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Des capacités de résistance à court terme

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EcoEmerging// 2 trimestre 2020  
economic-research.bnpparibas.com  
Égypte  
Des capacités de résistance à court terme  
Les conséquences de l’épidémie de Covid-19 sur l’économie devraient être significatives et provoquer un fort ralentissement de  
l’activité cette année. Néanmoins, la croissance devrait rester positive. À court terme, la dégradation attendue des finances  
publiques est soutenable, et le gouvernement égyptien est capable de faire face à une raréfaction temporaire des investisseurs  
internationaux. La liquidité en devise de l’ensemble du système bancaire s’est fortement améliorée au cours des derniers mois,  
renforçant la livre sur les marchés de change. Dans ce contexte, le financement du déficit courant, le remboursement des dettes  
extérieures, ainsi que la capacité à faire face à des retraits massifs de capitaux sont assurés à court terme.  
Mesures de soutien économique  
1- Prévisions  
Face à l’épidémie de Covid-19, le gouvernement a pour le moment  
pris des mesures de restriction des déplacements et d’activité, mais  
pas de confinement. L’ensemble des vols aériens a été suspendu.  
Les mesures de soutien à l’économie sont d’abord monétaires avec  
la réduction de 300 points de base des principaux taux de la  
Banque centrale d’Égypte (BCE). Ainsi, le taux sur les dépôts  
auprès de la BCE a baissé de 12,25% à 9,25%. La BCE a, par  
ailleurs, annoncé un certain nombre de mesures à l’intention du  
secteur bancaire afin de soutenir l’activité économique, telles que le  
report de six mois du remboursement des crédits pour les  
entreprises et les individus, des réaménagements de créance pour  
les personnes en difficulté, la baisse du taux d’intérêt préférentiel  
destiné à certains emprunteurs et l’établissement d’un fonds de  
garantie à destination du secteur touristique. De son côté, le  
gouvernement a mis en place des mesures de soutien au secteur  
privé (prêts à taux bonifiés pour l’industrie, soutien au secteur  
hôtelier, aide directe à certains ménages) pour un montant  
équivalant à environ 2% du PIB.  
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018  
,3  
21,5  
2019 2020e 2021e  
PIB réel, variation annuelle, %  
Inflation, IPC, var. annuelle, %  
Solde budgétaire, % du PIB  
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5,6  
2,6  
3,4  
13,4  
-8,0  
-3,6  
5,9  
-9,2  
-4,1  
7,5  
-9,8  
-4,0  
-
-
9,5  
2,0  
Balance courante, % du PIB  
Années budgétaires T-1/T (juillet-juin)  
e: estimations et prévisions BNP Paribas Recherche Economique Groupe  
2- Assouplissement monétaire et baisse du taux d'intérêt  
des bons du Trésor  
Taux prêteur BCE  
Bons du Trésor 1an  
22%  
20%  
18%  
16%  
14%  
12%  
10%  
Fort ralentissement économique attendu  
Le ralentissement économique sera important, mais la structure de  
l’économie égyptienne devrait permettre de limiter le recul de la  
croissance. Les secteurs les plus vulnérables aux conséquences de  
l’épidémie, et dont l’impact sur la croissance sera significatif, sont  
l’industrie manufacturière (16% du PIB), la construction et  
2017  
2018  
2019  
2020  
Sources : BCE, MdF  
restrictions touchant l’activité économique ont été mises en place à  
partir du mois de mars 2020 et affecteront donc principalement le  
dernier trimestre de l’année 2019/20 (-4,1% en g.a.). Au total, la  
croissance devrait se réduire fortement mais rester positive à 2,6%  
sur l’ensemble de l’année 2019/20. Les conséquences  
économiques de la crise sanitaire devraient se prolonger au moins  
durant les premiers mois de l’année 2020/21, et affecter la saison  
haute de l’activité touristique. Par ailleurs, les capacités budgétaires  
de soutien et de relance de l’activité sont contraintes, tandis que la  
baisse du niveau de vie des ménages pourrait limiter la capacité de  
rebond de l’économie. Le PIB devrait progresser de 3,4% en  
1
l’immobilier (16% du PIB) et le tourisme . Ce dernier ne représente  
qu’une faible part du PIB (environ 3% du total), mais sa contribution  
à la croissance du PIB a été forte ces derniers trimestres, environ  
1
% pour une croissance totale du PIB de 5 à 6%. A contrario, les  
secteurs extractifs, agricole, des communications et de la santé  
environ 25% du PIB pour l’ensemble) devraient être relativement  
(
moins affectés.  
Au cours de l’année fiscale 2018/19, la croissance du PIB avait  
atteint 5,6% en termes réels. Ce rythme s’est maintenu au  
S1 2019/20. Au T3 2019/20, on estime que la croissance est restée  
positive bien qu’en léger repli (nous prévoyons 5,0% en g.a.).  
Jusqu’à présent, l’activité a été relativement peu affectée par le  
ralentissement de l’activité au niveau international étant donné sa  
faible intégration dans les chaînes de valeur internationales. Les  
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020/21.  
Inflation stable  
À court terme, l’évolution des prix à la consommation est soumise à  
deux influences contraires : d’une part, les effets inflationnistes de  
ruptures dans la chaîne d’approvisionnement des biens alimentaires  
1
Selon le ministère de la Coopération internationale, depuis le début de la crise,  
(
40% de la composition de l’indice des prix) et, d’autre part, les  
les réservations hôtelières ont chuté de 80% par rapport à la même période de  
l’année précédente.  
