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Victoire des libéraux aux élections législatives

ECO FLASH  
N°21-04  
22 mars 2021  
PAYS-BAS : VICTOIRE DES LIBÉRAUX AUX ÉLECTIONS LÉGISLATIVES  
Raymond Van der Putten  
Le VVD (libéraux-conservateurs) et D66  
PRINCIPAUX PARTIS À L'ISSUE DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES  
(
sociaux-libéraux) ont été les grands gagnants  
e
Parti  
Nombre de sièges à la 2 chambre  
des élections législatives du 17 mars 2021,  
remportant, respectivement, 35 et 23 sièges.  
Le CDA (chrétiens-démocrates), en revanche, a  
essuyé de lourdes pertes.  
2
017  
33  
19  
20  
19  
9
2021  
35  
23  
17  
15  
9
VVD  
D66  
PVV  
CDA  
PvdA  
SP  
Partie pour la liberté et la démocratie Libéraux-conservateurs  
Démocrates 1966  
Social-liberaux  
Parti pour la liberté  
Appel des chrétiens-démocrates  
Parti travailliste  
Droite populiste  
Chrétiens-démocrates  
Sociaux-démocrates  
Extrême gauche  
Droite populiste  
La droite populiste a gagné un peu de terrain,  
le repli du PVV (Parti pour la liberté) ayant été  
compensé par une forte avancée du FvD (Forum  
pour la démocratie), qui a fait campagne contre  
les mesures de confinement.  
Parti socialiste  
14  
2
9
FvD  
GL  
Forum pour la démocratie  
Vert-Gauche  
8
Environnementalistes  
Droits des animaux  
Protestants  
14  
5
8
PvdD  
CU  
Parti des animaux  
Union chrétienne  
6
5
5
Autres  
Total  
10  
16  
150  
150  
Les partis de gauche ont dévissé, passant  
de 37 sièges dans le Parlement précédent à  
SOURCE : RÉSULTATS PRÉLIMINAIRES DE L'AGENCE DE PRESSE ANP  
2
6 à peine aujourd’hui. Le recul des Verts est  
Les partis libéraux remportent les élections législatives  
particulièrement surprenant au regard de  
l’importance des questions environnementales  
pour l’électorat néerlandais.  
Les libéraux ont été les grands gagnants des législatives du 17 mars dernier aux Pays-Bas. Avec  
trente-cinq sièges, le VVD (libéraux-conservateurs), dirigé par le Premier ministre, Mark Rutte,  
reste le plus grand parti du pays. Cette victoire est, dans une large mesure, à mettre au crédit  
de la gestion de la crise du coronavirus par celui-ci. Grâce à des mesures de confinement assez  
légères, l’économie des Pays-Bas a fait mieux que les pays voisins. En 2020, elle s’est contractée  
de 3,8 %, contre 4,9 % en Allemagne, 6,4 % en Belgique et 8,2 % en France. La bonne santé des  
finances publiques n’y est pas étrangère. Elle a, en effet, permis au gouvernement de dispo-  
ser d’une plus grande marge de manœuvre budgétaire pour atténuer l’impact des mesures de  
confinement. Cependant, le bilan sanitaire, proche de celui de la France, a été bien pire qu’en  
Allemagne.  
Le pays traverse sa pire crise depuis la  
Seconde Guerre mondiale de sorte que  
la formation d’un nouveau gouvernement  
stable est particulièrement souhaitable. Au  
vu des résultats des élections, la période de  
constitution d’un gouvernement pourrait être  
relativement courte surtout si le CDA accepte  
de s’allier au VVD et à D66. Le Premier ministre,  
Mark Rutte, s’est déjà prononcé en faveur d’une  
telle coalition.  
