Le gouvernement Merz a placé l’économie au cœur de son action, avec une priorité donnée aux infrastructures et à la défense, doublée d’un soutien à l’investissement des entreprises privées. L’année 2025 a permis de mettre en place la stratégie du gouvernement, avec deux dérogations majeures au frein à l’endettement :
Un fonds spécial hors budget de EUR 500 Mds sur 12 ans dédié aux infrastructures et à la transition bas carbone (SVIK) ;
L’exception au frein à l’endettement des dépenses de défense supérieures à 1% du PIB (l’objectif est de porter l’effort de défense à 3,5% du PIB en 2029 contre 2,4% aujourd’hui).
Hausse de la dépense publique
Sous cette impulsion, les dépenses fédérales ont déjà nettement progressé en 2025, de +6,2% a/a selon nos estimations, soutenues par les dépenses sociales et de pensions (+7,4%, une contribution de 3 points de pourcentage à la hausse des dépenses publiques), ainsi que par la défense (+ 8,9%, contribution de 1,1 pp) et les services publics (+4%, contribution de 1 pp). La hausse des dépenses d’investissement reste, à l’inverse, limitée (+2,9%) ; les crédits budgétaires pour les transports publics et les infrastructures routières, ferroviaires et de communication sont même en baisse (-18,7%). Ce recul semble s’expliquer par un basculement comptable des crédits fédéraux vers le fonds spécial SVIK. Au total, nos estimations, intégrant dépenses fédérales et fonds spécial SVIK, pointent vers une diminution de l’investissement en infrastructures en 2025 par rapport à 2024 (cf. graphique de gauche). Cette diminution peut s’expliquer en grande partie par le vote tardif du budget, la mise en place du SVIK, et par une simplification administrative encore inaboutie : contrairement à la défense, qui a rapidement bénéficié d'une simplification des procédures d'achat, la modernisation administrative en reste au stade d'un agenda de réformes publié, les mesures concrètes restant à venir.
Premiers soutiens à la croissance en 2025
La mise en œuvre progressive de cette politique a cependant commencé à soutenir la croissance, qui a atteint +0,3% a/a en 2025, portée principalement par la consommation publique, qui progresserait de 1,5% sur un an. Les premiers signes de retombées économiques sont également apparus en fin d’année (cf. graphique de droite), avec un redressement, en novembre, de la production industrielle (soutenue notamment par les biens d’équipement) et un fort rebond des nouvelles commandes domestiques. Concernant la construction, la reprise est moins nette, mais la production est en hausse depuis octobre dans la construction spécialisée, rompant avec sa tendance décroissante.
Montée en charge supplémentaire en 2026
La montée en charge devrait franchir un nouveau palier en 2026. Le budget (incluant le SVIK) est déjà voté, ce qui permettra un déploiement plus rapide des investissements publics. Par ailleurs, les réformes administratives annoncées et entrant en vigueur en 2026 devraient permettre une meilleure transmission de la politique économique à l’économie réelle. Dans le domaine de la défense, les tensions géopolitiques et le lancement du service militaire facultatif devraient soutenir davantage les investissements allemands dans ce secteur. La montée en puissance de la politique budgétaire allemande et ses effets d’entraînement sur l’ensemble de l’économie du pays et de la zone euro soutiennent nos prévisions de croissance de 1,4% en 2026 et 1,5% en 2027, avec près de 1 pp attribuable à la dépense publique (cf. Allemagne : nouveau cycle de croissance).