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Reprise quasiment achevée et ralentissement en perspective

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Eco Perspectives // 4 trimestre 2021  
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BELGIQUE  
REPRISE QUASIMENT ACHEVÉE ET RALENTISSEMENT EN PERSPECTIVE  
Le PIB de la Belgique a crû de 1,7 % au deuxième trimestre, et s’établit par conséquent 2 % en deçà de son niveau  
pré-Covid. Selon nos prévisions, la croissance en année pleine devrait s’inscrire à 5,5 % cette année, puis ralentir  
à 3,0 % en 2022. L’augmentation des dépenses publiques a permis d’éviter le pire pour le marché du travail et les  
entreprises belges. Résultat : un redressement rapide des dépenses d’investissement dans tous les secteurs. Dans un  
contexte d’essoufflement de la croissance du PIB, la consommation privée connaît un rebond plus progressif.  
LA CROISSANCE DEVRAIT MARQUER LE PAS  
CROISSANCE ET INFLATION (%)  
En raison de l’épidémie de Covid-19 qui a frappé l’économie, la  
croissance du PIB belge a été amputée de 6,3% l’année dernière. Le  
Croissance du PIB  
Inflation  
succès de la campagne de vaccination et l’assouplissement consécutif  
de la plupart des mesures de distanciation sociale l’ont, depuis,  
stimulée.  
Prévisions  
Prévisions  
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Après avoir évolué à un rythme supérieur au potentiel depuis le début  
de 2021, la croissance devrait, selon nos prévisions, marquer le pas au  
second semestre de cette année. Nous prévoyons une poursuite de la  
normalisation en 2022, avec une croissance trimestrielle légèrement  
supérieure au potentiel.  
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PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES  
D’après notre modèle nowcast, le PIB s’est inscrit en hausse de 1,2%  
au troisième trimestre par rapport au deuxième. Autrement dit, la  
croissance a marqué un ralentissement par rapport au taux de 1,7  
enregistré au printemps, qui constituait en soi un plus haut sur la  
période 1980-2019. Un indicateur de l’activité économique totale,  
établi à partir des données agrégées sur les transactions bancaires,  
montre un léger décrochage de la reprise depuis début août.  
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2023  
GRAPHIQUE 1  
SOURCES : COMPTES NATIONAUX, BNP PARIBAS FORTIS  
L’indice des prix de l’immobilier résidentiel, établi par la Banque  
Les dépenses de consommation, autre indicateur basé sur des données des règlements internationaux (BRI), a grimpé de 6,7% au cours des  
internes, ont finalement retrouvé leurs niveaux (saisonnalisés) de douze derniers mois. Un rythme comparable à celui des pays voisins.  
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019 juste avant l’été. Elles les ont nettement dépassés pendant le D’après la Banque nationale de Belgique (BNB), la surévaluation du  
mois de juillet, mais se sont repliées dans les semaines qui ont suivi. marché immobilier belge est de 14%. D’après les modèles de la BCE,  
Cela pourrait signifier que l’effet largement évoqué de la « demande les prix pourraient être supérieurs de 20% au niveau justifié par les  
contenue » a déjà eu lieu.  
fondamentaux. La persistance des nouveaux comportements récents,  
comme l’augmentation du télétravail, pourrait jouer un rôle significatif  
dans l’évolution future du marché.  
La confiance des consommateurs est revenue à son pic du mois de  
juillet, les craintes du chômage étant quasi inexistantes. Juste avant  
l’été, la consommation privée, l’une des composantes du PIB, était  
toujours inférieure de 6% aux niveaux pré-Covid. Nous ne prévoyons  
pas une pleine reprise de la consommation privée d’ici la fin de 2022.  
