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Consommation en berne

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Eco Emerging // 3 trimestre 2022  
economic-research.bnpparibas.com  
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RÉPUBLIQUE TCHÈQUE  
CONSOMMATION EN BERNE  
Ces deux derniers trimestres ont été marqués par une progression plus lente de l’activité économique, principale-  
ment due à l’affaiblissement de la consommation des ménages. Par ailleurs, le pays reste très exposé aux difficultés  
d’approvisionnement, notamment dans le secteur automobile, ce qui pénalise à la fois l’activité industrielle et les  
exportations. Le ralentissement de l’économie mondiale en 2022 va aussi affecter la croissance, le pays étant forte-  
ment exposé aux échanges commerciaux. L’inflation n’a probablement pas encore atteint son point haut. Le cycle de  
resserrement monétaire devrait donc se poursuivre à court terme.  
LA CONSOMMATION PÈSE SUR LA CROISSANCE  
PRÉVISIONS  
Au T1 2022, la croissance du PIB s’est établie à 0,9 % t/t contre 0,8% t/t  
au T4 2021 et 1,7 % t/t au T3 2021. La consommation des ménages s’est  
contractée au cours des deux derniers trimestres. La forte remontée du  
taux d’inflation s’est traduite par des pertes de pouvoir d’achat malgré  
les mesures gouvernementales (gel de prix sur l’énergie, hausse des  
pensions et prime de 5 000 couronnes tchèques, soit 200 euros, par  
enfant, sous condition de revenus). Les segments les plus fortement  
affectés concernent les véhicules, les biens d’équipement et les biens  
alimentaires. Pour ces secteurs, les indices des ventes au détail restent  
en dessous de leur niveau d’avant-crise. Seule la demande de matériel  
informatique et de communication est restée très dynamique depuis  
le début de l’année (+16,9 % au dessus du niveau pré-Covid en avril).  
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019  
2020  
2021 2022e 2023e  
PIB réel, variation annuelle, %  
Inflation, IPC, moyenne annuelle, %  
Solde budgétaire, % du PIB  
3.0  
2.6  
-5.8  
3.3  
3.3  
3.3  
2.9  
14.7  
-4.4  
39.9  
-1.2  
64.6  
158.9  
9.4  
2.4  
8.4  
0.3  
-5.8  
38.1  
2.0  
-5.9  
41.9  
-0.9  
75.3  
153.3  
11.1  
-3.5  
39.4  
-0.7  
59.0  
164.4  
9.4  
Dette du gouvernement % du PIB  
Solde courant, % du PIB  
30.3  
0.3  
Dette externe, % du PIB  
76.5  
76.5  
135.4  
11.7  
Réserves de change, mds EUR  
Réserves de change, en mois d'imports  
133.4  
10.4  
E: ESTIMATIONS ET PRÉVISIONS  
TABLEAU 1  
Au cours des prochains mois, la consommation des ménages va pro-  
bablement rester morose mais sa trajectoire dépendra de l’ampleur  
d’une éventuelle désépargne. En 2021, les ménages ont déjà puisé  
dans l’épargne accumulée pendant la crise du Covid-19 sans pour au-  
tant revenir au niveau de 2019. Le taux d’épargne est descendu à 15,2%  
l’an dernier après avoir fortement augmenté à 21,6 % en 2020. Il était  
de 13,3% en 2019.  
SOURCE : BNP PARIBAS RECHERCHE ECONOMIQUE GROUPE  
RÉPUBLIQUE TCHÈQUE : CONTRIBUTION À LA CROISSANCE  
Cons. des ménages  
Exportations nettes  
Cons. publique  
FBCF  
pp  
9
PIB r éel (g.a., %)  
VERS UN SOUTIEN MOINDRE DE L’INVESTISSEMENT ET  
DES EXPORTATIONS  
6
3
Au premier trimestre, la croissance a été soutenue par l’investissement  
et les exportations nettes, avec une contribution respective de 1,2 point  
et 0,6 point. Toutefois, ces relais de croissance pourraient s’atténuer à  
court terme.  
0
-3  
Les exportations seront sans doute moins dynamiques au cours des  
prochains mois. Sur la période récente, les nouvelles commandes à  
l’exportation ont sensiblement baissé à en juger par l’indice sous-  
jacent du PMI manufacturier. Le pays, très exposé aux échanges  
extérieurs, sera en effet pénalisé par le ralentissement de la demande  
en provenance de l’Union européenne, son principal partenaire  
commercial (l’Allemagne représente à elle seule 32% des exportations  
totales). En revanche, l’impact direct du conflit russo-ukrainien sur les  
exportations à destination de la Russie (2,3% des exportations totales)  
devrait être très limité.  
-
6
-
9
2018  
GRAPHIQUE 1  
2019  
2020  
2021  
2022  
SOURCES : EUROSTAT, BNP PARIBAS  
CHOCS D’OFFRE DANS L’INDUSTRIE  
L’investissement va problement pâtir des contraintes d’approvisionne-  
ment et de la compression des marges due à la hausse des coûts de  
production. De même, les incertitudes générées par la situation géopo-  
litique vont conduire à des reports de projets d’investissement. Au final,  
l’activité économique devrait ralentir et la croissance atteindre 2,9% en  
L’activité industrielle a retrouvé son niveau d’avant-Covid dès fin 2020  
mais elle a peu progressé depuis, notamment en raison des contraintes  
d’approvisionnement. Plus récemment, celles-ci ont été accentuées  
par les épisodes de confinement en Chine, qui ont entraîné des ferme-  
tures d’usines en début d’année. La guerre en Ukraine a aussi alimenté  
ces chocs d’offre.  
