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Moins dynamique qu’en 2022, la demande ne devrait pas alimenter l’inflation en zone euro et aux États-Unis

08/04/2026
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Un contexte différent engendrera-t-il des impacts différents ? Autrement dit, une demande moins dynamique et des contraintes d’offre plus modérées, en 2026 par rapport à 2022, permettront-elles de limiter l’accélération de l’inflation ? Après avoir illustré l’impact du choc énergétique causé par la guerre au Moyen-Orient sur 6 variables d’intérêt en zone euro (voir ici), nous procédons maintenant à une nouvelle comparaison entre ces deux dates, avec cette fois le niveau relatif des problématiques d’offre et de demande. En zone euro, le moindre dynamisme de la demande a permis un reflux de l’inflation plus prononcé, au contraire des États-Unis, où l’une – et donc l’autre également – sont restées plus soutenues. Dans les deux zones, les enquêtes de climat des affaires ont récemment montré la détérioration d’une partie des indicateurs liés à l’offre (prix payés), tandis que les indicateurs de demande portent encore peu de traces du choc. Cette asymétrie devrait conduire l’inflation à la hausse dans les prochains mois, mais dans une ampleur qui, à ce stade, apparaît devoir être inférieure à 2022.

En zone euro, les contraintes de demande pèsent davantage sur la production, mais les contraintes d’offre restent significatives
Aux États-Unis, la demande contribue davantage à l’inflation PCE que l’offre

En zone euro, la demande joue à la baisse sur l’inflation, contrairement à 2022

L’enquête de la Commission européenne permet de jauger l’intensité avec laquelle le manque d’offre (pénuries d’intrants ou de main-d’œuvre, qui conduisent l’inflation à la hausse) ou de demande (qui limite l’inflation) pèsent sur la production des entreprises. L’augmentation des contraintes d’offre et la diminution des contraintes de demande, typiques de la période post-Covid, ont été deux contributeurs à l’accélération de l’inflation à l’époque (10,6% a/a à son pic en octobre 2022). L’état de ces contraintes en janvier 2026 permet un optimisme prudent (voir graphique 1). Le manque de demande pèse davantage que l’offre depuis mi-2024 et les contraintes liées à cette dernière ont continué de refluer. Ce mouvement a accompagné le retour de l’inflation à la cible de 2% de la BCE. Pas en deçà, toutefois, car malgré leur baisse, les contraintes d’offre demeurent nettement plus élevées qu’en moyenne historique. De plus, alors que l’inflation harmonisée a augmenté de 0,6pp à 2,5% a/a en mars (à ce stade, uniquement en raison de la hausse du prix des carburants), le conflit en Iran pourrait bien engendrer une remontée de ces contraintes, comme l’indique la hausse des indices de prix des intrants des enquêtes de climat des affaires. Ces mêmes enquêtes ne témoignent pas d’une transmission de ces tensions aux prix de vente à l’horizon de la fin du T2, mais celle-ci pourrait bien intervenir à terme, ce qui laisserait alors présager un rebond de l’inflation sous-jacente.

Aux États-Unis, la demande contribue davantage à l’inflation, mais moins qu’en 2022

Faute d’une enquête du même type que celle de la Commission européenne, nous utilisons une méthode différente pour comparer le rôle de l’offre et de la demande (voir graphique 2) : nous observons les contributions directes de l’offre et de la demande à la dynamique de l’inflation sur la base d’une décomposition entre ces deux facteurs, fournie par le Bureau of Economic Analysis (selon une méthodologie développée par A. Shapiro, de la Fed de San Francisco). Bien que nettement inférieure à 2022, la contribution de l’offre à l’inflation n’est pas résiduelle et joue à peu près autant qu’en 2018-19. Ces contraintes semblent même avoir légèrement réaugmenté depuis l’augmentation des droits de douane par l’administration Trump et devraient encore croître avec le rebond récent des prix des intrants et des délais de livraison. La contribution de la demande à l’inflation reste plus importante, en lien avec la résilience de la consommation (et sa surperformance post-Covid, voir notre analyse). Toutefois, cette dynamique se modère depuis quelques mois, sur fond de détérioration du marché du travail.

L’inflation augmenterait en raison de contraintes d’offre accrues, avant un reflux

Dans les deux régions, la guerre en Iran devrait entraîner un rebond des contraintes d’offre, probablement plus limité qu’en 2022. Pour autant, elles devraient tirer l’inflation à la hausse tandis que les effets négatifs du conflit en termes de demande mettraient davantage de temps à se manifester, tout comme leurs effets désinflationnistes.

LES ÉCONOMISTES AYANT PARTICIPÉ À CET ARTICLE