DIFFICULTÉS DES ENTREPRISES À RECRUTER  
Stijn Baert (Université de Gant), économiste spécialisé dans le marché  
du travail, a récemment indiqué que le marché belge avait affiché la  
plus grande stabilité des 27 pays membres de l’UE depuis le début de  
la pandémie de Covid-19. Selon son analyse, les taux de chômage et  
d’inactivité (personnes sans emploi et qui n’en recherchent pas) ont  
peu évolué entre 2019 et 2020. Le déploiement rapide du dispositif de  
chômage partiel pourrait y avoir largement contribué.  
ENVOLÉE DES PRIX  
L’IPCH, un indicateur plus volatil que l’IPC, a fait ressortir une flambée  
des prix de 4,7% (g.a.), en août dernier. Cette envolée est principalement  
le résultat d’un effet technique, la période traditionnelle des soldes  
ayant eu lieu en août et non au mois de juillet, comme l’année dernière.  
Quoi qu’il en soit, l’inflation mesurée par l’IPC était également en Toutefois, il semble plus difficile, depuis peu, de recruter du personnel.  
hausse, s’établissant tout récemment à 2,7%.  
L’indice des offres d’emplois non pourvus enregistre un net rebond.  
Dans sa toute dernière publication, il s’approche du pic de 4,5% atteint  
en 2018. Les résultats des dernières enquêtes de la BNB révèlent que  
près de 80% de l’ensemble des entreprises belges signalent des pro-  
blèmes de recrutement, le manque de candidats à l’embauche étant  
le problème le plus criant. Le nombre de travailleurs indépendants  
reste orienté à la hausse, ce qui pourrait expliquer en partie la pénurie  
naissante de candidats à l’embauche. Le taux de croissance sur douze  
mois de cette catégorie d’actifs a atteint son niveau le plus élevé de-  
puis 1996. En revanche, le nombre de salariés n’a retrouvé ses niveaux  
pré-Covid qu’à l’approche de l’été.  
Les prix des logements augmentent sous l’effet d’un fort rebond des  
transactions. L’introduction, au début de 2020, d’un régime fiscal moins  
favorable aux propriétaires immobiliers avait provoqué une montée en  
flèche des transactions quelques mois auparavant et entraîné, de fait,  
une anticipation des ventes. Au ralentissement consécutif des achats  
de logements est venue s’ajouter l’adoption de la première série de  
mesures de distanciation sociale, interdisant, à un moment donné,  
la visite des biens en vente par les acheteurs potentiels. Depuis, ces  
mesures ont été assouplies et la demande s’est rapidement redressée,  
retrouvant les niveaux de la mi-2019.  
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FINANCES PUBLIQUES  
Les mesures de soutien à l’économie tout au long de la pandémie ont  
pesé sur les finances publiques. Le déficit a ainsi atteint 9,4% du PIB  
l’année dernière. L’augmentation consécutive de la dette publique brute  
va exercer des pressions supplémentaires sur un schéma de dépenses  
déjà difficile à maintenir.  
Le FMI a évalué l’impact de la pandémie sur les finances publiques  
belges. Ses économistes tablent ainsi sur une hausse annuelle du  
déficit de l’ordre de 2 points de pourcentage, sur toute la durée de  
l’horizon prévisionnel (2022-2025).  
L’Agence de la dette belge, chargée du sourcing des financements  
extérieurs, est parvenue à la même conclusion. Elle prévoit une  
augmentation des besoins de financement de EUR 10 à 20 mds en  
base annuelle, par rapport à ses estimations pré-Covid. Sur une note  
plus optimiste, le coût du service de la dette reste orienté à la baisse.  
Les charges d’intérêts de l’État fédéral, qui s’élevaient à 1,75% du PIB  
l’année dernière, pourraient atteindre un point bas, en deçà de 1,2%, au  
cours des deux prochaines années.  
Une fois encore, la baisse des taux d’intérêt sur l’encours de la dette  
offre au gouvernement belge un contexte favorable pour remédier au  
déficit budgétaire. Il reste à savoir si la large coalition du gouvernement  
De Croo saura répondre aux attentes dans ce domaine.  
Achevé de rédiger le 23/09/2021  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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