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conséquences de la baisse des prix du pétrole. Ceux de l’ensemble  
des produits pétroliers (hors gaz butane) atteignent à leur coût de  
revient étant donné la fin des subventions. Ils devraient être revus à  
la baisse à partir du T4 2019/20. Au total, nous ne modifions pas  
significativement nos prévisions d’inflation, et prévoyons une  
moyenne annuelle de 5,9% en 2019/20.  
3
- Liquidité en devise du système bancaire  
Réserves de change officielles de la BCE  
Réserves de change Tier 2 de la BCE  
Position extérieure nette des banques commerciales  
Bons du trésor détenus par les investisseurs étrangers  
Mds USD  
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5
4
3
2
1
0
0
0
0
0
0
0
Situation budgétaire soutenable  
Pour le moment, les mesures budgétaires de soutien direct  
annoncées restent assez limitées (environ 2% du PIB) et  
concerneront, pour une large part, l’exercice budgétaire 2020/21.  
Par ailleurs, la chute des prix du pétrole réduira les subventions sur  
le gaz butane (les autres subventions à l’énergie ont été éliminées),  
mais avec un impact très marginal sur les dépenses totales.  
-
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20  
2016  
2017  
2018  
2019  
2020  
Source : BCE  
Du côté des recettes, les taxes directes et indirectes seront en  
réduction ainsi que les revenus liés au Canal de Suez (6% des  
revenus du gouvernement en 2018/19). Si la baisse des recettes  
affectera directement le dernier trimestre de l’exercice budgétaire en  
cours, les dépenses de soutien seront plus étalées dans le temps.  
Après avoir enregistré un surplus de 1,35% du PIB en 2018/19, le  
solde budgétaire primaire devrait devenir négatif cette année à  
solde commercial. Par contre, le secteur touristique devrait être  
fortement affecté et nous estimons que les recettes touristiques  
pourraient baisser d’au moins 25% en 2019/20, avant de se rétablir  
en 2020/21, sans toutefois retrouver le niveau de 2018/19  
(USD 12 mds). De même, les transferts privés des expatriés  
devraient être affectés par le fort ralentissement économique dans  
le Golfe, tandis que les recettes du Canal de Suez souffriront du  
ralentissement du commerce mondial et de la baisse des prix du  
pétrole. Le déficit courant devrait se creuser à 4,1% et 4% du PIB  
en 2019/20 et 2020/21.  
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,3% du PIB. De même, en 2020/21, le solde primaire devrait  
afficher un déficit de 1,8% du PIB étant donné la nécessité de  
soutenir budgétairement l’activité et la baisse des recettes.  
La difficile maîtrise des intérêts de la dette (47% des recettes totales  
en 2018/19) est à l’origine de déficits budgétaires importants. La  
baisse des taux de la BCE devrait permettre une baisse des intérêts  
de 0,3% du PIB en année pleine (ils étaient équivalents à 9,5% du  
PIB en 2018/19). En effet, l’économie potentielle liée à la baisse des  
taux (une baisse de 100 bps équivaut à environ EGP 8 à 10 mds)  
devrait être amoindrie par la hausse des taux sur le marché des  
bons du trésor induite par la hausse de l’aversion au risque, et par  
une moindre liquidité en raison de la sortie d’une partie des  
investisseurs étrangers. Par conséquent, le déficit budgétaire  
devrait repartir à la hausse cette année pour atteindre 9,2% du PIB.  
A court terme, la situation de la liquidité en devises reste acceptable,  
même en cas de fuite des capitaux. En effet, la somme du déficit  
courant (USD 13 mds en année pleine), de l’amortissement de la  
dette extérieure (USD 7 mds en 2020) et des bons du Trésor  
détenus par les investisseurs étrangers (environ USD 20 mds en  
février 2020) sont largement couverts par les actifs en devises de  
l’ensemble du système bancaire. La position extérieure nette des  
banques commerciales était positive de USD 7 mds en février 2020,  
tandis que les avoirs brut en devises de la BCE s’élèvent  
actuellement (fin mars 2020) à USD 47 mds en ajoutant les  
réserves tier 2 (destinées à couvrir une partie des flux de  
portefeuille) aux réserves officielles.  
Tant que le déficit budgétaire reste contenu, son financement reste  
assuré malgré la raréfaction des sources extérieures de  
financement. La liquidité du système bancaire local nous paraît  
suffisante pour faire face aux besoins de financement. L’ensemble  
du passif de la BCE lié aux opérations d’open-market était  
équivalent à 13% du PIB en février 2020. La baisse de  
rémunération de ces opérations pourrait inciter les banques à se  
tourner vers les titres émis par le gouvernement.  
Néanmoins, si la position extérieure nous paraît solide à court terme,  
la dégradation des comptes courants et la réduction vraisemblable  
des flux de capitaux pourraient mettre un terme à l’appréciation de  
la livre sur les marchés des changes. Un certain nombre d’éléments  
devraient permettre de limiter cette dépréciation : un marché de la  
dette locale qui reste attractif pour les investisseurs internationaux,  
des investissements étrangers dans le secteur énergétique, même  
si ceux-ci pâtiront de la déprime du marché pétrolier, et le soutien  
renouvelé des monarchies du Golfe en cas de besoin.  
Résistance de la liquidité en devises  
Les conséquences de la baisse des prix du pétrole sur les comptes  
externes sont ambivalentes. En volume, le pays est importateur net  
de produits pétroliers (brut et raffiné) et est redevenu exportateur  
net de GNL (mais pour des volumes limités). En valeur, le solde  
total des hydrocarbures a été faiblement déficitaire en 2019,  
signalant un décalage entre volume et prix lié à la nature de l’accord  
entre la compagnie pétrolière national égyptienne (EGPC) et les  
compagnies pétrolières internationales. La chute des prix du pétrole  
attendue en 2020 devrait avoir un effet légèrement positif sur le  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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