment venu ») le principal taux directeur actuel, le taux reverse repo à 7 jours (maintenu à 1,4% depuis mai 2025), par le taux reverse repo au jour le jour afin de refléter l’évolution du marché interbancaire. Contrôle des exportations : le gouvernement prévoit d’interdire ou de restreindre l’exportation de 40 technologies clés supplémentaires. Sont concernés : l’IA (LLM et clusters de calcul, par exemple), les biotechnologies et le photovoltaïque.

Corée du Sud

La Banque de Corée (BoK) a maintenu son taux directeur à 3,0%, mais le cycle de resserrement n'est peut-être pas terminé. L'inflation mesurée par l'IPC s'est établie à 2,9% a/a en septembre, au-dessus de l'objectif de 2%, tandis que les prix élevés du pétrole, la hausse rapide des prix de l'immobilier à Séoul et les pressions salariales (bien que concentrées dans le secteur de l'électronique) augmentent le risque de pressions inflationnistes durables. L'activité économique restant robuste, grâce à des exportations solides et à une reprise des investissements, la BoK dispose d'une marge de manœuvre suffisante pour relever encore ses taux.

Indonésie

La Banque d’Indonésie (BI) a maintenu son taux directeur à 5,75%, relevé le taux de facilité de dépôt de 25 pb (à 5%) et annoncé une réduction des réserves obligatoires (de 9% à 7% d’ici décembre). Le soutien limité sur le marché des changes combiné à des mesures en faveur du crédit envoie des signaux contradictoires, dans un contexte de nouvelles pressions sur la roupie depuis l’avertissement de déclassement de MSCI, et sape la crédibilité de la Banque centrale. La roupie a perdu 1% face au dollar US depuis la mi-octobre sans effet de contagion notable sur les autres devises asiatiques.

EMEA

Hongrie

Statu quo monétaire et consolidation budgétaire. Comme prévu, la Banque centrale a maintenu son taux directeur inchangé à 5,5%. La prudence devrait prévaloir à court terme. L’inflation a légèrement augmenté au cours des derniers mois. Elle continuera de progresser puisque le gouvernement a récemment supprimé le plafonnement des marges sur les carburants. Par ailleurs, le budget pour 2027 et le plan budgétaire à moyen terme reflètent la volonté de la Hongrie d’adhérer à la zone euro. Le gouvernement prévoit de ramener le déficit budgétaire à 4,9% du PIB en 2027 (contre 7% prévus en 2026), puis à 2,8% du PIB d’ici 2030.

Turquie

Assouplissement monétaire prudent. La Banque centrale a abaissé son taux directeur de 100 pb (à 36%) en octobre, conformément aux attentes du marché. Les taux de prêt et d’emprunt au jour le jour ont également été réduits de 100 pb (à respectivement 39% et 34,5%). L’amélioration de l’inflation sous-jacente ne s’est pas encore traduite par une baisse continue de l’inflation, ce qui justifie que la CBRT privilégie un assouplissement monétaire mesuré.

AMÉRIQUE LATINE

Brésil

Le président Lula da Silva a été réélu dimanche pour un 4e mandat (avec 51,8% des voix), battant le candidat d’extrême droite Flavio Bolsonaro (48,2%). Lula fait face à des défis de taille. La dette publique a atteint plus de 82% du PIB, tandis que les coûts d’emprunt élevés et le poids des dépenses incompressibles laissent une marge de manœuvre limitée pour concilier assainissement budgétaire, dépenses sociales et investissements. Le défi majeur à court terme sera de restaurer la confiance dans les perspectives budgétaires.

MATIÈRES PREMIÈRES

La pression s'intensifie. Les prix de l'énergie ont fortement augmenté cette semaine sur fond de rumeurs d'une nouvelle escalade militaire imminente dans le Golfe : le Brent a atteint 117 $/b (proche du pic d'avril) et les prix du gaz européen (TTF) 97 €/MWh ce lundi (plus haut niveau depuis décembre 2022). L’indice de référence asiatique du gaz (JKM) suit la même tendance (hausse de 4,6% en glissement hebdomadaire à 31,4 $/mbtu, soit environ 96 €/MWh). Les marges de raffinage du diesel sont en légère baisse en Europe (-2,8% en glissement hebdomadaire ce lundi) et aux États-Unis (-4% en glissement hebdomadaire ce lundi). Le premier pétrolier russe transportant du diesel à destination des États-Unis a quitté la Russie vendredi 26 octobre et devrait approvisionner le marché américain d’ici deux semaines. Les prix moyens de détail du diesel aux États-Unis restent orientés à la hausse (0,7% en glissement hebdomadaire à 6,32 $/gallon ce lundi). Les stocks commerciaux de brut aux États-Unis ont baissé de 3,1 m/b au cours de la semaine qui s’est achevée le 16 octobre, dépassant largement les attentes du marché qui tablaient sur une baisse de 340 000 barils.

a/a = année sur année

m/m = mois sur mois

pb = point de base

pp = point de pourcentage

mb = million de barils

À suivre cette semaine

  • Zone euro : réunion de la BCE, enquête de la Commission européenne d’octobre (jeudi) et PIB du 3e trimestre (vendredi). France : confiance des ménages (mardi), PIB du 3e trimestre, inflation d’octobre et emploi du 3e trimestre (vendredi). Allemagne : indice IFO du climat des affaires (lundi), confiance des ménages (mercredi), PIB du 3e trimestre et inflation d’octobre (vendredi)
  • Royaume-Uni : budget d’automne (mercredi)
  • États-Unis : réunion du FOMC (mercredi), PIB du 3e trimestre (jeudi)
  • Japon : confiance des ménages d’octobre (jeudi), réunion de la Banque du Japon, production industrielle, ventes au détail de septembre (vendredi)

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