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Un vent d’optimisme souffle sur l’économie

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Eco Perspectives // 4 trimestre 2021  
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ITALIE  
UN VENT D’OPTIMISME SOUFFLE SUR L’ÉCONOMIE  
La reprise a accéléré, gagnant progressivement les différents secteurs et composantes de l’économie. L’amélioration  
du scénario général a conforté le moral des chefs d’entreprises et soutenu l’investissement. L’activité dans l’industrie  
manufacturière est repartie à la hausse au deuxième semestre 2020 tandis que le secteur des services a bénéficié  
de la reprise de la consommation au deuxième trimestre, malgré une évolution du tourisme international toujours  
décevante. L’optimisme qui continue de régner sur le marché immobilier italien surprend. Il est principalement porté  
par les achats de familles désireuses d’améliorer leurs conditions de logement. Au deuxième trimestre 2021, les  
ventes dans l’immobilier résidentiel ont ainsi enregistré une croissance de +70% par rapport au T2 2020 et de +26,1%  
par rapport au T2 2019.  
UNE ÉCONOMIE PLUS RÉSILIENTE  
CROISSANCE ET INFLATION (%)  
La reprise a accéléré, s’étendant progressivement à tous les secteurs et  
composantes de l’économie italienne. Le PIB réel, en hausse de 0,2% au  
T1 2021, a grimpé à près de 3% au T2. Le taux de croissance annuel a  
fait un bond au-dessus de 17%, en raison de la forte baisse enregistrée  
au T2 2020. L’effet de report pour 2021, hors nouvelle hausse au second  
semestre, ressort à 4,7%.  
Croissance du PIB  
Inflation  
Prévisions  
Prévisions  
6
.3  
7
5
3
1
1
3
5
7
9
5.1  
2
.8  
1.9  
2.2  
1.4  
Au T2, la contribution de la demande intérieure à la croissance du  
PIB a été positive (+3,1%), tandis que celle des stocks a été négative  
-
-
-
-
-
-0.1  
(
-0,8%). Avec l’amélioration des conditions sanitaires, la plupart des  
restrictions introduites pour endiguer la propagation du virus ont  
été levées. Même si les ménages sont restés relativement prudents,  
la consommation a augmenté de 5%, après -1,1% au T1, sous l’effet  
également du renforcement des conditions du marché du travail.  
Le nombre d’actifs occupés a augmenté de 338 000, mais il se  
maintient bien en deçà des niveaux antérieurs à la pandémie. Les  
consommateurs ont principalement augmenté les dépenses en biens  
semi-durables et en services, qui avaient été particulièrement touchés  
au cours des trimestres précédents. Le redressement de la demande  
intérieure et internationale a renforcé le climat des affaires et soutenu  
l’investissement des entreprises. Au T2, les dépenses en capital ont  
progressé de 2,4%, après +3,8% au T1. Les investissements affichent  
une croissance de 5% par rapport au T4 2019, de sorte que ceux qui  
n’ont pas été réalisés pendant la crise Covid-19 sont déjà rattrapés.  
-
8.9  
-
11  
2020  
2021  
2022  
2023  
2020  
2021  
2022  
2023  
GRAPHIQUE 1  
SOURCE : BNP PARIBAS GLOBAL MARKETS  
VALEUR AJOUTÉE PAR SECTEUR (VARIATION EN %, T/T)  
6 t/t, %  
T4 20  
T1 21  
T2 21  
5
4
3
2
1
0
1
Sur la période d’avril à juin, la contribution des exportations nettes est  
redevenue positive (+0,3%, après -1% au T4 2020 et -0,4% au T1 2021),  
la croissance des exportations ayant été plus forte que celle des  
importations (+3,2% et +2,3%, respectivement), portée par un contexte  
extérieur dynamique.  