Le très bon score de D66 (sociaux-libéraux), partenaire du VVD de Mark Rutte au sein de la  
coalition sortante, a créé la vraie surprise de ce scrutin. Ces derniers mois, des sondages  
prévoyaient des pertes sévères pour cette formation, emmenée par Sigrid Kaag, ministre du  
Commerce extérieur. Mais au cours de la dernière semaine, celle-ci a su, grâce à ses qualités de  
débattrice, redresser la barre. Finalement, D66 a remporté 23 sièges, ce qui est très proche de  
son meilleur résultat obtenu en 1994 (24 sièges).  
Le CDA (chrétiens-démocrates), l’autre grand parti de la coalition, a, en revanche, sensiblement  
décliné. Ce résultat s’explique en partie par l’impréparation de son chef, le ministre des Finances  
Wopke Hoekstra, qui a remplacé, au dernier moment, Hugo de Jonge, leader désigné et ministre  
La banque  
d’un monde  
qui change  
Eco Flash 21-04 // 22 mars 2021  
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de la Santé, trop pris par la gestion de la crise du coronavirus. De plus, L’autre problème, plus sérieux, est celui de la réticence possible du  
de nombreux électeurs traditionnels du CDA ont estimé que le ministre CDA et des partis de gauche à rejoindre l’alliance en raison de leurs  
des Finances était trop proche du Premier ministre et qu’il n’avait pas résultats décevants. Ces formations doivent examiner quels risques  
la fibre sociale des chrétiens-démocrates.  
comporterait une participation à la coalition ou, a contrario, le maintien  
de leur marginalisation. Finalement, les partis de gouvernement  
traditionnels, comme le CDA ou le PvdA, ont tout à gagner à rejoindre  
un nouveau gouvernement. En effet, en restant sur les bancs de  
l’opposition, leurs principaux responsables politiques ne seront plus  
sous les feux des projecteurs, comme c’est le cas lorsque l’on détient  
un portefeuille ministériel. De même, la Gauche verte (GL) pourrait  
avoir intérêt à rejoindre l’alliance, dans la mesure où elle pourrait  
peser davantage sur les questions environnementales qu’en restant  
dans l’opposition. Au soir de l’élection, le Premier ministre sortant  
a déclaré qu’il préférerait maintenir la coalition avec les chrétiens-  
démocrates, plus proches de lui sur le plan politique.  
Les partis à l’extrême-droite du spectre politique ont fait légèrement  
mieux que lors du scrutin de 2017. Le PVV, au programme anti-  
immigration, a perdu trois sièges, mais avec 17 sièges au sein du  
nouveau Parlement, il reste le troisième parti du pays. La campagne  
menée par le Forum pour la démocratie (FvD), l’autre grand parti  
populiste, contre la politique du gouvernement face au coronavirus, a  
été payante. Le FvD a obtenu 8 sièges, 6 de plus que dans le Parlement  
précédent.  
En revanche, les partis de gauche ont essuyé de sérieux revers, passant  
de 37 sièges dans l’assemblée sortante, à 26 à peine à présent. Les  
travaillistes (PvdA, sociaux-démocrates) ont tout juste réussi à  
conserver leur maigre score de neuf sièges obtenus en 2017. Le  
parti s’attendait à de bien meilleurs résultats après ses excellentes  
performances lors du dernier scrutin européen, mais le scandale lié aux  
fausses accusations de fraude aux allocations familiales, révélée deux  
mois avant les élections, l’a sérieusement éclaboussé. Les écologistes  
de la Gauche verte (GL) et les radicaux de gauche (SP) ont aussi subi  
de lourdes pertes. Le repli du parti GL est d’autant plus surprenant que  
les questions environnementales revêtent une grande importance pour  
l’électorat néerlandais. De nombreux électeurs, vraisemblablement  
déçus de voir GL choisir les bancs de l’opposition après les gains  
Les deux éclaireurs devraient rendre compte de leurs conclusions  
au Parlement, au plus tard, le 30 mars. Le 31 mars, la chambre  
nouvellement élue se réunira pour la première fois. Principaux  
points inscrits à l’ordre du jour : discussion du rapport des éclaireurs  
et nomination d’un ou deux « informateurs ». Ces derniers sont  
normalement des responsables politiques chevronnés appartenant aux  
principaux partis concernés par la formation du gouvernement. Leur  
tâche consiste à trouver un accord de coalition. Une fois cet accord  
conclu, le roi nommera le formateur, qui sera chargé de choisir les  
ministres du nouveau gouvernement.  
impressionnants de 2017, ont peut-être estimé qu’il valait mieux La période de formation d’un gouvernement peut durer très longtemps.  
donner leur voix à D66 pour une politique environnementale efficace .  