2
022 et 2,4% en 2023, après 3,3% en 2021.  
La banque  
d’un monde  
qui change  
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Eco Emerging // 3 trimestre 2022  
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6
Le secteur automobile, qui pèse lourd dans l’économie (22% de la va-  
leur ajoutée dans l’activité manufacturière et 20% des exportations  
totales), a été sensiblement touché. Reflet de ces contraintes, la pro-  
duction de voitures en volume a baissé de 14%, en cumul de janvier à  
avril, par rapport à la même période l’an dernier. De même, les ventes  
de véhicules à l’étranger peinent à trouver un nouveau souffle depuis  
RÉPUBLIQUE TCHÈQUE : PRODUCTION INDUSTRIELLE  
ET PRODUCTION DE VÉHICULES  
Production industrielle  
Production de véhicules et d'équipement de transport  
janvier 2020 = 100  
20  
1
2
019. Ce schéma est comparable à celui de la plupart des pays de la  
région, très exposés aussi au secteur automobile.  
100  
RESSERREMENT MONÉTAIRE  
80  
Depuis l’automne 2021, les banques centrales des pays de la région ont  
entamé un cycle de resserrement monétaire pour juguler l’inflation.  
En République tchèque, le taux directeur a été relevé de 675 points  
de base (pb) depuis avril 2021 pour atteindre 7%. La nomination d’un  
nouveau gouverneur, Aleš Michl, perçu comme étant très réticent à un  
durcissement de la politique monétaire, ne devrait pas remettre en  
cause le resserrement, à en juger par l’ampleur de la hausse du taux  
directeur (+125 pb) lors de la dernière réunion de la banque centrale.  
60  
40  
20  
0
2019  
2020  
2021  
2022  
GRAPHIQUE 2  
SOURCES : EUROSTAT, BNP PARIBAS  
Ces derniers mois, les pressions inflationnistes se sont intensifiées.  
L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) a progressé de  
1
5,2% en g.a. en mai. Les postes « alimentation » et « énergie » y ont  
contribué respectivement à hauteur de 3,7 points et 4,3 points. Les  
contraintes d’approvisionnement ont aussi attisé la hausse des prix  
des biens durables. En 2023, les pressions inflationnistes pourraient  
s’atténuer en raison d’une relative détente des prix des matières pre-  
mières agricoles et énergétiques, et des contraintes d’approvisionne-  
ment. Par ailleurs, la boucle prix-salaires reste contenue pour l’instant  
compte tenu d’une progression des salaires plus faible que l’inflation.  
Toutefois, le taux d’inflation dépasserait largement l’objectif de la  
banque centrale de 1-3%.  
La consolidation des comptes publics sera probablement de nouveau  
reportée cette année. Ainsi, le déficit budgétaire rapporté au PIB reste-  
rait élévé à court terme. Les autorités anticipent un déficit de 4,5% du  
PIB pour l’année 2022 par rapport aux prévisions initiales de 3,3% en  
février dernier. Cette révision vise à prendre en compte les nouvelles  
mesures de soutien du gouvernement. Outre celles en faveur des mé-  
nages, des garanties sur les emprunts des PME ou encore l’instauration  
de délais de paiement de la TVA visent à soutenir les entreprises. La  
dette publique resterait proche de 40% du PIB à horizon 2023, soit en-  
DÉTÉRIORATION LIMITÉE DES COMPTES PUBLICS ET viron 10 points au dessus de 2019.  
Point marquant à souligner, la charge d’intérêts de l’État va augmen-  
EXTERNES  
ter en raison de la hausse des taux à 5 ans ou à 10 ans sur le marché  
Le solde courant est devenu négatif en 2021, à -0,9% du PIB. Il s’ex- obligataire local. Néanmoins, rapportée aux recettes qui ont régulière-  
plique par une baisse très marquée de l’excédent commercial, à EUR ment progressé au cours des dix dernières années, l’augmentation va  
,8 mds l’an dernier, en comparaison de 10,6 mds en 2020. Le solde probablement rester limitée.  
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commercial n’a pas permis de compenser le déficit structurel de la ba-  
lance des revenus. Celle-ci s’est établie à EUR 9,1 mds. Quant à la ba-  
lances des services, elles est restée proche de sa moyenne des quatre  
dernières années à EUR 4,3 mds.  
er  
Achevé de rédiger le 1 juillet 2022  
Le déficit courant va probablement se maintenir au cours des deux  
prochaines années en raison d’un alourdissement de la facture énergé-  
tique et d’un tassement des exportations. L’énergie en provenance de la  
Russie représente 42% du total des importations. Cette dépendance est  
importante notamment en matière d’approvisionnement en gaz (71%  
des importations). Pour l’instant, la République tchèque, tout comme  
la Hongrie et la Slovaquie, a obtenu une dérogation à l’embargo de  
l’Union européenne sur les importations de pétrole russe.  
Cynthia KALASOPATAN ANTOINE  
cynthia.kalasopatanantoine@bnpparibas.com  
Néanmoins, les flux d’investissements directs étrangers et les fonds  
en provenance de l’Union européenne vont encore largement financer  
le besoin externe, ce qui devrait consolider les réserves de changes.  
Ces dernières couvrent 9,4 mois d’importations en 2022, un ratio très  
confortable.  
La banque  
d’un monde  
qui change  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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