-
UNE REPRISE GÉNÉRALE  
-2  
-
3
L’activité manufacturière est repartie à la hausse au second semestre  
Manufacturier  
Construction  
Services  
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020, reflétant l’amélioration de l’environnement mondial. Les  
exportations ont entièrement rattrapé la forte chute enregistrée au  
cours du premier semestre de l’année dernière. De janvier à juillet  
SOURCE : CALCULS BNL, DONNÉES ISTAT  
GRAPHIQUE 2  
2
2
021, les ventes italiennes à l’étranger ont fait un bond de près de augmenté de près de 3%, après avoir reculé au T4 2020 et au T1 2021  
3% en base annuelle, contre +16% environ en Allemagne et en France. (-2,3% et -0,4%). Ce chiffre global reflète le fort rebond de l’activité  
La production de l’industrie manufacturière a progressé de 0,5% dans l’hôtellerie et la restauration. Le chiffre d’affaires a crû de  
au T4 2020, de 1,3% au T1 2021 et de 1,5% au T2 2021, dépassant 35% (t/t), mais il reste inférieur de plus de 40 points de pourcentage  
légèrement le niveau antérieur à la crise. La production d’intrants à celui réalisé au T4 2019. Ce secteur reste en effet fortement touché  
intermédiaires a largement bénéficié du redressement du commerce par l’évolution décevante du tourisme international. Au T2, on comptait  
mondial, avec de fortes augmentations dans le secteur de l’équipement environ 6 millions les touristes étrangers ; c’est plus qu’au T2 2020  
électrique, celui des produits métalliques et celui des produits en (4,8 millions), mais nettement en dessous des 25,9 millions enregistrés  
caoutchouc, en plastique et métalliques non minéraux.  
Avec la levée progressive des restrictions, le secteur des services a  
bénéficié de la reprise de la consommation. Au T2, la valeur ajoutée a  
au T2 2019. D’après les données des Comptes nationaux, les dépenses  
des non-résidents ont augmenté de EUR 1,9 md au T1 à EUR 2,4 mds  
au T2 2021, environ un cinquième des valeurs de pré-crise.  
La banque  
d’un monde  
qui change  
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IMMOBILIER : LA PAGE DE LA PANDÉMIE EST TOURNÉE  
PRIX DES LOGEMENTS  
Malgré les sombres prévisions faites au début de la pandémie, un  
étonnant optimisme persiste sur le marché italien de l’immobilier,  
principalement dû aux décisions d’achat de familles désireuses  
d’améliorer leurs conditions de logement après plusieurs mois de  
confinement pendant la période d’urgence sanitaire. Selon une enquête  
récente menée par Nomisma (institution italienne spécialisée dans ce  
domaine), 3,3 millions de familles italiennes souhaiteraient acquérir  
un logement neuf dans les douze prochains mois. Cependant, seules  
Indice 100= T1 2015  
130  
25  
120  
15  
110  
Total  
1
Nouveaux logements  
Logements existants  
1
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00 000 d’entre elles semblent disposer d’un revenu suffisant pour  
procéder effectivement à une telle acquisition, un chiffre supérieur à  
celui enregistré dans les enquêtes antérieures à la pandémie.  
1
05  
00  
1
La résilience qui a caractérisé le secteur immobilier italien pendant  
les premiers mois de la pandémie et la réactivité dont il a fait preuve  
dans la période qui a suivi permettront très probablement à ce secteur  
de refermer la longue parenthèse de l’épidémie de Covid-19 sur une  
performance aussi brillante qu’inattendue. En fait, les principaux  
indicateurs font ressortir des taux de croissance positifs depuis la fin  
9
5
Q2  
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021  
Q2  
Q2  
Q2  
Q2  
Q2  
Q2  
Q2  
Q2  
Q2  
Q2  
Q2  
GRAPHIQUE 3  
SOURCE : CALCULS BNL, DONNÉES ISTAT  
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020. Cette année, le nombre de transactions va probablement se  
réaligner sur les prévisions faites avant la pandémie, avec une baisse  
cumulée sur la période de deux ans (2020-2021) qui ne devrait pas  
excéder 4 % par rapport au scénario de pré-crise.  