1
En 2017, il a fallu en tout 225 jours, un record historique. Cependant,  
comme le pays traverse la pire crise qu’il ait connue depuis la Seconde  
Guerre mondiale, il est hautement souhaitable qu’un gouvernement  
stable soit rapidement trouvé. Compte tenu des résultats des élections,  
la période de formation du nouveau gouvernement pourrait être  
relativement courte, en particulier, si le CDA accepte de le rejoindre.  
Enfin, nombre de nouvelles formations feront leur entrée au Parlement.  
La première participation la plus remarquée est celle de Volt, parti  
social-libéral paneuropéen, qui a raflé trois sièges.  
Et maintenant ?  
Il appartient à présent au Parlement de décider des prochaines étapes. Le programme du gouvernement dépend des partis membres de  
La présidente de la seconde chambre (ou Chambre des représentants) la coalition. Une chose est sûre : la nouvelle coalition poursuivra  
a déjà nommé deux « éclaireurs », un membre du VVD et un de une politique budgétaire prudente, une fois que la reprise sera bien  
D66, afin d’explorer les possibilités de formation d’une majorité de engagée. Les règles budgétaires, qui étaient en place avant la crise,  
gouvernement. Le choix le plus évident est le maintien de l’ancienne seront probablement rétablies pour abaisser la dette publique. La crise  
coalition. Avec ses 73 députés, il manquerait trois sièges à une coalition actuelle aura montré à tous l’intérêt d’avoir des finances publiques en  
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entre le VVD, le D66 et le CDA pour avoir la majorité au Parlement . Le bonne santé.  
soutien d’une quatrième formation sera donc nécessaire. Le nouveau  
La montée en puissance des sociaux-libéraux de D66 devrait égale-  
parti Volt semble être un choix évident. Les éclaireurs pourraient  
ment se faire sentir. Le nouveau gouvernement sera probablement plus  
également examiner la possibilité d’un gouvernement formé des partis  
pro-européen. Cependant, compte tenu de l’électorat de son parti et de  
de gauche, soit une coalition dite « pourpre ». Une alliance entre le  
la pression de la droite populiste, Mark Rutte devrait rester un redou-  
VVD, D66, le PvdA et GL permettrait de réunir 75 sièges au Parlement.  
table négociateur à Bruxelles. Par ailleurs, l’accent sera davantage mis  
Ces deux options de coalition posent néanmoins un léger problème : sur les politiques climatiques, l’éducation et la justice sociale, autant  
le gouvernement n’aura pas la majorité à la première chambre, le de thèmes chers à D66.  
Sénat. Ce dernier n’est pas habilité à révoquer le gouvernement, mais  
il peut faire obstacle à un important projet de loi. La composition de  
la première chambre sera modifiée en 2023, après les élections des  
conseils provinciaux.  
1
Le Bureau central du Plan (CPB) a analysé les conséquences budgétaires et économiques des programmes électoraux. Selon ses calculs, ceux de GL et de D66 sont les mieux à  
même de réduire les émissions de CO .  
2
2
L’Union chrétienne ne rejoindra probablement pas le nouveau gouvernement.  
La banque  
d’un monde  
qui change  
QUI SOMMES-NOUS ? Trois équipes d'économistes (économies OCDE, économies émergentes et risque pays, économie bancaire) forment la Direction des Etudes Economiques de BNP Paribas.
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