In Italie, le marché de l’immobilier résidentiel reste dominé par les  
particuliers, qui représentent environ 95% de la demande et 87% de  
l’offre. Au premier semestre 2021, 54,2% des acquisitions effectuées  
par des particuliers ont été financées par la souscription d’un prêt  
hypothécaire et, dans 75% des cas, il s’agissait de la résidence  
principale. La baisse progressive de la décote moyenne sur les prix de  
vente, qui est désormais de 9,3%, contre 10,1% au trimestre précédent,  
reflète également la bonne dynamique du marché.  
Au deuxième trimestre 2021, les ventes dans l’immobilier résidentiel  
ont affiché une croissance de +73,4% par rapport au même trimestre  
de 2020 et de +26,1% par rapport au deuxième trimestre 2019. Dans  
les villes autres que les chefs-lieux de région, ces chiffres sont encore  
plus élevés (+81,6%, avec environ 62 000 logements vendus et +31,3%,  
avec près de +33 000 logements vendus, respectivement). Dans les  
chefs-lieux de région, les transactions immobilières ont crû de 58%,  
en g.a., (plus de 23 000 logements achetés de plus qu’au deuxième  
trimestre 2020 et près de 9 000 de plus qu’au deuxième trimestre  
L’augmentation en base annuelle s’explique principalement par les  
prix des logements neufs (+2,0%, contre +4,0% au trimestre précédent),  
tandis que dans l’ancien, les prix s’inscrivent en légère hausse (+0,1%,  
contre +1,2% au premier trimestre 2021).  
Dans l’hypothèse de prix inchangés au second semestre, le taux de  
croissance des prix de l’immobilier en 2021 serait de +2%, un niveau  
jamais atteint depuis que les données sont disponibles (2010). Dans  
les régions du nord-ouest et du nord-est, les prix de l’immobilier ont  
progressé de 0,1% (g.a.) et de 0,3% respectivement (contre 1,8% et 2,3%  
au T1 2021, respectivement). Dans le centre, les prix de l’immobilier  
ont augmenté de 1,2 % (contre 1,4 % au T1 2021), tandis que dans le  
sud et dans les îles, ils ont baissé de 0,2 %. La croissance des prix de  
l’immobilier à Milan, notamment, a ralenti à +1,4 % (g.a.) au T2 2021,  
contre +5,2% au T1. La tendance positive est entièrement imputable  
aux logements dans l’ancien, dont les prix ont augmenté de 3,6% (g.a.),  
tandis que dans le neuf ils ont baissé de 8,8% (g.a.). Cette dynamique  
divergente se confirme en base trimestrielle avec une baisse des  
prix des logements dans le neuf de 14,2% par rapport au trimestre  
précédent, contre une hausse de 3,2% dans l’ancien. À Rome, les prix  
de l’immobilier ont affiché un taux de croissance négatif (-0,5% au T2  
contre +1,7% au trimestre précédent).  
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019, +16,1%). Les transactions immobilières ont augmenté de 14,6 %  
dans les grandes villes du nord du pays et de 34,2% dans le centre par  
rapport au T2 2019.  
Le redressement des transactions, qui ressort de la comparaison entre  
les données de 2021 et de 2019, concerne tous les types de surfaces,  
mais en particulier les plus grandes (plus de 145 m²). Entre avril et juin  
2
021, les transactions immobilières dans les huit plus grandes villes  
italiennes ont augmenté de 14% par rapport au deuxième trimestre  
019, les plus fortes progressions ayant été enregistrées à Gênes et à  
Achevé de rédiger le 23/09/2021  
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Rome (+32,7% et +19,4%, respectivement). Florence, Palerme et Turin  
ont affiché des taux de croissance plus modestes, mais également à  
deux chiffres. La hausse des transactions à Milan, à Naples et à Bologne  
reste inférieure à 10% par rapport à 2019.  
Les indications relatives aux prix sont également positives, même si les  
dernières données font état d’un ralentissement, qui est plus évident  
dans le sud que dans certaines grandes villes du nord, y compris Milan.  
D’après les estimations préliminaires de l’Istat, les prix de l’immobilier  
ont augmenté en Italie de 1,7% (t/t) et de 0,4% (g.a.) au T2 2021 (+1,7%  
au T1 2021).  
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QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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